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Duo gallois d’électro émotionnelle, Overmono revient avec son deuxième album Pure Devotion et une tournée internationale qui passera par l’Olympia à Paris le 14 novembre 2026. Entre techno, breakbeat, UK garage et nostalgie rave, Tom et Ed Russell affinent une signature sonore aussi dansante que mélancolique.
Voilà déjà cinq ans que les Gallois d'Overmono officient et font danser tous les clubs et festivals de la planète. Mais leur carrière est bien plus ancienne. Les deux frères Tom et Ed Russell sont aussi connus sous leurs noms de scène Truss et Tessela, du temps où ils produisaient déjà de la musique mais chacun de leur côté. À l’époque, Tom était plus branché techno tandis qu’Ed maniait la drum and bass.
Puis, en 2016, ils ont rempli une voiture de synthétiseurs et de boîtes à rythmes, se sont réfugiés une semaine dans un cottage au Pays de Galles et ont transformé la cuisine en studio de fortune. Overmono était né. Et pendant le confinement, leurs créations ont explosé, notamment avec « So U know » (« Pour que tu saches »).
La musique d’Overmono est souvent qualifiée d’électro émotionnelle. Notamment parce qu’Overmono utilise des voix découpées, samplées, sur des basses profondes et des ambiances mélancoliques. Le duo fusionne les genres : techno bien sûr, mais aussi breakbeat et UK garage, avec une nostalgie pour le son rave des années 1990. La chanson titre de leur premier album Good Lies (« Les bons mensonges »), sortie en 2023, incarne cette union.
Pure Devotion reste fidèle à cette signature musicale, avec quelques aménagements. Dans ce deuxième album, les synthés des années 1970 et 1980 sont par exemple mis en avant. Il faut aussi souligner que Pure Devotion, c’est le nom d’une série de concerts et de soirées orientées clubbing proposée par Ed et Tom Russell depuis deux ans. Pas étonnant quand on écoute le très dansant « Knight in Shining Prada » (« le preux chevalier en Prada »), l’un des onze titres de l’album.
Quatre-vingt-quatre versions différentes de cette chanson ont été créées avant que le duo ne trouve la mouture idéale. Ed et Tom Russell sont des perfectionnistes, mais aussi des « savants fous » comme ils se décrivent. Pour ce deuxième album, ils ont multiplié les expérimentations un peu barrées : ils ont cuit une cymbale au four, détruit des synthétiseurs, pédales d'effets et processeurs audio après les avoir poussés au-delà de leurs limites, et réamplifié le son à travers un vieux système d'annonces de gare ferroviaire datant des années 1930. La recette d'un album relevé.
Overmono sera en tournée aux États-Unis, au Canada, en Europe et en Australie jusqu'à la fin de l'année. Et ils seront à Paris, à l’Olympia, le 14 novembre 2026.
Trois sœurs, trois voix de la soul et une histoire racontée en parfaite harmonie par les Womack Sisters qui partagent leur parcours et leurs émotions dans un premier album au titre éponyme.
Les trois sœurs sont pour ainsi dire tombées dans la musique quand elles étaient petites. Bg, Kucha et Zeimani ont, en effet, grandi sur les routes, au fil des tournées et des voyages de leurs parents Linda et Cecil Womack, les deux membres du célèbre duo de r’n’b Womack & Womack. Par la suite, elles ont continué les tournées en suivant cette fois leur oncle, non moins célèbre, le soulman Bobby Womack, qu’elles accompagnaient au chant.
Enfin, les trois sœurs héritent de l’histoire d’un grand-père qu’elles n’ont pas connu mais qui a marqué l’histoire des États-Unis : Sam Cooke, le pionnier de la soul, pilier du mouvement des droits civiques aux États-Unis et auteur de la chanson « A Change Is Gonna Come » devenue l’hymne du Civil Rights Movement.
À écouterL’énigme Sam Cooke
Un album hommage, pour faire vivre l’histoire de leur familleLes trois sœurs ont donc de qui tenir. C’est pourquoi leur premier album peut s’écouter comme un hommage à cet[ ]héritage familial. En onze titres, les trois artistes revisitent la soul et la remettent au goût du jour sans en renier les éléments fondateurs. Les chœurs, les cuivres, les harmonies et l’intensité émotionnelle qui en sont caractéristiques résonnent et ne se démodent pas, comme avec le titre « I Just Don’t Want You (To Say Goodbye) ».
Les trois sœurs revendiquent une proposition résolument vintageMalgré le prestige de leur nom, les Womack Sisters ont eu du mal à se frayer un chemin dans le show business. À leur début les Womack Sisters ont essuyé les refus et se sont vues reproché leur style démodé. Dans le morceau « Chauffeur », elles racontent la précarité des petits boulots qu’elles ont dû enchaîner à cette période.
La puissance des voix des trois sœurs résonne pour y décrire leurs années en tant que chauffeuses Uber, le tout dans un ton résolument vintage, amplifié par un effet de réverbération, procédé très à la mode dans la soul des années 1960.
La poésie de leur plume au service de la sororitéEn plus de la beauté de leur voix, les Womack Sisters font entendre la poésie de leur plume. Comme sur le titre « I Am Your Season », dans lequel les saisons deviennent une métaphore de l’amour et où les feuilles qui tombent et l’annonce du printemps se muent en mots d’amour.
Dans « My Sisters and Me », le trio s’envole dans une ode aux liens et à la sororité. Fortes, fières et sensibles, les Womack Sisters sont déjà très prometteuses.
Le groupe corto.alto, nouveau son jazz venu d'Écosse, dévoilera son nouvel album intitulé Some Small Fortune le 4 septembre 2026. Le collectif sera ensuite en concert le 5 septembre au festival Jazz à la Villette de Paris, avant une tournée prévue jusqu'en janvier 2027.
corto.alto, c'est d'abord un groupe de musiciens et amis de longue date, réunis à 16 ans pendant leurs études au Conservatoire royal d'Écosse à Glasgow. Tous ne venaient pas forcément d'un milieu favorisé à l'origine, mais en Écosse l'enseignement musical et les cours d'instrument dans les écoles publiques et les conservatoires est très souvent gratuit pour les enfants écossais précaires, grâce à plusieurs financements de l'Etat et aides publiques. Une gratuité qui leur a permis de découvrir la musique et le jazz, et de vivre aujourd'hui de leur passion.
En l'occurrence, leur passion est de repousser les frontières du jazz contemporain pour le mêler à du hip-hop, du r'n'b, de la musique classique et du broken beat : ce genre de musique électronique de club né à Londres à la fin des années 1990 avec une forte influence jazz, funk et soul.
Tout est matière à composerÀ l'origine et au centre de corto.alto, on trouve le jeune multi-instrumentiste écossais Liam Shortall, à la fois au trombone, à la basse, aux synthés, aux samples, aux effets, à la composition et à la production du projet. Depuis des années, il passe l'essentiel de son temps en studio et y accumule des idées, des riffs et des improvisations pensées non seulement à partir de ses instruments mais aussi à partir d'enregistrements dans la rue, de fragments de voix et même de sons sur TikTok... Pour lui, tout est matière à composer.
Il multiplie les démos et construit ses morceaux par couches successives, inspiré à la fois par le hip-hop de A Tribe Called Quest, les symphonies de Brahms et le dubstep de Skrillex.
Entre nostalgie et regard vers le futurSorti en 2024, le disque 30/108 de corto.alto était un album-concept : trente morceaux travaillés et publiés l'un après l'autre, chaque jour pendant un mois. La preuve de leur créativité et de leur capacité à improviser et à innover ensemble.
On sent que les musiciens s'amusent, même si cet album à venir est plus personnel et intime que les autres... Car Liam Shortall a travaillé autour des thèmes de l'enfance, du temps qui passe et de la manière dont les souvenirs s'effacent ou se transforment avec le temps. Une ambiance nostalgique qu'on retrouve notamment dans le morceau « April », en featuring avec la chanteuse franco-sénégalaise Anaiis.
Some Small Fortune, le prochain album de corto.alto, est prévu pour le 4 septembre 2026. Le groupe sera en concert le 5 septembre au festival Jazz à la Villette à Paris, puis en tournée jusqu'en janvier prochain.
TeddyBear, jeune artiste belge aux racines siciliennes, vient du monde des batteurs mais s’impose aujourd’hui au micro. Entre rap, chanson et jazz, il expose ses failles, ses regrets et une grande tendresse dans « Chaussures roses », un titre qui révèle une humanité débordante et un timbre puissant. Un coup de cœur que nous partage Alexandra Vassen de la RTBF pour les Médias francophones publics.
Envisagée telle une humble présentation en public, la chanson de TeddyBear « Chaussures roses » nous voit enchantés de le rencontrer, nous aussi. Derrière un second degré apparent, des chaussures roses donc et un bomber presque assorti, c’est un jeune homme dense, sensible, qui se dévoile avec force et tendresse.
Alors que l’on commémore cette année le 80ᵉ anniversaire du protocole d’Accord belgo-italien signé le 23 juin 1946, resté dans l’histoire sous le nom d’Accord charbon – du charbon belge contre des dizaines de milliers de travailleurs italiens envoyés dans les mines –, on peut noter que ce fut le cas du grand-père du jeune homme, né et élevé à Mons, en Belgique.
D’une famille donc de mineurs, puis de musiciens originaires de Sicile, TeddyBear fait ses armes derrière une batterie qui le conduit à assurer la rythmique de nombreux artistes. Puis il remplace un pote un soir au chant. C’est du rap, en fait. Son humanité déborde et on l’entend immédiatement.
Ce jeune homme va nous emmener loin, au fond de nous, avec une énergie vitale. Il raconte les failles, les flottements, les regrets avec tendresse. C’est de l’amour pour conjurer la violence ambiante, que nous offre TeddyBear, droit dans les yeux, droit au cœur.
Lui qui aime autant la chanson viscérale de Jacques Brel que le jazz audacieux, incarne comme personne ses textes. Il porte son timbre puissant, déployé en studio aux côtés de Nicolas Subréchicot qui travaille aussi avec Zaho de Sagazan et avec Paco Del Rosso, qu’on connaît aussi pour son travail avec Damso, mais surtout sur scène.
Ce n’est donc pas un hasard si, conquis, Benjamin Biolay, Clara Luciani, Feu Chatterton! ou Julien Doré lui ont demandé d’assurer leur première partie.
Les Transmusicales de Rennes 2026 viennent juste d’annoncer qu’après Stromae en 2010, Zaho de Sagazan en 2022 ou encore Asfar Chamsi et Lynx Irel aux Trans 2025, c’est TeddyBear qui se produira cette année, durant les cinq jours du festival, du 2 au 6 décembre 2026.
TeddyBear se distingue avec ses chaussures roses, mais pas que...
Groupe irlandais symbole de l'élégance pop en costard-cravate, The Divine Comedy a fait une escale remarquée au festival La Route du Rock, à Saint-Malo le 13 aout 2026, avant d'achever sa tournée d'été en Angleterre.
Dans la musique, il y a les artistes à la mode, sourires calibrés, poses calculées, et puis il y a les autres, déjà dépassés avant même d’avoir commencé. The Divine Comedy, lui, snobe superbement les diktats de l’industrie musicale avec une bonne dose d’humour. La preuve : sur la ballade bucolique « Other People », tirée de l’album Foreverland (2016), tout s’arrête net sur ces mots : « bla bla bla ».
Un artisan d’une pop symphonique atemporelle
« Bla bla bla », c’est signé Neil Hannon, l’homme à la tête du groupe depuis une trentaine d’années. Un chic type. Et surtout un chanteur à textes, auteur-compositeur érudit, célèbre artisan d'une pop symphonique atemporelle.
Rencontré à La Route du Rock (du 12 au 15 août 2026), il a prouvé une fois de plus en concert qu’il est, à 55 ans, en pleine forme. « Monter sur scène, c’est mon métier, il faut bien gagner sa vie. J’ai beaucoup composé pour des séries télé et le cinéma, mais travailler pour les autres...Honnêtement, rien ne remplace mon petit studio, où j’écris. Là, je suis vraiment libre et heureux. Je me fous de ce qu’on attend de moi. Mes morceaux sont parfois stupides, drôles, agressifs, ou très émotionnels, mais souvent magnifiques, grâce à l’accident créatif. On est tous plusieurs personnes à la fois, je fais de mon mieux. Et je continuerai à faire de "la divine comédie", parce que c’est un peu moi, tout ça ! »
Un dandy libre sur scèneRainy Sunday Afternoon, treizième album du groupe sorti en 2025, regorge de pépites. Il faut dire que sur scène, l’Irlandais cravaté a l’embarras du choix en termes de belles mélodies. Alors il pioche dans sa riche discographie, entre classiques et réussites récentes dont le kitschissime « Mar-a-Lago by the Sea », clin d’œil à la résidence de Donald Trump en Floride.
À lire aussiRetour en grâce de The Divine Comedy avec «Rainy Sunday Afternoon»
« On a tous un vrai souci, pas seulement à cause de Trump, mais avec tout ce qui va mal dans le monde. On dirait qu’on essaie nous-mêmes d’exterminer l’espèce humaine. Trump, c’est une petite caricature pathétique au milieu de tout ce bordel. Mais il résume bien la vulgarité et l’idiotie ambiantes. C’est ce que dit ma chanson “Mar-a-Lago by the Sea”, écrite avant son retour à la Maison-Blanche: l’ostentation ridicule d’un président, son mauvais goût, et le fait qu’il soit au cœur de son propre drame stupide. C’est une satire, ça ne changera rien au cours de l’histoire, mais ça m’a fait beaucoup de bien de le dire (rires). »
Entre piques politiques, autodérision et élégance, Neil Hannon cultive son dandysme décalé depuis 1989. Et visiblement, il n’a perdu ni la main ni la voix de crooner. La classe, tout simplement !
The Divine Comedy sera en concert le 22 août 2026 à Devon, en Angleterre.
Avec son troisième album Blue Island, la chanteuse américaine Ravyn Lenae bouscule l’étiquette r’n’b qui lui colle à la peau. Entre néo-soul, pop alternative et accents rock, elle explore la pluralité de ses identités, ses vulnérabilités et la force de la sororité, tout en assumant un virage musical audacieux.
L’album s’appelle Blue Island en référence à la ville d’origine de la chanteuse, en banlieue de Chicago aux États-Unis. Pour son troisième disque, Ravyn Lenae fait varier les rythmes, les textures et les genres. Elle annonce la couleur dès le premier titre de son album, « Handle » nous entraîne dans une mélodie rythmée par une guitare électrique et un refrain pop.
Cet album à la fois sombre et joyeux, chaotique et contrôlé, expose les doutes, les revirements du cœur et des émotions de l’artiste. Le titre « Potential » – potentiel en français –, décrit la nostalgie d’une romance avortée, illustrée par une ballade pop au rythme groovy.
Catégorisée comme une artiste de r’n’b, Ravyn refuse de se laisser enfermer dans une case. Véritable pied de nez à tous ceux qui la critiquent, ce dernier album assume ses accents néo-soul, indie rock et pop alternative, et permet à l’artiste d’exposer au monde toute la diversité de ses influences.
Pluralité des identités et sororitéLa question de la pluralité des identités est d’ailleurs centrale dans cet album. Ravyn répond par l’exemple à ceux qui prétendent qu’en tant qu’artiste noire originaire de Chicago, elle devrait se cantonner au registre de r’n’b qui l’a fait connaître.
Avec ses influences pop et rock, l’artiste prend des risques. Elle le raconte en chanson dans « Baby Girl », une ode à la sororité portée à deux voix avec la célèbre rappeuse Doechii et dans laquelle la chanteuse affirme son refus des routes toutes tracées.
Ravyn Lenae la décrit dans une interview pour le podcast Pop Sam Cam : « Vous traversez mon esprit, l’esprit d’une fille qui navigue dans le monde et l’industrie et se sent un peu en décalage, à côté… qui cherche un peu sa place… dans ce monde… et qui choisit de tracer son chemin et de croire que c’est le bon et qu’il la mènera où elle doit être ».
Assumer ses vulnérabilités, revendiquer sa forceRavyn Lenae ne renie pas pour autant son héritage r’n’b, comme avec le titre « Sew Me Back Together », « recouds-moi » en français. Entre force et douceur, calme et tempête, la chanson parle en creux de santé mentale, et d’oser demander de l’aide à ses proches.
Mais il n’est pas toujours question de doutes, d’identité, d’amour et de rage de se dépasser. Dans « Let Us In », l’artiste fait place à un registre d’électro-pop plus dynamique, plein de liberté. Et cette fois il n’est question que de la force de l’amitié.
Ils débutent leur tournée européenne dans quelques semaines : les membres du groupe de metal mongol The Hu dévoilent leur nouvel album intitulé « Hun ». Formé en 2016 à Oulan-Bator, le collectif vise à mettre en valeur la richesse culturelle de la Mongolie dans le monde entier.
Tout commence avec les quatre artistes qui forment le noyau du groupe : Gala, Jaya, Enkush et Temka. Ils se font connaître en 2018 en publiant leurs deux premiers clips sur YouTube, qui percent immédiatement. Le premier morceau « Wolf Totem » comptabilise aujourd’hui 125 millions de vues, et le second « Yuve Yuve Yu » plus de 142 millions.
The HU – mot racine mongol qui signifie « humain » – est pionnier d'un genre musical encore non-répertorié qu'ils nomment le hunnu rock : une référence à l'empire des Huns, ces peuples turco-mongols originaires des steppes de l'Asie centrale. Musicalement, ils fusionnent les musiques mongoles à du metal inspiré de Rammstein, Metallica, Foo Fighters et System of a Down.
Ils électrifient notamment leurs instruments traditionnels comme le luth Tovshuur et le Morin Khuur, une vièle à tête de cheval jouée depuis des millénaires et symbole de la Mongolie. On entend également de la guitare mongole, de la gimbarde, des flûtes et des percussions tribales, mais aussi et surtout du chant Khöömii : un chant gutural diphonique, technique vocale où l'on chante deux sons distincts en même temps.
The Hu, artistes pour la paixThe Hu chante uniquement en mongol, une manière d'honorer et de diffuser leur culture qui a d'ailleurs été récompensée en 2022 quand le groupe a été nommé « Artistes pour la paix » par l'Unesco, une première pour un groupe de metal.
Car le collectif vise toujours en priorité à promouvoir leur héritage via leur musique et leurs paroles. Par exemple, leur morceau « The Men » est basé sur la philosophie mongole autour de la force intérieure des hommes, selon laquelle leur énergie devrait toujours être pleine de positivité, de gentillesse et de générosité.
The Hu sera à découvrir sur scène pendant leur tournée européenne. Elle débute le 29 septembre 2026 au Royaume-Uni puis passera en Belgique, en Allemagne, en Pologne et en France, avec un passage à Paris prévu le 27 octobre à l'Olympia.
Figure de l’afropop, Ayra Starr dévoile son troisième album Starrgirl. Entre pop, r'n'b et langues mêlées, la chanteuse bénino-nigériane explore son parcours entre deux cultures, son succès fulgurant et une nouvelle vie à New York.
Ayra Starr cumule plus de 18 millions d’écoutes mensuelles sur Spotify. Son nouvel album était donc très attendu. Même si plusieurs titres de ce troisième album avaient déjà été dévoilés ces derniers mois, Starrgirl – « la fille star » en français – compte en tout 16 titres, fidèles à l’univers musical d’Ayra Starr entre afropop et R’n’B. Parsemé de yoruba, de pidgin nigérian et d’espagnol, la langue principale de ce disque reste l’anglais. Langue officielle du Nigeria, elle lui ouvre en grand les portes du marché international. C’est aussi l’expression de la nouvelle adresse de l’artiste puisque Ayra Starr vit depuis l’année dernière à New York, après avoir signé sur ROC Nation, le label de Jay-Z. Elle dédie d'ailleurs un morceau à cette ville : « Midnight in New-York » – « Minuit à New York ».
De son vrai nom Sarah Oyinkansola Aderibigbe, Ayra Starr est née au Bénin puis a déménagé vers 12 ans au Nigeria. Elle aborde justement dans ses albums, et encore plus dans Starrgirl, l’appartenance à deux cultures, mais aussi la gestion des attentes familiales, le succès, l’amour, l’émancipation ou encore la confiance en soi.
À 24 ans, elle a déjà eu une carrière fulgurante. Soutenue par sa mère, elle commence à écrire des chansons avec son frère, à l’adolescence. Elle écoute alors Nicki Minaj et rêve de suivre le même chemin que la rappeuse. À 16 ans, elle devient mannequin. À 17 ans, elle met en ligne l’une de ses chansons et est repérée par un producteur qui la signe. Puis les albums s’enchaînent. Elle en sort un tous les deux ans en moyenne, avec à chaque fois des collaborations prestigieuses, par exemple sur ce titre « Gimme Dat » – « donne-moi ça » – avec Wizkid, autre star nigériane de l’afropop.
Wizkid est loin d'être le seul invité sur ce nouvel album. Tout Starrgirl est constellé de collaborations brillantes avec des artistes renommés : Wizkid, mais aussi Rema, Zayn Malik, Leon Thomas… et même la chanteuse franco-congolaise Theodora avec « Missiz Paper » – en français « Mme argent ».
Ayra Starr espère bien agrandir la pléiade d’artistes avec lesquels elle a collaboré. Elle rêve de chanter avec Rihanna ou Beyoncé, ses idoles. Peut-être sur le prochain album, qui sait ? Après tout, elle en a les moyens, elle qui compte parmi les ambassadrices et ambassadeurs de l’afropop nigériane qui l’ont exportée dans le monde entier, notamment grâce à ces featurings internationaux.
En attendant, Ayra Starr présentera son nouvel album Starrgirl au public le 21 août 2026 à Londres, du 4 au 6 septembre à Landover, aux États-Unis, et le 19 septembre à Lusaka, en Zambie.
Noor s’impose comme l’une des voix les plus prometteuses de la pop électronique française. Avec son premier album 1900 jours, cette autrice-compositrice-interprète franco-libanaise transforme la tristesse en élégance et signe un journal intime des passions achevées, entre contes modernes, ruptures douloureuses et lumière réparatrice. C'est le Coup de coeur de Didier Varrod pour les Médias francophones publics.
C’est une des artistes les plus prometteuses de cette année 2026, découverte en 2025 au Printemps de Bourges dans le dispositif des Inouïs. Noor, puisque c’est son nom, a pris du temps pour sortir son premier album intitulé 1900 jours, comme pour dire que c’est 1900 jours qui lui aura fallu pour tomber amoureuse, vivre cet amour et lui dire adieu. Avec Noor, autrice-compositrice-interprète, la tristesse est une élégance, une manière d’être au monde, sans tabou ni faux-semblants.
Une façon aussi d’être dans sa propre intégrité émotionnelle, elle qui avait sorti un premier EP en 2024 intitulé Les histoires tristes me collent au corps. Et là encore, Noor nous ouvre un cœur ouvert, journal intime des passions achevées où l’on s’interroge souvent, après une rupture, sur ce qu’il peut bien rester de nous dans le corps de l’autre.
Une pop électronique pour pleurer sur le dancefloorNoor excelle dans une pop électronique mélancolique. Comme si elle nous invitait à pleurer sur le dance floor.
Très inspirée par le film Sur la route de Madison, sur ces histoires d’amour compliquées où les obstacles sont transcendés par la force de l’amour, Noor confesse aussi sa fascination pour les contes et légendes de notre enfance. On croise dans « H24 » une fille qui joue à pierre-feuille-ciseaux, un petit homme qui a brisé son cœur, une terrible menteuse qui cache sa passion, mais aussi une Cendrion qui a partagé sa vie avec des simulateurs, des manipulateurs, des acteurs mythomanes.
Une Cendrion qui s’en va sans prince et qui reconnaît qu’elle a décidé d’aimer les pires. Fragile et offerte dans sa nudité amoureuse extrême, Noor sait aussi qu’il y a les bons et les méchants. Et les méchants sont souvent aussi des loups.
Désarmée, bouleversante, Noor se réfère souvent à une phrase d’Oscar Wilde qui dit « Soyez vous-mêmes, les autres sont déjà pris ». Il y a cette voix douce et fragile à la fois, qui n’ignore pas la fracture et qui se pose dans un univers assez minimaliste. Amoureuse des textures électroniques, Noor pleure partout et ça crée des lilas.
Entre douleur partagée et lumière réparatriceElle n’hésite pas à faire de chaque auditeur ou auditrice de ses chansons un ami, un confident. Comme si la tristesse ne pouvait que s’exprimer, se murmurer à l’oreille de ses sensibles semblables.
Malgré cette tristesse lancinante et enveloppante, Noor exprime aussi sa conviction que l’amour qui dure reste un modèle. Elle dira au micro de France Inter : « Les couples qui sont les meilleurs amis, qui s’épaulent dans les coups durs, m’émeuvent terriblement. Quand on aime dans le pire, le meilleur est une partie de rigolade ».
Pour l’heure, la phase où elle se complaît dans son malheur, dit-elle encore, a assez duré. Née d’un père libano-syrien et d’une mère française, Noor a choisi comme nom d’artiste ce nom arabe qui signifie lumière. De la lumière, il y en a beaucoup dans cet album entre gris clair et gris foncé. Une lumière blanche qui répare et transcende la vérité des cœurs blessés en jolis tubes radiophoniques. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.
Noor 1900 jours (Fourteen Records / Virgin Records France) 2026
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Écouter Gurriers en 2026, c'est se dire que le punk n'est pas mort. Sous ce blase tiré d'un vieux mot irlandais pour désigner un voyou des rues, un quintette impressionnant de Dublin avance sans trembler et explose la scène de la 34é édition de la Route du Rock, haut- lieu de la musique indépendante mondiale à Saint Malo dans l'Ouest de la France
Gurriers avait été révélé en 2020 avec des titres aussi galopants qu'emballants. Quatre ans après, leur premier album les propulse dans la cour des grands et confirme la classe du groupe menée par le chanteur Dan Hoff : rock exigeant, textes subtils, toujours à vif sur les dérives du siècle.
"Nous sommes au bord du précipice. Chacun a son téléphone, les notifications dans le crâne, la dopamine sous perfusion" confie l'artiste irlandais. "On ne vit plus que pour les réseaux, on n'existe que par les likes. C'est un miroir désastreux de notre époque, où tout est devenu politique : les fringues, la bouffe, les goûts, les passions, les films. Tout."
Nobody's Coming To Save You, deuxième album attendu le 25 septembre 2026, pousse le trait plus loin. Bruit et ferveur mêlés, le disque convoque aussi Samuel Beckett et son univers absurde. Dix titres engagés, parfois littéraires, où Dan Hoff creuse le sillon entre asservissement et liberté avec une question centrale : que faire quand personne ne vient nous sauver ?
"La première fois que j'ai prononcé cette phrase, ça m'a cueilli comme un coup au visage" - se souvient-il. "Comme si on vous disait : dégage. Ça oblige à réfléchir. Rien n'est gratuit, personne ne vous guide dans ce chaos. Sauf vous-même. Et si on relâche la garde, notre espace de liberté individuelle finira par s'évaporer. La musique a encore ce pouvoir de changer le monde. En 1960, la jeunesse écoutait Dylan, ses mots, sa poésie et a tracé sa propre voie, jusqu'à la révolte contre l'establishment. Rétrospectivement, c'est ce pont-là que nous sommes."
La Route du Rock, du 12 au 15 août 2026 à Saint-Malo.
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