Aujourd'hui l'économie

En 2016, la France n'a pas perdu d'usines


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L'industrie française semble reprendre des couleurs. C'est ce qui ressort d'une étude publiée à l'occasion de la semaine de l'industrie, qui se déroule du 20 au 26 mars 2017. L'an dernier, il y a eu autant de fermetures que d'ouvertures d'usines dans l'Hexagone.
 
C’est une première depuis 2009. D’après des chiffres fournis par le cabinet Trendeo, 136 usines ont fermé tandis que 136 autres ont ouvert leurs portes, essentiellement dans le secteur de l’industrie alimentaire, des produits métalliques, de la production et la distribution d’électricité et de gaz. Mais ce ne sont pas ces secteurs qui créent le plus d’emplois. Ce sont l’automobile et la pharmacie. Au total, le solde est positif de seulement 643 postes. Les nouvelles usines sont plus petites et plus modernes, plus automatisées, donc elles ont besoin de moins de main d’œuvre. Les nouveaux sites emploient en moyenne un tiers de personnel en moins que ceux qui ferment.
 
80 000 à 100 000 recrutements par an sont toutefois attendus dans l’industrie, d’ici à 2020, selon le secrétaire d’État à l’Industrie Christophe Sirugue. De nouveaux métiers vont apparaître tandis que la moitié des emplois actuels vont profondément changer, souligne le ministre. 
 
La France n’est pas en voie de réindustrialisation
 
L’hémorragie semble juste arrêtée pour l’heure. Après la crise de 2008-2009, il y a eu une grande vague de fermetures de sites industriels en France. En prenant en compte les ouvertures, près de 600 usines ont disparu depuis 2009. Ensuite, les chefs d’entreprise ont préféré investir pour améliorer la compétitivité de leurs outils de production déjà existants.
Aujourd’hui, les entreprises vont mieux, grâce notamment à la chute des prix du pétrole et au crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (le CICE). Les patrons se lancent donc dans de nouveaux projets. Mais la France n’attire pas beaucoup d’investissements.
 
C’est l’Asie qui rafle la mise
 
Plus de la moitié, des projets industriels annoncés l’an dernier concernent l’Asie, selon le cabinet Trendeo. Cela représente plus de 1 000 milliards de dollars, soit près de la moitié des montants investis, et 780 000 emplois créés, soit les deux tiers. C’est l’Inde qui arrive en tête du classement par pays, suivie par les États-Unis et la Chine. 
 
De plus, l’Inde et la Chine investissent chez eux, essentiellement dans l’énergie et l’électronique. Presque la totalité des projets annoncés par des groupes indiens l’an dernier est localisée en Inde. Pour la Chine, c’est quasiment la moitié, mais surtout cela représente près de 80 % des montants investis par des entreprises chinoises. Des entreprises qui injectent donc de l’argent dans leur propre pays, ce que font bien moins les États-Unis, l’Allemagne ou bien encore la France qui privilégient les investissements à l’étranger.
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Aujourd'hui l'économieBy RFI