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Direction l'Espagne pour notre Choix musical : Rita Payés et Lucía Fumero viennent de dévoiler leur premier album commun, Rueda Eterna, « roue éternelle » en français. Complices sur scène depuis des années, les deux musiciennes n’avaient pourtant jamais enregistré ensemble. C'est désormais chose faite avec ce disque où leur amitié se transforme en art.
La première moitié du duo est la chanteuse et tromboniste Rita Payés, fille de la guitariste classique Elisabeth Roma. Diplômée en trombone jazz, elle sort son premier album à 15 ans, suivi de quatre autres jusqu’à De camino al camino (2024), qui confirme son rayonnement international.
La seconde moitié est Lucía Fumero, pianiste et chanteuse au langage musical plongé dans le folklore catalan, qu'elle enrichit de ses connaissances en jazz, en chanson contemporaine et en musique classique. Un trombone, un piano, deux guitares et deux voix... tout simplement.
Aujourd'hui, toutes deux s’imposent comme des figures de la nouvelle scène espagnole, mais leur musique dépasse largement les frontières du pays. Lucía Fumero puise en effet non seulement dans la tradition folk espagnole et ses racines catalanes, mais aussi dans ses origines argentines : son père, le contrebassiste Horacio Fumero, lui a transmis l'amour des rythmes latino-américains qui irrigue son écriture.
Douze compositions originales d'une grande douceurLe résultat de ce métissage est ce jazz subtil, tiraillé entre bossa nova, bolero et chanson populaire. Jusqu'ici, leurs collaborations sur scène reposaient surtout sur des reprises, mais sur Rueda Eterna les douze titres sont tous des compositions originales, dont chacune a composé la moitié. Malgré cette dualité d’écriture, l’album conserve une belle homogénéité.
L’ensemble du disque baigne dans une grande douceur : mélodies épurées, ornements discrets, instrumentation quasiment intégralement acoustique. On y navigue entre des harmonies vocales parfois a cappella, solos de trombone ou de violoncelle, et des paroles qui trahissent la complicité naturelle des deux interprètes. Elles abordent la maternité, l'amour et la mort, toujours décrites avec onirisme et une grande poésie.
Rita Payès et Lucia Fumero présenteront leur nouvel album sur scène le 14 octobre à la Cité de la Musique à Paris, le 16 octobre à Berlin, le 19 octobre à Londres, puis en tournée européenne jusqu'en juin 2027.
Fils d'une clown professionnelle, Oscar les Vacances revendique des chansons où l'on passe « de la gêne, au rire...aux larmes. » Avec son deuxième album 14 amis dans la tête, le musicien, dessinateur et réalisateur poursuit son exploration d'une pop poétique, mélancolique et très fantaisiste.
Avec sa voix grave, ses mélodies accrocheuses et son goût assumé pour les rimes décalées, Oscar les Vacances est l'un des artistes les plus singuliers de la nouvelle scène française.
Derrière ce personnage à la silhouette juvénile – bouclettes blondes, ongles colorés et survêtement coloré des années 90 – se cache un musicien touche-à-tout, nourri autant par la chanson française et les musiques électroniques que par l’univers de sa mère, clown de profession.
« J’ai grandi dans l’univers des clowns. Tu vois un spectacle et tu passes de la gêne au rire, aux larmes. Tu passes par tous les états. Cette ambiguïté, ce malaise, c’est quelque chose que j’aime bien ressentir dans mes chansons », explique-t-il. « Parfois, c’est juste en changeant un mot. Tu es dans une chanson triste et puis tu te dis : où est-ce qu’on est ? »
L’aigre-doux, terrain de jeu « adulescant »Révélé auprès d'un plus large public lors du Printemps de Bourges en 2022, Oscar les Vacances construit depuis plusieurs années un univers où se croisent humour, tendresse et nostalgie.
Ses chansons puisent largement dans les souvenirs d'enfance et d'adolescence : les amitiés intenses, les amours ratés, les mondes imaginaires qui aident à grandir. Des thèmes au cœur de 14 amis dans la tête, où cohabitent amis imaginaires, héros de dessins animés, fantômes du passé ou ennemis intérieurs.
Musicalement, l'artiste cultive les contrastes. Ses textes mélancoliques se frottent à des arrangements festifs, ses rimes improbables côtoient des refrains immédiatement mémorisables. Un drôle d'hybride, quelque part entre Stromae et Philippe Katerine.
Un musicien, dessinateur et réalisateur engagé contre l’IAAvant la musique, Oscar les Vacances a longtemps travaillé dans le dessin animé. Pour accompagner ce nouvel album, il a réalisé un court-métrage musical d'une vingtaine de minutes mêlant prises de vues réelles, stop motion et animation. L'artiste y met en scène une galerie de créatures à grosses têtes, d'animaux fantastiques et de personnages de bande dessinée sortis tout droit de son imaginaire... et qui devraient se retrouver sur scène, en concert.
Ces dernières semaines, ses prises de position contre l'intelligence artificielle (IA) ont rencontré un large écho sur les réseaux sociaux. Des vidéos souvent teintées d'humour qui témoignent de son attachement aux métiers et aux savoir-faire de la création.
Oscar les Vacances 14 amis dans la tête sort le 25 septembre. L'artiste sera notamment en concert le 24 octobre à la Maison des Métallos, à Paris.
Neuf ans après Ouï, Camille revient avec un projet hors norme. Avec The Sound of Milk, la chanteuse et compositrice française livre une fresque musicale intime consacrée à la maternité, à l'enfance et à la transmission. Un album mûri pendant quinze ans, qui mêle journal sonore, chansons acoustiques et pop émerveillée.
La pochette de The Sound of Milk résume à elle seule ce nouvel album de Camille : une œuvre profondément personnelle où la chanteuse se met à nu, pour explorer son expérience de mère, sans filtre ni artifices.
Pensé comme un triptyque, le disque rassemble trois volets enregistrés entre 2010 et 2025 : Naissance, Enfance et Adolescence. Un projet qui suit à la fois la croissance de ses enfants et l'évolution de sa propre vie d'artiste.
Cinq ans après la sortie du film Comme un poisson dans l’air où la chanteuse documentait sa deuxième grossesse, voilà donc son pendant musical.
Composer avec la vie de familleLe premier volet, Naissance, prend la forme d'un journal sonore. Pas d'instruments ici : seulement des voix, des souffles, des rires, des babillements d'enfants, des comptines et des scènes du quotidien enregistrées dans la maison familiale. Camille y transforme les sons ordinaires de la vie domestique en matière musicale.
Vient ensuite Enfance, une collection de chansons acoustiques enregistrées avec ses enfants dans l'esprit d'une « comédie musicale de poche ». Accompagnée notamment de son compagnon Clément Ducol et du violoncelliste Martin Gamet, la musicienne donne une forme plus construite à ces mélodies nées dans l'intimité familiale.
« Une montée de lait, de sons et de mots »Invitée récemment sur RFI dans l’émission De Vive Voix, Camille décrit The Sound of Milk comme « le manifeste d'une femme libre et souveraine dans sa manière d'être mère ». Pour elle, la maternité a profondément transformé son rapport à la création : « Le lait chez moi il est vraiment arrivé avec tout un aéropage, une nuée, un nuage de chansons, qui sont venues. C’est une montée de lait, de sons, de mots... Une redécouverte de mots simples aussi, qui commence parfois par un mot prononcé par un enfant, ou une onomatopée, qui va devenir une chanson. Tout se transforme avec la naissance des enfants, avec eux, tout est une porte vers l’inconnu, l’invisible, vers un autre monde qu’on ne voit pas. »
Une réflexion sur la maternité, mais aussi sur la transmission, la joie et la place de l'enfance dans un monde traversé par les crises sociales, politiques et écologiques.
Une pop familiale tournée vers l'avenirLe troisième volet, Adolescence, est celui qui sera principalement défendu à la radio et sur les plateformes de streaming. Les enfants ont grandi, le son aussi. Plus pop, plus orchestré, ce dernier chapitre voit Camille retrouver une écriture plus directe.
Elle y évoque les joies et les inquiétudes de la maternité, mais adresse aussi les thèmes d'une jeunesse confrontée aux écrans, l'urgence écologique ou encore à l'héritage laissé aux générations futures.
Après le succès mondial de la bande originale d'Emilia Pérez, composée avec Clément Ducol et récompensée notamment par un Oscar, un César et un Golden Globe, Camille revient avec une œuvre à contre-courant : un disque qui célèbre la voix, la famille et le chant collectif comme gestes de transmission.
The Sound of Milk est disponible depuis le 18 septembre. Une tournée française débute en novembre 2026, avec plusieurs dates à Paris début février 2027, à l'Olympia.
Deux ans après son dernier album, le soulman texan Leon Bridges est de retour avec un nouvel album intitulé Happiness Anytime : le bonheur à tout moment. Depuis son premier album sorti en 2015, Coming Home, il teinte sa musique d’ambiances rétro et redonne vie à la soul des années 1960. L'un de ses titres, « Illusion », est en playlist ce mois-ci sur RFI.
Chaque disque de Leon Bridges rend hommage à un ou plusieurs styles musicaux. En 2018, Good Things est influencé par la néo-soul des années 1990 et le « quiet storm » : ce genre musical de ballades soul à l'atmosphère nocturne mystérieuse et aux parties vocales très mises en avant. C'est ensuite du r'n'b des années 1990 et 2000 qu'on retrouve dans l'album Gold Diggers Sounds en 2021, puis de la folk et de la country dans son disque intitulé Leon sorti en 2024. Et dans ce tout nouvel album à paraître le 25 septembre, Happiness Anytime, Leon Bridges enveloppe ses ballades old school de productions plus modernes.
S’il est aujourd’hui chanteur, guitariste, compositeur et producteur, Leon Bridges n'a pas toujours eu le droit de chanter et de composer ce genre de musique. Elevé au Texas dans un foyer religieux, il avait l'interdiction d'écouter de la musique profane. A 18 ans, il a le désir d'écrire sa propre version de la musique chrétienne, et des artistes américains comme Frank Ocean et Miguel l'inspirent à écrire des chansons chrétiennes r'n'b. Plus tard, il s'éloignera finalement de la religion et se dirigera vers cette soul des années 50 et 60 qui l'influence encore aujourd'hui.
Une légèreté de son travaillée avec le collectif JungleSur ce cinquième album, Leon Bridges s'est entouré des membres du collectif de soul/funk britannique Jungle. Deux des membres de ce groupe, Lydia Kitto et John-Lloyd Watson, ont produit ce nouveau disque avec une consigne très claire : Leon Bridges voulait mettre l'accent sur l'émotion et apporter une certaine légèreté. Il souhaitait revenir à une musique ensoleillée, faite pour danser et évacuer le stress de la vie moderne.
Pour ce faire, il puise dans l'afrobeat de Fela Kuti, le groove du disco, les rythmes sud-américains et la culture jamaïcaine du dancehall. Des lignes de basse très simples soulignent les mélodies qu'il chante de sa voix trainante et feutrée, souvent rejointe par des chœurs.
Le nouvel album de Leon Bridges, Happiness Anytime, sortira le 25 septembre.
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La chanteuse Catherine Ringer s'est éteinte, dans la nuit de ce mardi 15 septembre 2026. Elle avait 68 ans. Avec elle, c'est la deuxième moitié des Rita Mitsouko qui disparaît, près de 20 ans après la mort de son compagnon et partenaire de scène, Fred Chichin. A deux, ils avaient formé l'un des groupes les plus mythiques du rock français, devenu culte au fil des décennies.
Les Rita Mitsouko, c'est d'abord une voix. Celle, magnifique, de Catherine Ringer : capable de monter dans des aigus improbables aussi bien que dans des graves profonds ; tour à tour rauque, sensuelle et grinçante ; en tout cas toujours chargée d'émotion. « C'était une interprète hors norme, s'émeut le directeur musical des antennes de Radio France Didier Varrod, presque surnaturelle dans sa capacité à reprendre des répertoires très différents et de les ramener à elle au lieu de les emmener ailleurs. »
Une rencontre avant toutPourtant, cette voix n'aurait pas connu l'aventure rocambolesque des Rita Mitsouko sans la rencontre, fondatrice, avec Fred Chichin en 1979. Les deux artistes sont alors au coeur de la vingtaine et se croisent à l'occasion d'un spectacle auquel participe Catherine Ringer. C'est le coup de foudre, aussi bien amoureux que musical, et les deux trublions commencent à faire des étincelles. Lui, avec son air de dandy, joue de la guitare ; elle, extravertie et libre, interprète les titres qu'ils ont composé ensemble.
En 1984, le feu prend avec une chanson devenue culte : « Marcia Baila ». « Cette chanson est vraiment un marqueur sociétal, raconte Didier Varrod. Que ce soit en discothèque en ville ou dans des campings ruraux, tout le monde a dansé sur cette chanson. » Une chanson dont l'équilibre tient au contraste entre sa mélodie - dansante, enjouée, entre sonorités rock et latines - et ses thématiques : « on dansait sur des paroles tragiques, se souvient encore Didier Varrod. "Marcia Baila" parle du cancer et de la mort. Et ce contraste-là, on le retrouve dans plusieurs chansons des Rita Mitsouko. » L'exemple le plus frappant étant sans doute « Le Petit train », chanson aux airs de comptine enfantine qui raconte pourtant l'expérience des trains de la mort vécue par le père de Catherine Ringer durant la Seconde guerre mondiale.
Des modèles du rock françaisAvec les Rita Mitsouko, les Français découvrent qu'ils peuvent faire du rock. « Le rock français avait été un peu enterré à l'époque. Les Rita Mitsouko - avec d'autres, notamment Alain Bashung - ont prouvé que c'était possible, » pointe Didier Varrod. Un rock loin des standards anglo-saxons : matiné d'influences punk, funk, électro ou hip-hop, caractérisé par un « esprit français » aussi libre que râleur.
Autant de caractéristiques qui permettent aux Rita Mitsouko de s'inscrire dans la durée, d'autant, souligne Didier Varrod, «qu'ils n'ont pas cherché à correspondre à l'esthétique des années 1980, très électronique et synthétique. » Intemporelle, leur musique a donc pu traverser les décennies sans prendre la moindre ride.
Cinquante ans ou presque après la formation du groupe, le public est toujours au rendez-vous et les tubes des Rita Mitsouko ont peu à peu acquis le statut de chanson culte. Comme quoi, même si « les histories d'amour finissent mal en général, » il y a toujours une exception.
Trois Californiennes, zéro guitare, un flingue à la place du cœur : Automatic ne pardonne rien et ça fait danser.
Automatic est un trio de musiciennes trentenaires, formé sur la scène autogérée de Los Angeles. En 2019, l'album Signal impose d'emblée sa signature, un rétrofuturisme minimaliste éclatant. Le suivant, encensé par la critique, navigue entre post punk et pop douce et installe les filles dans la durée. Le dernier confirme qu'elles sont à la pointe de l'avant-garde.
Des voix, des synthétiseurs, de la batterie, on en trouve sur les trois albums. Mais dans tous les morceaux, c'est la basse qui mène la danse. Pas la moindre guitare chez Automatic. Pour elles, la gratte est trop associée à l'énergie masculine. Le nom du groupe lui même Automatic est un clin d'œil a un titre emprunté aux Go Go's, référence absolue du punk rock féministe américain de la fin des années 1970.
Les Californiennes s'inscrivent dans cette lignée mais la rendent plus vive, et surtout plus critique. Patriarcat, crise climatique, capitalisme, leur constat sur l'état du monde est amer. Et ça s'entend dans le titre « Too Much Money ».
La joie comme acte de résistanceFace à une époque anxiogène, les californiennes choisissent pourtant de faire danser. La joie comme acte de résistance, quel beau programme. Le morceau « Mercury » le dit sans détour : « ne cédons pas au nihilisme, gardons une vision spirituelle du monde malgré tout ce qui ne va pas ».
L'histoire d'Automatic est celle de l'Amérique d'aujourd'hui, avec cette volonté farouche de ne pas subir, de ne pas se contenter d'être les naufragées de la crise. Alors le groupe avance, cherche ailleurs, s'ouvre au trip hop et même au jazz.
Humour noir, vitalité, acuité politique, les rockeuses nous invitent à bouger ensemble.Ce qui n’empêche pas chacune de se consacrer a des activités personnelles, le ramassage des chats errants, la botanique et les chevaux.
Automatic part en tournée, plus de trente dates aux États Unis, puis au Canada et en Australie.
Energie brute, instruments bricolés et messages engagés, le collectif congolais Kin'Gongolo Kiniata impose un univers musical aussi surprenant qu'original. Dans l'effervescence des rues de Kinshasa, les cinq artistes ont forgé une identité sonore à la croisée de l'afro-punk, de l'électro-rock expérimental et des musiques traditionnelles congolaises.
Des guitares à une corde, des percussions fabriquées à partir de bouteilles en plastique, de casseroles ou encore de bidons récupérés : chez Kin'Gongolo Kiniata, le recyclage n'est pas seulement un choix esthétique ou économique : c'est un véritable message.
« L'amour du prochain et protéger notre planète Terre. C'est pour cela qu'on crée des instruments avec des objets recyclés, des objets jetés », explique Lebrina Sabiti, alias Leebruno, chanteur et percussionniste du groupe.
Les membres du collectif fabriquent eux-mêmes leurs instruments à partir de matériaux récupérés. Boîtes de conserve, pièces de rechange automobiles, métal de récupération : tout devient source de création sonore.
Chanter le quotidien des KinoisLes artistes, tous trentenaires, chantent en lingala et racontent la vie quotidienne à Kinshasa. Leurs textes célèbrent l'ingéniosité et la débrouillardise que les habitants de la capitale congolaise appellent « l'article 15 », autrement dit l'art de se débrouiller par ses propres moyens.
Le groupe évoque les petites victoires de tous les jours, les difficultés rencontrées par la population, mais aussi les espoirs qui continuent d'animer la jeunesse congolaise.
Entre spiritualité et réalités socialesParmi les thèmes abordés figurent également la religion et la place importante qu'elle occupe dans la société congolaise. Certaines chansons s'inspirent directement de l'univers des églises et des prédicateurs, omniprésents dans les rues de Kinshasa.
Sur un registre plus social, Kin'Gongolo Kiniata évoque aussi les conditions de vie difficiles dans certaines zones rurales, notamment l'accès à l'eau potable. Une réalité quotidienne pour de nombreuses familles contraintes de parcourir de longues distances pour s'approvisionner.
Un message de paixLe groupe n'hésite pas non plus à aborder des sujets plus graves, comme le conflit qui touche l'est de la République démocratique du Congo depuis plusieurs décennies.
Dans leur titre « Toko Lemba Té » (« Nous ne cèderons pas »), les musiciens délivrent un message de résistance et d'espoir. Un refrain simple et puissant : ne pas abandonner malgré les épreuves.
« Le son qui écrase »Le nom du collectif résume à lui seul leur identité musicale. Kin'Gongolo Kiniata signifie « le son qui écrase ». Une expression qui traduit parfaitement la puissance rythmique de ce groupe né dans l'effervescence de Kinshasa. Après avoir marqué les esprits en France, notamment lors des Trans Musicales et du festival Africolor en 2022, les musiciens poursuivent leur conquête des scènes européennes.
Leur credo : transformer les bruits de la ville, les objets abandonnés et le quotidien de Kinshasa en une musique irrésistible, inventive et profondément humaine.
Cette voix, cette émotion, Céline Dion reprenant « L'Hymne à l'amour » d'Édith Piaf en haut de la tour Eiffel lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques à Paris en 2024. La star québécoise est de retour dans la capitale française où elle donnera demain, samedi 12 septembre, à la Plénitude Arena, la plus grande salle d'Europe, le coup d'envoi d'une série de concerts après six ans d'absence de scène en raison d'une maladie invalidante, le syndrome de la personne raide. C'est dire si les retrouvailles avec son public font l'événement. La presse internationale la sacre « plus grande chanteuse vivante ».
Un statut qu'elle a peaufiné avec rigueur et persévérance pendant 46 ans de carrière. Benjamine d'une fratrie de 14 enfants, élevée dans une famille de musiciens, elle débute son incroyable carrière à 12 ans et s'impose en quelques années au sommet de la chanson canadienne grâce à sa musicalité et sa voix puissante. Le public français la découvre en 1983 avec « D'amour et d'amitié ».
Au début de sa carrière, elle connaît le succès avec ces chansons sentimentales écrites par le parolier français Eddy Marnay, parlant de Dieu, de l'amour, d'amis, de sujets encore enfantins en décalage avec ce timbre incomparable d'une voix plus mature.
Elle perce aux États-Unis en 1991, lorsqu'elle est appelée à Hollywood pour interpréter en duo le titre du film Disney « La Belle et la Bête ».
Céline Dion séduit le public américainDans ces années 90, la chanteuse québécoise puise dans la tradition des chanteuses afro-américaines. Elle joue de la montée en puissance de sa voix pour provoquer des frissons, comme avec sa reprise de « All by Myself », titre sur lequel elle atteint et tient le Fa de la cinquième octave, et qui fait de cette chanson l'une des plus attendues de ses concerts.
Superstar mondiale, avec ce titre puis celui du film Titanic, dans cette même décennie 1990, Céline Dion explore en parallèle en français une autre voix grâce à Jean-Jacques Goldman.
Il lui écrit l'album D'eux en 1995, dans lequel elle joue d'un autre effet : le legato, cette façon de lier plusieurs notes sans rupture et qui rend les mélodies plus expressives sans jouer sur la puissance de la voix. D'eux est encore à ce jour l'album francophone le plus vendu au monde, plus de 10 millions d'exemplaires.
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À 56 ans, Jay-Z, Shawn Carter de son vrai nom, tient le cap sans tergiverser. Le gosse des Marcy Houses, à Brooklyn, est devenu l'un des patrons du rap américain, poids lourd catégorie business autant que rimes.
Le bilan comptable de Jay-Z donne le tournis : treize albums studio, plus de 100 millions de disques écoulés, 25 Grammy Awards dans la poche et une fortune personnelle évaluée par Forbes autour de 2,5 milliards de dollars. De quoi transformer son titre de 2004 « 99 Problems » en simple souvenir de jeunesse fauchée.
En 2009 sort The Blueprint, son onzième album. Jay-Z y aligne les invités en lettres d'or, de Rihanna à Kanye West, et surtout Alicia Keys sur « Empire State of Mind », un tube universel, celui que même votre tante fredonne sans savoir d’où il vient..
Ce succès planétaire l'installe définitivement dans la cour des grands. Roi d'un rap swing élégant, lorgnant vers le jazz, Jay-Z est aussi resté un champion toutes catégories de la punchline assassine, de Nas à Prodigy, personne n'y a échappé. Et puis il y a l'autre versant de la légende : le mari de Beyoncé. En 2003, sur « Crazy in Love », single fracassant de son premier album solo, l'ex chanteuse de Destiny's Child, lui lance un « You ready ? » Sauf qu’en réalité, ce n’est pas une question. C’est plutôt un défi pour relever ceci : « Accroche-toi bébé, ça va chauffer ! » La suite : mariage, trois enfants, tubes en duo et quelques tempêtes conjugales reprises par la presse people américaine, mieux documentées que n'importe quel biographe autorisé.
Trente ans de carrière, ça se fête, et Jay-Z a choisi le Stade de France, le 10 septembre 2026, pour souffler les bougies. Au menu, Reasonable Doubt, son tout premier disque sorti en 1996, et The Blueprint, album paru cinq ans plus tard et devenu depuis un monument absolu du hip hop, régulièrement cité parmi les meilleurs disques de tous les temps.
Jay-Z, l'homme qui tape dans le dos des présidents, de Barack Obama à Nicolas Sarkozy, sans faire dans le tri partisan, règne depuis trois décennies sur la bande son planétaire. Après avoir enflammé la même pelouse à deux reprises, le new-yorkais y revient encore... Malgré tant d’adieux, la méga star américaine sait surtout transformer ses retours sur scène en événement XXL. Que de chemin parcouru !
Le collectif londonien Ibibio Sound Machine revient avec Chopping Mountain, un sixième album lumineux où afro-funk, électro et traditions nigérianes se rencontrent. Porté par la voix d'Eno Williams, le groupe célèbre l'amour, la solidarité et la puissance libératrice de la danse.
Depuis ses débuts en 2013, Ibibio Sound Machine a bâti sa réputation sur une formule singulière : faire dialoguer les rythmes d'Afrique de l'Ouest avec l'électro, le disco, le funk ou encore le post-punk.
Résultat : des morceaux souvent très instrumentaux, hypnotiques, conçus autant pour la danse que pour l'évasion, comme le titre « What is your concept of love. »
Une passerelle entre Lagos et LondresLa chanteuse nigériane Eno Williams, née dans le Sud-Est du Nigeria, a grandi au rythme des chants gospel, du highlife et des contes traditionnels ibibio. Cet héritage irrigue son écriture: « Tout l'album prend source dans ma culture ibibio » explique la chanteuse. « L'amour, être ensemble, se relever ensemble en tant que communauté, prendre soin les uns des autres. Ce sont des thèmes qui traversent les histoires qu'on m'a racontées quand j'étais enfant. »
Si Ibibio Sound Machine puise dans ces racines ouest-africaines, le groupe compose des grooves électroniques à la recherche d'un son afro-futuriste avec notamment Max Grunhard, l'autre pillier du groupe, au claviers et au saxophone.
Un afro-futurisme festifSur scène, les musiciens arborent d'ailleurs des costumes flamboyants, inspirés à la fois des textiles africains et de la science-fiction. « J'adore l'idée d'explorer ce que le futur nous réserve musicalement, d'expérimenter avec le son et d'essayer des choses qui n'ont jamais été faites. Dans le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui, nous essayons de susciter une prise de conscience positive, de partager l'amour. Si notre musique peut remonter le moral et nous faire danser ensemble, alors la danse peut devenir quelque chose de libérateur », explique Eno Williams.
Cette énergie traverse tout l'album. Les synthétiseurs, les guitares électriques, les cuivres et les percussions s'entremêlent dans de longues constructions rythmiques qui évoquent parfois une immense jam session. Mais le groupe sait aussi ralentir le tempo avec des morceaux plus chaleureux et lumineux, comme « Love ».
L'album Chopping Mountain paraît le 11 septembre. Ibibio Sound Machine sera également en concert à Paris, au Hasard Ludique, le 14 avril prochain.
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