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La technologie a pratiquement révolutionné tous les secteurs d’activité, en changeant la façon dont nous faisons des affaires et en simplifiant l’expérience du consommateur – l’immobilier ne fait pas exception.
Dans l’épisode 12 d’EN DIRECT, nous accueillons Mathieu Roy, personnalité de la télévision, animateur à la radio et passionné de technologie, pour examiner la relation entre l’immobilier et la technologie, et comment trouver le juste équilibre entre la technologie et la dimension humaine de l’immobilier.
De la domotique à l’amélioration du processus de vente, découvrez comment la technologie change la manière dont nous construisons, achetons, vendons et vivons dans nos maisons.
Transcription
Esther Bégin : Bonjour tout le monde. Je suis Esther Bégin. Je vous souhaite la bienvenue à cet épisode d’EN DIRECT. La technologie a pratiquement révolutionné tous les secteurs d'activité en changeant la façon dont on fait des affaires et en simplifiant l'expérience du consommateur. Et l'immobilier ne fait pas exception. Dans l'épisode douze, d’EN DIRECT, on accueille Mathieu Roy qui est une personnalité de la télévision, animateur à la radio, passionné de technologie pour examiner la relation entre l'immobilier et la technologie de la domotique à l'amélioration du processus de vente. On va découvrir comment la technologie change, la manière dont on construit, on achète, on vend, mais aussi la façon dont on vit dans nos maisons. Alors bonjour Mathieu.
Mathieu Roy : Bonjour, bonjour.
Esther : Je te souhaite la bienvenue EN DIRECT.
Mathieu : Merci, c'est gentil, ça me fait plaisir d'être là. C'est un sujet fort intéressant parce qu'effectivement la technologie est maintenant rendue partout.
Esther : Mathieu et nous d'abord un peu à te connaître. Parle nous un peu de toi et plus particulièrement. Ça vient d'où ton intérêt pour la technologie?
Mathieu : Je pense comme plusieurs personnes, la technologie est arrivée chez moi, peut être par le biais du jeu vidéo. Quand c'est débarqué ça avec Super Mario Bros. C'était une espèce de révolution. C'était pour moi une forme de divertissement qui s'apparentait à, je sais pas, une série télé à un film au cinéma, mais une aventure dans laquelle j'avais un contrôle. Donc y avait quelque chose là, de vraiment intéressant. Et j'ai toujours eu une grande curiosité pour a priori les jeux vidéo, comment on les créait et comment on arrivait à un produit fini. Donc ce processus-là m'a toujours beaucoup intéressé. Et par la suite, il y a eu une espèce de démocratisation de l'ordinateur de bureau qui devenait plus seulement pour exécuter des tâches, mais pour se divertir. Je me rappelle encore d'internet qui a débarqué chez nous avec un modem téléphonique, quatorze skates qu'on branchait péniblement à cette espèce de grand réseau qui nous donnait accès à à peu près tout. Et puis après ça, bien là, c'est le grand d'éboulement de tous les magasins d'électronique dans lesquels j'ai toujours été plus à l'aise là que dans un magasin grande surface de quincaillerie.
Esther : Aujourd'hui, es une personnalité de la télévision, un animateur radio bon et très connu. Et tout le monde sait que t'es un passionné de technologie. Explique-nous de quelle façon, justement, la technologie a marqué ton cheminement de carrière?
Mathieu : Oui, ça c'était d'abord et avant tout une passion. C'était quelque chose qui vraiment là, je voyais en la technologie, non pas des espèces de gadgets ou des gugusses du futur. J'ai toujours eu horreur de ces mots-là. J'ai tout le temps vu la technologie comme étant une proposition de solutions technologiques, donc j'ai tout le temps vu ça. Pas avec cynisme, bien entendu. Il y a des côtés plus sombres à la technologie, mais il y a des côtés tellement lumineux puis intéressants. La technologie, je savais que, et je l'ai constaté quand j'ai commencé à faire des chroniques techno, des chroniques d'actualité liées à la techno, tantôt à la télé, tantôt à la radio, je me suis rendu compte à quel point il y avait un grand besoin de vulgarisation technologique parce que pour une des premières fois de l'histoire, il y a eu une espèce d'apprentissage inverse. Habituellement, c'est la génération plus vieille qui en apprend à la génération plus jeune. Mais moi, je suis arrivé dans une espèce d'ère où les enfants expliquaient comment fonctionnait Internet à leurs parents. Mais l'apprentissage, habituellement, c'était pas dans ce sens-là. Donc je comprenais quand j'ai vu arriver tous les grands bouleversements technologiques qui se passait quelque chose de spécial dans notre histoire avec un grand H.
Esther : Évidemment, ton travail et ta passion pour les technologies fait en sorte que tu restes toujours à l'affût des dernières tendances à ce qui s'en vient au niveau des technologies. Qu'est-ce que tu en retire personnellement? D'être toujours à jour comme ça, à l'affût des nouvelles tendances?
Mathieu : Bien, il y a quelque chose de très satisfaisant parce que j'ai soif de ces nouvelles technologies là. Je suis curieux de voir où on s'en va. Et puis j'aime sincèrement être capable d'éclairer les gens qui ont des questions. Je me tiens à jour de différentes façons. Bien sûr, il y a toutes sortes de sites que les gens connaissent peut-être un peu moins, mais qui sont littéralement des équivalents de la BBC ou de CNN, mais de la techno. Et il y a une grande foire commerciale à chaque année qui se tient au début du mois de janvier à Las Vegas. Ça s'appelle le Consumer Electronics Show, ça a plus de 60 ans d'histoire. C'est là qu'on proposait les premiers enregistreurs – vidéo, les télés à écran plat. On a présenté la Xbox là-bas. Mais bref, c'est une immense foire commerciale où se rencontrent des fabricants, mais aussi des fournisseurs et des distributeurs pour savoir de quoi aura l'air la prochaine année, les prochains mois mais aussi les prochaines années, On présente à Las Vegas, au Consumer Electronic Show, une vingtaine de milles de nouveaux produits à chaque année. C'est absolument fascinant et bienheureux celui qui pense être capable de tout couvrir en une seule. En une seule édition. Mais on a nos espadrilles, on se promène à travers des milliers et des milliers de pieds carrés, on fait des découvertes et c'est une façon pour moi, c'est comme une espèce de de mise à niveau annuelle. C'est mon Super Bowl, Mon Noël, c'est le salon de la mariée, de la technologie.
Esther : Donc on comprend que ça t'apporte énormément à chaque année. Tu as hâte d'aller faire ton petit pélerinage du côté de Las Vegas pour être à l'affût des dernières technologies.
Mathieu : C'est aussi une excellente façon de réseauter aussi, de rencontrer non pas des relationnistes qui te parlent d'un produit, d'une compagnie qui ont fait affaire avec eux, mais directement avec quelqu'un qui a dessiné le haut-parleur connecté qui est devant toi. Tu serres la main à quelqu'un qui était sur le processus décisionnel, sur pourquoi on a choisi telle ou telle couleur à appliquer sur tel ou tel téléviseur. Donc c'est vraiment le fun de rencontrer les gens qui œuvrent directement sur ces produits.
Esther : Le message est très certainement passionnant. Mathieu On va discuter d'abord de la technologie dans le processus de construction d'une maison. Quelles sont les tendances que tu observes actuellement?
Mathieu : Évidemment, on remplacera jamais un bon vieux marteau, quoique il y a maintenant, on peut clouer de manière beaucoup plus efficace et rapide avec certains outils. Mais moi ce que je remarque, c'est qu'il y a beaucoup de logiciels et d'applications afin de pouvoir soi-même créer des plans. Il y a une espèce de démocratisation de certaines technologies même, je dirais, une certaine démocratisation de certaines tâches liées à certains corps de métier. Et c'est quand même assez intéressant de réaliser qu'on est capable de faire quelque chose qui n'est probablement pas parfait aux yeux d'un architecte, mais qui est quand même assez intéressant. Et quand je dis qui est probablement pas parfait, c'est que là j'ai l'impression que des fois on va arriver avec une application, être capable de faire des plans, on va faire une pièce, un étage, peut être tantôt essayer de s'attaquer à une maison au complet, mais j'ai l'impression que c'est un peu le même problème que rencontrent les médecins aujourd'hui. C'est à dire que les gens font leur recherche de leur maladie, qu'ils pensent avoir sur Google et là ils arrivent avec leur propre diagnostic aux médecins. Donc j'ai l'impression qu'on va avoir une espèce de contrepoids où des gens vont arriver avec leur plan qu'ils ont eux-mêmes fait et qui sont loin d'être parfaits, de respecter les normes des différentes provinces ou pays à leurs architectes vont présenter ça, on va dire. Ouais, il y a peut-être quelques failles. Je pense que d'un point de vue logiciel, il y a vraiment eu une espèce de démocratisation de la création de la maison. Et là c'est évidemment c'est de l'audio, mais je mets création entre de très larges guillemets, là. Mais si on ne va plus au niveau matériel, moi ce qui me fascine en ce moment et ce sur quoi j’obsède à chaque fois que je vois des nouvelles liées à ça, c'est l'impression 3D.
Esther : Tantôt c'était pour faire bon, un porte clé, une petite figurine. Mais aujourd'hui, ce qui est vraiment intéressant de constater, c'est qu'avec l'impression 3D, on est capable d'imprimer littéralement de petites maisons, la structure d'un cabanon, la structure d'une mini maison. Comment ça fonctionne? C'est qu'on va simplement placer les armatures comme ça autour de l'endroit où on veut installer ou imprimer entre guillemets la maison. Et ça va être un peu comme un tube de pâte à dents. Imaginez un tube de pâte à dents géant mais rempli de ciment. Et là, étage par étage, on va être capable d'imprimer la maison avec les murs. Là, on les aura décidé de les mettre avec les cloisons et les choses comme ça. Donc vraiment, on sauve du temps, on sauve de l'argent et il y a même des missions spatiales qui commencent à envisager envoyer de l'équipement sur Mars, peut-être un jour pour pouvoir imprimer les propres maisons. Mais déjà on voit dans des pays en voie de développement des façons super efficace et rapide de pouvoir imprimer des maisons. Est-ce que c'est adapté à notre climat québécois? Pas pour l'instant, mais donnons-nous un peu de temps. Je suis convaincu qu'on va arriver avec des solutions franchement intéressantes. Mais moi, ça, d'un point de vue de construction de maison, évidemment, ça a très certainement plein de failles. Mais j'aime l'idée de voir comme ça cette espèce de de tubes comme ça qui applique bien couche par couche du ciment, ça se fige et on a quelque chose qui ressemble à une mini maison.
Esther : Parlons maintenant de ce qui concerne la façon dont les gens vivent dans leurs maisons, comment la technologie et l'automatisation contribuent à une meilleure qualité de vie.
Mathieu : Oh mon Dieu! Mais ça, ça a été un immense, une immense explosion. C'est vraiment un marché qui a explosé dans les dernières années. On parle notamment de la domotique, La façon dont l'automatisation est débarquée dans les maisons, ça s'est faite à vitesse grand V, que ce soit des interrupteurs de lumière connectés, que ce soit un thermostat connecté. Il y a rien en ce moment. Un frigo, un four, tout peut être connecté. Et quand je dis connectés, c'est à dire qu'ils vont aller se lier à une espèce de quartier général, une espèce d'intelligence centrale. Encore une fois j'utilise les guillemets même si on est à l'audio. Mais ce que je veux dire, c'est que vous pouvez avoir tantôt un assistant Google la. Assistant Siri ou encore Alexa, et vous faites simplement demander à tel ou tel assistant d'allumer les lumières, de les baisser à 50 %, de préchauffer le four à 350. Et tout ça, c'est toujours au profit du propriétaire, de l'habitant de la maison. Mais faut tout le temps se demander trois choses est ce que ces nouveaux produits là bien rendre ma vie ou ma maison plus sécuritaire? Est ce qu'il y a des économies d'argent à faire potentiellement? Et est-ce que ça me facilite la vie? Et quand on répond oui à deux des trois critères, j'ai l'impression que c'est le genre de produit qui a son utilité, qui risque d'avoir une certaine durée de vie. Mais vraiment là, être capable de pouvoir préprogrammés et même sans avoir à programmer simplement un détecteur de mouvement va être capable de se de trouver vos habitudes de coucher de réveil et en fonction de ça va être capable d'ajuster le chauffage dans votre maison sans que vous ayez à le faire. Vous avez l'habitude de vous coucher vers 9 h le soir, de vous réveiller vers 7 h. Eh bien, à un moment donné, le thermostat lorsque vous passez devant lui, va commencer à comprendre les mouvements et vos habitudes et va être en mesure de pouvoir, à partir de cette heure déjà, vous proposer une maison qui est tempérée à votre goût.
Esther : Donc on comprend que les technologies sont très variées, c'est presque à l'infini. Est ce qu'il y a certaines technologies? Mathieu qui deviennent plus attrayantes pour des groupes démographiques en particulier?
Mathieu : La technologie, c'est adressé d'abord et avant tout, je dirais, à une espèce de très large public. Et c'est souvent comme ça qu'on va lancer des produits. On va viser le public le plus large possible. Mais moi, ce que je vois se développer depuis quelques années, c'est les extrémités, c'est à dire de la technologie destinée aux enfants ou nourrissons, aux nouveaux nés, mais aussi de l'autre côté, à des personnes qui avance en âge et dans le domaine de l'immobilier. Ça devient extrêmement intéressant parce que je pense qu'il y a des solutions technologiques qui peuvent être appliquées à des gens qui, par exemple, sont en perte d'autonomie, en perte de facultés cognitives, peut-être même aussi en perte de dextérité et de force. Et ici, la technologie peut vraiment leur permettre de rester quelques années de plus dans leur logis. Je m'explique ça peut être des caméras de surveillance, rien de très invasif, mais c'est la famille d'une personne qui pourrait avoir accès à ces caméras-là, ou avoir une espèce de résumé ou des alertes lorsque la caméra détecte une chute. Il y a même par exemple des ceintures que j'ai vu connectée qui peuvent détecter les chutes.
Esther : Peut-être qu'une caméra avec une. Les caméras qu'on retrouve sur les portes d'entrée sur les sonnettes peuvent vous aviser qu'effectivement il y a eu une sortie à 3 h du matin alors que la porte n'a pas été refermée. Vous pouvez en être avisé. Ça veut donc dire que peut être qu'une personne qui est en perte de facultés cognitives sera pas en train de errer dans le quartier aux petites heures de la nuit parce qu'elle s'est retrouvée dans une phase un peu confuse. Donc il y a vraiment là des façons de pouvoir prolonger l'autonomie de certaines personnes âgées. Je prends des cas quand même extrêmes, mais il y a des cas qui sont peut-être un peu plus un peu plus simples, je dirais, pour des personnes qui n'ont pas nécessairement de grandes pertes cognitives ou de grandes pertes physiques, mais la technologie peut venir les aider, ça, il n'y a aucun doute. Et encore une fois, ce n’est pas un gadget. Ce sont des solutions technologiques qui peuvent faciliter la vie à des à des personnes un peu plus âgées.
Esther : Oui, c'est ça. C'est d'autant plus important qu'on est dans une ère où les aînés veulent de plus en plus rester dans leur maison. L'autre question qui se pose, Mathieu, c'est est ce qu'il y a des inconvénients à une maison qui est hautement automatisée?
Mathieu : Oui, c'est intéressant parce que souvent la technologie, par définition, devient obsolète. Parlez-en à ceux qui ont décidé de faire plaqué or leur première Apple Watch, la Apple Watch un. Elle ne vaut plus grand chose aujourd'hui, là. Donc effectivement, ça peut passer date. Et lorsqu'on est bien, rappelez-vous, il y a de ça quelques années, lorsqu'on fabriquait une maison, souvent on allait inclure dans la maison une espèce de filage pour faire passer des fils, les gros fils de téléphones bleus, ce qu'on appelle le RJ45. Ça, ça permettait de transmettre Internet, donc on pouvait se brancher avec notre ordinateur dans plein de pièces de la maison parce qu'il y avait ces fameuses prises là. Mais ça a été une brève parenthèse dans le monde de l'immobilier, parce qu'après ça, il y a eu le wifi, puis ça, ça devenait pratiquement plus utile, à part pour certaines utilisations, là où on a des besoins très spécifiques d'avoir un Internet stable et à haute vitesse. Mais souvent, la technologie peut effectivement passer date. Faut s'assurer des fois qu'il y a des possibilités de mise à jour. Mais c'est intéressant de constater que certaines technologies aujourd'hui, qui étaient très populaires il y a cinq ans, n'existent plus alors que d'autres ont continué de survivre. Donc ça c'est intéressant. Et bien sûr, quand la technologie nécessite un signal sans fil est bien là, ça permet. Remède être remplacé sans avoir à ouvrir de mur ou encore à défaire des murs de gypse.
Esther : Est ce qu'il y a des t technologies domotique qui sont essentielles de nos jours? Je pense à des technologies de base auxquelles s'attendent des acheteurs de maison.
Mathieu : Oui, bien en fait, en partant, je crois que de plus en plus avoir une prise pour les voitures électriques, ça va devenir une espèce de Moss. Le Ah ouais, il n’y a pas de, il n'y a pas de prise 220 volts ici pour pouvoir brancher une borne où. Donc ça, ça va devenir quelque chose, je pense, d'assez primordial pour toute une génération. Ça va être très bizarre de rentrer dans une maison où il n’y a pas déjà un thermostat connecté, où il n'y a pas déjà des lumières connectées. Donc ça je pense que ça va être un facteur pour certaines générations. Mais d'ailleurs avec l'éventuel prix dynamique de l'électricité, ça va devenir aussi quelque chose qui va être économiquement très intéressant d'avoir. Je reviens à l'exemple de la voiture électrique. À quoi ça sert de charger ma voiture quand je reviens du travail à 17 h jusqu'à 23 h quand l'électricité est à son coût maximale, alors que je pourrais très bien recharger la voiture de 1 h du matin à 7 h du matin, donc le même bloc de 6 h. Mais déplacer différemment dans la journée va coûter moins cher. Donc ça je pense à un moment donné que tout ce qui est, je dirais gestion de l'électricité qui permet d'économiser des sous, c'est des technologies qui vont être importantes pour certains types d'acheteurs.
Esther : Ouais, gestion intelligente comme tu dis, de l'intérêt de l'électricité, quelque chose qui va être essentiel pour les acheteurs de maison.
Mathieu : Les gens ne veulent pas non plus avoir des zones mortes dans leur maison, c'est à dire que les gens vont vouloir avoir du wifi partout. Ils veulent avoir du wifi, que ce soit dans le sous-sol, en haut dans les chambres et même dans le fond de la cour. Donc ne plus avoir un système wifi qui couvre suffisamment large, ça va devenir aussi quelque chose d'intéressant. Mais ça en même temps, vous pouvez acheter des répéteurs qui vont se charger du travail, mais je pense que l'aspect technologique sera peut-être pas un facteur, je dirais, pour annuler une vente, mais c'est très certainement un petit plus qu'un acheteur potentiel va trouver.
Esther : Oui, j'aimerais Mathieu qu'on passe à la technologie immobilière ou proc tech pour ceux qui s'y connaissent moins. D'abord, est ce que tu peux nous donner un aperçu des types de technologies qu'on voit dans ce secteur-là?
Mathieu : Bien moi ce que je trouve intéressant, c'est de voir depuis plusieurs années, chez les courtiers immobiliers notamment, comment est-ce qu'on a réussi à utiliser les médias sociaux. Certains le font très bien, d'autres le font peut-être un peu plus maladroitement, mais je pense qu'il y a un processus d'apprentissage qui est vraiment intéressant. Donc, un courtier immobilier peut utiliser les médias sociaux bien sûr, pour présenter son portfolio, pour présenter les les immeubles qu'il a à vendre à un moment précis dans l'année. Mais on peut aussi utiliser tantôt des petites courtes vidéos sur Instagram ou sur Tech Talk. Oui, bien sûr, des visites express d'une maison qu'on a à vendre, mais on peut avoir une valeur ajoutée en donnant des trucs, conseils, astuces et même certains éducatifs sur des notions de base en immobilier. C'est. C'est fou de penser que quand on travaille dans quelque chose, on pense que parce qu'on a le nez dedans, que ça intéresse pas les autres et que tout le monde connaît ça alors que c'est faux. Vous seriez surpris de voir des vidéos extrêmement populaires qui sont probablement pour un courtier immobilier, quelque chose qui est vraiment la grosse base, mais qui pour une personne comme moi, se trouve franchement intéressante. Donc on n'est jamais à l'abri d'un succès.
Mathieu : Et si vous êtes capable de créer une espèce de base, eh bien c'est fantastique. Et les médias sociaux sont intéressants pour les courtiers immobiliers parce que souvent, ou en tout cas à quelques reprises, ils peuvent se retrouver à devoir vendre une propriété extrêmement ciblée pour un type de public. Donc, si ce public-là ne sait pas que cette maison est disponible, évidemment qu'ils ne l'achèteront jamais. Ça peut passer par toutes sortes de façons. Mais je crois que les médias sociaux peuvent être un vecteur pour faire connaître une maison très précise pour un public très ciblé. Donc les médias sociaux peuvent vraiment être un allié. Et ce qui est bizarre aussi, c'est que dans les technologies, évidemment, un courtier immobilier va aller visiter la maison, on va regarder le quartier, mais il peut toujours avoir un angle mort. Et moi, il y a quelque chose que j'aime dans le monde de l'immobilier, c'est d'aller voir les propriétés sur Google Maps ou encore Google Earth et d'utiliser la prise de vue satellite. Ça nous permet d'avoir une espèce de vue hyper aérienne du quartier et de détecter certains endroits qui peuvent être un peu sensibles. Est ce qu'il y a une épicerie pas trop loin et il y a des compresseurs à air climatisé et ou et ou à congélateur près de l'immeuble que je m'apprête à acheter.
Mathieu : Est ce qu'il y a des parcs à proximité? Quelle est la distance réelle de ces parcs là? La distance par rapport à une une route où ça circule beaucoup, tantôt une autoroute ou un boulevard, quelle est la distance? On est toutes capable de mesurer ça avec quelque chose d'aussi simple que Google Maps. Et bien. Bien sûr chez les courtiers immobiliers. J'ai vu débarquer dans les dernières années les fameux drones. Je crois que beaucoup de courtiers font affaire avec des pilotes de drones. Mais aujourd'hui, faut absolument que vous soyez au courant. Il y a des drones qui sont extrêmement mais extrêmement simples à piloter. Et avec la miniaturisation des capteurs, des appareils photo, vous êtes capables d'avoir des images vraiment impressionnantes. Et quand je dis que les drones sont faciles à piloter, bien avec votre téléphone intelligent, vous êtes capables de le faire décoller et vous allez simplement grâce à la caméra du drones. Eh bien, choisir votre cible, par exemple la propriété. Et là, le drones va reconnaître qu'il s'agit d'une maison et vous pouvez déjà utiliser des parcours qui sont préprogrammés. Donc le drone pourrait faire le tour de la maison avec un cercle tout ce qu'il y a de plus simple.
Mathieu : Mais il pourrait aussi faire une espèce de de cercle autour, mais un cercle qui agrandit au fur et à mesure que le drone monte. Donc vraiment là des espèces de prises de vue de type cinéma et pas besoin de savoir piloter, c'est simplement à la pression d'un bouton qu'automatiquement le drones va être capable de trouver une cible et de générer une vidéo qui va être franchement intéressante pour un acheteur potentiel. Puis si je vais un petit peu plus loin, bien évidemment, il y a des caméras 360 avec lesquelles on est capable tantôt de prendre des photos ou des vidéos, et là c'est la personne qui décide ce qu'elle veut regarder dans la pièce, dans la maison et évidemment la réalité virtuelle où là, littéralement, on met un casque, puis on est capable de se déplacer tantôt avec des manettes, tantôt en faisant quelques petits pas, mais dans une maison ou dans une pièce. Le danger, c'est que c'est tellement trompe l'œil que des fois on veut ça côté, par exemple sur un comptoir de cuisine. Mais le comptoir n'est pas réellement devant soi, mais notre cerveau pense qu'il est devant nous. Donc à défaut d'une visite réelle, on est capables avec des outils de faire des visites virtuelles qui sont vraiment bluffantes.
Esther : On t'écoute et on constate combien la technologie non seulement change le secteur de l'immobilier, mais aussi optimise tout le parcours de l'acheteur d'une maison ou du propriétaire qui veut vendre sa maison finalement.
Mathieu : Oui, absolument. Puis c'est intéressant parce que et l'acheteur et le vendeur peuvent des fois utiliser la même technologie. Un acheteur pourrait arriver avec une modélisation 3D d'une photo ou d'un scan qu'il a fait de son divan sur dimensionné pour savoir s'il rentre dans la pièce de sa future maison. Et là, avec son téléphone, il va utiliser la réalité augmentée. Donc il va se retrouver dans la maison qu'il veut acheter, dans la pièce où il désire mettre son divan surdimensionné. Et là, il pourrait l'appliquer littéralement bien dans l'image que son téléphone capte de la pièce. Et il va tout le temps garder les bonnes proportions entre la pièce et le divan. Et on est capable de savoir si oui ou non est bien le divan entre. Cette même personne pourrait décider de faire un scan avec son téléphone, donc les outils sont rendus super simples. C'est. Il y a une démocratisation des technologies qui étaient avant réservée à une certaine élite, à certains corps professionnels qui aujourd'hui sont super accessibles et ça permet de ne pas avoir un de vilaines surprises ou encore juste de faire un achat en pleine conscience et puis en toute connaissance de cause.
Esther : Maintenant Mathieu, c'est souvent la question quand on parle de technologie, des nouvelles technologies, de tout ce qui se fait dans le domaine. C'est comment les courtiers immobiliers peuvent trouver un juste équilibre entre la technologie et la dimension humaine de l'immobilier. Parce qu'il y a une relation humaine qui est importante, là, dans le secteur immobilier.
Mathieu : Oui, tout à fait. Et ça, elle va être difficile à remplacer. On l'a vu durant la pandémie des documents numériques, des signatures numériques. C'est devenu la norme et ça c'est tant mieux. C'est parfait parce que c'est vrai qu'il y avait des fois beaucoup de déplacements ou beaucoup d'envoi de documents que l'on pouvait signer à distance. Mais il reste que l'achat d'une maison, c'est une grosse dépense et ce n'est pas une dépense virtuelle, c'est une dépense qui est bien réelle et on a encore besoin d'un contact humain. Puis il y a quelque chose ici d'un peu folklorique et qui est très intéressant de procéder aux signatures, à l'échange des clés. Donc c'est sûr qu'il y a un équilibre à avoir entre la technologie et justement la dimension humaine. Et quand il est question de technologie, il faut toujours se demander est ce que ça sert l'utilisateur? Est-ce que ça sert l'acheteur ou c'est simplement une démonstration d'un courtier immobilier qui sait comment telle ou telle technologie fonctionne? Faut se mettre à la place de l'acheteur. En quoi est ce que cette technologie-là lui sert vraiment? Je vais donner un exemple dans le monde de l'automobile, dans le monde de l'automobile, on dirait qu'il y a une espèce de culte, des tablettes, des écrans dans les autos, mais je ne crois pas que c'est toujours la bonne solution pour tous les problèmes. Le bon vieux bouton volume. Fonctionnait très bien. On n'avait pas besoin nécessairement de le remplacer par un bouton virtuel sur une tablette. Donc dans le monde de l'immobilier, c'est la même chose. Demandez-vous à quoi cette technologie-là va véritablement bénéficier à l'acheteur ou encore à celui qui va l'utiliser.
Esther : Dis-moi Mathieu, dans un monde aussi numérique où les consommateurs sont constamment bombardés d'informations, est ce qu'il y a encore de la place pour l'expertise humaine, propre? Personnelle?
Mathieu : Absolument. Oui, vraiment, vraiment. Puis je pense qu'il y aura toujours ça, même si en ce moment, l'intelligence artificielle fait des analyses de tendances de prix avec des données géographiques, économiques, démographiques. Ce qu'il faut savoir, c'est que ça sera encore et pour un bon bout de temps, une collaboration homme machine ou homme technologie. Et le contact humain est tellement important. L'expertise d'un courtier immobilier dans un secteur donné, un courtier qui a grandi dans le quartier où il vend des maisons, il n'y a pas de technologie qui va pouvoir remplacer ça. Je suis un enthousiaste technologique, mais je demeure somme toute et encore et toujours très réaliste par rapport au contact humain. On ne peut pas tout remplacer. Puis encore une fois, je pense que la technologie doit être utilisée avec parcimonie et se demander quels sont les réels besoins de l'acheteur. Et à ce moment-là, est ce que la technologie peut nous donner un petit coup de pouce justement pour faciliter notre travail et peut être aussi son processus décisionnel? Mais dans son processus décisionnel, un acheteur va avoir besoin d'un contact humain, il va avoir besoin d'une expérience et d'une expertise d'un courtier. Ça me semble encore évident.
Esther : Mathieu Merci beaucoup, Ça a été vraiment très intéressant de t'entendre. Merci beaucoup.
Mathieu : Ça fait plaisir. Bonne journée.
Esther : Alors voilà, je tiens à vous remercier les éditeurs et les éditrices d'avoir été avec nous. Je vous invite aussi à partager le balado avec votre entourage et votre réseau. Je vous rappelle aussi que c'est toujours possible de vous abonner EN DIRECT et que les saisons un et deux sont toujours disponibles et que vous pouvez les écouter en tout temps en rattrapage. Alors voilà Esther Bégin qui vous remercie de votre attention. Je vous dis portez-vous bien et à bientôt. Au revoir.
La technologie progresse rapidement et le taux d’adoption grimpe en flèche.
Dans l’épisode 11 d’EN DIRECT, Danièle Henkel, conseillère stratégique nous explique comment les entreprises peuvent gérer cette transformation numérique.
Plus précisément, dans un secteur comme l’immobilier, où les connexions humaines, la confiance et le réseautage sont fondamentaux, quelle est la place de la transformation numérique? À quel moment les courtiers ou agents immobiliers devront-ils se réorienter?
Transcription
Esther Bégin : Bonjour tout le monde, Je suis Esther Bégin et je vous souhaite la bienvenue à cette nouvelle édition de EN DIRECT qui porte sur l'incidence de la transformation numérique dans nos vies professionnelles. Et qui de mieux pour en discuter qu'une grande visionnaire, qu'une figure incontournable du monde des affaires au Québec, madame Danièle Henkel! Au cours des deux dernières années, avec la COVID qui nous a imposé le télétravail, on a vu la technologie évoluer, mais vraiment à la vitesse grand V. Le taux d'adoption des technologies a grimpé en flèche et c'est peu probable qu'il revienne au niveau d'avant la pandémie. Comment les entreprises s'adaptent-elles à cette transformation numérique généralisée? Quels sont les risques, les avantages pour une société qui échangent, mènent ses activités et communiquent principalement au moyen de la technologie? Alors, pour nous guider à travers toutes ces questions, notre invité aujourd'hui est donc Danièle Henkel. Bonjour Danièle.
Danièle Henkel : Bonjour Esther.
Esther : Bienvenue à EN DIRECT et merci d'être avec nous.
Danièle : C'est vraiment plaisir.
Esther : Plaisir partagé.
Alors Danièle, vous faites des affaires depuis plus de 30 ans, vous êtes entrepreneur, stratège, coach, mentor et vraiment j'en passe. Donc votre vie professionnelle s'échelonne sur plus que trois décennies, ce qui veut dire donc beaucoup d'évolution, beaucoup de changements, beaucoup de transformations. Je vous demanderais d'abord racontez-nous comment la technologie a influencé votre carrière.
Danièle Henkel : On parle beaucoup aujourd'hui d'intelligence artificielle et de technologie autres. Mais moi, je. Je suis tombée amoureuse quasiment d'une technologie, et qui était issue d'un équipement médical que j'ai eu le plaisir de rencontrer il y a 26 ans. Et ça s'appelait LPG. Et donc c'est de la technologie, mais qui a un impact qui avait déjà un impact sur la santé globale, sur le bien être global. Et donc je trouve que cette technologie là où la technologie dans ma vie à moi d'entrepreneurs m'a propulsée, m'a fait grandir, a fait en sorte que mes entreprises sont devenues une des entreprises les plus performantes au Canada. Donc, le fait d'avoir accepté de faire face à la peur parce qu'on est passé d'un gant exfoliation à des équipements médicaux importants, imposants avec tout ce que ça comporte. Donc, vous le savez, l'entretien, le technologique, les ingénieurs, l'installation. Mais je suis passé complètement de l'autre côté et c'est là où je trouve intéressant, quand on voit où, quand on perçoit le potentiel d'avoir accès à de la technologie. Peu importe, dans le domaine dans lequel on est, c'est de s'ouvrir. Et c'est ce qui a fait que mon intérêt à m'ouvrir à l'inconnu m'a propulsée sur le plan professionnel.
Esther : À telle enseigne que vous avez créé Henkel Média en 2018. C'est une plateforme numérique à l'intention justement des entrepreneurs. Pour ça, vous vous êtes immergée dans le monde de la technologie, mais malgré tout, votre philosophie d'entreprise demeure fidèle finalement à ce que vous êtes intrinsèquement, c'est à dire très humaine, très axée sur l'être humain, sur l'impact social. Comment vous avez réussi vous à concilier les deux?
Danièle : Mais je pense que lorsqu'on reconnaît qui on est, ce qui nous passionne et qu'on essaye pas de vouloir être quelqu'un d'autre ou faire comme tout le monde parce que c'est une mode ou tout simplement une obligation, je dirais sociétale, et qu'on y trouve son bien-être, qu'on y trouve sa place. Alors j'ai combiné ce que j'étais. Ce que j'ai prôné depuis toujours, c'est qu'on ne peut en aucun cas ni vivre ni réussir seul. Un être humain ne peut trouver son bien-être, mais aussi son évolution qu'à travers les autres. Donc oui, technologie, parce que c'est ce qui nous permet non seulement d'évoluer, de découvrir, de rejoindre, de donner accès, de faire des choses, même en santé. Extraordinaire les évolutions technologiques. Mais c'est d'abord et avant tout à travers l'être humain. Donc effectivement, quel média se voulait plutôt que d'être axée sur les produits ou les services? Par ricochet, ça va être axé, mais c'est surtout l'être humain. Moi, ce qui m'a toujours passionné, c'est comment toi en est tu arriver à cette idée, à ce projet, à cette action-là qui fait qu'aujourd'hui, que ce soit dans le domaine technologique ou autre, tu réussis en tant qu'entrepreneur ou entrepreneur.
Esther : J'aimerais qu'on parle de l'incidence fondamentale de la transformation numérique. Justement sur les entreprises de façon générale. Comment la technologie influence la façon dont les entreprises s'organisent, prennent des décisions. Comment les entreprises retiennent les talents et même interagissent avec leurs clients? Qu'est-ce que vous avez pu observer à cet égard? Bien.
Danièle : Disons que avant la pandémie, on était dans un dans une, je dirais folie, quasiment sur tout le volet technologique tout azimut. Je dirais au point même où on ne parlait que de KPI et on ne parlait que de productivité, on ne parlait que de CRM, on ne parlait que d'une multitude de logiciels et d'intelligence artificielle qui pourraient aider bien entendu les entreprises à être plus performantes. Donc je mets l'emphase là-dessus parce que c'est vrai que c'était ça. C'était ce qui était mis de l'avant.
Esther : Très axé sur la performance.
Danièle: Très axée sur la performance et sur l'obligation quasiment d'être tourné vers les technologies pour remplacer quasiment des fois les petites mains humaines ou la présence humaine. Et ce qu'il y a eu de fabuleux, mais alors de vraiment fabuleux. Pendant la pandémie et ou jusqu'à aujourd'hui, c'est que ce qu'on me reprochait, parce qu'on me l'a reproché en disant que ce que j'étais, c'est parce que ben oui, j'avais un grand cœur que j'étais là. Mais ça n'a rien à voir avec le grand cœur. Ce qu'il y a à avoir, c'est de toujours garder en tête qu'on ne fait des affaires qu'avec des humains d'abord et avant tout, mais qu'on peut utiliser et qu'on utilise une multitude d'outils, entre autres technologiques. Et là, je me suis rendu compte qu'il y a eu un revers, un retour du balancier. Je vais l'appeler comme ça ou maintenant, c'est le leadership humain, l'humain avant tout, l'humain en priorité. Eh oui, on s'est rendu compte que technologiquement, c'est important. Bien sûr, il faut continuer. Mais est ce qu'on n'a pas laissé aller tout le savoir être, toute la reconnaissance qui doit être remise à ceux qui nous accompagnent, à ceux qui bâtissent avec nous, ceux qui ont bâti et qui continuent de bâtir? C'est un être humain à ses émotions, à ses joies, à ses peines, à ses attentes, à ce qu'ils peuvent partager avec nous. La créativité, elle est humaine, elle n'est pas technologique.
Esther : On reviendra justement tout à l'heure sur ce qu'on ne peut pas remplacer avec la technologie. Je veux vous entendre sur le fait parce que vous êtes constamment en contact avec le monde des entrepreneurs, avec les PME, à la lumière de ce que vous voyez dans le quotidien de ces entrepreneurs là. Est-ce que la plupart des entreprises utilisent la technologie à son plein potentiel?
Danièle : Non. Bien sûr que non. Pour multiples raisons. D'abord, je dois dire que l'éveil technologique s'est fait sentir urgemment pendant la pandémie où on s'est rendu compte, moi la première. D'ailleurs, moi qui ai utilisé, comme je l'ai dit tout à l'heure, des technologies, mais aussi on a, on a des technologies pour les performances, pour les KPI, pour tout le volet comptabilité, CRM, et cetera. Mais il y a une chose que j'avais totalement pas omis mais mis de côté parce que ce n'était pas une priorité à mes yeux. Nous avons une académie qui est un des leaders, qui est le leader de la formation à travers le Canada. On recevait des centaines de personnes par mois. Physiquement parce que c'est comme ça qu'on forme. Physiquement, c'est présentiel. Du jour au lendemain, il n'y avait plus personne, plus personne qui pouvait se faire former en présentiel. Tout était fermé. Et c'est là où je me suis rendu compte que vous savez quand ça va bien. Quand on est, quand on pense que c'est acquis, quand on pense que c'est pour plus tard, parce qu'il n'y a rien qui va venir te bousculer. Tu peux prendre son temps parce que ça va bien, parce qu'on est bien gros et bien gras.
Esther : Donc on remet à plus tard.
Danièle : On remet à plus tard. Et donc, ce que j'ai vécu, ça a été grâce d'ailleurs à mes employés, grâce à des fournisseurs qui ont mis sur pied la formation digitalisée. Mais pour revenir à votre question, c'est, c'est cela, c'est de faire attention à ne pas délaisser pour multiples raisons. Peut-être parce qu'on comprend pas, ou peut-être parce qu'on a peur. Ou peut-être parce qu'on ne sait pas, ou peut-être parce qu'on pense que ça va être dispendieux. Et donc on pose, peut-être pas, les questions ou les bonnes questions. Peut-être qu'on ne va pas de l'avant une multitude de raisons. Mais ce que je tends à dire, c'est oui. Penchez-vous. Peu importe le domaine dans lequel vous êtes sur le volet que la technologie peut amener pour améliorer. Aujourd'hui, d'ailleurs, la pénurie de main d'œuvre, entre autres l'approvisionnement, la production et une multitude d'autres services qui peuvent être faits de façon plus automatisée, mais de garder de grâce. De grâce, l'importance du contact humain.
Esther : Concrètement, Danièle Comment? En tant qu'entrepreneur, on peut évaluer les meilleurs moyens d'utiliser la technologie de manière globale. Concrètement.
Danièle : Concrètement, comment on peut l'évaluer? Eh bien, d'abord, il faut s'informer adéquatement. Il faut vouloir se former ou faire former. D'abord se former, faire former. Parce que concrètement, pour connaître quels sont les besoins de ma petite entreprise ou de ma PME ou de ma très petite entreprise, il faut que je m'adresse à qui de droit. Il faut que je fasse partie d'un réseau et il faut que j'aille vers ceux qui sont capables de m'aider à faire ce virage technologique et de me poser la question suivante quel est l'impact que cela pourrait avoir sur mon entreprise, que ce soit bénéfique ou que ce soit de façon moins agréable? Il y a aussi des revers. Quand on est mal préparé, mal informé, ça peut coûter très très cher et ça peut prendre beaucoup de temps. Donc, c'est de s'informer auprès des bonnes institutions, de s'entourer des bonnes personnes et puis de se renseigner. Exemple j'ai besoin de monter un site internet. Très bien. Renseigne-toi, va vers des gens qui ont fait un site a qui sont peut-être dans ton industrie ou dans une industrie connexe et pour qui ça a bien été. Demande des références, donc aller vers se renseigner parce que c'est un monde, c'est un monde immense mais que tout le monde ne connaît pas. Et donc une petite entreprise ou une PME n'a pas toujours le temps de faire des vérifications. Et souvent. Eh bien je. Malheureusement, il y a plusieurs entrepreneurs qui m'ont confié que ça m'est arrivé à moi aussi avoir dépensé des centaines de milliers pour se rendre compte que ce n'était peut-être pas le bon processus ou le bon logiciel, ou qu'il en avait fait trop alors qu'il était beaucoup plus petit.
Esther : Oui, donc, l'importance de vraiment s'informer,
Danièle: s'informer,
Esther : de questionner, d’investiguer.
Danièle: Et de comprendre. Parce que, tout comme encore une fois la littératie financière, on va faire la même chose avec la littératie technologique. C'est on n'ose pas poser les questions parce qu'il ne faut pas montrer qu'on a rien compris. Et c'est correct de n'avoir rien compris parce que, exemple, moi, j'ai 66 ans Esther, je découvre la technologie quasiment à tous les mois. Je découvre quelque chose, mais j'ose dire voulez-vous me réexpliquer? Voulez-vous me montrer parce que je suis visuel? C'est de l'adapter, puis d'oser poser les bonnes questions. Et quelques fois, on va laisser les autres gérer. Alors que c'est ton entreprise, c'est ta responsabilité ou c'est toi. Le dirigeant pose les bonnes questions.
Esther : Ne pas avoir peur,
Danièle: Non.
Esther : Laisser voir son ignorance parce que c'est réhabiliter sa vulnérabilité, les réhabiliter. Exactement parce que c'est un monde qui peut être très obscur.
Danièle: Totalement.
Esther : Et qui est vraiment pas.
Danièle : Et qui est complexe. Esther ça change à tous les mois. C'est aussi simple que ça. Je veux dire moi, ce que j'ai installé ou instauré il y a six mois, mais c'est quasiment désuet aujourd'hui. Donc il faut savoir que c'est évolutif et qu'on ne peut pas l'arrêter. Par contre, il faut savoir qu'est-ce qui est bon pour moi, pour ma taille, pour mon secteur, pour ma tolérance aussi, puis mes finances et les ressources que j'ai, les ressources humaines. Donc il faut analyser tout ça, puis y aller peut-être étape par étape. Je crois que ce qui fait du tort, c'est quand on essaie de faire comme les autres ou qu'on pense qu'on doit faire comme l'autre. Non, il faut faire comme moi. J'ai besoin. J'ai eu la bonne information, je l'ai analysé pas seul, mais avec peut-être mon équipe et ensemble, on décide de faire certaines, certains ajustements.
Esther : Selon vous, quel est l'impact de la transformation numérique sur des secteurs comme l'immobilier? Parce qu'on le sait, les connexions personnelles, c'est très important. Dans le secteur de l'immobilier, les relations humaines, c'est essentiel. Quel est, selon vous, l'incidence des nouvelles technologies dans le secteur immobilier?
Danièle : Vous savez que j'ai déjà été agent d'immeuble.
Esther : Non.
Danièle : Non, oui. Eh oui, il y a longtemps, je l'ai été et je souris, parce que je vois aujourd'hui la merveilleuse évolution justement technologique qui est à la disposition des brokers, des agents des impôts, des bannières, et cetera, au niveau technologique pour justement. Facilité. Je vais appeler ça, entre guillemets, la bureaucratie. Ça prend du temps. C'était pénible. Il fallait remplir à la main. Il fallait faire signer par monsieur, par madame. Il fallait attendre. Moi, je me rappelle, j'attendais dans des parkings à minuit parce que monsieur n'était pas encore entré. Bon, on n'en est plus là grâce justement à cette technologie là. Par contre, dans le domaine immobilier, c'est beaucoup aussi un domaine de confiance, d'échange, de vision, de compréhension des besoins des uns et des autres. Et nous voyons à quel point l'humain joue un rôle capital. Je suis dans une transaction en ce moment. Et oui, j'échange par courriel. J'ai échangé par les e-sign signatures avec la personne qui est en charge du dossier. Mais surprenant m'a. Je lui ai demandé une rencontre et pas une, mais deux et même trois. Et au début, il a été surpris parce qu'il m'a dit Mais vous savez, on peut tout faire par.
Et j'ai dit mais non, moi, je veux vous voir, je veux vous ressentir. Je veux vous regarder pendant que je vous pose mes questions. Puis je veux vous dire ça. J'ai pas compris. Et voir comment vous allez réagir parce que ça me donnera une certaine latitude dans ma confiance. C'est vraiment une relation de confiance et ça, c'est quelque chose sur laquelle j'insiste beaucoup dans tous les domaines, mais aussi et particulièrement dans le domaine immobilier. Il y a beaucoup d'argent qui se brasse dans le domaine immobilier. Il y a des taux d'intérêt qui montent et qui descendent. Qui croire? Qui ne pas croire? Qui va nous conseiller? Eh bien, c'est celui ou celle qui a été cohérent, qui a été persévérant, qui a gardé le lien avec moi, qui a été. Même après une transaction, peut-être d'envoyer de temps en temps un petit coucou. Bonnes fêtes de Noël! Je ne le sais pas parce que va venir le moment où ces liens là. Moi, je vais lui passer mes amis, je vais lui passer ma famille. C'est comme ça qu'on fait encore des affaires.
Esther : Est-ce que. Dans une mer d'informations où les technologies vraiment, sont omniprésentes, où les choix se multiplient? Est-ce que vous diriez que l'expertise personnelle d'un courtier, d'un employé, d'un travailleur, peu importe le domaine, finalement, ça devient de plus en plus précieux?
Danièle : Absolument. Y et rien qui va remplacer ça Esther. Ce sont des années d'expertise, ce sont des années de terrain. Ce sont des personnes qui ont vécu toutes sortes de différentes situations. Je m'excuse, mais c'est certainement pas un logiciel qui va me donner la réponse. Ça va être l'expérience de cette personne qui va pouvoir amener des solutions, un regard différent ou qui va trouver même une façon de combler à cette situation là d'une manière ou d'une autre. Mais c'est un être humain, c'est sa créativité, c'est sa résilience. C'est aussi sa façon d'amener, de par son expérience, des résultats, des solutions avec un regard posé. Si je mettais ça dans le tordeur et que je faisais passer ça à mon logiciel en intelligence artificielle, ça va être de la data avec des chiffres. Je ne sais pas ça que je demande en tant qu'être humain. Je veux être rassuré en tant qu'être humain. Je veux que quelqu'un me parle en tant qu'être humain. J'ai besoin de savoir que je suis entre de bonnes mains. Donc oui, je vais prioriser aussi l'expertise et l'expérience de la personne.
Esther : Est-ce que vous diriez que c'est, selon vous, la première chose que la technologie peut pas remplacer?
Danièle : Oui. Absolument. L'être humain a créé les technologies. Pour être au service de l'être humain, malheureusement dans certains cas. C'est la technologie. C'est l'être humain qui est devenu au service de la technologie. Regardons-nous avec nos téléphones cellulaires, regardons-nous avec nos iPad. On a de la difficulté à lever nos yeux de dessus. On marche en regardant, on parle en regardant, on mange en regardant. Donc c'est dommage parce que ça a été créé pour d'autres choses, pour pour justement nous permettre à nous de pouvoir évoluer dans d'autres domaines, de continuer de créer, de continuer d'innover, de continuer d'évoluer en tant que société, mais en utilisant la technologie pour justement gagner du temps. Mais dans une situation comme celle d'aujourd'hui que l'on vit, c'est la pénurie de main d'œuvre de pouvoir aussi permettre à beaucoup d'entreprises, et, dans le domaine de l'immobilier aussi, de perdurer, d'être pérennes malgré le manque de main d'œuvre.
Esther : Oui, on va rester dans le secteur de l'immobilier. Danièle, d'un point de vue de développement des affaires pour un courtier ou un agent d'immeuble, quels sont les risques? Vous diriez et en même temps les occasions aussi d'investir dans les nouvelles technologies, donc risques et occasions.
Danièle : Mais les risques, ce serait de ne pas être vigilant. Vous savez, le risque de prendre à la légère la formation ou l'information, de savoir mettre en place des systèmes technologiques qui sont protégés et qui vont protéger les clients. Donc ça, c'est hyper important, que ce soit pour un courtier ou que ce soit pour un agent d'immeuble. Maintenant, les bénéfices. C'est ce que je disais tout à l'heure. Si je suis capable de faire faire un certain travail qui est beaucoup plus bureaucratique, qui est administratif, je devrais dire je vais avoir un peu plus de temps pour aller rencontrer les gens, pour aller sur le terrain aussi, parce que je peux découvrir aussi des choses qui seraient intéressant pour mes promoteurs. Que peut être le promoteur n'a pas eu le temps de voir ou de comprendre. Je peux aussi discuter avec les travailleurs. Tu sais, parce que souvent, quand on est impliqué en tant que courtier ou agent, bien il y a un suivi que l'on doit faire sur certains projets. Ce suivi, que ce soit avec les banques, que ce soit avec les, les métiers, que ce soit surtout dans un développement immobilier. Bien, c'est donc important notre tâche ou je dis notre fait longtemps que je suis plus courtier. Mais la une des tâches, une des responsabilités, c'est de connaître le suivi du dossier. Mon Dieu que ça va rassurer le client parce que ce n'est pas juste de faire signer un acte de vente ou un développement, mais c'est surtout d'abord et avant tout, je ne veux pas dire qu'il faut être là tous les jours, mais de faire un suivi parce que ça, ça démontre quoi? Un intérêt, mais aussi la prise de conscience de la responsabilité que l'on a en bout de ligne.
Esther : Danièle vous mentionnez évidemment l'importance de la cyber sécurité. C'est absolument fondamental. L'autre aspect aussi, c'est d'être capable de suivre le rythme de l'évolution vraiment très rapide des technologies. On le disait à vitesse grand V, ça évolue de semaine en mois de jour. Combien les courtiers et les agents immobiliers, ou comment je devrais dire, de même que les dirigeants d'agence, peuvent-ils rester au fait des nouvelles avancées en matière technologique?
Danièle : Mais je vais revenir avec justement, ce à quoi la technologie peut servir, c'est qu'aujourd'hui on peut apprendre partout, on peut apprendre chez soi, on peut apprendre dans son bureau, on peut apprendre à distance, on peut apprendre en écoutant, en marchant. Donc voilà une des façons de rester connecté, mais surtout aussi de faire partie de certaines formations en présentiel. Parce qu'une fois qu'on est face à un expert ou une experte, on peut poser des questions. On peut aussi échanger avec d'autres personnes sur ou est ce qu'ils sont rendus, quelles sont les expériences qu'ils ont eu terrain. Mais c'est tellement enrichissant, ça, c'est pas quelque chose que je peux apprendre lorsque je suis seul devant un écran, alors les deux sont nécessaires. C'est de ne jamais, jamais se priver de prendre 1 h, 2 h, que ce soit par semaine pour voir. On en est où aujourd'hui technologiquement. Puis il y a de plus en plus de congrès sur les technologies. Mais qu'est-ce que c'est chouette! Tout comme on est capable d'aller voir les dernières voitures. Il y a le salon de la voiture, il y a le salon des technologies. Même si je pense que ce n'est pas pour moi. J'y vais parce que ça fait partie de la sécurité de mon entreprise, de la sécurité de mes clients, mais aussi de l'évolution de mon entreprise et de sa pérennité.
Esther : Le temps file. Danièle Henkel, je veux vous entendre avoir votre point de vue sur l'impact des technologies sur la société en général. Parce que notre amour de la technologie s'accroit de jour en jour. Vous dis on mange, on regarde notre téléphone, on regarde la télévision, on regarde le téléphone, on regarde plus la télévision, on fait juste regarder le téléphone.
Bon.
Que ce soit pour magasiner, pour travailler, pour faire des rencontres. On est toujours branchés. Quels sont les avantages d'une société selon vous? Qui échange, mène ses activités, communique de plus en plus au moyen de la technologie, donc les avantages. Et évidemment, je vais vous demander les désavantages, les inconvénients.
Danièle : Mais les avantages, c'est de toujours aller plus loin, d'avoir accès à des marchés auxquels on n'a pas accès parce qu'on est limité géographiquement. Je me souviens quand on a été incapable de voyager pendant des mois, des mois. Mais je dirais même des années. Eh bien, une des raisons pour lesquelles nous ne sommes digitalisés en l'espace de six cette semaine avec l'Académie, ça nous a permis de rejoindre non seulement notre clientèle partout à travers le Canada, mais aussi de développer de nouveaux clients qui ne nous connaissaient pas du tout et qu'on a réussi à faire grâce à cela. Donc ça, c'est un grand plus, c'est l'accès, l'accès à des marchés, l'accès à de l'information, l'accès à peut-être de l'innovation, l'accès. Le revers de médaille, c'est d'en faire une boulimie, c'est de ne plus savoir déconnecter, c'est de, c'est quasiment d'en faire une sorte d'obsession.
Esther : Être accro.
Danièle : On est accro parce qu'on pense que de tout savoir, de trop savoir nous rend plus, plus performant, ce qui est très faux. Pourquoi? Parce qu'on est un être humain, le corps humain, le cerveau humain ne peut en aucun cas absorber autant de chocs. Autant d'informations en quelques secondes à chaque fois. Donc, on est au service de la technologie. C'est ce que je disais. Et l'être humain ne sait même plus communiquer par des mots. Les mots aujourd'hui sont difficilement. Je, je, je côtoie beaucoup de monde Esther. J'ai le ce privilège là de parler à une multitude de personnes et je me rends compte à quel point souvent, ceux qui sont majoritairement dans le domaine de la technologies et qui travaillent beaucoup à travers des ordinateurs et qui font et qui créent, ont beaucoup de difficultés ou à écrire leurs pensées, à la mettre sur papier ou à simplement la verbaliser.
Esther : Communiquer avec des mots.
Danièle : Non. Donc c'est vraiment ça. Et je crois que si nous ne faisons pas attention au sein même d'une famille, on ne communique plus. On fait des sons ou on montre son écran, ou on veut parler de quelque chose qui vient d'arriver. Mais on ne communique plus en tant que famille. Même chose avec des amis. Non, mais on a notre téléphone et puis à tu vues et tu es sur Instagram et tu veux montrer si tu veux. As-tu vu? Mais le fond même des choses qui font que nous sommes prêts à créer ensemble, à nous poser les questions, à rentrer en profondeur dans des débats, dans des discussions, dans des opinions. J'en ai plus. C'est plutôt avec mon téléphone, c'est plutôt avec le téléphone qu'on parle. Et c'est plutôt avec la télé, parce qu'on est à l'écoute. Puis après ça, on se fait une idée qui quelquefois n'est pas la nôtre. Non pas des idées qui sont autre dans la plupart des cas. Ce sont des idées qu'on s'est forgée, mais qui ont été plantées par d'autres.
Esther : J'aimerais qu'on termine sur une note pratico pratique. Danièle Henkel Vous êtes, Je le disais d'entrée de jeu, vous êtes une femme d'affaires chevronnée, une inspiration pour plusieurs. Vous êtes mentor pour d'autres. Si vous aviez un conseil à donner à nos auditeurs, aux gens qui nous écoutent pour les aider à prospérer dans un monde qui est transformé par la technologie, ce serait quoi le conseil?
Danièle : Allez-y! Vraiment c'est, vous savez, tout échange. Et je me souviens, il n'y a pas si longtemps, jusqu'à aujourd'hui, on parle de la réticence au changement. La technologie est là pour rester et c'est là pour prendre toute la place et une bonne partie de la place. À moins qu'on qu'on finisse par se réveiller. Et puis qu'on dise non, ça, c'est ta place et ça, c'est la mienne. Mais en attendant, si j'ai un conseil à donner, c'est oser, oser. Peu importe l'âge que vous avez, parce que ça aussi, c'est une barrière, c'est oui. Mais tu sais, moi je ne suis pas né avec ça, puis je j'hésite. Puis j'ai l'impression d'être un idiot ou une idiote. Mais ça ne va pas. Non mais ça va pas. D'abord, t'as une responsabilité vis à vis de toi, puis tu as une responsabilité vis à vis de tes clients et tu as une responsabilité vis à vis de ton entreprise. Donc mais ça ne va pas. Vas y apprend. Parce que moi, ce qui me passionne, c'est d'apprendre, c'est de découvrir, puis c'est de me rendre compte qu'il y a des choses qui vont m'intéresser. Je vais aller plus loin et il y en a d'autres que je vais laisser là parce qu'elles elles ne m'intéressent pas, mais j'aurais au moins essayé. Donc oser aller au bout des choses ou les oser montrer sa vulnérabilité et oser dire je ne sais pas. Est-ce que je peux apprendre? Est-ce que tu peux me montrer plutôt que d'avoir l'air de tout savoir ou d'avoir compris et que malheureusement, ça m'emmène des fois dans un mur?
Esther : Oser, foncer ou se faire confiance
Danièle : Absolument.
Esther : Est ce qu'il y a des ressources dont vous aimeriez nous parler? Des ressources justement pour aider les PME à s'adapter envers les nouvelles technologies, à suivre le rythme?
Danièle : Oui, il y a Emploi-Québec, il y a PME Montréal, Il y a une multitude. Il y a Printemps numérique, Printemps numérique sont spécialisés là dedans. Ils ne font que ça et ils ont une multitude de formations, d'accès, d'accompagnement pour justement les individus, mais aussi les entreprises.
Esther : Danièle Henkel, merci beaucoup de vos lumières.
Danièle : C'est un plaisir, vraiment. Je ne savais pas que j'étais si bonne en technologie.
Esther : On voit que on peut être bon en technologie. Il suffit d'oser foncer comme vous le disiez, et de se faire confiance. C'est finalement parce que ça s'apprend. Oui, ça, on peut s'adapter ce l'humain. Donc il faut oser.
Danièle : Il faut juste oser. Puis, comme je dis, faut y aller avec le genre d'entreprise que nous avons avec nos besoins, à nous de ne pas vouloir faire comme les autres.
Esther : Merci beaucoup Danièle.
Danièle : Un plaisir, merci, Esther.
Esther : Alors voilà, je tiens à vous remercier les éditeurs et les éditrices d'avoir été avec nous. Je vous invite aussi à partager le balado avec votre entourage et votre réseau. Je vous rappelle aussi que c'est toujours possible de vous abonner EN DIRECT et que les saisons un et deux sont toujours disponibles et que vous pouvez les écouter en tout temps en rattrapage. Alors voilà, c'est Esther Bégin qui vous remercie de votre attention. Je vous dis portez-vous bien et à bientôt Au revoir!
Au milieu des années 90, l’Internet a marqué le début d’une nouvelle ère dans la manière dont les consommateurs achètent et vendent des propriétés immobilières. Aujourd’hui, une plateforme d’inscriptions immobilières est devenue sans contredit la plus populaire au Canada.
Comment en sommes-nous arrivés ici, et où nous dirigeons-nous?
Dans l’épisode 10 d’EN DIRECT, nous accueillons Patrick Pichette, vice-président de REALTOR.ca. Nous discuterons de l’évolution des sites d’inscriptions, et comment REALTOR.ca est devenu la plateforme immobilière la plus populaire au pays, et non seulement pour les inscriptions.
Nous aborderons aussi l’évolution du marché immobilier canadien, les innovations en vue, et comment REALTOR.ca continuera de s’améliorer de façon à mieux servir les courtiers et agents immobiliers, et leurs clients.
Transcription
Esther Bégin : Bonjour à toutes et à tous. Mon nom est Esther Bégin. Je vous souhaite la bienvenue à cette édition de la balado EN DIRECT qui porte sur la plateforme immobilière REALTOR.ca, une plateforme qui est conçue et exploitée par l'ACI.
Notre invité aujourd'hui est Patrick Pichette, qui est vice-président de REALTOR.ca. Dans cet épisode d'EN DIRECT, on va donc discuter de l'évolution des sites d'inscription. On va examiner l'évolution du marché immobilier canadien, les innovations qui s'en viennent et comment REALTOR.ca va continuer d'évoluer dans ces services aux courtiers et aux agents immobiliers et bien sûr, pour leurs clients. Alors, sans plus tarder, je vous présente Patrick Pichette. Bonjour Patrick.
Patrick Pichette : Bonjour Esther. C'est un grand plaisir.
Esther : Merci d'être avec nous. C'est un grand plaisir de vous avoir également. En guise d'introduction, je vous demanderais d'abord de nous aider à mieux vous connaître. Parlez-nous un peu de vous, de ce que vous faites, de votre travail et surtout de votre rôle à l'ACI.
Patrick : Vice-président de REALTOR.ca. Je suis avec l'ACI depuis une dizaine d'années et en gros mon équipe est responsable de la gestion de tous les produits technologiques qui sont offerts par l'association, notamment REALTOR.ca. Le site web, ses applications mobiles et toute l'infrastructure qui est derrière la plateforme.
Esther : On comprend que vous et votre équipe, vous êtes toujours à l'affût des grandes tendances en matière de technologies.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, pour clarifier un peu les choses, parce que quand on pense plateforme immobilière, on pense souvent au système MLS, qui existe évidemment depuis très longtemps. Je vous demanderai quelle est la grande différence ou les différences entre les systèmes MLS et REALTOR.ca ?
Patrick : Certainement, c'est une question qu'on reçoit souvent de la part de nos membres aussi. Un système MLS, c'est un système de vente collaboratif entre courtiers qui est offert par les associations locales à travers le Canada. Par exemple, ici, à Ottawa, la chambre immobilière locale gère un système MLS pour ses membres, même chose à Vancouver, même chose à Toronto. Dans certains cas, comme en Nouvelle-Écosse et au Québec, ce sont des systèmes provincial au lieu de local et ces systèmes contiennent toutes sortes de données et des outils qui aident les courtiers à servir leurs clients.
De l'autre côté de la médaille, REALTOR.ca n'est pas un système MLS. C'est un portail national qui permet aux consommateurs de voir toutes les inscriptions qui sont hébergées dans les différents systèmes MLS à travers le Canada.
Toutes les inscriptions sont représentées par des courtiers, que ça soit résidentiel, commercial et même des locations, en notant qu'elles soient partagées entre courtiers dans un système MLS local, elles vont apparaître sur REALTOR.ca. Pour les inscriptions québécoises, elles vont également apparaître sur le site Centris.ca. Centris, c'est une entreprise qui appartient à l'Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec. En résumé, REALTOR.ca donne au public une vitrine, un point d'accès pour voir toutes les inscriptions qui sont présentement disponibles à travers le Canada.
Esther : Parlons un peu de la genèse de REALTOR.ca. Comment la plateforme a vu le jour ? Racontez-nous un peu plus la petite histoire de REALTOR.ca.
Patrick : Oui, c'est une question que j'aime beaucoup. Avant le lancement de REALTOR.ca en 1995, il n'existait pas de source unique, une source centrale pour tout voir les inscriptions. Il fallait faire le tour des différents sites d'agences pour avoir une idée de ce qui était disponible et on parle des années 90, plusieurs agences n'avaient pas un site. Sinon, on devait se rendre physiquement à un bureau d'agence ou au centre d'achat pour voir les pages qui étaient collées sur les fenêtres ou on ramassait les revues laissées sur place.
On pouvait également se promener en voiture dans les quartiers qui nous intéressait puis on prenait note des maisons qui étaient à vendre. Heureusement, dès les années 90, le leadership de nos associations, l'ACI et les associations locales ont pris la très bonne décision de lancer un site national où le consommateur pourrait tout voir. Peu importe les courtiers qui représentaient les inscriptions et peu importe les bannières qui faisaient la promotion, il existe heureusement une source centrale. Esther, je vais être honnête avec vous, le site en 95 n'était pas super. Il y avait très peu d'informations, on était chanceux si une inscription incluait une photo. Souvent, l'adresse n'était pas divulguée, alors il fallait quand même appeler le courtier pour avoir plus d'informations.
Ça se passait comme ça dans le temps, mais il fallait commencer quelque part et heureusement, l'arrivée de REALTOR.ca a augmenté l'accessibilité à l'information de plus en plus au cours des dernières 25 années.
Esther : Visiblement, la façon dont les consommateurs parcouraient les inscriptions ont beaucoup, beaucoup évolué depuis 1995, depuis le lancement de la plateforme REALTOR.ca.
Maintenant que cette plateforme, justement, est bien implantée, comment elle diffère des autres sites immobiliers au pays ? Parce que évidemment, il y a d'autres sites au pays, c'est quoi la grande différence ?
Patrick : Oui, il y en a eu plusieurs, plusieurs, plusieurs. Premièrement, REALTOR.ca, c'est plus qu'un site. Il existe aussi des applications mobiles. Qu'on soit devant un ordi ou qu'on soit dans le salon avec une tablette, ou peut-être qu'on se promène dans le quartier, puis on voit une maison à vendre qui nous intéresse, on sort notre téléphone. Peu importe l'outil, on peut avoir accès rapidement à l'information. Mais j'ajouterai deux autres points importants qui diffèrent de REALTOR.ca. La première différence, j'en ai déjà parlé, c'est le fait que c'est la source centrale pour tout voir les inscriptions à l'échelle du Canada.
Mais le deuxième point, selon moi, c'est le point le plus important qui nous diffère, REALTOR.ca appartient aux membres. Le public peut faire confiance que l'information est valide, l'information est courante et parce que le site est géré par l'ACI, une association qui est à but non lucratif. On ne retrouve pas plein de publicités, puis des bannières, ça donne une expérience d'utilisation qui est agréable.
Esther : Corrigez-moi si je fais erreur, Patrick. Le fait que la plateforme ça appartient au monde, c'est unique au monde ?
Patrick : Exact. On peut faire le tour de la planète, même aux États-Unis. REALTOR.ca et Centris aussi, comme j'ai dit, qui appartient à l'association professionnelle au Québec. C'est deux plateformes qui sont uniques, deux plateformes qui dominent le marché, mais qui appartiennent aux membres. La priorité de ces plateformes, ce n'est pas de générer des profits avec la vente de publicités, c'est vraiment de servir le marché et d'être présent pour aider les membres avec le processus de transition.
Esther : Cela étant dit, il existe bien évidemment plusieurs plateformes immobilières à travers le monde. On pense à zillow.com aux États-Unis. Il y a évidemment REALTOR.com. Comment REALTOR.ca se compare aux autres plateformes immobilières à travers le monde?
Patrick : Le système au Canada est beaucoup différent par rapport à d'autres marchés à travers le monde. Je suis allée aux États-Unis, juste au sud. Au Canada, on est chanceux. La grande majorité de tous ceux qui obtiennent une licence pour devenir courtier vont se joindre à une association locale. Ça va leur permettre de partager leur inscription dans un système MLS et ils deviennent aussi automatiquement membres de l'ACI, ce qui leur donne accès au REALTOR.ca.
Au Canada, on a un beau système de collaboration et tout le monde y participe. Mais si on se compare aux États-Unis, par exemple, seulement la moitié de tous ceux qui obtiennent une licence, puis il y en a plusieurs... Il y a presque trois millions de licences aux États-Unis pour vendre l'immobilier, seulement, à peu près 50 % vont se joindre à une association locale, vont participer dans un système MLS. En plus, aux États-Unis, il y a plus de 600 associations et de différents systèmes MLS. Il y a plusieurs portails pour les consommateurs.
C'est un système qui est beaucoup plus fragmenté et c'est difficile d'avoir toutes les inscriptions pour un seul site. Aussi, ce qui est intéressant, et vous l'avez mentionné aux États-Unis, le site REALTOR.com — ici on a REALTOR.ca, aux États-Unis REALTOR.com — mais ça surprend beaucoup les gens quand on mentionne que REALTOR.com n'appartient pas à l'Association nationale aux États-Unis. C'est un site qui appartient à News Corp, une grande entreprise qui est propriétaire de plusieurs publications comme le New York Post, le Wall Street Journal. Les courtiers aux États-Unis doivent payer souvent des milliers de dollars pour pouvoir utiliser la plateforme REALTOR.com alors qu'ici au Canada, ça fait partie du coût du membership de se joindre à l'association.
Esther : C'est une des raisons pour lesquelles le modèle est particulièrement utile pour les membres de l'ACI, parce qu'ils bénéficient d'une marque qui est puissante et ne paient pas pour un surplus pour les clients potentiels, c'est bien ça?
Patrick : Exact et quand on rencontre nos collègues aux États-Unis, c'est une histoire qui partage souvent avec nous, qui ont fait une erreur il y a 12, 15 ans, quand ils ont vendu la plateforme REALTOR.com. Je pense qu'ils ne savaient pas à ce moment-là ce qu'il y avait et heureusement, ici au Canada, on a gardé REALTOR.ca et c'est toujours géré par l'association pour ses membres.
Esther : Dites-moi, Patrick, en quoi le modèle de REALTOR.ca est particulièrement utile pour les membres de l'ACI?
Patrick : Tout d'abord, le site s'appelle REALTOR.ca, ce qui est une marque qui est puissante qui au Canada, surtout à l'extérieur du Québec. Le fait qu'aucun des consommateurs y font confiance, ça nous aide beaucoup à communiquer la valeur de travailler avec un courtier. Aussi, REALTOR.ca à 50 % de parts de marché à l'échelle nationale. Ce qui veut dire que 50 % des gens qui font de la recherche dans le secteur de l'immobilier on REALTOR.ca comme destination. C'est de loin le site le plus populaire.
Aussi, selon l'Autorité canadienne pour les enregistrements Internet, c'est l'agence qui donne les adresses .ca, selon eux, REALTOR.ca est le sixième site .ca le plus populaire, pas juste en immobilier, mais dans toutes les catégories. Le site est devant des compagnies comme WalMart.ca et cbc.ca par exemple. C'est une excellente nouvelle pour nos membres le fait qu'ils soient propriétaires d'une marque qui est aussi puissante.
Un autre bénéfice clé pour nos membres, ce sont les références. En 2021, on a envoyé plus de six millions de références des clients potentiels directement à nos membres, par l'entremise du site REALTOR.ca et ses applications mobiles. Comme on l'a mentionné auparavant, ça fait partie de leurs frais de membership. On le fait sans coût additionnel alors que d'autres plateformes, ici au Canada et à travers le monde, les courtiers vont payer beaucoup d'argent pour avoir ces places.
Esther : Donc les clients ne paient pas de surplus pour bénéficier finalement des avantages de la plateforme. Patrick, parlons un peu de concurrence parce qu'on sait que c'est féroce sur le marché canadien comme ailleurs dans le monde. Ça veut dire quoi pour REALTOR.ca et pour l'industrie dans son ensemble, l'industrie de l'immobilier dans son ensemble?
Patrick : C'est une très bonne question, Esther. Dans n'importe quelle industrie, la concurrence c'est toujours bon pour les consommateurs. Il y a beaucoup de compétition dans notre industrie et puis pas juste au Canada, mais à travers le monde. Les investisseurs sont tombés en amour avec l'immobilier. Je vais vous donner un exemple. En 2021, 32 milliards a été investi dans des entreprises qu'on appelle PropTech, c'est des entreprises de technologie dans le domaine de l'immobilier.
Esther : 32 milliards, évidemment, c'est énorme.
Patrick : 32 milliards et ça fait quatre ans que ça grimpe. C'est passé de 5, 10 milliards à 32 milliards. C'est des grosses sommes et à notre connaissance, juste au Canada, il y a à peu près 300 compagnies PropTech et aux États-Unis, il y en a plus de 5000. Premièrement, c'est une bonne nouvelle pour l'industrie et pour nos membres, le fait qu'il y ait autant d'investissements, autant d'innovations, C'est des nouveaux outils qui vont aider les courtiers à mieux servir leurs clients. Mais ça veut aussi dire qu'il y a de plus en plus de compétition REALTOR.ca. On voit des portails avec beaucoup de financement qui arrivent au Canada. Mais d'un autre côté, la compétition nous force, nous aussi, à innover et à mieux servir nos utilisateurs.
Esther : C'est comme dans tout, finalement, la compétition nous force à être meilleurs. Nos poches nous condamnent à être meilleurs, c'est quand même assez positif en bout de ligne. Patrick, j'ai dit d'entrée de jeu, vous êtes toujours à l'affût des grandes tendances en matière de technologie, vous et votre équipe. Alors j'aimerais qu'on bénéficie un petit peu de vos lumières, je dirai de votre boule de cristal pour parler un peu d'avenir. Qu'est-ce qui nous attend à court, mais aussi à long terme pour ce qui est des transactions immobilières au Canada? Ça va être quoi les outils, les technologies ou les innovations qu'on va pouvoir utiliser à l'avenir pour améliorer encore plus l'expérience d'achat, l'expérience de vente et l'expérience d'inscription de propriété également?
Patrick : Pour le court terme, ce qui est vraiment intéressant, c'est que pendant la pandémie de la Covid-19, on a vu l'adoption rapide de plusieurs technologies. Par exemple, les signatures électroniques sur les contrats. Aussi, on a vu l'utilisation de plateformes comme Zoom et Facebook Live pour faire la diffusion EN DIRECT de visites. Au début de la pandémie, les visites libres avaient été mises sur pause par le gouvernement. On ne pouvait pas simplement prendre rendez-vous et aller marcher, rentrer dans des maisons. Au début de la pandémie, REALTOR.ca, en quelques semaines, est passé de zéro à plusieurs milliers de visites libres qui étaient diffusées sur web.
Aussi, ce qui est intéressant avant la pandémie, seulement 15 % des inscriptions sur REALTOR.ca incluait une vidéo ou une visite trois dimensions. Aujourd'hui, nous sommes à plus de 30 %, ça a doublé.
Pendant la période de la Covid, on a vraiment accéléré l'adoption de technologies, je dirais qu'on a sauté cinq ans dans le futur. La réalité virtuelle est une technologie qu'on regarde de près. C'est une technologie qui est encore jeune. Mais même avec ce qui est possible aujourd'hui, la façon qu'on peut virtuellement marcher à l'intérieur d'une propriété, c'est assez incroyable. Sans doute, la réalité virtuelle va avoir un impact sur l'industrie. On va pouvoir visiter des propriétés sans quitter notre salon, faire un tri et par la suite aller visiter en présentiel les deux ou trois qui nous intéressent vraiment.
Dans le court terme, les consommateurs s'attendent à un service qui est de plus en plus digital. C'est important comme courtier de s'adapter, de s'assurer d'intégrer des nouveaux outils dans la transaction immobilière.
Pour le long terme, l'image n'est pas aussi claire. Si vous parlez de à quoi on peut s'attendre dans 5 à 10 ans, on peut regarder du côté de technologies qui sont très jeunes. Par exemple, le métavers, des mondes virtuels, ou qu'on peut se créer un avatar, une représentation numérique de soi-même, ou qu'on peut à marcher et vivre dans un monde virtuel. Et aussi, on voit que l'immobilier commence à se faire vendre dans le métavers pour des sommes énormes. Aussi, il y a plusieurs exemples maintenant ou que des propriétés ont été achetées, des vrais. Je ne parle pas du métavers, je parle des vraies propriétés qui ont été achetées avec de la crypto monnaie.
Alors oui, ce sont des technologies qui sont très jeunes, c'est très spéculatif. Je ne vous recommande pas de commencer à investir de grosses sommes et de prendre des risques. Mais il faut quand même garder un coup d'œil. Il faut rester curieux. La façon qu'on utilise aujourd'hui ces nouvelles technologies, comme les chain de Block par exemple, peuvent sembler farfelues, mais les applications vont évoluer. Nous sommes au tout début, puis j'aime beaucoup tracer une ligne avec le début des années 90, c'était le début de l'Internet, c'était tout jeune. Plusieurs avaient leurs doutes sur l'utilité de l'Internet. On s'est fait dire que c'était pour des criminels, c'était pour des fraudeurs, l'Internet n'était qu'une mode qui allait passer. Je pense qu'on va revivre un peu de la même chose.
Esther : C'est ça, parce qu'on regarde les années 90, on a le sentiment qu'on était vraiment dans une autre époque et qu'on est tellement ailleurs aujourd'hui. On vient de parler de l'évolution... REALTOR.ca est certainement aussi appelé à évoluer. Comment vous envisagez, Patrick, l'évolution de la plateforme, de façon à ajouter encore plus de valeur pour les consommateurs?
Patrick : Tout à fait, l'évolution doit continuer comme on l'a fait depuis 25 ans. On est passé d'un site en 95 où les inscriptions avec pas de photos, pas d'adresse et maintenant on a un portail qui reçoit plus d'un million de visites par jour. La plateforme doit continuer à évoluer et la prochaine phase de l'évolution est de passer d'une plateforme de consultation, une plateforme où qu'on va simplement voir ce qui est à vendre, à une plateforme de recherche. Qu'est-ce ce que ça veut dire? Je vais vous donner un exemple.
Esther : Qu'est-ce que ça veut dire?
Patrick : Tout ce qui est à vendre est disponible sur REALTOR.ca, ce qui est bien. Mais une fois vendu, l'information disparaît. Un jour, on regarde une maison à vendre sur la rue principale, à Gatineau, et le lendemain, l'inscription n'est plus sur le site. Le consommateur ne sait pas pourquoi et c'est un problème pour eux. C'est un manque de transparence et ça fait mal à la confiance que les consommateurs, on vers le processus immobilier.
Les consommateurs veulent savoir si la maison a été vendue et si oui, pour quel prix. Ils veulent pouvoir faire des comparaisons. Ils veulent plus d'informations sur le quartier, les environs et ils s'attendent à trouver toutes ces données sur un portail comme REALTOR.ca, car ils sont tout à fait à l'aise à faire leurs propres recherches.
C'est une évolution qui doit arriver. On a parlé de compétition, on voit de plus en plus de portails qui arrivent dans le marché, qui donnent beaucoup de transparence quand ça vient de l'information. Ce genre d'évolution est aussi, selon nous, une bonne nouvelle pour nos membres. Parce que la vraie valeur que les courtiers apportent à leurs clients n'est pas de répondre à des questions simples comme quelles sont les taxes ou quel est l'historique de vente de cette propriété ? Mais c'est plutôt d'être un conseiller, aider les clients à naviguer le processus de vente ou celui d'achat, les négociations, les contrats, les aider à prendre une bonne décision personnelle et financière. C'est ça la vraie valeur d'un courtier.
Esther : REALTOR.ca est appelé à offrir encore plus d'informations finalement pour les consommateurs. Le temps file, Patrick. J'aimerais qu'on continue finalement de se projeter dans l'avenir. Je vous demanderai quelles sont les prévisions immobilières populaires qui, selon vous, ne vont pas se réaliser au cours des prochaines années, comme par exemple un perturbateur ou la façon dont on va acheter et vendre les propriétés? Qu'est-ce que, selon vous, ne se réalisera pas, qu'on pense qui va arriver, mais qui n'arrivera pas?
Patrick : Je me contredis un peu, mais je vais dire que le courtier ne sera pas remplacé. Son rôle va continuer d'évoluer, mais il ou elle va toujours demeurer essentiel à la transaction. La technologie va remplacer plusieurs des tâches administratives. Par exemple, faire de la recherche, partager de l'information avec les clients, la gestion des contrats et de la paperasse. Les courtiers vont devoir être prêts à intégrer ces outils. Mais il va toujours avoir le côté humain de la transaction. Acheter ou vendre une maison reste un événement qui est rempli d'émotions et c'est aussi une immense décision financière. Il va toujours y avoir un rôle essentiel pour le courtier.
Esther : C'est intéressant ce que vous nous dites, parce que malgré toute l'évolution des nouvelles technologies, tout ce qui s'en vient, l'expérience humaine d'acheter une maison va toujours rester. C'est vrai parce que ce que vous nous dites, c'est qu'une transaction immobilière, ça implique beaucoup d'émotions, donc les transactions entre individus, entre êtres humains vont toujours rester à la lumière de ce que vous dites.
Patrick : Exactement.
Esther : On va terminer, Patrick, par une note pratique. Si vous aviez un conseil, vous, à donner à nos auditeurs et auditrices pour les aider à rester performants, alors que le marché, on vient d'en parler, continue d'évoluer et vraiment de façon quand même assez rapide, ce serait quoi votre conseil à vous?
Patrick : Si vous voulez rester au courant des nouvelles tendances ou vous voulez rester au courant de la technologie, il n'y a pas de raccourci. Prenez un peu de temps, prenez 5 à 10 minutes chaque jour. Je sais que c'est facile à dire, mais ça peut vous donner un avantage. Ouvrez Google et posez vos questions. Soyez curieux, passez un peu de temps à vous informer et ça ne sera pas long. Vous allez avoir une longueur d'avance sur les autres.
Esther : Cinq à dix minutes finalement par jour, ce n'est pas énorme et si ça prend ça pour rester à l'affut-
Patrick : Ça s'accumule rapidement.
Esther : C'est ça exactement. Ce que vous nous dites, c'est l'importance de rester à l'affut des nouvelles tendances, des informations, de l'actualité du marché, vraiment rester connecté finalement.
Patrick : Tout à fait.
Esther : Merci beaucoup Patrick de vos lumières, ça a été éclairant de vous parler. Je vous souhaite une bonne fin de journée et je vous remercie beaucoup.
Patrick : Oui, merci à vous Esther.
Esther : Ce qu'on retient notre conversation avec Patrick Pichette, c'est que REALTOR.ca est une marque qui appartient aux courtiers et aux agents immobiliers. Elle sert de pont ou d'accès aux données des systèmes MLS. On a parlé de l'évolution aussi des sites d'inscription immobilière au Canada et aussi de l'évolution du paysage immobilier au Canada et ce qui s'en vient au cours des prochaines années.
Voilà, je tiens à vous remercier les auditeurs et les auditrices d'avoir été avec nous. Je vous invite aussi à partager le balado avec votre entourage et votre réseau. Je vous rappelle aussi que c'est toujours possible de vous abonner à EN DIRECT, que les saisons un et deux sont toujours disponibles et que vous pouvez les écouter en tout temps en rattrapage.
Voilà, Esther Bégin qui vous remercie de votre attention. Je vous dis portez-vous bien et à bientôt. Au revoir.
Quand les affaires prospèrent, une équipe pour gérer vos inscriptions, clients potentiels et tâches administratives peut être votre planche de salut. Mais comment trouver les bonnes personnes? Surtout, comment mobiliser ces personnes, leur donner les moyens de réussir et les garder pour assurer la réussite de votre entreprise?
Dans l'épisode 9 d'EN DIRECT, nous accueillons Helen Antoniou, coach exécutive auprès de dirigeants d'entreprise et de propriétaires d'entreprises familiales. Apprenez comment les courtiers et agents immobiliers peuvent renforcer leur esprit d'équipe et leurs capacités en leadership à mesure que le milieu de travail évolue.
Transcription
Esther Bégin : Bonjour. Mon nom est Esther Bégin, je suis journaliste et chef d'antenne à CPAC et je vous souhaite la bienvenue à l'émission EN DIRECT. La question qu'on va se poser aujourd'hui est la suivante: comment votre entreprise peut devenir un effort d'équipe? Lorsque les affaires sont florissantes, c'est tout naturel d'embaucher du personnel pour vous aider à gérer vos inscriptions, repérer les clients potentiels et s'occuper des tâches administratives. Mais comment s'y prendre pour trouver les bonnes personnes? Comment développer leur potentiel et les garder motivés pour contribuer à la réussite de votre entreprise? Notre invitée aujourd'hui est Helen Antoniou, qui est coach dans le domaine exécutif pour les dirigeants d'entreprises et les propriétaires d'entreprises familiales. Le but de notre conversation aujourd'hui, ce sera donc de voir comment les courtiers immobiliers peuvent renforcer leur esprit d'équipe et leur capacité en leadership à mesure que le milieu de travail évolue. Alors, sans plus tarder, bonjour Helen.
Helen Antoniou : Bonjour Esther.
Esther : Merci d'être avec nous.
Helen : Ça fait plaisir.
Esther : Avant d'entrer dans le vif du sujet, j'aimerais qu'on parle de vous Helen, de votre parcours parce que souvent, le parcours des courtiers immobiliers est atypique et votre parcours à vous aussi n'est pas vraiment conventionnel. Vous êtes avocate spécialisée en droit commercial, vous avez été directrice du développement dans une grande entreprise, vous êtes également mère de famille. Parlez-nous un peu de vous, de vos origines et racontez-nous comment votre carrière a évolué.
Helen : Alors, je vais commencer du début. Mes parents ont immigré de la Grèce au Québec au début des années 60. Je suis née à Montréal, au Québec et comme plusieurs entrepreneurs immigrants, l'emphase de toute mon enfance était sur l'éducation. Alors, il fallait réussir parce qu'il fallait avoir une profession pour avoir de la stabilité et de la sécurité. C'est souvent la mentalité comme ça qui prône. Du cégep, je suis allée en droit et j'ai fait mes études de droit assez jeune, j'avais 21 ans et j'ai commencé à travailler à un grand cabinet, ici à Montréal et à Londres, également en corpo. Il faut dire qu'à cette période là, j'ai fait ça pendant trois ou quatre ans et j'ai réalisé assez rapidement que je me demandais: « Est-ce que c'est ça que je veux faire le restant de ma vie? Est-ce que je vais peser sur le bouton du 56ᵉ étage, la tour CBC, qui se trouve au coin de René-Lévesque et Pearl? » La réponse était: « Non, je dois faire autre chose. »
Alors, j'ai décidé de retourner aux études — j'aimais beaucoup l'école — et j'ai décidé d'aller faire une maîtrise. Je suis allée à Harvard faire une maîtrise en santé publique, ce qui m'a amenée à travailler avec une boîte de conseil en gestion et organisation. Je travaillais sur un projet de fusion d'entreprises qui se passait en Europe. J'ai déménagé à Paris pour ce projet-là et je suis restée pendant cinq ans. Entre-temps, mon père est tombé malade et donc, je suis revenue après ces cinq années pour être avec lui. Éventuellement, je me suis réintégrée, j'ai pris un poste chez Bombardier ici à Montréal, et éventuellement, c'est dans ce cadre-là que j'ai découvert le coaching et après une autre étape, je me suis lancée dans le coaching.
Esther : J'aimerais savoir concrètement : ça fait quoi dans la vie un coach en leadership?
Helen : C'est une très bonne question. Je me la fais poser assez régulièrement. Un coach, c'est un partenaire de travail. Le coach vient avec toi, et contrairement à psychologue qui fait un peu l'étude derrière, le passé, comment il t'influence aujourd'hui, un coach travaille avec l'individu pour définir c'est quoi sa vision pour le futur et c'est quoi sa vision pour lui-même ou elle-même personnellement, c'est quoi les faiblesses et les forces qui les mènent vers ce futur-là et les choses qui devraient être corrigées? C'est vraiment un partenariat égal. Le coach s'assoit avec la personne pour poser des questions, pour la pousser à réfléchir. Je donne des exercices de session en session pour que la personne puisse s'observer, puisse prendre conscience de ses lacunes ou de ces choses et ça aide à faire ça. C'est contrairement au mentorat, par exemple. Le mentorat, c'est quand on s'assoit avec une personne avec grande expérience qui nous partage sa propre expérience personnelle et puis on en tire des leçons. La coach ne donne pas de leçons, c'est plutôt comme un outil de réflexion, c'est un outil qui te permet d'avancer.
Esther : C'est comme un service d'accompagnement finalement.
Helen : On peut dire oui.
Esther : Quel a été l'étincelle qui vous a amenée au coaching? Qu'est-ce qui s'est passé à un moment donné dans votre vie professionnelle pour que vous vous disiez: « C'est ça que je veux faire. »
Helen : C'est drôle parce que j'étais chez Bombardier et puis il y avait une transformation culturelle qui se passait à l'entreprise. Ils avaient choisi certains leaders à être les agents de transformation et comme j'avais fait plusieurs projets de réorganisation, des choses comme ça, pour d'autres raisons, j'imagine, j'ai été choisie à être une de ces personnes-là et dans ce contexte-là, ils nous offraient du coaching. C'était la première fois que j'avais ça. En passant les séances de coaching, j'ai réalisé à quel point c'est un levier important pour un gestionnaire. Moi, j'avais une équipe et je faisais de mon mieux. J'étais avocate qui est devenue consultante, qui après, est allée à l'entreprise, je n'avais jamais eu vraiment de formation en gestion et ce que le coaching t'amène, c'est une clarté de self-awareness, de pouvoir te voir toi-même.
Helen : Ça, c'est la base qui te permet à faire des pas vers le changement. Et si tu veux progresser, il faut savoir où sont tes lacunes et on en a tous. Donc, j'ai trouvé que c'était vraiment un outil très puissant. Et toutes ces questions de: « Qu'est-ce qui fait évoluer l'humain? Qu'est-ce qui fait changer l'humain? Qu'est-ce qui le motive? Qu'est-ce qui le garde engagé? » ont toujours été des questions qui m'ont vraiment intéressée. Moi, j'ai eu mes enfants tard, dans ma quarantaine, et une fois que j'étais finalement enceinte, le travail était le centre de ma vie et je me demandais: « Est-ce que je vais continuer à travailler avec des enfants? » Je ne voulais pas faire ça parce que j'avais attendu assez longtemps pour les avoir donc, je me suis dit: « Tiens, le coaching pourrait être quelque chose non seulement qui m'intéresse, mais qui pourrait être adapté à ma vie et que je pourrais utiliser pour mon futur. » C'est là où je suis allée faire mon cours et puis ça fait maintenant environ dix ans que je le pratique.
Esther : Vous êtes aussi auteure. Vous avez écrit un livre qui s'intitule Le retour à la bière et au hockey, qui est un best-seller du Globe and Mail et dans lequel vous racontez l'histoire de votre beau-père, Eric Molson, un homme d'affaires qui est avantageusement connu au Canada. On apprend dans votre livre comment Eric Molson a été le sauveur de l'entreprise Molson, qui est devenue une des plus grandes brasseries au monde. Parlez-nous de l'approche de votre beau-père en matière de leadership. Comment Eric Molson a exercé son leadership?
Helen : C'est super intéressant parce que j'ai écrit le livre en même temps que je faisais mon coaching. Je regardais Éric, en écrivant sa biographie, avec le même œil que je regardais n'importe quel autre dirigeant. C'était assez intéressant, on parle de sauveurs. Un sauveur, ça amène toujours à la tête l'image de quelqu'un qui est en avant, qui est le héros. Éric, c'est tout le contraire et c'est pour ça qu'il m'a fasciné autant — par le fait que c'est mon beau-père — Ça m'a fasciné parce que c'est un homme introverti, c'est un homme qui est derrière les scènes, c'est un homme qu'on ne voit pas dans tous les journaux, on ne le voit pas du tout en fait, et même si on est dans une salle avec lui, peut-être qu'on ne va pas le remarquer. Un homme qui n'est pas le Jack Welch qu'on connaît ou le Elon Musk, le je ne sais pas, ce qu'il a réussi, c'est qu'il a pris Molson quand c'était une entreprise qui était diversifiée dans cinq-six différentes business, il entre et l'a transformée pour retourner à la bière et après pour la porter mondialement pour maintenant que ça devienne Molson Coors, qui est quand même la cinquième plus grande au monde.
Helen : C'est quand même une réussite assez exceptionnelle mais il a toujours géré ça de derrière. C'est pour ça que je trouve ça incroyable.
Esther : C'est intéressant parce que l'image qu'on a du monde des affaires, souvent, c'est celle de gens forts en gueule, avec de gros egos qui aiment occuper l'avant-scène alors que vous, Helen, vous nous parlez de l'humilité de votre beau-père, un être qui semble introverti, je dirais, mais qui a réussi à mobiliser à sa façon quand même, à ne pas confronter. Alors, qu'est-ce que les propriétaires d'entreprises, qu'est-ce que les courtiers immobiliers peuvent apprendre d'Eric Molson?
Helen : On apprend de ses qualités et aussi de ses défauts, juste parce qu'il y a de belles qualités mais aussi, vous avez mentionné Esther, qui n'aime pas la confrontation, et ça, pendant son parcours, ça l'a nui. Des fois, on voit dans le livre qu'il a hésité à prendre des décisions qu'il aurait dû prendre pendant un certain temps. Et ça, ça l'a nui et il a réussi à s'en sortir mais on voit que ça aussi, c'est quelque chose qu'on peut apprendre de lui. Mais vraiment, ce qu'on peut apprendre, moi je trouve c'est-il a très fort sa capacité d'écoute. On sait tous que l'écoute, c'est important, mais on se trompe trop souvent dans où on parle à quelqu'un, on écoute simplement pour répondre. On pense plus à notre réponse qu'on écoute la personne qui nous parle tandis qu'Eric a vraiment cette capacité-là d'écouter, d'intégrer et de prendre la perspective de l'autre en lui parlant. Ça, c'est l'écoute qui est super importante.
Helen : La deuxième chose, c'est qu'il savait bien s'entourer. Éric se connaissait très bien. Il savait qu'il n'était pas quelqu'un qui était extraverti, il savait qu'il n'était pas un très bon lecteur des personnes parce qu'il faut savoir qu'Eric est un chimiste. Il a étudié la chimie et il a fait sa thèse sur la levure si vous pouvez le croire. Il était maître brasseur. La bière, c'était sa vie mais il n'était pas quelqu'un qui pouvait lire les personnes très bien. Et donc à l'époque, il savait s'entourer. Par exemple, sur son conseil d'administration, il avait invité à venir Luc Beauregard, qui était un personnage assez influent à Montréal, qui était très bon à ça, qui était très bon à lire les gens, à comprendre les gens. Donc ça, c'est bien s'entourer pour combler nos faiblesses mais pour le faire, il faut se connaître.
La troisième chose d'Eric qui est exceptionnelle, c'est qu'à un moment donné, il a bien clairement défini sa vision et une fois qu'il a défini sa vision, il l'a poursuivie sans relâche et il a fait des concessions. Il n'a pas gagné sur tous les points mais il savait c'était quoi le plus important pour lui et là, il a foncé.
Esther : On va revenir sur l'importance de la vision dans un instant mais d'abord, j'aimerais qu'on remonte dans le temps, c'est-à-dire à l'origine de l'entreprise, au moment où un entrepreneur en vient à créer sa propre entreprise. Comment, justement, on peut savoir qu'on est prêt à démarrer son entreprise, qu'on en est là dans notre vie professionnelle?
Helen : C'est une bonne question parce qu'il y a une étape à passer, de quand on va de « je vais pratiquer moi-même » versus « je vais recruter une équipe et je vais y aller avec une équipe », « je veux être un individu qui fait ma propre profession libre » ou « je vais aller avec d'autres et créer ». La prochaine étape, ce n'est pas tout le monde qui veut la prendre, il faut se demander: « Est-ce que je veux le faire? » Premièrement, bigger n'est pas toujours better. On peut décider de: « Pour ma vie, pour moi, pour mes priorités, rester comme je suis, c'est ce que je vais faire. » Je peux exercer ma profession sans m'entourer avec d'autres, sans embaucher du monde. Donc ça, c'est une vraie première question à se poser. Éventuellement, il y a une équation à faire. C'est qu'on remarque que le temps qu'on passe sur des activités à faible valeur ajoutée, ça nous bouffe trop de notre temps et ça ne nous aide pas dans notre atteinte de nos objectifs. Mais là, on se dit: « Quels leviers je peux utiliser? » Alors, on peut faire une analyse, dire: « OK, je regarde le temps perdu, je regarde c'est quoi l'opportunité que j'ai perdue?
On n'a pas utilisé ce temps-là à faire autre chose qui est plus lucratif. Est-ce que ça vaut le salaire d'une personne que je peux embaucher? » Et ça, c'est en plus une équation plus mécanique mais il y a aussi l'équation que c'est clair que l'innovation, la co-création, ça génère plus d'idées quand on met des idées ensemble. Alors, il y a cette magie qui arrive quand on met des équipes que un plus un plus un, ce n'est peut-être pas trois, mais ça fait plus que trois. C'est ça qu'on peut rechercher également.
Esther : C'est visiblement une grosse décision que celle de démarrer son entreprise. Alors, allons-y avec les choses à éviter quand on décide de faire le grand saut. Prenons l'exemple d'un agent immobilier qui est à la recherche de soutien administratif ou encore un courtier qui décide d'ouvrir son propre bureau pour diriger une équipe d'agents immobiliers. Quelles sont les erreurs les plus fréquentes que font les dirigeants à leurs débuts?
Helen : Savoir comment déléguer, savoir quelle partie de ma tâche je voudrais donner à cette personne-là, comment je le fais et comment je permets à l'autre personne que je viens d'embaucher à le faire un peu de sa façon. Donc, il y a les deux choses: il y a déléguer et lâcher prise. C'est comment je vais utiliser cette personne-là à son maximum? La tendance au début, le contrôle est très présent et on essaie un peu de dire exactement comment on aime faire les choses. Mais là, le risque, c'est qu'on ne permet pas à cette personne-là à s'épanouir, se développer, grandir et ça, si on veut la retenir, c'est une chose importante avec ces gens-là. Alors, ce qui est important, souvent, au lieu de contrôler le comment, c'est mieux de dire: « Voici mes attentes, voici les standards que je veux m'établir » et un peu laisser plus de marge de manœuvre à la personne sur le comment elle va y arriver.
Une autre erreur qui arrive, c'est qu'on se sent des fois comme si on devait avoir toutes les réponses. Ce n'est pas le fait que c'est nous qui sommes l'entrepreneur qui commençons. J'encourage tout le monde à engager des discussions et, co-créer avec les personnes qu'on s'entoure ensemble pour essayer de trouver les réponses qui sont les plus adaptées. Et finalement, c'est aller par étape. C'est important. Souvent, on a une tendance à se projeter vite dans le futur et la roue commence à tourner. C'est vraiment aller par étape et ne pas laisser la perfection devenir un frein.
Esther : Donc, éviter ce qu'on appelle le micromanagement.
Helen : Oui. Ne pas vouloir tout faire à sa façon, de penser que quand on fait les choses à sa façon, c'est la façon parfaite.
Esther : Comment justement on doit s'y prendre pour que notre équipe soit arrimée à notre vision ou à nos valeurs? Comment on peut communiquer d'abord sa vision et amener notre équipe à adhérer à cette vision-là?
Helen : Juste une parenthèse, je dirais que c'est autant important pour le leader lui-même de savoir c'est quoi ses valeurs, sa vision en tant que leader que ce l'est pour l'entreprise. En partant maintenant sur ta question sur l'entreprise, comment la communiquer, la partager? Il y a plusieurs instances. Premièrement, c'est dans le recrutement. Quand on connaît nos valeurs, quand on connaît ce qui est important pour nous, on voit si la personne adhère à ce genre de modèle, si elle reflète ces valeurs. Dès le départ, il faut commencer par ça, il faut voir si ça accroche. La deuxième chose, c'est qu'il faut développer des fois un narratif. Les gens adhèrent à des histoires, les gens adhèrent à une vision, les gens adhèrent à: « Qu'est-ce qui pourrait être? » Alors, c'est de développer un peu le narratif autour du pourquoi de l'entreprise, qu'est-ce qu'on voudrait atteindre? C'est important à le développer, c'est important à le répéter et comme ça, ça devient un peu une partie pour y adhérer. Une autre façon, c'est aussi dans son comportement au quotidien, la façon qu'on traite les gens, la façon entre nous, nos clients.
On ne peut pas être avec nos clients d'une façon et traiter nos employés d'une autre façon. Ce n'est pas cohérent, les gens le voient tout de suite. Si on a une valeur de respect humain, il faut le faire à travers. Et finalement, c'est si quelqu'un pose une action, si son comportement n'est pas à la hauteur des valeurs ou s'il va contre les valeurs, il faut le dire, you have to call it out.
Esther : Je me demandais de façon concrète s'il y a des trucs pour les gens qui nous écoutent, les courtiers immobiliers qui nous écoutent pour faire en sorte que l'équipe soit inspirée et motivée par la vision qu'on veut projeter, qu'on a à long terme. Est-ce qu'il y a des exercices qu'on peut faire? Comment faire en sorte que les membres de notre équipe se sentent des parties prenantes de notre vision?
Helen : C'est super important. Ce n'est pas par hasard, ce n'est pas pour des raisons bureaucratiques que les plus grosses entreprises s'engagent régulièrement dans des exercices stratégiques, et c'est des exercices où ils se posent ensemble, tout le leadership, pour déterminer: « C'est quoi notre vision commune et le concret? » C'est tout le monde qui contribue: « So, on pense à ce qu'on veut à long terme. » Alors, ils construisent un plan à long terme, cinq ans, après, ils amènent ça dans un plan stratégique à trois ans, après, ils ramènent ça à un plan opérationnel par année: « Comment est-ce que ça va décliner? Quels sont nos objectifs pour réaliser à cette année? » Alors, même si on est une toute petite entreprise, l'exercice est quand même valide, l'exercice de s'asseoir avec son équipe et dire: « OK, on est ensemble, nous, on veut créer quelque chose ensemble, c'est quoi notre vision? » Et les gens participent, on fait ça régulièrement: « Une fois qu'on a défini notre vision, comment on y arrive? » Et après, ça se traduit dans des objectifs concrets: « Qui veut réussir quoi et comment on va rémunérer les gens en conséquence? » Alors, la co-création de cela est un des vecteurs les plus importants mais si on le fait dans un coin de table et puis on le diffuse à l'équipe, c'est un PowerPoint qui va se mettre dans la tête avec les autres.
Esther : Ce n'est pas la meilleure idée d'y aller en PowerPoint pour communiquer sa vision et amener l'équipe à se sentir partie prenante. Je le disais d'entrée de jeu, la question qu'on se pose aujourd'hui dans cette balado, c'est comment votre entreprise peut devenir un effort d'équipe? Et je veux justement vous entendre sur l'équipe. Quelles sont les caractéristiques générales d'une équipe qui est solide? Comment vous reconnaissez une équipe forte?
Helen : Pour répondre à cette question, je me fie à une étude qui a été faite par Google. Alors Google en 2011, ils ont décidé de répondre exactement à cette question-là. Ils ont dit: « On a plein de data, on a des équipes de partout, on peut faire des recherches sur tout, comment pouvons-nous trouver la réponse à cette question? » Ils ont fait une méta-analyse de tous les publications universitaires qui étaient faits sur la question pour essayer de trouver c'est quoi les traits communs qui en ressortent. Ils avaient 180 équipes au sein de Google où ils ont analysé, ils ont posé la question: est-ce que c'est des traits de personnalité? C'est quoi la composition de ces équipes qui fait la différence? Est-ce que c'est leur niveau d'éducation qui fait la différence? Est-ce que c'est la façon qu'ils communiquent qui fait la différence? Alors, ils ont trouvé les choses un peu standard comme: il faut des objectifs clairs, il faut des collègues qui sont fiables, il faut que le travail soit personnellement gratifiant aux membres de l'équipe et il faut que les gens aient une conviction que leur travail a de l'impact.
Mais, c'est le cinquième facteur qu'ils ont trouvé qui fait la différence entre une équipe banale et une équipe exceptionnelle. C'est quelque chose qui s'appelle la sécurité psychologique au sein de l'équipe. La sécurité psychologique, c'est quelque chose qui a été étudié par une professeur de Harvard et elle a publié une étude sur l'impact de la sécurité psychologique en étudiant des équipes dans des salles d'opération pour voir quelle équipe, entre médecins et infirmières, fonctionnait le mieux pour avoir le moins de nombre de mortalité ou de problèmes. Ce qu'elle a trouvé, c'était cet élément-là. C'est ça le clé. Et ce que ça veut dire la sécurité psychologique, c'est un climat de travail au sein de l'équipe où il y a une confiance et un respect mutuels entre les gens de façon qu'ils puissent s'exprimer sans avoir peur d'être critiqués ou rejetés. Ça ne veut pas dire qu'ils sont tous gentils les uns avec les autres mais ça veut dire qu'ils sont capables d'exprimer leurs désaccords, leurs différences, leurs points de vue sans se sentir qu'ils doivent se renfermer sur eux et se taire peu importe s'ils sont le patron de l'équipe ou pas le patron.
Helen : Alors, c'est cet élément-là qui est un peu la sauce secrète des équipes. Ça a été étudié depuis. Je vous encourage si vous aimez lire des articles, ça a été publié dans le New York Times. Il y a un article de Charles Duhigg qui a été publié en 2016 qui parle de ça, c'est assez incroyable à lire.
Esther : Helen, je veux vous entendre sur la diversité parce que c'est le grand défi de l'heure — diversité d'âge, d'origine, appartenance ethnique — Comment la diversité au sein d'une équipe contribue justement à la renforcer? Ça a été prouvé que c'est un facteur qui bénéficie énormément, non seulement à l'équipe, mais au rendement.
Helen : Ce qui me frappe, c'est que, en tant qu'être humain, on n'aime pas l'inconfort qui vient avec l'inconnu. Donc, il y a une chose à dire qu'on veut la diversité et qu'on remplit les sièges autour d'une table avec des gens qui sont de différents sexes, de différents couleurs que nous, mais est-ce qu'on crée un climat encore une fois de sécurité psychologique où ces gens-là se sentent à l'aise à s'exprimer? Et est-ce qu'on les écoute vraiment à comprendre leurs points de vue et d'où ils viennent? C'est ça la clé. C'est là où l'emphase doit être. Oui, il faut inviter la diversité, mais si on continue à ne pas s'ouvrir, ça ne sert à rien. Donc, c'est vraiment cette ouverture-là qui nous permet de bénéficier de ces perspectives différentes.
Esther : Sur la formation, parce que c'est important aussi de maintenir les effectifs à niveau, quand on est dans une équipe, on veut la faire progresser, on veut la faire avancer, on veut la perfectionner. Le domaine de l'immobilier, on le sait, est un domaine qui est en pleine effervescence, on imagine le quotidien des courtiers immobiliers très chargé. On disait c'est du 24 sept, il faut toujours être disponible, c'est extrêmement exigeant, comment on peut s'y prendre pour offrir des occasions de perfectionnement professionnel dans un environnement de travail où tout le monde fonctionne à plein régime, ou tout va vraiment très vite?
Helen : C'est le défi dans le domaine immobilier, c'est le défi dans plein de domaines en ce moment. Il faut prendre le temps. Si on offre une formation standard à tout le monde, c'est correct et les gens vont en tirer ce qu'ils ont à tirer mais l'idéal, c'est vraiment de comprendre les besoins de chacun et les aspirations de chaque membre de notre équipe pour voir qu'est-ce qui est mieux adapté, et ce n'est pas forcément juste des formations où on s'assoit et on prend des notes quand quelqu'un nous parle, ça peut être des rencontres qu'on peut encourager, ça peut être du mentorat, ça peut être du coaching. Il y a plein de différentes façons à faire progresser quelqu'un. Et donc, à la fin de la journée, c'est de comprendre c'est quoi les aspirations des individus et de faire quelque chose qui soit adapté à ça. Mais malgré tout ça, la clé, c'est prendre le temps de le faire parce que souvent, on met ça à la dernière, on veut closer le deal. Ça, ça prend le devant toujours. Si on ne sort pas du tapis roulant de temps en temps pour lever la tête et regarder où on veut aller, on se perd.
Esther : Pour conclure sur l'équipe, ça peut arriver aussi qu'un membre de notre équipe ne fasse pas l'affaire, ne s'intègre pas bien au reste du groupe. Comment on peut reconnaître ça? Autrement dit, où tracer la ligne au-delà de laquelle on doit laisser aller un membre de notre équipe?
Helen : Ça revient un peu au début de notre conversation, quand on a parlé de mon beau-père et que ça, c'était une de ses faiblesses: il n'arrivait pas à tracer cette ligne et ça nui quand tu laisses traîner les choses trop longtemps. Pour répondre à ta question, il y a deux aspects. Premièrement, il y a des façons objectives à savoir si la personne ne cadre pas. C'est toujours bien, on a des objectifs à atteindre et si on ne les atteint pas, si nos livrables ne sont pas là où ils devraient être et si on a des discussions, on essaie de corriger ça et ça ne marche pas, il faut tracer une ligne à un moment donné. Il faut le faire en sachant qu'on n'aide pas la personne nous-mêmes qui toujours se sent en sous-performance.
Et la deuxième façon, l'autre façon de tracer la ligne, c'est très subjectif. Des fois, on a le sentiment que ça ne marche pas, on voit que les valeurs ne collent pas, on voit que les comportements ne sont pas bons. Mais là, c'est important d'observer et vraiment de prendre le temps d'observer, même de noter qu'est-ce qu'on voit et qu'est-ce qu'on sent. Un, c'est bien toujours de donner de la rétroaction à la personne pour lui donner la chance de s'améliorer, mais si ça ne va pas, il faut arrêter parce que si on pense vraiment que ce qui est important dans une équipe, c'est aussi que tout le monde fonctionne ensemble, qu'on peut compter les uns sur les autres, qu'il y a la sécurité psychologique, etc., une personne qui va contre les valeurs, qui ne se comporte pas bien, vient casser tout ça. Alors l'impact a des effets un peu partout.
Esther : Et pour les membres de l'équipe avec qui ça va bien justement, quels sont vos trucs pour assurer la cohésion des membres du groupe? J'imagine qu'il faut investir du temps, favoriser la communication, rester en relation. Qu'est-ce que vous recommandez pour assurer l'harmonie au sein de l'équipe?
Helen : Tout ça, il faut faire parce qu'à la fin de la journée, on est des êtres humains et on a un besoin d'appartenir. Pour sentir qu'on appartient quelque part, qu'on est bienvenu quelque part, il faut qu'on soit un peu compris. Donc, oui, c'est passer du temps ensemble, mais pas juste du temps de business. On peut parler d'objectifs, parler de rendement, parler des profits, qu'est-ce qu'on veut, mais aussi prendre un peu de temps pour s'intéresser à la personne: qu'est-ce qui les motive, qu'est-ce qui se passe dans sa vie, connaître la personne parce que si quelque chose va mal, c'est sûr ça qu'on va puiser, c'est comme un réservoir qui nous permet de puiser quand les choses vont mal pour en tirer le plus. Ça construit les liens. En fait à la base, c'est la confiance qui se crée en faisant ça. Alors, on s'intéresse au monde, on s'intéresse à leurs aspirations, on intègre les membres, on les engage dans la co-création de qu'est-ce qu'on veut faire en tant qu'équipe, comment est-ce qu'on veut se comporter en tant qu'équipe, c'est quoi notre vision.
La communication, c'est super important et le temps de célébration, ça aide. Ça nous a beaucoup manqué pendant cette période de Covid.
Esther : L'importance de se regrouper, de se retrouver, ça aide aussi à l'esprit d'équipe, évidemment.
Helen : C'est clair. Quelqu'un va faire plus pour nous des fois et on va faire plus pour eux si on se connaît vraiment humainement, à la base.
Esther : J'aimerais, en terminant, y aller sur une note concrète. Si vous n'aviez qu'un seul conseil à donner aux gens qui nous écoutent, aux courtiers immobiliers, pour les aider à devenir des dirigeants plus forts, qu'est-ce que vous leur diriez?
Helen : On est super occupés, c'est vrai, c'est toujours go go go, on a toujours des listes de choses à faire, il y a toujours quelque chose qui nous attend mais non seulement ça, on a une attention qui est tirée dans plein de directions. Et ça, c'est pour juste notre mode de vie, juste nos écrans qui nous appellent, juste les nombres de messages qu'on reçoit, notre attention, les ping, les bing, on a toujours son téléphone, et encore une fois, il y a eu des études sur ça: à quel pourcentage du temps est-ce que les gens passent à être distraits? Et cette étude-là, ce qui est intéressant, ça a été fait avant l'introduction du iPhone, avant 2007 ou 2008, je pense que c'était en mi années 2000. Ils ont trouvé que les gens passent 47 % de leur temps distrait. Ça veut dire que la moitié du temps qu'on parle avec quelqu'un, il ne nous écoute pas. On est sollicités par autre chose. Alors, pour revenir au conseil, c'est de faire un effort conscient, de s'arrêter, de lever la tête et de regarder la direction qu'on veut aller.
Ce n'est pas les événements qui nous apportent, c'est qu'est-ce qu'on veut pour nous en tant que leaders, comment est-ce que je veux être en tant que personne. C'est vraiment de sortir du tapis roulant, d'éteindre tous les appareils et de faire l'exercice de la vision personnelle que j'ai pour moi. Ça peut devenir comme ton étoile du nord que tu peux suivre. C'est ça mon conseil.
Esther : Donc, se sortir du tourbillon, s'élever et regarder droit devant.
Helen : C'est très bien dit.
Esther : Je vous remercie vraiment beaucoup d'avoir partagé vos connaissances en leadership avec nous. Certainement que vos lumières sont très éclairantes pour les courtiers immobiliers qui nous écoutent aujourd'hui. Merci beaucoup Helen.
Helen : Merci Esther.
Esther : Je tiens à vous remercier, les auditeurs et auditrices, d'avoir été avec nous. Je vous invite aussi à partager ce balado avec votre entourage, avec votre réseau. Je vous rappelle aussi que c'est toujours possible de vous abonner à EN DIRECT, que les saisons un et deux sont toujours disponibles et que vous pouvez donc les écouter en tout temps en rattrapage. Esther Bégin qui vous remercie, je vous dis: « Portez-vous bien et à bientôt. »
Dans le marché concurrentiel de l’immobilier, comment les courtiers et agents peuvent-ils se démarquer pour attirer et fidéliser la clientèle?
Au cours de l’épisode 8 d’EN DIRECT, nous nous entretenons avec Jean-Daniel Petit, président et cofondateur de BESIDE afin d’explorer la puissance de l’image de marque personnelle. Que signifie une marque? Comment définissez-vous votre marque pour souligner votre valeur? Et comment pouvez-vous mettre à profit votre marque pour saisir de nouvelles occasions?
Écoutez un expert dont la marque est étroitement liée à de nombreuses réussites.
Transcription
Claudia : Bonjour et bienvenue à l'émission EN DIRECT. Ici Claudia Marques, et aujourd'hui, nous allons aborder la puissance de l'image de marque. Comme vous le savez, le secteur de l'immobilier n'a jamais été aussi concurrentiel : les consommateurs sont de plus en plus immergés dans l'univers du numérique, où ils ont accès à toute une panoplie d'options. Comment les courtiers et agents immobiliers devront-ils se démarquer pour attirer, mais surtout garder leurs clients ? Au cours de cet épisode d’EN DIRECT, nous allons explorer la puissance de l'image de marque, ce qui est particulièrement important pour les entrepreneurs.
Claudia : Quelle est la signification d'une image de marque et comment pouvez-vous définir votre marque afin de vous démarquer ? Comment exploitez-vous votre marque pour saisir de nouvelles opportunités et occasions, tout en maintenant son intégrité ? C'est ce dont nous allons discuter aujourd'hui avec notre invité Jean-Daniel Petit. Bonjour Jean-Daniel.
Jean-Daniel : Bonjour.
Claudia : Tout d'abord, je vous remercie vraiment de vous joindre à nous aujourd'hui pour l'émission EN DIRECT.
Jean-Daniel : Ça fait vraiment plaisir. Merci pour l'invitation.
Claudia : Vous, vous êtes un homme d'affaires que je considère multi-disciplinaire parce que vous avez fait tellement de choses? Vous avez été concepteur, directeur, créatif, entrepreneur et maintenant, vous êtes le président et cofondateur de BESIDE, une super entreprise. J'aimerais que vous commenciez par nous expliquer qu'est-ce que c'est BESIDE et quel est votre parcours exactement.
Jean-Daniel : Certainement. BESIDE est une marque média - on se définit vraiment comme une marque en tout premier lieu - qui a comme objectif de créer des ponts entre l'humain et la nature. Concrètement, on le fait à travers deux grands volets : le transfert de connaissances et le transfert d'expériences. Encore plus concrètement, à travers nos produits, le transfert de connaissances, on a un magazine bi-annuel qui est imprimé et qu'on distribue à travers le Canada, les États-Unis, et un peu l'Europe. À travers l'expérienciel, on fait des ateliers de transfert de connaissances et on crée des destinations à une heure et moins des grandes villes où on bâtit des chalets architecturaux qui sont vendus et loués à notre communauté.
Claudia : À travers tout ça, pour votre entreprise, vous avez dû créer ce qu'on appelle « l'image de marque ». C'est très important pour vous et pour votre entreprise : le branding. Vous êtes un mordu de ça, mais ce n'est pas tout le monde qui s'y connaît nécessairement. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec ce qu'est une image de marque, pouvez-vous nous le définir, s'il vous plaît ?
Jean-Daniel : L'image de marque, c'est l'amalgame de tous les codes qui sont graphiques, textuels ou autres pour présenter les valeurs d'une personne ou d'une entreprise aux yeux d'un client ou d'une masse de personnes qui ne connaît pas directement la personne ou l'entreprise en question.
Claudia : Est-ce que vous voyez une nuance, vous, entre une image de marque commerciale, professionnelle et une image de marque personnelle ? Je vous pose la question parce que je vous donne l'exemple d'un courtier ou un agent immobilier qui se spécialise en staging de maison, mais qui travaille également pour une bannière. Est-ce qu'il y a moyen d'avoir une image de marque pour les deux et est-ce que ça peut être bénéfique ?
Jean-Daniel : Oui, ça peut être bénéfique. Il y a une différence entre les deux. Par contre, les mécanismes d'image de marque sont les mêmes, que ce soit pour une bannière, une entreprise ou un individu. Chacun de nous a un peu un branding personnel. À travers nos réseaux sociaux, inévitablement, il y a des gens qui nous regardent et qui vont consulter nos profils sans nous connaître directement : l'image qu'on leur renvoie à travers nos codes visuels devient en fait leur perception de nous, donc notre branding personnel.
Claudia : Supposons, moi, demain matin, je deviens agent ou courtier immobilier, je veux définir mon image : par où est-ce que je commence exactement ?
Jean-Daniel : La première chose à faire, c'est de se poser la question : pourquoi je fais ça ? C'est quoi ma raison d'être ? Ça semble une question qui est assez simple. Souvent, les enfants de deux ans sont des maîtres à poser ces questions-là, le fameux « Pourquoi ? Pourquoi ? », et je pense que c'est la première chose à faire. Pourquoi tu es agent immobilier ? Ou pourquoi tu veux te spécialiser dans telle forme de discipline ou telle forme de service ? Répondre à cette question-là est souvent très long, mais une fois qu'on a répondu à cette question-là, ensuite, toutes les possibilités de communication s'ouvrent devant nous.
Ensuite, la deuxième question qu'on veut répondre, c'est : comment je vais répondre à mon pourquoi ? Si on prend en exemple Nike, qui est une marque très connue, qui peut-être est simple à comprendre : là, « Pourquoi ? », eux, c'est de « créer une meilleure version de toi-même ». Eux, c'est ça leur grand « Why ? », comme on l'appelle. Maintenant, comment ils font ça ? Ils font ça à travers des produits athlétiques et des produits technologiques qui nous permettent d'atteindre une meilleur version de nous-mêmes.
Finalement, la dernière question qu'on veut répondre, c'est « Quoi ? » Précisément, c'est quoi ? Dans le cas de Nike, c'est des souliers, c'est des applications et c'est des vêtements. C'est un peu l'entonnoir de la marque. La raison d'être pourrait s'appliquer à tellement d'entreprises différentes, mais après ça, on réduit l'entonnoir à finalement, notre produit final. L'erreur que les gens font, c'est qu'ils commencent souvent avec le produit final ou le service et ils essaient de communiquer directement ça en oubliant leur raison d'être et pourquoi ils font ça.
Claudia : Donc ce n'est vraiment pas un projet à court terme d'avoir une image de marque ? J'imagine que ça doit être un projet à long terme pour vraiment bien instaurer les valeurs ?
Jean-Daniel : Exactement. Souvent, on confond « image de marque » avec « marketing ». Moi, le marketing, je compare ça un peu à un vendeur de balayeuses qui arrive chez vous un dimanche. C'est non sollicité, ça arrive de façon qui était imprévue et souvent, on nous demande, ou on nous offre de nous vendre quelque chose qu'on n'avait pas besoin. La communication, elle, c'est vraiment de se présenter. Imaginez que vous faites la rencontre de quelqu'un sur un banc de parc : là, il y a un échange. La personne n'est pas en train de vous vendre quelque chose : elle est en train de communiquer qui elle est, qu'est-ce qu'elle aime, qu'est-ce qu'elle fait.
Finalement, la marque, c'est la représentation visuelle et textuelle de ce qu'est cette personne, et ça, ça se bâtit sur le très, très long terme. Par contre, ça a une puissance incroyable : si on fait bien son travail, on est cohérent et on est patient, l'image de marque va travailler pour nous, va créer de l'engagement, de la loyauté, va attirer les bons clients, va remplacer aussi souvent des employés parce qu'il va faire un travail pour nous. Le marketing, c'est un peu comme des calories vides : il faut toujours recommencer le marketing et le marketing peut devenir finalement un puits sans fond et des dépenses, tandis que le branding, à mon avis, c'est un investissement.
Claudia : Dans une ère où les choses évoluent, où le consommateur cherche toujours la nouveauté, quelque chose de différent, est-ce que ce n'est pas parfois un défi - surtout des fois par des moments plus difficiles - de rester intègre à nos valeurs ?
Jean-Daniel : L'intégrité et nos valeurs ne devraient pas bouger. Si c'est des vraies valeurs qui sont intrinsèques à nous ou à notre entreprise, ça devient un peu la colonne vertébrale de tout ce qu'on fait. Ça ne devrait pas trop être ébranlé à travers les courants sociaux, puis l'évolution de la société. Par contre, tout change autour de nous, donc c'est l'expression de ces valeurs-là qui doit s'adapter : on doit changer notre message.
Claudia : Donc l'os demeure le même, mais la viande peut changer ?
Jean-Daniel : Exactement. Peut-être que notre produit, dans 10 ans, dans 20 ans, dans 30 ans, va complètement changer, mais notre raison d'être, elle ne bougera pas, et notre système de valeurs non plus : c'est tout le contexte autour qui va évoluer.
Claudia : Est-ce que vous pensez justement que si je suis agente immobilière, je devrais essayer de travailler pour une bannière qui correspond à mes valeurs profondes, ou est-ce que je peux faire fi de ça ?
Jean-Daniel : La bannière pour laquelle vous allez travailler envoie un message très fort. La bannière a une série de messages, de codes et de points de contact, donc, certainement que si - exemple - vous, comme courtier, vous choisissez une bannière qui n'est pas alignée avec vos valeurs, vous allez travailler doublement plus fort que les autres agents pour pouvoir vous démarquer parce que les gens vont attribuer une mauvaise perception, peut-être, de votre message ou de votre positionnement. Vous allez toujours devoir défaire ça : « Oui, OK, ma bannière, c'est comme ça, mais moi, je suis comme ça. » Là, finalement, vous faites du sur place, tandis que si vous sélectionnez une bannière qui vous représente, c'est merveilleux parce que cette bannière-là fait le travail pour vous, vous aide, est déjà en train d'établir les bases et vous, vous construisez sur ces bases-là.
Claudia : C'est ce que j'allais dire parce que maintenant, les courtiers agents immobiliers représentent beaucoup plus que des acheteurs et des vendeurs. Maintenant, c'est vraiment une relation qui se bâtit entre le client et l'agent. Ils connaissent leurs clients, ils instaurent la confiance, ils créent des liens solides, donc cette image de marque-là... C'est comme si l'agent immobilier est l'extension de l'image de la bannière, dans le fond.
Jean-Daniel : Oui, puis au-delà de ça, même les employés soutiennent la bannière. Si quelqu'un appelle chez une bannière pour avoir l'information : avant peut-être même de rentrer en contact avec un agent ou une agente, il va rentrer en contact avec un personnel de soutien. La façon que cette personne-là va répondre au téléphone ou répondre aux courriels, le délai aussi de réponse - une non-réponse, c'est une réponse : ça envoie un message - le fait de répondre rapidement, est-ce qu'il y a des fautes d'orthographe, est-ce qu'il y a un décorum dans la façon que c'est présenté tout ça envoie un message. Quand on pense à une image à marque, l'expression anglaise « everything speaks », c'est exactement ça : tout envoie un message à tout moment, donc c'est super important de considérer cet élément-là.
Claudia : En parlant de message, dans quelques instants, on discute des perceptions et du meilleur moyen pour passer un message d'image de marque clair, intègre et positif. Au Canada, les courtiers et agents s'engagent à soutenir les causes et les organisations caritatives qui leur tiennent à cœur. Laissez-vous inspirer par ces histoires incroyables en suivant REALTORS® Care sur Facebook, Instagram et Twitter. Partagez votre expérience en utilisant le mot-clic #REALTORSCare.
Claudia : Les courtiers sont des défenseurs du logement, c'est clair. Comment est-ce qu'ils pourraient utiliser leurs marques personnelles pour mieux affirmer leur mission ?
Jean-Daniel : Il existe tellement de nuances dans les différentes industries, incluant l'industrie immobilière ou l'industrie de la construction. Il y a des mythes, il y a des perceptions et des fois, il y en a qui sont plus fortes que d'autres, qui peuvent être négatives. Je pense que la première chose, c'est de ne pas faire l'autruche et de ne pas faire semblant que ces mythes-là, ou ces perceptions-là n'existent pas, parce que c'est là que la confiance va se briser. Je pense que c'est de les attaquer de front et de vraiment dire : « OK, voici ce que les gens perçoivent.
Je dois offrir une perception qui est différente », et ça va se faire graduellement. Je pense que la première chose, c'est juste d'accepter qu'il existe ces perceptions-là.
Au final, l'image de marque, c'est ce que les gens pensent de toi ou de ton entreprise : ce n'est pas ce que toi, tu penses. Par exemple, dans les débuts, ma perception de Lululemon, c'était : « C'est des pantalons de yoga pour femmes. » Eux, ils parlaient très fort et essayaient vraiment de me convaincre que : « Mais on a aussi des vêtements pour hommes. » Ils ont dû travailler pendant plusieurs années pour défaire cette perception-là, pour qu'au final, Lululemon soit perçue maintenant comme une marque de vêtements athlétiques beaucoup plus large.
Claudia : Ce que vous dites, c'est qu'à la base, il faut toujours définir : c'est quoi notre niche ? Qui je veux aller chercher ?
Jean-Daniel : Totalement, parce que la première erreur qu'on peut faire, c'est d'essayer de plaire à tout le monde. Quand on essaie de plaire à tout le monde, on devient un peu beige, ce qui fait que finalement, on ne plait à personne. Ça, c'est la pire chose, parce que l'indifférence est plus choquante que des fois, même, quand on ne fait pas consensus. Je pense que ce qui est important en bâtissant une marque, et par la bande une communauté, c'est de vraiment rester fidèle à ses valeurs. Ce que ça va faire, c'est que ça va bâtir un lien beaucoup plus fort avec les gens que tu veux avoir dans ta communauté comme client et ça va discarter ceux qui ne partagent pas la même vision et c'est correct.
L'entre deux, qui est l'indifférence, c'est la pire chose à établir.
Claudia : Restez-là car dans quelques instants, on discute de la meilleure plateforme à utiliser pour promouvoir notre image de marque de façon efficace. Visitez le salon de realtor.ca et découvrez une foule d'articles qui répondront aux besoins de vos clients. Des articles informatifs sur les actualités immobilières aux tendances amusantes de design : le salon de realtor.ca a tout ce qu'il vous faut.
Claudia : Comment est-ce que je fais pour me distinguer ? Parce que je regarde toutes les plateformes qu'on a côté numérique : on a les sites web, on a les réseaux sociaux, les blogs... Est-ce que je choisis Instagram, est-ce que je choisis Facebook ? Il y a tellement de façons de s'exposer. Comment est-ce que je fais pour déterminer quelle est la façon qui va le mieux fonctionner pour moi et mon produit ?
Jean-Daniel : En fait, c'est de bien comprendre à qui on parle : c'est qui notre clientèle cible ? Plus elle est raffinée, cette clientèle cible-là, vraiment précise, plus nos efforts de communication et de visibilité vont être efficaces. Si - exemple - vous voulez sur l'ensemble des plateformes Facebook, LinkedIn, Instagram, ou même faire des appels qui sont des cold calls, vous ne serez pas en mesure d'atteindre vos objectifs. Ce qu'il faut faire, c'est vraiment rapetisser vos efforts et commencer avec des efforts qui sont efficaces. Si - exemple - vous êtes un agent, est-ce que c'est nécessairement essentiel d'être sur les réseaux sociaux ou tout simplement d'avoir une page d'accueil qui stipule que vous avez une légitimité numérique ?
Ensuite, vous voulez vous spécialiser dans un quartier : est-ce qu'une présence physique dans des événements communautaires ou de bâtir un petit réseau de gens influents dans ce quartier est peut-être une meilleure utilisation de votre temps ? Ça, c'est à définir. L'erreur qu'on fait, c'est d'essayer de parler à tout le monde, tout le temps. Avec les réseaux sociaux, souvent, on est impressionné par le nombre de personnes qu'on peut atteindre sur une publication en mettant un peu d'argent ou avec des like, mais ce n'est pas ça qu'on veut avoir : au final, ce qu'on veut, c'est une vraie transaction de communication ou une transaction finale, donc une vente.
Claudia : Avec notre clientèle cible. Parce que ce que ça peut faire quand on est exposé à monsieur et madame Tout le monde et pas nécessairement notre clientèle cible, ça peut attirer aussi des critiques et des commentaires négatifs. On le sait, sur les réseaux sociaux, les gens ne sont pas gênés : ils sont cachés derrière leur écran, ils peuvent faire des commentaires inappropriés ou des commentaires négatifs qui peuvent au final, peut-être, changer la perception des gens qui étaient intéressés à ce produit-là à la base.
Jean-Daniel : Oui, puis c'est dangereux, aussi, de se faire définir par les autres. Si votre image de marque n'est pas claire dès le départ et votre clientèle cible non plus, vous pouvez glisser vers une clientèle cible qui n'était pas celle que vous désiriez au départ et finalement, c'est elle qui va vous définir pour la suite. Si on prend un agent qui désire, par exemple, vendre des maisons pour des familles de deux et trois enfants - on va dire que c'est ça, sa spécialité - et finalement, il a une opportunité de vendre une petite unité de lofts de 500 pieds carrés.
Ça s'est bien vendu. Il en vend un deuxième, un troisième, et là, les gens vont l'associer à la vente de petites unités de 500-600 pieds carrés et finalement, il n'atteindra pas son objectif de vendre des deux à trois chambres pour des familles. Il faut faire attention à ne pas se faire définir par les autres : des fois, la meilleure transaction, c'est celle qu'on ne fait pas.
Claudia : Intéressant. Quel serait donc votre conseil de prédilection pour nous aider à demeurer pertinent dans un secteur qui est en perpétuel changement ? On en a discuté un petit peu tout à l'heure, mais si vous aviez vraiment un conseil pour toujours demeurer pertinent dans l'industrie, ça serait quoi ?
Jean-Daniel : Je pense qu'au top de la réflexion, c'est la cohérence. Une fois que vous avez défini vos valeurs, vous avez défini votre vision, assurez vous de toujours agir avec cohérence. Ça, ça va être payant sur le long terme : les gens vont le voir - les gens sont intelligents - et au fil du temps, vous allez voir l'accumulation de tous ces petits gestes-là qui vont finir par vous offrir une image de marque personnelle ou corporative qui va être très solide.
Claudia : C'est un peu comme être parent, ça. Quand on dit à notre enfant : « Si tu ne manges pas ton diner, tu n'auras pas de dessert », si on lui donne un dessert après, il va être mélangé.
Jean-Daniel : Effectivement. Il faut que les babines suivent les bottines, mais c'est surtout savoir à quoi s'en tenir : je pense que tout le monde aime ça, quand c'est clair. L'autre chose, aussi, à faire attention, c'est : il ne faut pas tomber dans la vanité. Si on prend un image de marque personnelle, ça peut tomber un peu dans l'ego, et ça, je pense qu'il faut l'éviter. L'image de marque, ça n'est pas un égo, ce n'est pas là pour flatter un ego : c'est vraiment là pour remplacer la relation humaine.
À la base de tout, une image de marque, ça remplace le boulanger qu'on connaissait tous et qu'on pouvait rencontrer le dimanche matin quand on allait chercher notre mie de pain. Avec la croissance, la mondialisation, le nombre des personnes [inaudible 00:17:39], au final, on ne croise plus notre boulanger à tous les dimanches, donc on a besoin de remplacer ça par une enseigne qui dit : « Mathieu Boulanger », avec son image et tous les codes qui représentent les valeurs de Mathieu. Quand lui, il va avoir une deuxième, troisième, quatrième boulangerie, tout le monde va reconnaitre encore : « C'est toujours le même pain de qualité frais.
C'est toujours le même service humain. C'est toujours le même prix qui est juste. » Si on tombe dans l'ego, les gens vont le voir et ils vont dire : « Finalement, ce n'est pas un exercice pour me transmettre les valeurs de l'entreprise ou de l'individu : c'est un exercice pour se monter sur un piédestal. »
Claudia : Pourquoi est-ce que vous pensez que les entrepreneurs ou les gens d'affaires ou les compagnies n'investissent pas plus dans l'image de marque ?
Jean-Daniel : Je pense qu'il y a deux raisons reliées à ça. La première étant qu'il n'y a pas d'études pour apprendre à construire des images de marque : on offre des études en communication, en marketing, des très bons programmes, des super programmes en design, mais on n'a pas ces formations-là. La deuxième chose, c'est que je crois que - excusez-moi l'anglicisme - les balances sheet n'incluent pas la valeur d'une image de marque. Quand on regarde nos revenus-dépenses, on voit le marketing comme une dépense dans la ligne du bas : par contre, l'image de marque devrait être dans la ligne du haut, dans une valeur.
Une marque une valeur multiplicatrice au niveau de l'évaluation d'une entreprise à la fin. Ça réduit le prix d'acquisition de nos clients, ça augmente la rétention de nos clients, ça augmente la fidélisation et aussi, ça nous offre une forme d'indulgence auprès de nos clients quand on fait des erreurs : on va tous en faire, mais au moins, quand les gens comprennent que ces erreurs-là ont été faites, non pas de façon volontaire, mais c'était vraiment une erreur de parcours, il y a une indulgence qui se crée et tout ça, ça a une valeur monétaire.
Ça peut vraiment se calculer et je crois que si les dirigeants et dirigeantes d'entreprise prennent la peine de mettre un dollar sur ça, on va voir de plus en plus de gens qui vont investir dans leur image de marque parce que c'est réellement un investissement.
Claudia : Moi, je suis vendue. Si je veux avoir une image de marque, je me tourne vers qui ?
Jean-Daniel : Ça, c'est la grande question. Je pense qu'il ne faut pas toujours essayer de voir des experts automatiquement. Je pense qu'il y a un travail d'introspection au départ à faire. Il y a un peu une réflexion philosophique derrière ça, ce n'est pas seulement mécanique de dire : « Parfait. On va trouver un nom, on va trouver un logo, on va trouver une série de couleurs qui va me représenter et quelques messages clés. » Avant de rencontrer ces experts qui vont pouvoir vous offrir ça - on a vraiment des excellentes personnes au Canada qui sont très compétentes - faites l'exercice vous-même de vous poser la question : pourquoi vous êtes en entreprise ?
Pourquoi vous êtes dans cette industrie-là ? Qu'est-ce que vous voulez apporter ? Allez vraiment au cœur de la réflexion, écrivez le plus de choses possible pour ensuite embaucher des experts au niveau rédactionnel, qui vont permettre de transposer votre réflexion dans des mots qui sont clairs et ensuite des experts en design. Il y a des très, très belles firmes de branding maintenant un peu partout et des firmes d'image de marque. Je crois qu'une fois que vous avez fait cet exercice-là, c'est le temps, après ça, d'aller voir ces experts.
Claudia : Donc ça devrait être un domaine, dans les prochaines années, qu'on va voir en expansion ?
Jean-Daniel : En fait, c'est un domaine qui existe depuis très longtemps et qui est en expansion. Par contre, on croit peut-être à tort que c'est seulement les grandes entreprises qui peuvent se payer les services d'agences d'image de marque ou que ça ne vaut pas la peine quand on est une petite entreprise ou un individu. Je pense que c'est bien le contraire : quelqu'un qui investit dans son image de marque dès le départ va bénéficier de relations publiques gratuites, va bénéficier de visibilité gratuite, va bénéficier de bouche à oreille, les clients vont se transférer d'un à l'autre. Le coût en marketing et le coût en efforts pour pouvoir commercialiser notre produit va diminuer drastiquement dès le départ. Oui, peut-être au Jour 1, un investissement plus grand, mais vous allez récupérer cet investissement-là, si le travail est bien fait, assez rapidement.
Claudia : Ce que vous me dites, c'est qu'encore aujourd'hui, le bouche à oreille, c'est un moyen de vente qui fonctionne bien ?
Jean-Daniel : Oui, totalement. C'est même plus important que jamais, parce que la relation et la confiance des citoyens et des consommateurs envers le gouvernement, ensuite envers les institutions et envers les grandes compagnies, est très faible. Les gens ont une plus grande confiance à leurs pairs et ensuite une plus grande confiance aux autres consommateurs. C'est pour ça que les sites qui ont des commentaires sont tellement consultés et qu'on veut avoir des bons commentaires parce que les gens vont se fier à ça.
Avant d'acheter un produit, on va aller en ligne et on va aller lire les commentaires des autres parce qu'on fait plus confiance aux autres acheteurs qu'on va faire confiance à la marque. Je comprends les gens parce qu'au final, la personne, à la fin, qui reçoit le produit, c'est cette personne-là qui peut juger si la promesse a été remplie.
Claudia : Je pense que le meilleur exemple, c'est justement dans l'industrie de l'immobilier où si un client a une mauvaise expérience avec un agent ou courtier immobilier, c'est aussi la marque ou la bannière qui va payer pour.
Jean-Daniel : Oui, totalement. Les gens vont en parler maintenant : le bouche à oreille est multiplié par le numérique. On est capable, vraiment, de faire entendre sa voix très rapidement à un très grand nombre de gens si on n'est pas satisfait. Malheureusement, les gens parlent plus négativement : quand ils ont une expérience négative, ils vont plus en parler sur les réseaux sociaux ou sur les plateformes numériques que lorsqu'ils ont une expérience positive. Par contre, la recommandation, elle va toujours être présente et il ne faut pas sous-estimer : si quelqu'un a une belle expérience avec un agent ou une bannière, il va en parler à leurs voisins, à leurs amis et finalement, ça, ça a beaucoup plus de valeur parce que c'est des clients qui sont déjà, du moins convaincus en partie, qui vont vous appeler pour la prochaine transaction ou le prochain service.
Claudia : Ça, c'est très important, j'imagine, surtout en temps de pandémie. On se sort d'une pandémie où les choses ont été un peu plus difficiles. Quel enjeu a été le plus important pour vous, justement, avec votre entreprise pendant cette pandémie-là ?
Jean-Daniel : Plusieurs défis, peut-être. Les deux plus grands, le premier étant la variation des prix de construction. Nous, on développe un projet avec 75 chalets architecturaux en forêt et vraiment, la fluctuation des prix des matériaux, qui était aussi drastique que la Bourse, demandait vraiment un travail d'estimation presque journalier. Ça, ça crée de l'incertitude pour nous, pour nos clients, pour nos collaborateurs, parce qu'on n'est pas capables de prédire. Ce qui est difficile, c'est qu'on ne peut pas garantir quelque chose qu'on ne contrôle pas, et on ne peut pas prédire non plus quelque chose qu'on ne connaît pas.
Ça a été le plus grand défi, de naviguer dans le noir ou dans le brouillard à ce niveau-là, surtout dans une industrie où les gens ont une confiance, peut-être, un peu plus mince et disaient : « Est-ce qu'en ce moment, vous êtes en train de profiter du marché ? Est-ce que vous êtes en train de me refiler une hausse qui est légitime ? » Ça, ça a été le grand défi.
Dans notre cas, c'est la communauté qui a fait qu'on a été capables d'acheter un si grand territoire. On n'avait pas les moyens financiers, au départ, de faire ça seuls. On n'avait pas d'expérience en immobilier ni en construction, et je pense que la raison pourquoi on a été capables de faire un projet d'une si grande envergure dès le départ et de vendre toutes ces unités-là, c'est à cause de l'image de marque. Les gens qui comprenaient ce que BESIDE faisait, pourquoi on le faisait, ont adhéré totalement au projet.
En toute transparence, c'était quand même risqué pour les premiers acheteurs de se dire : « OK, j'embarque dans un projet où il n'y avait pas de routes, pas d'électricité... » Il n'y avait aucune infrastructure et aucun track record, donc on n'avait pas l'expérience derrière nous pour pouvoir construire tout ça. C'est grâce à l'image de marque que les gens ont fait : « OK, on vous fait confiance, vous le faites pour les bonnes raisons. Nous, on veut participer à ce projet-là, à cette communauté-là. On adhère à ces valeurs-là. » Toute la construction - elle est encore en cours - s'est passée durant la pandémie, donc à un moment extrêmement stressant et difficile pour l'industrie, et les gens nous ont soutenus, puis ont traversé ça.
Ça n'a pas été le ride le plus smooth. Il y a eu beaucoup de turbulences, mais ils ont embarqué dans l'avion dès le départ, puis ils ont cru à la destination : ça, c'est vraiment parti à travers l'image de marque qui a été bâtie dans les dernières années.
Claudia : Qu'est-ce qu'on vous souhaite, alors, en 2022 ?
Jean-Daniel : J'aimerais que 2022 soit un beau fleuve tranquille : qu'il y ait du débit, que les choses se passent bien, mais peut-être un petit moins de chutes.
Claudia : Ça va parfaitement avec votre image de marque de BESIDE. Merci beaucoup, Jean-Daniel. Ça a été très, très plaisant.
Jean-Daniel : Ça me fait plaisir.
Claudia : Merci beaucoup d'avoir été des nôtres aujourd'hui. J'espère que vous avez aimé cet épisode de EN DIRECT. Je vous invite à vous abonner à nos chaînes sur Spotify, Apple et Stitcher pour connaître les futurs invités et sujets de notre balado, ou encore vous pouvez visiter crea.ca/balado pour écouter des épisodes passés. Je vous remercie de nous avoir écoutés. N'oubliez pas de nous donner des étoile : c'est vraiment toujours apprécié. Je vous dis : « À la prochaine ! »
Les avantages personnels, économiques et sociaux de l’accession à la propriété au Canada sont nombreux et importants. Cependant, les problèmes d’offre et d’abordabilité font en sorte qu’il est plus difficile pour les personnes qui souhaitent devenir propriétaires de réaliser cet objectif.
Dans le septième épisode d’EN DIRECT, nous discutons avec Valérie Paquin, administratrice de représentation générale à L’Association canadienne de l’immeuble (ACI) et co-propriétaire de Via Capitale Rive-Nord. Soyez des nôtres alors que nous nous intéressons aux avantages non financiers de l’accession à la propriété au Canada ainsi qu’aux mesures nécessaires pour faciliter l’accès à la propriété.
Transcription
Claudia Marques : Bonjour et bienvenue à l’émission EN DIRECT, un balado qui vous propose des conversations intéressantes avec des personnes inspirantes sur des questions qui touchent l’immobilier canadien et leur impact sur les membres de l’ACI ainsi que tous les Canadiens. Je me présente, Claudia Marques et dans cet épisode, nous allons aborder un sujet qui touche l’ensemble de la population, celui de l’accession à la propriété au Canada.
Tout le monde mérite d’avoir un chez soi et pour plusieurs, devenir propriétaire est un objectif de vie. Cependant, dans le contexte de reprise économique post-pandémique que nous connaissons actuellement, c’est-à-dire un accès à la propriété difficile dû à la demande qui est beaucoup plus forte que l’offre, comment peut-on accroître l’accession à la propriété au Canada ? Quels sont les efforts gouvernementaux mis en place pour s’assurer que toute la population puisse vivre confortablement sous un toit ? Comment est-ce que le rôle du courtier immobilier a évolué pour mieux servir les clients à la recherche de résidences ? Et quels sont les avantages de l’accès à la propriété sur les plans personnel, économique et social ? Restez à l’écoute car notre invitée, Valérie Paquin, courtier immobilier résidentiel et commercial et dirigeante d’agence à Via Capitale prend le temps de bien nous expliquer l’impact et les avantages non financiers d’être propriétaire. Bonjour Valérie !
Valérie Paquin : Allô Claudia,
Claudia : Tout d’abord j’aimerais vous remercier de prendre le temps de nous parler aujourd’hui, on va aborder un sujet qui touche vraiment tout le monde : l’accès à la propriété. On le sait, tout le monde mérite d’avoir un chez soi mais pour plusieurs, devenir propriétaire, même si c’est un rêve, n’est pas nécessairement facile par les temps qui courent avec le marché qu’on connaît. On a vraiment une demande qui est beaucoup plus élevée que l’offre, les prix qui sont élevés dû à cela également. Donc ce n’est ni facile pour un premier acheteur qui désire entrer dans le marché, ni facile pour ceux qui désirent déménager parce que leurs besoins ont changé. Tout d’abord, si je suis acheteur et que je désire devenir propriétaire, quelles sont les étapes à prendre ou à suivre pour nous assurer que la transaction et l’expérience soient positives ?
Valérie : Première étape, il faut commencer par la banque ; on va voir notre conseiller financier ou on va voir un courtier hypothécaire pour établir combien on peut emprunter. Geler un taux hypothécaire : beaucoup de personnes ignorent que l’on peut faire ça, mais les banques vont protéger un taux pour certains mois, il y en a qui vont jusqu’à six mois selon les institutions financières donc on s’assure que si les taux augmentent on conserve notre taux qui est plus bas, et s’il baisse, ils vont le baisser quand même. Mais on garde une sécurité. Ça prouve un sérieux aussi au vendeur quand on est prêt à déposer une offre d’achat ; on a une preuve qu’on a fait nos devoirs.
C’est important de faire notre budget, justement pour savoir ; la banque peut nous prêter tel montant mais est-ce que c’est vraiment ça que je veux, comme paiement hypothécaire ? C’est tout l’exercice qu’il faut faire à deux, en couple ou seul selon… après on va dresser la liste des critères : qu’est-ce qu’on veut dans une propriété ? Est-ce que l’on veut un condo ? Est-ce que l’on veut une maison ? Est-ce que l’on veut une maison de ville ? Combien de chambres ? Est-ce que l’on veut un garage ? Qu’est-ce qui est absolument primordial ? Qu’est-ce que qui est un bonus si on l’a mais on peut faire un compromis ? Quel quartier ? Est-ce qu’on veut être plus proche du travail ? Est-ce qu’on veut être plus loin ? On ne veut pas de voisins ? On veut des voisins ? C’est toutes ces questions-là qu’il faut se poser de choisir un courtier immobilier qui va connaître le secteur, va nous faire poser des questions, va nous amener parfois à des endroits auxquels on n’avait pas pensé car il connaît son secteur, le milieu et sait quelles questions poser pour trouver la bonne maison. Ensuite, je dirais, il faut être patient, parce qu’on sait combien on peut s’offrir, ce que l’on veut, mais dans le manque d’inventaire en ce moment il faut être patient. Parfois cela peut prendre dix offres d’achat et il ne faut pas acheter à n’importe quel prix ou n’importe quoi. Il faut poser des questions, il ne faut pas fermer les yeux, il faut faire inspecter. Il faut prendre le temps parce qu’après on va vivre là pendant des années ; enfin c’est ce que l’on souhaite. On ne veut pas avoir à revendre dans deux ans parce que l’on va avoir acheté trop vite ou en oubliant de faire certaines vérifications. Donc, la patience, en ce moment je sais que ce n’est pas facile, on a hâte d’être propriétaire, on a hâte d’être à cette étape là quand on a pris la décision mais des fois il faut être plus patient et cela paie à long terme.
Claudia : Je trouve cela fun que vous ayez mentionné le budget et l’hypothèque parce qu’il y a plusieurs personnes, justement dû au taux d’hypothèque, qui sont un peu plus faibles présentement, qui sont moins élevés, qui vont se dire : « j’ai trouvé la maison de mes rêves, elle est un peu plus chère que ce que j’avais planifié de dépenser mais vu le taux d’hypothèque un peu plus bas, je vais sortir un peu plus d’argent puis si jamais, dans cinq ans, j’ai de la difficulté à payer, je vendrai à ce moment-là ». Est-ce que c’est quelque chose que vous conseillez pour rentrer dans le marché présentement ?
Valérie : C’est sûr que les taux d’intérêt qui sont bas donnent un avantage. Les gouvernements ont mis certaines procédures pour freiner un peu cette envie des ménages d’excéder leur capacité d’emprunt en mettant, même si les taux sont bas à 2 pour cent pour 5 ans, il faut quand même se qualifier à un taux qui est plus haut. Donc ça freine un peu l’ardeur de certains acheteurs qui auraient tendance à vouloir faire cela. On l’a vécu dans la dernière année, notre maison, notre toit en fait, c’était tout ce que l’on avait. On ne pouvait rien faire d’autre. Mais maintenant qu’on peut recommencer à vivre un peu plus : on veut voyager, on veut faire des activités avec les enfants, aller au restaurant. Si l’on va au-delà de notre capacité financière, on va peut-être trouver ça long, de rester enfermé entre nos quatre murs et ce ne sera plus agréable comme expérience.
Claudia : Il y a plusieurs avantages à être propriétaire, tant sur le plan financier que sur le plan émotif. J’aimerais tout d’abord vous entendre sur les avantages financiers de devenir propriétaire.
Valérie : Le premier avantage, on se paie notre loyer à nous-même. Oui il y en a une partie qui va en intérêts à la banque, mais en ce moment, quand on regarde les paiements hypothécaires, il y en a beaucoup plus qui revient en capital donc on capitalise sur notre propriété. Il y a une augmentation de la valeur, donc la propriété augmente, on paie chaque année, donc notre dette diminue. On peut se servir de la propriété en tant que levier financier pour diversifier, pour s’acheter un chalet, un immeuble à revenu. C’est cette capacité financière-là qui est vraiment intéressante. Je regarde mes parents qui ont acheté une maison dans les années 70 à 30 000 dollars, maintenant elle vaut près de 350 000 dollars. Elle est payée, ils sont là. Cela fait en sorte qu’ils ont un toit sur la tête, ils sont propriétaires et ils ont très peu de frais mensuels.
Claudia : Malgré le fait que les maisons sont beaucoup plus chères, vous voyez toujours cela comme un avantage financier ? Vous mentionnez vos parents, leur maison est payée. Est-ce que c’est toujours possible de croire, par exemple, qu’en 2020-2021, notre génération on va être capable de s’acheter une maison et de finir de la payer au même titre que nos parents l’ont fait ? Si rapidement, et de prendre avantage de ce capital là à long terme ?
Valérie : Évidemment, les taux d’intérêt sont beaucoup plus bas. Quand on fait des comparaisons avec les gens qui ont acheté dans les années 70-80 ou 90, on avait des taux d'intérêt jusqu’à 20 pour cent. Les gens étaient quand même capables de payer. Là les taux d’intérêt sont plus bas, ce qui fait en sorte qu’ils sont capables de s’offrir des propriétés avec des coûts un peu plus hauts. Tout augmente et à chaque fois que le marché augmente, la réaction est là même. « On ne serait pas capable de se racheter la même maison ». Et pourtant, évidemment, en étant propriétaire d’une propriété quand la maison augmente, notre capacité financière aussi augmente. En ce moment, ce qui est difficile c’est pour les premiers acheteurs qui ont une mise de fonds qui ont ramassé leurs sous qu’ils ont mis de côté. La mise de fonds n’augmente pas aussi vite que le marché, tandis que si on est propriétaire, à ce moment-là, s’il y a une augmentation de 10 pour cent, ma capacité financière augmente au même moment parce que la maison que je vais vendre va augmenter de 10 pour cent. Je vais pouvoir prendre cette augmentation là et la mettre dans l’achat d’une propriété qui a augmenté également.
Claudia : Et j’imagine que pour ceux qui sont déjà propriétaires, avec le marché que l’on voit aujourd’hui, ils ont le goût, parfois, de vendre. Pour capitaliser sur ce marché-là. Et aller louer par exemple, pendant quelque temps, pour ensuite acheter leur maison de rêve dans le marché. Est-ce que c’est quelque chose que vous conseillez de faire ?
Valérie : Non je ne le conseillerais pas. Si on vend, oui on bénéficie d’une belle plus-value, on met l’argent à la banque, l’argent à la banque ne rapporte pas autant que l’augmentation des prix de maison en ce moment. Si on prend une pause sur le marché, il y a une possibilité que notre capacité d’acheter diminue plutôt que d’augmenter en restant propriétaire. L’année dernière, quand les prix ont commencé à augmenter au printemps, à l’été, il y en a qui disaient : « on va attendre l’année prochaine parce que là c’est trop fou et puis on va attendre, on ne va pas s’embarquer là-dedans ». Et finalement les prix ont continué à augmenter et ils se sont dit : « oh mon dieu ce que je voulais m’acheter l’année dernière, maintenant je ne peux plus me le permettre ». Donc de sortir du marché en se disant qu’il va baisser, non, je ne le conseillerais pas.
Claudia : Entrez en contact avec des acheteurs et des propriétaires vendeurs potentiels et profitez d’une foule d’outils et de ressources en visitant REALTOR.ca : la ressource en immobilier au Canada.
Et outre les avantages financiers d’être propriétaire, comment est-ce que posséder une demeure peut venir enrichir la vie des gens, d’après vous ?
Valérie : À différents niveaux, en fait c’est une stabilité. Quand on est, exemple, locataire, on ne sait jamais quelle augmentation de loyer on va recevoir, même s’il y a des règles qui entourent... Est-ce que le propriétaire va vouloir reprendre le logement ? Je ne peux pas faire ce que je veux, je ne peux pas rénover ma cuisine et tout cela. En étant propriétaire, on a une stabilité, on a plus de flexibilité et de liberté aussi. On peut faire ce que l’on veut, on est vraiment chez soi. Et en plus, c’est le sentiment d’appartenance, d’appartenir à un quartier, à une ville. On va encourager les petits commerçants qui vont être dans le secteur, on va aller au marché qui a été créé par la municipalité. On a vraiment ce sentiment d’appartenance là. Les soupers entre voisins et l’entraide qui sont encore plus forts quand on est vraiment propriétaire et que l’on veut entretenir et avoir un beau milieu de vie.
Claudia : Oui.
Valérie : Un autre avantage non financier d’être propriétaire c’est justement quand on arrive à un certain âge où la maison est payée, beaucoup de gens pensent parfois à partir en maison de retraite… Ils vont rester dans leur maison, engager des gens pour entretenir l’extérieur et avoir une meilleure qualité de vie, un meilleur milieu de vie, parce que c’est plus économique pour eux, et ils sont chez eux. C’est vraiment, au niveau social, un très bel avantage.
Claudia : Vous nous avez vraiment donné le goût de devenir propriétaire, Valérie, avec tous les avantages. Mais ce n’est pas la seule option et parfois ce n’est pas nécessairement possible pour tout le monde de devenir propriétaire. Mais on retrouve la problématique de l’offre et de la demande dans la propriété. Pas seulement en achetant mais également dans les propriétés locatives. Comment est-ce que l’on peut mieux répondre aux besoins en matière de logement au Canada présentement ?
Valérie : Il y a un problème d’inventaire à travers le Canada. Il y a des répercussions également au niveau locatif. Comme je le disais, il y a des gens qui ne sont pas rendus à acheter, à devenir propriétaires, mais il faut un toit. L’important c’est d’avoir un toit. On parle d’étudiants, des fois des gens qui se séparent. Il faut un entre deux, il faut laisser la poussière retomber. Ça peut être une perte d’emploi et c’est correct d’être locataire, l’important c’est d’avoir un toit sur la tête. Mais il y a aussi des pénuries dans le locatif. Donc c’est sûr qu’il faut augmenter l’offre des logements. Il faut augmenter le nombre de logements disponibles et peut être qu’avec le télétravail, les espaces commerciaux qui se libèrent dans les centres-villes ou dans certaines villes aussi ; peut-être de changer les zonages, de reconvertir pour augmenter le nombre de logements, de faire des logements sociaux aussi, pour pouvoir augmenter le nombre de personnes qui peuvent accéder à avoir un toit.
Claudia : Justement pour faciliter l’accès à la propriété le gouvernement a mis en place plusieurs programmes pour répondre aux besoins en matière de logements au Canada, le RAP en est un bon exemple et on en reparlera un peu plus tard, mais quelle autre forme de soutien fédéral est-ce qu’on retrouve à travers le Canada, justement pour accroître l’accession à la propriété ?
Valérie : Il y a quand même plusieurs programmes : on a le RAP, on parle de la SCHL aussi qui permet de donner une plus petite mise de fonds, qui permet à des acheteurs d’accéder plus rapidement à la propriété en ayant moins de sous à accumuler pour acheter. On a un crédit d’impôt aussi pour les premiers acheteurs aussi pour les frais de démarrage, ça aide beaucoup. Plus localement, par exemple au Québec, on a dans certaines municipalités : Montréal a déjà fait un programme de crédit-taxe ou de subventions pour attirer les familles, car il y a un exil plus en banlieue. Il y a certaines municipalités plus en région qui voulaient attirer des travailleurs ou des gens qualifiés pour repeupler les régions, qui offraient justement des crédit-taxe ou des crédits au niveau de la taxe de bienvenue. Ce sont tous des moyens, que ce soit au niveau fédéral ou au niveau provincial ou même municipal, qui incitent et qui aident certaines familles à accéder à des propriétés. Vancouver et Toronto ont eu des problèmes d’inventaire depuis des années, ce n’est pas juste la pandémie. Avec la pandémie, ça a touché toutes les provinces du Canada où il y a eu un manque d’inventaire et une poussée des prix et un marché très favorable aux vendeurs. Il faut trouver une solution à l’inventaire, il faut trouver une solution à l’offre. En ce moment il y a beaucoup d’exil : beaucoup d’entreprises qui voient une opportunité de baisser leurs coûts fixes en baissant le pied carré parce que le télétravail fonctionne ou au moins, une portion hybride fonctionne bien. Donc on a des centres-villes, des tours à bureaux qui vont commencer à se vider, donc si les municipalités, les gouvernements se mettent ensemble pour changer les zonages, permettre de nouvelles constructions dans des endroits stratégiques ou de modifier des tours qui sont en commercial, de faire des modèles hybrides résidentiel/commercial, ça va augmenter l’offre et être une des solutions en sortant de pandémie. Cela va aider autant le milieu des affaires qui veulent réduire, autant les propriétaires de bâtiments commerciaux et les familles qui vont pouvoir avoir plus d'offres.
Claudia : Okay. On va parler un peu du RAP parce que tout le monde connait le nom, mais tout le monde ne sait pas comment ça fonctionne. Moi j’ai « rapé », ça nous a aidé dans le processus lorsque l’on a acheté notre première maison : comment ça fonctionne ? Parce que c’est quand même une façon d’acheter une maison, d’acquérir une maison qui est très intéressante.
Valérie : Oui, c’est une façon de s’emprunter de l’argent à nous-même, un fonds de pension que l’on s’est créé sans avoir d’impact fiscal, et d’avoir quinze ans pour le rembourser. Ça permet, justement de se servir de nos économies, de sortir nos économies jusqu’à 35 000 dollars par personne, ça a été augmenté de 25 000 à 35 000 dernièrement. C’est vraiment un programme très intéressant et ce qui a changé en 2020 c’est qu’avant, on pouvait « raper » une fois, maintenant on peut « raper » plus d’une fois dans une vie. Parce que l’on sait très bien que malheureusement, la vie étant ce qu’elle est maintenant, il y a des séparations, des choses qui peuvent arriver, cela permet à un couple qui se sépare de pouvoir « raper », même s’ils ont déjà « rapé » pour acheter la propriété qu’ils ont en ce moment, de « raper » pour racheter la part du conjoint ou même de pouvoir racheter autre chose. Cela va permettre à une famille qui se sépare de rester propriétaire plutôt que de s’en aller en location.
Claudia : Et comment est-ce que le gouvernement peut collaborer avec le secteur privé pour faciliter l’accès à la propriété à travers le Canada ?
Valérie : En fait, le secteur privé ; les gouvernements fédéraux, provinciaux essaient d’attirer des entreprises dans leurs communautés pour créer de l’emploi, créer de la richesse, etc. Si l’on combine avec un secteur privé, de dire : « viens t’établir ici et on va faire des politiques pour des travailleurs, pour qu’ils viennent s’établir. On va amener des travailleurs qualifiés, cela va permettre à certains ménages de déménager dans des endroits où ils n’auraient pas pensé pouvoir acheter des propriétés peut être qui offrent plus parce qu’ils ne sont pas dans des grands centres et cela aiderait autant l’économie régionale que l’entreprise qui se dira « si j’installe mon usine à tel endroit, ils vont m’aider à avoir de la main d’œuvre qualifiée » et c’est un enjeu en ce moment. Moi je pense que ça pourrait être un beau programme qui pourrait s’appliquer à travers le Canada, qui pourrait aider toutes les communautés.
Claudia : Et est-ce que vous croyez qu’il y aurait également des collaborations possibles avec des organismes à but non lucratif, justement pour aider la population canadienne à avoir un toit au-dessus de sa tête ?
Valérie : Oui, en fait je peux faire le parallèle avec l’Europe. En France, si on bâtit des tours à condo, un promoteur doit aussi s’engager à faire des logements sociaux, des logements à coûts moindres. Donc ça fait en sorte que l’on densifie certains endroits et cela force les entrepreneurs à avoir un certain engagement. Donc oui, en étant associé avec des organismes à but non lucratif qui ont pour but de loger des familles, on augmente l’offre, autant dans ce qui est à vendre que ce qui est à louer.
Claudia : Puisez dans le savoir de courtiers et agents au pays et partagez vos propres connaissances et perspectives en visitant le coin des courtiers et agents immobiliers du CAFE ACI : un carrefour d’informations créé par les courtiers et agents pour les courtiers et agents.
Vous parliez de famille, ce que je vois beaucoup dans mon entourage récemment c’est l’acquisition d’un patrimoine familial, c’est-à-dire que les grands parents vont acheter avec leurs enfants, voire les petits enfants, et tout le monde va déménager dans une bi-génération. Je trouve que c’est une façon géniale de mettre ensemble tous nos avoirs et d’acquérir une propriété, surtout dans le marché que l’on connaît aujourd’hui. Est-ce que c’est quelque chose que vous voyez de plus en plus vous aussi en tant que courtier immobilier ?
Valérie : Oui, on voit l’engouement pour les inter-générations vraiment augmenter avec la pandémie, les gens ont voulu se rapprocher beaucoup, prendre soin de leurs parents et à l’inverse les parents veulent prendre soin aussi des petits enfants. Le fait de vivre sous le même toit c’est une très grande richesse, d’aller cogner et voir mamie qui est de l’autre côté de la porte. Cela apporte une sécurité. Il y a beaucoup de personnes à la retraite qui veulent passer l’hiver en Floride et qui ne veulent plus avoir leur maison parce que c’est le stress de ce qui peut arriver. Là, il y a toujours quelqu’un à la maison avec les enfants qui sont là. Cela permet aussi aux enfants qui démarrent dans la vie, qui ont moins de mise de fond de pouvoir s’offrir ces propriétés-là, parce que les parents, souvent, ont une plus grande capacité financière. Cela permet aussi, je parlais à quelqu’un dernièrement, qui a pu garder son condo en ville, le louer et s’acheter une propriété avec ses parents ; qui a pu conserver un actif pour augmenter son capital. Il y a beaucoup d'avantages aux bi-générations. C’est une richesse sociale immense et en même temps économiquement c’est idéal pour tout le monde, tout le monde y gagne.
Claudia : Je suis curieuse de savoir si vous voyez aussi un phénomène au niveau des générations un peu plus jeunes, les milléniaux et même un peu plus jeunes qui déménagent avec des amis ?
Valérie : Je l’ai déjà vécu même avec des clients justement, deux amis ensemble qui ont acheté une propriété et je pense cinq ans plus tard, un des deux a racheté parce qu’ils étaient rendus ailleurs dans la vie ; un des deux a gardé la propriété, ça a fait une belle équité à celui qui a racheté et le second a pu garder la propriété. On le voit aussi dans l’immeuble à revenu, il vont s’acheter des duplex ou des triplex : cela permet d’avoir un quatre et demi et chacun a son quatre et demi et ça continue d’augmenter, ils se paient des loyers à eux au lieu de payer à un propriétaire.
Claudia : J’ai comme l’impression que le rôle du courtier ou de l’agent immobilier a vraiment évolué à travers le temps. Par le passé, on faisait affaire avec un agent immobilier lorsque l’on voulait vendre la maison surtout. Mais là j’ai comme l’impression qu’il y a également des bassins d’acheteurs qui font appel à des agents immobiliers pour avoir le service de se dire : « si tu trouves un maison qui est à mon goût j’aimerais le savoir aussi ». Donc votre rôle a évolué : vous êtes plus des médiateurs que des vendeurs j’ai l’impression.
Valérie : Oui tout à fait. Le rôle de conseil a vraiment pris beaucoup plus de place dans le milieu auprès des courtiers qui sont sur le terrain. Les transactions sont de plus en plus complexes. Il y a de plus en plus de choses à vérifier et avec le manque d’inventaire en ce moment, souvent on va aller débusquer des propriétés qui ne sont pas sur le marché pour les acheteurs. Les acheteurs sont en confiance d’avoir quelqu’un dans leur coin qui se bat pour eux, pour obtenir la propriété. C’est sûr et certain, on fait des mariages, entre deux familles, c’est toujours ce que je dis !
Claudia : Et d’après vous, que fait le secteur immobilier incluant l’ACI pour faire bouger les choses au niveau du fédéral, ce qui permet d'accroître à l’accession à la propriété au pays ?
Valérie : Justement, l’ACI fait des représentations chaque année auprès du gouvernement fédéral, une fois par année, on appelle cela les Journées du CAP et il y a des courtiers et des représentants d’associations qui se déplacement à Ottawa et qui vont rencontrer les députés pour les informer, les faire bouger, leur donner des informations sur le marché immobilier, des statistiques et tout cela. Donc on est des centaines à être à Ottawa sur la colline et ils savent, quand on se promène au Parlement on voit les députés avec les cahiers d’informations qui ont été remis. Et après cela, en caucus, le message est fort. Après cela, avec les associations locales, provinciales, eux aussi continuent à longueur d’année d’influencer et de parler et d’informer des députés, les élus autant municipaux, provinciaux que fédéraux, des enjeux de la propriété. Grâce à cela, le RAP on en parlait ; il y a eu des changements au niveau du RAP, cela faisait partie des demandes et du lobbying que l’ACI a fait. Il y a eu un impact, cela a changé.
Claudia : Qu’est-ce que peuvent faire les courtiers et agents immobiliers à titre personnel pour contribuer à accroître l’accès à la propriété ?
Valérie : Première chose, évidemment, ils peuvent s’impliquer auprès de leur association provinciale ou canadienne pour faire partie des gens qui vont rencontrer les députés et tout cela. Cela peut être une belle façon de s’impliquer. Mais dans le marché actuel, on parlait en représentant des acheteurs, que l’on essaie de débusquer des propriétés qui ne sont pas sur le marché. On va prendre des rues entières, des quartiers, appeler les vendeurs, les informer aussi parce qu’en ce moment on entend beaucoup de choses dans les nouvelles mais parfois les gens n’y croient pas. Si on leur dit : « saviez-vous que votre maison vaut tant maintenant ? Savez-vous que le marché est ce qu’il est ? ». On sert vraiment à informer, on va cogner aux portes, on appelle les gens pour essayer de trouver de l’inventaire pour les acheteurs qui cherchent à loger leur famille. Mais en même temps on informe les vendeurs du marché et de ce que leur maison peut valoir. Beaucoup parfois disent : « je vais en profiter et je vais passer à mon autre projet, je vais aller habiter à mon chalet, faire autre chose et profiter de ce marché-là ». Cela fait en sorte que petit à petit, on augmente l’inventaire tranquillement de cette façon-là aussi.
Claudia : Donc comment est-ce que vous voyez l’avenir de la propriété en cette période de sortie de pandémie ? Quelles sont vos espoirs pour 2021-2022 ?
Valérie : J’espère vraiment que l’on va retourner un petit peu à un marché plus équilibré. Pas un tout pour le tout où l’inventaire augmente à cent pour cent et cela devient un marché favorable aux acheteurs mais au moins un marché plus équilibré où les acheteurs ont plus de choix, de temps, où ils se battent moins pour avoir la propriété. Un marché quand même favorable aux vendeurs, mais équilibré. C’est ce que je nous souhaite pour la fin de 2021, peut-être 2022.
Claudia : Merci beaucoup Valérie pour toutes ces informations pertinentes sur le sujet de l’accès à la propriété au Canada. De mon côté, j’ai appris énormément de choses. Il y a vraiment beaucoup d’informations à assimiler alors je vous invite à réécouter l’épisode ou encore les épisodes passés sur CREA.ca/balado. Je vous remercie énormément d’avoir été à l’écoute de EN DIRECT. Si vous avez aimé l’émission je vous invite à nous donner cinq étoiles et à vous abonner également à nos chaines Spotify, Apple et Stitcher et je vous dis à la prochaine pour une autre émission, et à très bientôt !
Comme l’immobilier, le design d’intérieur est en constante évolution. Cependant, les dernières tendances ne conviennent pas nécessairement à tout le monde. Dans le sixième épisode d’EN DIRECT, nous examinons une approche plus réfléchie du design, fondée sur l’introspection, le sentimentalisme et la durabilité.
Assistez à une conversation passionnante avec le designer Jean Stéphane Beauchamp, établi à Montréal. Apprenez comment il combine ses connaissances en psychologie au design d’intérieur pour cerner les besoins réels des propriétaires et créer des espaces magnifiques qui leur ressemblent.
Transcription
Claudia Marques : Bonjour ici Claudia Marques, et je vous souhaite la bienvenue à ce sixième épisode de EN DIRECT, un balado dont l’objectif est de susciter des conversations avec des personnes inspirantes sur divers sujets qui touchent l’immobilier canadien et les membres de l’ACI. Aujourd’hui nous allons aborder un sujet qui m’interpelle énormément surtout par les temps qui courent. Comment trouver le bien-être et le bonheur chez soi par le design intérieur ? Peut-être que vous en avez assez de regarder les mêmes quatre murs jour après jour, vous avez envie d’un changement, de trouver des solutions d’aménagement qui vous permettront d’être plus heureux et de mieux profiter du moment présent ?
Ou encore, vous planifiez des rénovations et vous voulez savoir quelles seront les tendances qui feront augmenter la valeur future de votre maison, ou encore celle de vos clients ? Qu’il s’agisse d’un coup de pinceau, d’une touche de couleur, d’un relooking de meuble vintage que vous désirez garder, notre invité d’aujourd’hui est la personne parfaite pour nous donner des idées de design et de rénovation qui peuvent améliorer grandement votre qualité de vie.
Il s’agit de Jean Stéphane Beauchamp, designer intérieur avec plus de vingt ans d’expérience. Il a suivi des cours en art thérapie. Son travail est reconnu à l’échelle internationale et ses designs apparaissent dans plus de soixante magazines et journaux. Il fera prochainement le design d’une maison au Portugal et je suis tellement heureuse de l’avoir comme invité aujourd’hui. Bonjour Jean Stéphane.
Jean Stéphane Beauchamp : Bonjour !
Claudia : D’entrée de jeu j’aimerais que l’on parle un petit peu de votre style parce que chaque designer a un style très particulier, un style unique. Et donc comment est-ce que vous décririez votre style à vous ?
Jean Stéphane : C’est une très bonne question parce que c’est la question que je me pose depuis vingt ans. Je dirais que c’est toujours difficile de cerner un peu ce qu’on fait. Je dirais que mon style est définitivement éclectique. J’adore le mélange de styles, j’adore différents niveaux d’énergie. J’aime le mélange des époques, j’aime tout cela. Je n’ai pas peur de la couleur, donc je ne suis pas la personne que l’on va aller voir si on veut un intérieur absolument tout blanc. Pas que je n’aime pas cela, mais c’est peut-être un peu moins moi. Donc je dirais peut-être éclectique, classique actualisé c’est un terme que j’utilise assez souvent, mais définitivement polyvalent. L’important pour moi c’est définitivement que les gens se sentent bien chez eux, qu’ils se sentent chez eux, qu’ils se voient dans l’intérieur.
Claudia : Oui justement, c’est quoi l’impact que peut avoir l’aménagement de notre espace de vie sur notre bien-être ? À quel point est-ce que l’aménagement, notre déco, nos rénos peuvent avoir un impact sur notre bonheur dans cette maison-là ?
Jean Stéphane : Sincèrement je crois vraiment qu’être chez soi et être bien quand on est entouré des choses que l’on aime, quand on est dans un environnement qui est bien organisé, qui répond à nos besoins et qui est beau, moi je crois qu’on est bien.
On peut se détendre, on se sent en sécurité. On se sent chez soi. C’est la différence entre une maison et une demeure. Quand on est bien chez soi, tout est là. On se voit dans nos choses. C’est le contraire, on peut s’asseoir dans un magasin, dans un beau décor, et se dire : « mon dieu, que je suis bien ! » mais cela ne dure pas longtemps car ce n’est pas chez soi Quand on est chez soi, moi j’aime entourer les gens des choses qu’ils ont accumulées ; des choses qu’ils ont accumulées en voyage, des choses qu’ils aiment, je veux qu’ils se voient. Ils viennent me chercher pour une raison, c’est pour faire ressortir cela. Et souvent, pour ajouter à tout cela, la couleur vient aussi jouer un rôle dans le bonheur. Pas que le blanc n’est pas beau, je ne veux pas me mettre à dos les gens qui aiment le blanc, mais en même temps la couleur, je pense, peut être stimulante, peut être calmante, peut ajouter de la joie comme elle peut aussi ajouter une tranquillité.
Claudia : Oui effectivement. Vous avez suivi des cours en psychologie, en art thérapie, j’imagine que ça doit vous aider quelque part, parce que vous le dites, chaque client est unique, chaque client a un besoin différent. Comment faites- vous pour établir comment cette personne-là va se sentir bien chez elle?
Jean Stéphane : Ma formation essentiellement, m’a beaucoup aidé au niveau de l’écoute. D’essayer d'aller chercher, de faire ressortir ce dont les gens ont besoin, ce qu'ils veulent.
Et définitivement, c'est d'essayer de le faire sortir de façon à ce qu’eux se voient chez eux et que ça réponde à leurs besoins.
Il y a des personnes qui sont auditives, visuelles, kinesthésiques. C'est aussi d’être capable de communiquer cette information et de la recevoir, puis ensuite de l'appliquer et également de les pousser un peu.
Je pense que mon rôle comme designer, c'est souvent d'aller un peu, beaucoup plus loin que ce que les clients feraient par eux-mêmes. La raison pour laquelle il vienne me chercher, c'est vraiment d'écouter, de prendre tout ça, de faire une synthèse puis de créer un intérieur dans lequel ils vont être bien.
Claudia : Parce que quand je regarde vos designs, effectivement c'est un style qui a beaucoup de punch, c’est un kick, on utilise beaucoup la couleur.
Mais on ne parle pas nécessairement du bleu marine comme couleur, on parle du jaune vibrant, du vert, du turquoise aqua très flash. Donc, qu'est ce que vous faites avec quelqu'un qui aime la couleur, mais qui n’est pas nécessairement prêt à oser ?
Jean Stéphane : Si la personne adore la couleur, là on peut y aller. Mais si c’est, comme vous le disiez, des gens un peu plus frileux, nécessairement, l'îlot rouge je ne le ferais pas. Je vais aller avec quelque chose qui va traverser le temps pour eux et si jamais ils décident de revendre, que ce soit quelque chose qui plaise.
Mais c'est certain que s'ils ont le goût d'un peu de couleur, c'est certain que je vais la mettre dans des accessoires qui sont facilement changeables. Comme ça, ils ont de la couleur, mais c'est réversible.
Claudia : Ça m'amène à vous parler des tendances. Ce n’est pas nécessairement un mot que vous appréciez quand vous faites vos designs. Vous le dites vous même, vous êtes un peu anti-tendance dans le sens où, ce qui est tendance, parfois, les gens vont l'associer avec ce qui est beau. Mais on s’entend que ce n’est pas toujours le cas. On va prendre l’exemple des Crocs, par exemple, qui sont très à la mode présentement. C'est très tendance, on va voir des artistes défiler sur le tapis rouge avec des Crocs. Mais ce n’est pas nécessairement beau. Et je pense que l’on retrouve la même chose dans le design.
Jean Stéphane : Absolument. Par contre, je suis content d’amener le sujet. Les tendances, c’est comme redécouvrir des choses. On redécouvre une mode, par exemple, il y a eu une période où on redécouvrait les années 80.
Pour le meilleur ou pour le pire. Mais c’est une façon des fois de revoir, de faire évoluer. Moi je crois que, oui, je suis anti-tendance pour une bonne raison, c’est que souvent, je n’ai pas le goût de me lancer à suivre une tendance simplement pour suivre une tendance pour être au dernier cri. Moi personnellement je trouve que c’est de se lancer et j’ai peur que ça crée un décor qui dise : « meilleur avant », qui ait une date de péremption. C’est ce qui m’inquiète. Par contre, une tendance peut être intéressante pour rafraîchir, rajeunir : une nouvelle couleur, une nouvelle texture que l’on redécouvre, on peut l’ajouter, pour moi personnellement, avec parcimonie. On l’ajoute dans des coussins. Par exemple, le velours était très populaire, mais il n'y a rien de mal à acheter une housse de coussin en velours si l’on a toujours adoré cela. Pour moi une tendance c’est quelque chose de passager. Il y a quelques tendances qui perdurent. Exemple, le laiton.
Claudia : Oui.
Jean Stéphane : On disait, ça va être une tendance, ça ne durera pas. Mais ça fait quoi, 5-10 ans qu’on aime le laiton. Il s’est intégré et on le redécouvre, il a changé un peu de couleur. Il est moins, en anglais on dit brassy. Il est moins orangé, il est plus doré, il est plus doux. Et on le conserve. Donc ça c’est une tendance à long terme. Donc les tendances qui sont vraiment court-terme, pour moi c’est ça qui est un peu… c’est pour ça que je dis que je suis anti-tendance. Je ne me lance pas les deux pieds dans une nouvelle tendance parce que ça n’a pas de durée de vie. Je ne voudrais pas dire à mes clients, qu’ils disent « dernier cri c’était l’affaire, on va faire la cuisine comme ça ». Pensons-y. On va réfléchir et on va voir. Moi j’ai tendance à regarder si une tendance va durer plus de cinq ans. Là ça veut dire que c’est comme une nouveauté qui s’est inscrite dans nos vies. Je trouve cela plus intéressant. C’est pour cela que les tendances, oui, je suis un peu hésitant mais je suis toujours intéressé par les tendances veut, ne veut pas.
Claudia : Je vais vous nommer une tendance design et vous allez me dire si à votre avis, c’est in, ou c’est out.
Jean Stéphane : J’entends les commentaires, les courriels qui rentrent, qui me disent : « non ! ».
Claudia : C’est donc le moment de jouer à c’est in, ou c’est out selon Jean Stéphane ! Alors c’est parti. Les tuiles métro, que l’on connaît sous le nom de subway tiles, in ou out, Jean Stéphane ?
Jean Stéphane : Question piège ! Les gens sont étonnés de la voir, c’est vrai. Mais c’est un classique, donc je suis obligé de dire que c’est quand même in.
Claudia : In !
Jean Stéphane : Parce que c’est indémodable.
Claudia : Le velours ?
Jean Stéphane : Ça a été une tendance, encore là. C’est un classique mais c’est une tendance. Ce n’est pas pour tout le monde donc je dirais out.
Claudia : Les cuisines toutes blanches ? Et là je croise les doigts pour que ce soit in.
Jean Stéphane : La cuisine blanche, bon je vais peut-être faire de la peine à bien des gens. Autant je sais que la cuisine shaker blanche au Canada c’est le modèle le plus populaire. Moi j’aimerais que ce soit out pour un petit bout. Explorons du gris pâle, explorons des petites couleurs pâles, du deux-tons. La cuisine blanche, je pense que les gens en ont trop vu. Donc est-ce que j’ai le droit de dire que j’aimerais qu’elle soit out pour un petit bout ?
Claudia : Les accessoires or ?
Jean Stéphane : Au début de la tendance, j’espérais que ça partirait vite, mais c’est resté et je l’ai même adoptée. Je crois qu’elle est encore ici pour un bout.
Claudia : Le macramé ? Et ça on en voit partout. Du macramé à toutes les sauces.
Jean Stéphane : Je vais faire de la peine à encore bien des gens. S’il vous plaît, out.
Claudia : Elle n’a même pas été in encore !
Jean Stéphane : S’il vous plaît, out !
Claudia : Qu’en est-il des murs vedettes ?
Jean Stéphane : Les feature walls en anglais, s’il vous plaît out. Moi, oui je les ai faits. Oui, je suis coupable. Mais les feature walls, je pense que maintenant… j’ai toujours adoré, si c’est pour faire un mur de couleur, faites donc les quatre. Si vous êtes pour mettre du papier peint, faites donc les quatre murs, ça joue trop avec les proportions de la pièce. Donc moi personnellement les feature walls, c’est une tendance, j’ai hâte, oui j’ai hâte qu’elle nous quitte.
Claudia : Le plancher de bois franc dans les cuisines ?
Jean Stéphane : J’adore ! Pas que je n’aime pas la tuile, c’est facile d’entretien, mais mon dieu, une cuisine avec des planchers en bois franc c’est tellement moins dur sur le dos. Oui ça s’use plus vite, donc c’est pour ça qu’on met des petits tapis, il y a toujours une façon... Moi j’adore ça. Est-ce que c’est tendance, oui. Est-ce que ça va partir comme tout chose ? Probablement. Moi j’adore ça.
Claudia : Okay. Et avec la tendance de : on amène l’extérieur à l’intérieur, la tête de cerf ? On en dit quoi ?
Jean Stéphane : S’il vous plaît, arrêtez. Encore là, si vous avez un look chalet, allez-y. Si vous habitez dans les Laurentides dans une belle cabane en bois rond, en pierre, allez-y. Mais si vous êtes en ville, je pense qu’il est temps de la mettre dans une boîte.
Claudia : Restez des nôtres, dans quelques instants, on parle des pièces à rénover pour un retour intéressant sur notre investissement.
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Est-ce que vous trouvez ça dommage que les gens fassent des flips, par exemple, de maison, et qu’ils refont au goût du jour actuel dans le but de revendre pour que ça plaise au plus de personnes possibles ? Et qu’on ne considère pas nécessairement de quoi va avoir l’air cet immeuble-là par exemple dans une dizaine d'années ?
Jean Stéphane : Oui, encore là je ne veux pas me mettre à dos personne. Moi je trouve cela dommage personnellement. Je vois trop de beaux projets, des immeubles, des transformations qui pour moi vont avoir une durée de vie de trois à cinq ans et je trouve cela vraiment dommage. Pour moi, je vais oser le dire, c’est un manque de vision. Également pour une bonne raison, c’est que les gens qui vont acheter vont vouloir le refaire. Parce que s’ils ont sauté dans une tendance, acheté quelque chose dernier cri, peut-être qu’ils vont vouloir avoir le dernier cri dans cinq ans, dans 10 ans plutôt que de vouloir faire quelque chose qui est beau, qui est bien et qui est durable, mais qui va traverser le temps et qui peut s’adapter aux modes. Comme on le disait, changer une couleur c’est facile. Changer un dosseret, c’est facile. On peut adapter et on peut suivre le temps, la mode, les tendances sans problème. Mais pour moi, ce qui est très important et ça a toujours été un peu ma philosophie, c’est la coquille, la forme, le contenant.
Claudia : Plutôt que le contenu.
Jean Stéphane : Oui, il devrait avoir une durée de vie. Une cuisine c’est un gros investissement mais c’est certain que je ne ferais pas une cuisine hyper dernière tendance à moins que la tendance ait fait un peu ses preuves. Pour revenir, par exemple, les poignées en laiton. Moi ça m’a pris du temps avant de dire : « oui , je vais mettre des poignées en laiton ». Je dois avouer que cela m’a pris du temps mais quand j’ai vu que c'était plus qu’une tendance, je l’ai intégré.
Claudia : On parle beaucoup des rénovations de cuisine et de salle de bain comme étant les deux pièces principales à rénover si l’on veut revendre notre maison et faire un profit. Est-ce que c’est toujours le cas en 2020, 2021 ? Est-ce que ce sont les seules pièces encore auxquelles on devrait penser avant de vendre une maison ?
Jean Stéphane : Selon moi, 2020 a tout changé, ou presque. Cuisine, salle de bain, toujours très populaires c’est certain que ce sont des pièces importantes, elles doivent être bien réfléchies. Je pense que si l’on veut revendre, on doit penser à plaire à un bon segment de la population ou au marché cible. Mais je crois que la dernière année a changé quelque chose de fondamental, qui pour moi va être plus qu’une tendance. J’ose sortir ma boule de cristal et faire une prédiction : les bureaux à la maison. Les bureaux à la maison, j’ai plusieurs clients qui m’ont appelé, et ça ne s’inscrit pas dans : « fais-moi un petit coin sur une table, je veux m’installer ou installer mes enfants pour qu’ils fassent leurs devoirs ».
Claudia : Oui, ce n’est plus le coin bureau, là.
Jean Stéphane : Non. On prend une pièce. Et je veux être bien, je veux que ce soit fonctionnel, je vais travailler maintenant à la maison deux à trois jours semaine, je veux un vrai bureau. Peut-être oui, certainement je ne peux pas créer de l’espace dans un condo, une maison, donc c’est certain qu’il faut souvent avoir une pièce multifonctions. Donc oui, il va peut-être y avoir un lit escamotable, mais sa fonction première, on me demande de faire des bureaux.
Claudia : Oui, parce que les gens sont appelés à travailler de chez eux et cela va se poursuivre à long terme.
Jean Stéphane : Moi je pense que oui. Et les gens ont vu à quel point ils avaient besoin d’un coin calme. Pas dans le milieu de l’action, sur le coin de l'îlot pour faire mon travail ou les devoirs. J’aimerais un vrai bureau où je peux vraiment peut-être barrer mes filières, j’ai besoin d’un coin tranquille. Ça je le vois de plus en plus. Et le deuxième que je voudrais dire que je vois sur la dernière année. On m’a demandé jusqu’en 2023 de planifier des sous-sols.
Claudia : Ah oui !
Jean Stéphane : Oui. On parlait de vendre nécessairement, on pense beaucoup à cela. Avec le marché tel qu’il est. Mais pour certaines personnes, s’ils ne veulent pas nécessairement vendre ou s’ils veulent être compétitifs, ils vont exploiter l’espace non utilisé et j’ai rarement vu autant de demandes de penser et de développer leur sous-sol. Ajouter du real estate. Ajouter des chambres, une salle de bain, un bureau, une pièce multifonctions. C’est sur mon agenda pour les deux, trois prochaines années. J’ai des sous-sols à faire.
Claudia : Des gyms peut-être dans les sous-sols aussi. Est-ce que ça se peut ?
Jean Stéphane : Ça on m’a demandé un peu discrètement : « peux-tu me rentrer une gym quelque part ? ». Avec tout ce qui se passe, je pense que les gens ont dû faire du yoga à la maison. Mais les gens me demandent ; avec mes clients, ça s’inscrit plus dans une pièce multifonctions : « Je veux faire mon yoga, ça va être une salle de jeux ». Mais de plus en plus, j’entends : « j’aimerais augmenter la valeur de ma maison, j’ai un sous-sol qui n’est pas fini, les enfants vieillissent, le quartier commence à avoir des familles donc donne-moi une nouvelle chambre à coucher, une nouvelle salle de bain, un bureau. On a ces pieds carrés là à exploiter mais pour doubler notre nombre de pieds carrés ». Ça, en valeur revente, c’est extraordinaire. Nécessairement je leur demande toujours d’aller voir un agent et de regarder ce qui se passe dans le quartier. Voir si ça vaut le coup. Parce que j’ai des clients qui m’ont dit : « on est au point où on se demande : on déménage ou est-ce qu’on agrandit ? On va développer un beau sous-sol, on va doubler notre surface de vie, mais on sait qu’on ne perd pas d’argent ». Donc ça c’est formidable.
Claudia : Comment est-ce que les gens aménagent leur bureau ? Un pièce bureau idéale, présentement, c’est quoi exactement ? Est-ce qu’est c’est une pièce juste avec un simple bureau, est-ce qu’on ajoute des chaises ? Est-ce qu’on ajoute un coin lounge, une cafetière ? C’est quoi le bureau idéal pour Jean Stéphane ?
Jean Stéphane : Moi sincèrement je crois et j’ai toujours pensé qu’un bureau, on va commencer avec quelque chose de très simple. On ne parle même pas de fonction, on va parler de beauté. Si ce n’est pas beau, on n’a pas le goût d’être là.
Claudia : C’est vrai.
Jean Stéphane : Pour moi c’est une des premières choses que je regarde quand les gens me disent. On vient de parler de sous-sol, mais c’est certain qu’un bureau, je ne vais pas lui donner un petit racoin. Le bureau parfait est adapté au style de travail que l’on fait. Première chose, une bonne chaise. Une très bonne chaise.
Claudia : Oui. On est assis longtemps.
Jean Stéphane : Exactement. Une heure, deux heures, trois heures assis, on ne devrait pas avoir une chaise de cuisine. Ce n’est pas confortable et ce n’est pas fait pour le bureau. On devrait investir dans une bonne chaise de bureau. Ensuite, maintenant on regarde des bureaux avec des surfaces qui montent. C’est formidable car cela nous permet de changer notre posture, de travailler debout, assis. C’est formidable pour des gens qui travaillent longtemps. Donc le bureau parfait, définitivement un : beau, deux : fonctionnel. Et oui, un coin café vous l’avez mentionné, c’est une très bonne idée. Je dis souvent au gens : « en fonction du style de travail que vous faites. Si vous avez besoin d’une pause et que vous devez sortir, voici ce qu’il peut arriver ; c’est que vous replongez dans votre maison et vous voyez votre ménage à faire ». Même moi je suis coupable de cela. Il faudrait bien que je fasse du lavage, il faudrait que je fasse ma vaisselle. Ça coupe le focus.
Claudia : Ceux qui n’ont pas de pièce supplémentaire. Je vous donne un exemple très personnel. Chez moi, toutes les chambres sont comblées. Alors pour mon mari qui travaille de la maison, on a fait son bureau dans la chambre à coucher. Vous en pensez quoi ? Et est-ce qu’il y a des façons de faire pour que, justement, son bureau soit un peu plus privé ? On ajoute une porte de grange… À quel point est-ce qu’on peut se laisser aller dans la créativité, justement, pour faire un double espace parce que c’est la situation de plusieurs personnes ?
Jean Stéphane : Absolument. Alors première chose, j’oserais dire : sortez-le de votre chambre à coucher principale. Pourquoi ? Parce que je l’ai déjà fait. Et si vous êtes comme moi, ce qui est arrivé, c’est que je me couche et je ne pense qu’au travail. Si on ne peut pas le sortir de la chambre à coucher, c’est exactement ce que vous avez suggéré, de créer une barrière physique. Un paravent, une porte de grange si c’est le style. On parlait de tendance, les portes de grange, j’ai hâte de les voir partir mais elles peuvent être fonctionnelles.
Claudia : Okay !
Jean Stéphane : Elles peuvent être fonctionnelles et elles peuvent répondre…
Claudia : C’est pratique !
Jean Stéphane : Exactement.
Claudia : C’est ça, c’est pratique.
Jean Stéphane : Donc, on reviendra sur cela à propos des tendances. Donc oui définitivement : créer une séparation pour ne pas que, lorsque l’on est couché, on se dise : « ah, j’avais telle chose à faire ». Définitivement, paravent, porte de grange… J’ai déjà utilisé une partie de walk-in, je sais que ça peut sembler comme un donjon mais à la limite si on a beaucoup d’espace et si c’est quelqu’un qui n’y passe pas huit heures par jour, on peut exploiter une partie du walk-in. On peut faire des choses comme cela. Ça peut être aussi une façon d’exploiter l’espace qui n’est pas complètement utilisé.
Claudia : Waouh, ce sont vraiment de très bonnes idées. On prend cela en note définitivement. Savez-vous ce qu’est le slow design ? On en parle avec le designer Jean Stéphane Beauchamp dans quelques instants. Entrez en contact avec des acheteurs et des propriétaires, vendeurs potentiels et profitez d’une foule d’outils et de ressources en visitant REALTOR.ca. La ressource en immobilier au Canada.
J’aimerais vraiment que l’on parle de durabilité parce que vous utilisez l’expression slow design que je ne connaissais pas. J’aimerais que vous m’expliquiez un peu le principe derrière le slow design et pourquoi c’est important pour vous.
Jean Stéphane : Pourquoi slow ? Cela fait référence au fast-food. Une chose est fabriquée pour de la consommation de masse et le slow design, c’est de retrouver la beauté et l’élégance même de l’artisanat, des choses faites main. Que ce soit du mobilier, des beaux objets, peu importe. Ça donne conscience aussi, c’est ce que je trouve intéressant. Ça donne une conscience de durabilité. J’achète un peu moins, mais j’achète meilleur. Et j’achète de gens qui, je sais qui l’a fabriqué. C’est ça la beauté de la chose. Ce n’est pas juste fabriqué en masse et je n’ai aucune idée de qui l’a fabriqué. C’est vraiment un objet qui a été fabriqué par quelqu’un qui peut même t’en parler. Et souvent, ce sont des gens passionnés qui peuvent te parler de ton assiette, ton bol, ton canapé, ton îlot. Peu importe, ta table de salle à dîner, elle est fabriquée. Pour moi exactement, c’est un conversation starter, dans le sens où c’est une pièce unique et belle.
Claudia : Mais quand vous me parlez de pièce unique et belle, ça me fait penser aussi à tout le concept de réutiliser des vieux meubles.
Jean Stéphane : Oui.
Claudia : On voit cela beaucoup, les gens achètent de deuxième-main, des morceaux très vintage, des antiquités. On voit le bois revenir, c’est très à la mode présentement de se dire : « on ne va pas jeter aux poubelles, on va revendre et il y a quelqu’un d’autre qui va pouvoir en profiter ».
Jean Stéphane : Absolument.
Claudia : Est-ce vous, ça vous plait ce concept-là ?
Jean Stéphane : C’est certain. Je cherchais à un moment donné, c’est quoi le terme, c’est le upcycling.
Claudia : Okay.
Jean Stéphane : Au lieu du recycling, c’est le upcycling, c’est de prendre quelque chose et de le rendre encore plus intéressant, plus beau, plus luxueux à la limite. Moi ça me passionne de plusieurs façons. Un, on parlait de mon style : j’adore le style éclectique. J’aime intégrer un peu de tout et c’est certain que quand des clients ont des éléments, je ne dis pas : « on se débarrasse de tout et on recommence ». On essaie d’intégrer, surtout si ce sont des objets qui ont une valeur sentimentale, donc on essaie de l’intégrer, de l’actualiser pour le remettre dans le décor. Moi j’adore cela. C’est certain que ce n’est pas pour tout le monde car tout le monde n’a pas le talent de faire cela. Et encore là on peut aller ; il y a souvent des artisans qui peuvent nous aider et qui se spécialisent dans le upcycling ou la remise. On peut aller voir un rembourreur, on peut aller voir… Pour moi, d’un, c’est un autre objet qui ne se retrouve pas dans les déchets.
Claudia : Effectivement.
Jean Stéphane : Et de deux, on se retrouve avec un objet qui est souvent unique. Qui est bien fait. Et on lui donne une nouvelle vie.
Claudia : Et qu’on aime !
Jean Stéphane : Et qu’on aime ! Absolument. On le redécouvre. Des fois c’est juste de prendre un vieux meuble et les gens se disent : « c’est un peu inquiétant pour moi ». Mais on le retravaille, on le peinture et soudainement ça devient une pièce que l’on aime et que l’on conserve.
Pour moi, le plus important c’est que c’est une pièce que l’on n’a pas jetée. C’est certain que c’est difficile de toujours partir complètement comme cela car tout le monde n’a pas le goût de se lancer à retaper des meubles. Mais c’est certain que si on peut éviter de tout jeter, moi je trouve cela formidable.
Claudia : On n’utilisera peut-être pas le mot tendance, mais c’est quoi, le concept design des deux prochaines années ? Qu’est-ce qu’on va voir, qu’est-ce qu’on va trouver ? Qu’est-ce que les gens vont chercher à avoir chez eux ?
Jean Stéphane : Les tendances, définitivement, ce que moi je vois. Le motif ou les couleurs de la nature qui rentrent chez nous. On a le goût de voir des choses chaleureuses. On parlait tantôt d’artisanat, de slow design : des paniers, des choses en osier, du rotin j’en vois beaucoup parce que c’est comme un retour à des choses qui sont fabriquées main.
Pour moi cela s’inscrit vraiment dans le retour à avoir besoin d’avoir de beaux objets de la nature. On n’a pas passé beaucoup de temps dehors donc on emmène l’extérieur vers l’intérieur. On a déjà vu cela comme tendance mais moi je le vois, même beaucoup. C’est ce charme un petit peu.
Une tendance importante pour moi, étant donné qu’on a passé beaucoup de temps à l’intérieur : moi je crois que l’hyper minimalisme ce n’est pas pour tout le monde. Il y en a qui l’adorent. Et il y en a qui l’adoptent. Moi sincèrement je crois qu’à moins que ce soit quelque chose que l’on adore ; les décors hyper léchés, le minimal, où il n’y a rien qui traine, moi je pense que ça a passé un peu son temps, personnellement. On a le goût de voir un petit peu plus de choses personnelles. On a le goût d’être entouré de vécu. Les gens me disent le mot « cocon », « j’ai besoin que ce soit… oui on a vécu, on ne veut pas du clutter, on ne veut pas que ce soit embourbé, mais on veut être entouré de nos belles choses ». On a le goût d’avoir du beau autour de nous. Donc le minimal prend peut-être un peu la barre pour laisser rentrer le plus vécu, un peu plus décoré.
Claudia : J’aimerais que l’on parle des plantes. Parce que vous avez dit : on veut être à l’extérieur et on amène l’extérieur à l’intérieur.
Et je constate que les plantes c’est très tendance, présentement. Les gens sur Instagram... et les grosses plantes, les monsteras, les oiseaux de paradis qui prennent énormément de place. Qu’est-ce que vous en pensez, des plantes ? Est-ce c’est une tendance, est-ce que c’est quelque chose que vous trouvez important pour rajouter de la chaleur ? Qui nous fait du bien ?
Jean Stéphane : C’est certainement une tendance, mais c’est une tendance... je vais me vieillir, mais je suis assez vieux pour l’avoir vu souvent cette tendance-là.
Claudia : Qui revient, donc ?
Jean Stéphane : Absolument, je pense qu’elle revient mais encore là, c’est une tendance qui n’est pas pour tout le monde. J’ai des clients qui me disent : « j’aimerais tellement avoir plusieurs plantes, mais je n’ai pas le pouce vert, peux-tu me trouver de belles plantes synthétiques » ? Ils ont le goût de voir de la verdure, et oui il y a des plantes qui peuvent même répondre aux besoins des gens qui n’ont pas le pouce vert, c’est cela qui est amusant. Je regarde. J’habite à Montréal et je vois des boutiques spécialisées qui ne vendent que des plantes. Donc la tendance est quand même forte. Les gens ont le goût d’avoir des choses vivantes chez eux.
Un, c’est bon, ça nettoie l’air, c’est beau, c’est vivant. Donc oui, c’est certain, j’ai toujours adoré ajouter des plantes, des fleurs dans un intérieur, ça ajoute de la vie, comme on dit, c’est certain.
Après cela, c’est de voir chaque personne si on est capable d’entretenir cette belle grande plante là. Il y a des plantes qui sont…
Claudia : C’est ça.
Jean Stéphane : Même moi j’en ai tué plusieurs, malheureusement. Mais il faut choisir.
Claudia : Ce n’est pas toujours évident, c’est une question de luminosité également.
Jean Stéphane : Absolument.
Claudia : Il ne faut pas qu’il y en ait trop.
Jean Stéphane : Et d’animaux !
Claudia : Et d’animaux, c’est vrai. Oui. C’est vrai.
Jean Stéphane : Et d’animaux. Moi c’est la première chose depuis que j’ai des chiens je demande toujours si ce type de plante-là, je peux l’avoir avec un chien. Parce qu’il y a des plantes que j’adore pendant les fêtes surtout que je ne peux pas avoir car elles sont considérées toxiques. Ce sont des petits détails que l’on regarde mais encore là, c’est d’adapter à nos besoins.
Claudia : Restez-là car dans quelques instants Jean Stéphane nous donne des trucs pour réaménager nos pièces à petit budget. Vous allez voir, ça fait une grande différence. Visitez le salon de REALTOR.ca et découvrez une foule d’articles qui répondent aux besoins de vos clients. Des articles informatifs sur des actualités immobilières aux tendances amusantes de design, le salon de REALTOR.ca a tout ce qu’il vous faut.
Donc on a parlé des grosses rénovations pour les personnes qui veulent faire un changement, qui veulent avoir un retour sur leur investissement. Mais qu’en est-il des gens qui ont un budget plus modeste ? Qu’est-ce qu’on peut faire chez soi à moindre coût pour vraiment donner un nouveau look à notre maison ?
Jean Stéphane : Il y a plusieurs choses que l’on peut faire à petit budget. Certainement la peinture. C’est toujours un des trucs, sincèrement qui n’est pas trop dispendieux. Oui il faut le faire et ce n’est pas donné à tout le monde d’être pressé mais ça ne fait rien.
Claudia : Le découpage n’est pas facile pour tout le monde.
Jean Stéphane : Oui mais de plus en plus il y a de très bons outils. Mais la peinture, ça peut changer instantanément un look. On peut utiliser une peinture foncée pour créer, qu’est-ce qu’on dit en anglais, le drama. On peut changer la perspective, la sensation de lumière.
Claudia : L’ambiance de la maison aussi, ou d’une pièce.
Jean Stéphane : Complètement avec de la peinture. Donc ça c’est beau mais pas cher. Autre chose que l’on peut faire. Les gens sont toujours surpris mais souvent quand je fais une consultation je regarde l’utilisation des pièces. Et je suggère même des fois de changer les pièces. Exemple : un salon et une salle à dîner. J’ai des clients, j’arrive chez eux et je leur demande : « c’est quoi la pièce que vous utilisez le plus ? C’est le salon. La salle à dîner ? Oh, on fait un petit souper, peut-être une fois par mois. Alors pourquoi la salle à dîner à la plus grande pièce de la maison ? Changez-les. Ah, mais non, on ne peut pas faire ça. Oui, on peut faire cela. On peut changer des pièces comme cela. » Il y a certaines pièces que l'on ne peut pas, nécessairement, mais cela peut être amusant. Cela peut être une façon de redécouvrir ses pièces et cela fait un très gros changement.
Géographiquement, selon la situation de la pièce, une salle à dîner si elle est trop loin si on la change avec le salon c’est autre chose. Mais des fois c’est de changer de chambre. Souvent les chambres sont à peu près de la même dimension mais on a une vue totalement différente. Changez de look et changez surtout pour soi, ça peut-être juste changer de pièce. On sent qu’on a déménagé, on peinture, on change, c’est du nouveau. Cela peut être une idée qui peut être intéressante. Des fois c’est très petit budget mais on peut s’amuser et impliquer même les enfants. On met tout en boîte et on déménage à l’intérieur de son propre chez soi.
Claudia : Un projet familial même, c’est le fun !
Jean Stéphane : Mais oui ! Qu’est-ce que j’adore ! Je l’ai déjà fait avec les clients et ils ont redécouvert des objets, des meubles. Moi je dois avouer, je suis quelqu’un qui va se promener dans la maison des clients et je dis : « Ah mais j’ai trouvé cette petite table d’appoint, on l’amène dans la salle de bain et tel objet on l’amène dans la chambre », et ils me disent : « Non, ça a toujours été là ! ». Mais on peut le changer. Et ça change de décor. Un dosseret de cuisine : c’est un projet de fin de semaine. Ça peut être changé. Un peu plus gros projet, un peu plus gros comme investissement de temps, ça peut être des fois peinturer sa cuisine en incluant les armoires.
Claudia : Oui !
Jean Stéphane : C’est certain que c’est un plus gros investissement mais si on a vraiment le goût de changer notre look, ça c’est un peu plus de budget mais ce n’est pas un investissement total pour refaire sa cuisine. Peinturer sa cuisine, je l’ai fait avec plusieurs clients. C’est une façon des fois, de complètement changer de look. Et d’actualiser sa cuisine. Sans dépenser trop. Ce sont des façons assez faciles. Des fois c’est juste changer ses luminaires, un petit tuyau, des fois, changer ses ampoules.
Claudia : Pour changer d’ambiance, la luminosité.
Des fois c’est jaune, des fois c’est bleuté ça dépend de l’ambiance que l’on veut créer.
Jean Stéphane : J’arrive souvent chez des clients, et la première chose que je remarque, je leur dis : « C’est très froid chez vous. Tout est illuminé par le plafond et c’est très froid ». Donc on va, un, changer la couleur, la température des lumières, des encastrés, et je vais vous acheter quelques lampes pour créer des ombres. Mais encore là, ça a l’air d’un conseil vraiment simple mais c’est étonnant ce que l’on peut faire avec de la lumière : comment créer des ombres, de la chaleur et c’est à petit frais, mais l’on redécouvre complètement notre pièce. Avec des ampoules et nécessairement des gradateurs. Je suis en train de livrer un petit secret de designer, des gradateurs. On va voir un électricien et on lui dit : « Met-moi des gradateurs partout ». On crée de l’ambiance.
Claudia : Merci beaucoup Jean Stéphane c’était tellement plaisant de vous parler honnêtement. Vous avez de bonnes idées, des bons trucs.
Jean Stéphane : Merci !
Claudia : J’espère que les gens vont prendre tout ce que vous avez raconté et le mettre en application pour se sentir bien et heureux chez eux.
Jean Stéphane : Merci à vous, très agréable.
Claudia : Voilà donc ce qui conclut notre balado sur le bien-être par le design. J’espère que vous avez aimé. On vous invite à partager le podcast sur vos réseaux sociaux, à écouter les épisodes précédents également sur Spotify, Apple et sur le site de l’ACI. Et n’oubliez pas de nous donner cinq étoiles. On se retrouve très bientôt pour un autre épisode de EN DIRECT.
Ce n'est un secret pour personne que 2020 a été une année sans précédent, battant des records sur le marché immobilier canadien. Les taux d'intérêt ont atteint un plancher historique. Les inscriptions ont circulé rapidement. Les résidences secondaires et les propriétés de vacances ont gagné en popularité. Mais ces tendances vont-elles se poursuivre ? Dans l'épisode 5 d'EN DIRECT, Hélène Bégin, économiste principale au Mouvement Desjardins, examine ce que nous avons fait et ce vers quoi nous nous dirigeons, et comment naviguer sur le marché actuel.
Transcription
Claudia : Je pense que nous sommes tous d’accord que l’année 2020 aura été marquante à plusieurs niveaux. Mais en dépit de l’incertitude économique, le marché immobilier canadien, lui, est en pleine essor et a même fracassé des records.
Est-ce que la tendance se poursuivra malgré un déconfinement progressif et un retour économique à la normale ? Les canadiens vont-ils continuer de quitter la ville pour s’installer en banlieue et en campagne ? Comment les propriétaires peuvent-ils s’y retrouver dans ce marché si compétitif ?
Bonjour, je me présente, Claudia Marques, et c’est ce dont nous allons discuter pendant cette émission d’EN DIRECT, un balado dont l’objectif est de susciter des conversations avec des personnes inspirantes sur des questions qui touchent l’immobilier canadien et leur impact sur les membres de l’ACI ainsi que tous les canadiens.
Pour ce cinquième épisode d’EN DIRECT, je suis très heureuse de recevoir une invitée qui saura répondre à toutes nos questions. Il s’agit de madame Hélène Bégin, économiste principale au Mouvement Desjardins. Bonjour Hélène !
Hélène : Bonjour Claudia.
Claudia : Tout d’abord, un gros merci d’avoir accepté l’invitation. Je sais que vous avez un horaire très chargé, un emploi du temps bien rempli. Donc vraiment merci de vous être rendue disponible pour me parler aujourd’hui du marché immobilier au Canada, qui connait un boom assez spectaculaire, n‘est-ce pas ?
Hélène : Oui effectivement, ça me fait plaisir d’être avec vous aujourd’hui, Claudia, pour le podcast. En fait, il y a beaucoup de choses à dire sur le marché immobilier et résidentiel donc on va en faire le tour ensemble.
Claudia : Je pense que l’on est d’accord que présentement le marché immobilier se porte très bien. Mais j’aimerais qu’on retourne un peu dans le temps si vous le voulez bien. À il y a environ un an, un an et demi presque maintenant, au début de la pandémie. Quel a été ce choc-là initial de la pandémie sur le marché immobilier ?
Hélène : Il faut dire que l’année 2020 a été particulière. Ça a été une année en deux temps. Donc d’abord, lorsque la première vague a pointé le bout de son nez au printemps, on a eu une chute abrupte de l’activité en mars et avril, étant donné que certaines provinces, dont le Québec, avaient le grand confinement qui avait interdit les visites en personnes. C’est certain que ça a permis certaines transactions en mode virtuel. On en est rendus là aujourd’hui.
Donc on a assisté à un plongeon des ventes, particulièrement fort au Québec et en Ontario, parce que la période de confinement a été plus généralisée et plus longue qu’ailleurs dans le pays en général. Donc mars et avril, ça a été vraiment un plongeon, du jamais vu au niveau de l’activité résidentielle. C’est vraiment la première étape de l’année 2020 qui s’est amorcée ainsi.
Claudia : C’est sûr que l’on a connu une insécurité économique assez forte. Donc à ce moment-là, les gens étaient très inactifs au niveau du marché immobilier mais il me semble que cette période-là a été quand même assez courte. Ça n’a pas été vraiment long avant que le marché immobilier ne reprenne du poil de la bête, comme on dit. Quelle a été la trajectoire du marché d’après vous ? À quel moment est-ce que ça a recommencé à remonter ?
Hélène : En fait, dès que la réouverture progressive de l’économie a été amorcée il y a eu un effet de rattrapage très rapide qui s’est poursuivi au cours de l’été et tous les acheteurs ; en fait il y avait beaucoup de gens qui s’étaient mis en mode attente. D’une part parce que c’était moins possible de visiter les propriétés en mars et avril et d’autre part, parce qu’il y avait une insécurité économique. Effectivement, il faut rappeler que le taux de chômage est monté à des niveaux historiques, au-delà de 15%, c’est énorme.
Donc évidemment en mai, dès que les choses se sont replacées un peu, le marché immobilier a rebondi avec force et l’effet rattrapage s’est poursuivi tout au cours de l’été. Déjà en juillet, en l’espace de quelques mois, autant au Canada qu’au Québec, qu’en Ontario, ainsi que dans plusieurs provinces, le niveau de l’activité au niveau des ventes est revenu au niveau pré-pandémie de février.
Donc ça a été vraiment une récupération très forte, beaucoup plus rapide qu’anticipée.
Claudia : Mais comment vous l’expliquez ? Ça a dû vous surprendre en tant qu’économiste, considérant l’économie qui est encore assez fragile, de voir ce rebond-là au niveau du marché ?
Hélène : Il y a plusieurs explications. D’un, le taux de chômage, on l’a mentionné, est monté à un sommet au printemps mais par la suite est redescendu très rapidement. À partir du moment où on a procédé à une réouverture progressive des activités, les gens se sont remis à travailler dans la plupart des secteurs. On sait que ça a été plus long et ça reste difficile dans d’autres secteurs. Par contre, le marché du travail s’est rapidement replacé et il ne faut pas oublier que les taux d’intérêt, on va en parler un peu plus loin dans le segment ; les taux d’intérêts directeurs de la Banque du Canada ont été abaissés de façon très rapide. De 150 points de base en mars. Cela a fait en sorte que les taux d’intérêts hypothécaires étaient particulièrement faibles, à un niveau historiquement bas. Donc pour les gens qui avaient conservé leur emploi, qui devaient se repositionner ; par exemple, on voyait qu’on était en mode télétravail peut-être pour un petit bout de temps. Les gens se sont repositionnés avec une demeure qui est peut-être plus appropriée pour le télétravail, plus d’espace, plus de pièces. Alors tout cela créé un engouement très important du marché. Jumelé à cela, au cours de la période de l’été, on s’est rapidement aperçus qu’il n’y aurait pas de voyages à l’étranger donc ça a créé un engouement pour les résidences secondaires. Les maisons familiales très populaires, les résidences secondaires, les chalets également en forte demande. Donc on a eu un essor dans plusieurs segments de marché qui a fait en sorte que l’activité a été tout à fait exceptionnelle.
Claudia : Oui, je suis contente que vous mentionniez cela parce que ça fait vraiment partie d’un phénomène de tendance ; cette augmentation du nombre de citadins qui choisissent de quitter la ville pour justement aller s’installer en banlieue, en région, même en campagne. D’après vous, est-ce que ça a été vraiment un impact direct de la pandémie ou plutôt un exode qui était déjà amorcée mais qui a été accélérée par la pandémie ?
Hélène : Statistique Canada suit beaucoup les mouvements de population un peu partout au pays et ce que l’on observait, c’est que depuis quelques années, il y avait déjà un mouvement qui était en cours. C’est-à-dire que de plus en plus de gens quittaient les quartiers centraux pour s’établir en périphérie. Une des raisons qui explique ce phénomène-là est la forte poussée du prix des propriétés qui était rendu inabordable dans bien des cas pour certains ménages dans les grands centres. Donc la tendance s’était déjà amorcée et la pandémie a fait en sorte que le mouvement s’est accéléré. En télétravail évidemment, la question de distance du travail ou du temps pour se rendre au travail, que ce soit en voiture ou en transports en commun n’était plus dans l’équation. Donc, évidemment ça a permis à beaucoup de gens de quitter, soit Montréal, Toronto, d’autres centres urbains pour s’étaler un peu plus en périphérie. Donc évidemment, c’est une tendance qui s’est accélérée mais qui était déjà bien présente avant que le contexte actuel ne se produise.
Claudia : Mais là ça créé un peu comme un effet contraire. C’est-à-dire que la ville est en train de se vider tranquillement. C’est clair que ça va avoir un impact sur, d’un, les propriétés locatives, mais également au niveau commercial parce que tous les édifices commerciaux sont vides en ce moment, disons-le.
Hélène : Il y a plusieurs éléments. D’abord si l’on regarde le locatif résidentiel, il faut voir que la demande locative dans les centres-villes en général ; il y a une grande partie qui dépend de l’immigration, c’est-à-dire les travailleurs étrangers, les étudiants internationaux qui viennent s’établir pour les études ou le travail. Et en général, cette clientèle-là est assez portée à louer un logement. Pour le logement locatif, je dirais que c’est le facteur principal : la fermeture des frontières pour les étudiants internationaux ou l’engouement est beaucoup moins présent pour les travailleurs étrangers de venir au Québec ou au Canada dans n’importe quelle province.
La question de l’immigration joue beaucoup sur le locatif et ce que l’on a observé, par exemple au centre-ville de Montréal, c’est que les taux d’occupation ont monté de façon importante au centre-ville. C’est la même chose un peu à Toronto. Donc c’est le locatif résidentiel dans les quartiers centraux qui a eu un coup dur, si l’on peut dire.
Claudia : Une baisse, oui.
Hélène : En même temps, dans les quartiers moins universitaires, qui sont moins centraux, le marché locatif continue toutefois de bien se porter. Il n’y a pas de surplus généralisé du marché locatif mais plutôt dans certains quartiers où il y a plus de clientèle d’étudiants ou encore des travailleurs étrangers. Donc c’est un marché qui est affecté mais de façon inégale à travers le pays.
Claudia : Très intéressant. Est-ce que c’est la même situation pour ce qui est de la location commerciale, c’est ce dont nous allons discuter dans quelques instants. Les actualités vous intéressent ? Rendez-vous au CAFE ACI, un endroit chaleureux où les courtiers et agents peuvent s’informer des dernières nouvelles et de l’évolution du secteur immobilier.
Bon, Hélène, j’aimerais que l’on parle un peu de la situation locative des édifices commerciaux parce que plusieurs entreprises ont signé des baux à long terme.
Hélène : Comment ça fonctionne au niveau du marché immobilier commercial dans le segment bureaux, c’est que les baux sont sur plusieurs années, parfois jusqu’à 10 ans, donc ça assure quand même un certain revenu aux propriétaires d’édifices commerciaux qui ont déjà loué. Par contre, un élément important c’est qu’il y avait quand même de l’espace qui était en sous location, beaucoup plus par exemple dans le centre-ville de Toronto ; une part importante du marché qui est sous louée à très court terme.
Donc ça a fait en sorte que les renouvellement ne se sont pas faits comme ils le devaient et ça libère une partie importante des immeubles de bureaux qui ne sont pas, ni occupés, ni loués. On a commencé à voir les impacts. À Montréal, il y avait une certaine part des édifices qui étaient en sous location mais beaucoup moins qu’à Toronto. Ceci dit dans tous les marchés à travers le pays, les espaces en sous-location ont beaucoup augmenté. Beaucoup d’espaces se sont libérés et les taux d’occupation ont augmenté quand même assez rapidement. Je vous dirais qu’en général, le plein impact d’un choc sur l’économie, sur le marché des édifices de bureaux, ça prend en général 18 à 24 mois avant d’avoir le plein effet.
Claudia : Okay.
Hélène : Le temps que les renouvellements s’opèrent. Donc actuellement, on peut s’imaginer que les taux d’occupation vont continuer d’augmenter et là actuellement, les entreprises sont en réflexion sur l’après-pandémie.
Dans quelle mesure elles vont garder tous les espaces ? Est-ce que ça va prendre une tournure probablement en mode hybride, quelques jours par semaine au travail, quelques jours à la maison ? En même temps est-ce qu’on va garder des espaces de la taille actuelle pour chaque employé ou encore un espace plus grand parce qu’on est peut-être encore un petit bout de temps à faire un peu plus attention.
Donc chose certaine, c’est que pour les espaces de bureau, la demande va être moindre, et la principale conséquence, c’est qu’il va peut-être y avoir tout simplement moins de construction. Parce que chaque année on construisait quelques édifices de bureaux pour absorber la hausse de la demande.
Donc, d’une part on va avoir moins de construction et peut être que les centres ville vont être appelés à se réaménager. Par exemple, dans les centres-villes souvent, il manque de place ou de terrain pour des condos, des logements locatifs. Est-ce qu’il y aura des conversions de certaines parties d’immeubles ? C’est une question qui mérite d’être réfléchie et à laquelle probablement, plusieurs promoteurs immobiliers actuellement voient comment ils vont se repositionner.
Ce sont des espaces qui vont être disponibles et qui peut être auront d’autre vocation pour certaines parties d’immeuble. On voit de plus en plus dans le marché immobilier non résidentiel des immeubles mixtes, c’est-à-dire un peu de bureau, un peu de résidentiel et également des commerces à l’étage, dans le fond, au rez-de-chaussée. Ça va être d’abord, comment le marché va se repositionner ? Je pense que, habituellement, les promoteurs sont habitués à se réajuster à différentes situations. Cela va sûrement être le cas actuellement. Il faut voir aussi du côté, on parlait, commercial mais également tout l’aspect des commerces. Cela a été très difficile évidemment, et cela va le rester encore un bon bout de temps pour les commerces du centre-ville de Montréal. Surtout si les travailleurs, dans leur tour, au bureau, ne sont au centre-ville que quelques jours par semaine, ça fait moins de demande pour tout ce qui est restauration, commerce.
Claudia : Oui, c’est ça.
Hélène : Donc ça va être un défi. Il ne faut pas oublier que par le passé, à chaque fois qu’il y a un exode du centre-ville, pour X raison à travers les dernières décennies, il y avait souvent un retour au centre-ville par la suite parce que les gens aiment l’activité, les gens aiment se côtoyer. Donc il ne faut pas penser que les centres-villes vont dépérir pour les prochaines années mais ça va être un défi de mettre les conditions en place pour que la vitalité reprenne le plus possible.
Claudia : Si je comprends bien, si je voulais investir dans un condo au centre-ville de Montréal par exemple, c’est le bon moment de le faire ?
Hélène : C’est certain que les prix actuellement dans le condo n’ont pas nécessairement baissé mais il y a beaucoup de choix actuellement. Faire l’achat d’un condo est relativement facile. Maintenant c’est de savoir si le retour au centre-ville va s’opérer comme on le pense. Parce que les gens qui se sont installés en périphérie, c’est certain que s’ils doivent se rendre à Montréal 1, 2, 3 jours par semaine, peut-être qu’ils vont prendre un pied à terre.
Claudia : Un pied à terre, effectivement oui.
Hélène : C’est ça, est-ce que ça va être du condo, est-ce que ça va être du locatif ? Chose certaine, ça va créer une demande qui pourrait être un retour du balancier. Ceci dit le marché du condo dans les centres ville oui, a été écorché, mais si on parle de centre-ville de Montréal, on n’est pas encore dans une situation de surplus important comme ça s’est produit il y a quelques années.
Souvent c’est de la sur-construction. Dans le cas de Toronto, le marché est un peu plus affecté parce qu’il y avait beaucoup de condos qui étaient achetés par des investisseurs. Beaucoup plus, toutes proportions gardées qu’à Montréal. Donc des investisseurs, des locations à court terme par exemple destinées au tourisme. Donc le marché du condo à Toronto est plus affecté, je dirais, que celui de Montréal jusqu’à maintenant.
Claudia : Donc on vient de parler des gens qui veulent rester en ville, mais qu’en est-il des gens qui désirent s’éloigner de la ville et s’installer an campagne ou acheter une résidence secondaire. On en parle dans quelques minutes.
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J’aimerais que l’on parle de résidences secondaires, de l’achat de chalets.
Vous l’avez mentionné, un peu plus tôt, c’est très trendy d’avoir un chalet. On l’observe ce phénomène, particulièrement chez les baby-boomers qui avaient déjà des plans de retraite ou des projets de vie, justement de s’installer un peu plus loin de la ville mais on le constate également chez les jeunes familles. Moi je regarde dans mon entourage, plusieurs couples de mon âge avec des jeunes familles qui décident de s’acheter un condo à Bromont ou à Shefford, un peu plus loin pour passer le week-end. D’après vous, est-ce que ces achats-là sont vraiment à la réaction à la pandémie ou à la base ça faisait déjà partie d’un projet de vie, mais qui a été accéléré encore une fois par cette pandémie-là ?
Hélène : Je pense que ça dépend, effectivement de la catégorie d’âge dans laquelle on se situe. Pour les boomers par exemple, pour les gens qui arrivent à la retraite ou encore en situation de pré-retraite, souvent c’était des projets qui étaient dans les cartes depuis un certain temps et ça a accéléré la décision d’acquérir une résidence secondaire. Donc ça, je pense que ce sont des achats pour le long terme. Les gens qui avaient bien réfléchi et qui se sont lancés, qui veulent conserver leur résidence secondaire plusieurs années. Maintenant pour les générations un peu plus jeunes, c’est certain que le fait de ne pas pouvoir aller à l’extérieur pour voyager ; parce qu’il faut voir que les jeunes familles en général ont quelques semaines de vacances par année, oui ça peut être intéressant pour le weekend. Donc c’est certain que la pandémie a fait en sorte que les gens se sont tournés vers les résidences secondaires pour avoir du temps libre de qualité, pallier un peu l’absence de voyage qui fait partie habituellement du projet de vacances. Pour les jeunes, ça a peut-être été un achat qui n’était pas nécessairement prévu mais qui, par la force des choses est devenu un projet rapidement, qu’ils ont concrétisé. Il reste que quand on a un certain nombre de semaines de vacances par année et on a en même temps une résidence secondaire à s’occuper. Parce que oui, l’aspect villégiature est très intéressant, mais il ne faut pas oublier que c’est une deuxième propriété. Donc des réparations, de l’entretien…
Claudia : Du ménage, oui !
Hélène : Exactement, ça fait deux places à s’occuper !
Claudia : Exactement.
Hélène : Les gens avaient probablement l’occasion de le faire parce qu’il y avait moins d’options mais lorsque la situation… il y aura plus de choix à faire de son temps libre ou de ses projets de vacances, peut être qu’une partie des résidences secondaires qui ont été achetées par les plus jeunes générations vont revenir sur le marché. Si ça ne correspond plus nécessairement à leurs objectifs de vie.
Claudia : Parce que présentement, je garde moi-même pour louer un chalet cet été, c’est presque, d’un impossible, de deux, inabordable. Et je regarde les prix des chalets qui ont augmenté énormément, vous l’avez dit tout à l’heure. Les gens voulaient s’en aller, quitter la ville parce que les prix des maisons à proximité de la ville étaient très chers. Mais maintenant on regarde les Laurentides, je veux dire, les prix ont augmenté de façon faramineuse. Est-ce que vous pensez que c’est vraiment une tendance qui va se poursuivre au niveau des prix de ces résidences-là, un peu plus loin de la ville ?
Hélène : Je pense que les prix vont continuer à augmenter mais à un rythme beaucoup plus modéré parce que la demande va être un petit peu moins soutenu. Parce que ça a été l’effervescence avec : « qu’est-ce qu’on fait pendant les vacances, on se loue un chalet ou on achète quelque chose ? », et aussi, l’offre. Tout à l’heure on mentionnait, peut être que certains vont décider dans quelques années de revendre, lorsqu’ils vont décider peut-être de faire des voyages à l’étranger ou tout cela. J’ai l’impression que le marché va redevenir un peu plus équilibré. Je ne crois pas toutefois qu’il va y avoir une correction des prix parce que le vieillissement de la population partout au Canada est bien réel et en général les gens qui arrivent justement à l’étape pré-retraite, retraite ; ce sont des projets qu’ils ont, d’avoir une résidence secondaire. Le vieillissement de la population va faire en sorte de maintenir une certaine demande, mais l’effervescence qu’on a connue de 2020, 2021 va s’estomper graduellement, j’en suis particulièrement convaincue.
Claudia : Dans un instant, nous abordons comment la pandémie a affecté les saisons traditionnelles de vente et d’achat de maisons. Que vous cherchiez à entrer en contact avec des clients potentiels locaux, à développer votre réseau ou à trouver du contenu pertinent à partager, REALTOR.ca a tout ce dont vous avez besoin. Visitez REALTOR.ca dès aujourd’hui. Des ressources immobilières fiables, toutes sous un même toit.
J’aimerais que l’on parle un peu des saisons traditionnelles d’achat et de vente de maisons. Parce qu’avant la pandémie, on retrouvait ces saisons traditionnelles. C’est-à-dire que le printemps et l’été c’était les saisons un peu plus fortes. L’automne et l’hiver, des saisons un peu moins actives. Corrigez-moi si j’ai tort mais j’ai comme l’impression que cette année ça n’a pas été le cas ; il n’y a pas eu de saisons traditionnelles.
Hélène : Tout à fait, en fait depuis le printemps 2020, le marché était complètement débalancé. L’achat de propriétés d’abord s’est fait en fonction des ouvertures et fermetures de l’économie qui amenaient une certaine difficulté à visiter les maisons. Depuis ce temps-là, on s’est ajustés. Les agents et courtiers immobiliers travaillent beaucoup plus en mode virtuel. Même si la situation est revenue à la normale, on assiste à un étalement des transactions tout au cours de l’année.
L’élément central c’est qu’il manque beaucoup d’offres de propriétés à vendre. Le communiqué justement de la Session canadienne de l’immeuble mentionnait qu’au Canada, on avait un total d’à peu près 100 000 propriétés à vendre en janvier qui était un creux de plus de 30 ans.
Donc il y a peu de propriétés à vendre, la demande est forte. Donc l’effet de saisons joue un peu moins. Dans le sens où aussitôt qu’il y a des maisons qui s’affichent, que l’on soit en septembre, en novembre ou encore en janvier…
Claudia : On les veut ces maisons-là.
Hélène : C’est ça, exactement.
Claudia : Tout de suite, now!
Hélène : C’est ça. À l’origine les acheteurs disaient : « on va attendre le printemps, il y aura plus d’offre sur le marché. Mais là il y a peu de propriétés à vendre donc je pense que c’est un marché qui est aussi dynamique, aussi rapide. Il faut être prêt à regarder tout ce qui arrive sur le marché à n’importe quel mois de l’année et être prêt à procéder à la transaction si ça fait partie de nos objectifs.
Claudia : Mais justement, est-ce que ce marché compétitif là créé de l’empressement chez les acheteurs ? C’est-à-dire de la folie du marché a un impact sur leur prise de décision et qu’ils achètent trop rapidement ?
Hélène : Effectivement c’est certain. Je me rappelle, en général il y a quelques années lorsque l’on achetait une propriété c’était une première visite, une deuxième visite, après cela, l’inspection, et tout cela. Toutes les étapes qui permettent de faire un achat judicieux. Dans le contexte actuel, avec parfois des offres multiples en l’espace de quelques jours, qu’il y a un phénomène de surenchère, évidemment les acheteurs peuvent être tentés de tourner les coins ronds, notamment ce qui a attrait à l’inspection, la garantie légale et le risque de payer très cher et d’être mal protégé, je pense, est bien présent. Je pense que dans ce contexte-là c’est important de faire affaire à des professionnels ; un agent courtier qui peut nous guider. En même temps, je pense que c’est une question qui est émotive. Lorsque l’on visite une maison et que l’on pense que ça peut convenir du premier coup, on n’a pas beaucoup de temps pour réfléchir. Il faut quasiment avoir fait nos plans à l’avance, qu’est-ce qu’on veut comme nombre de pièces : il y a des critères qui sont souvent flexibles, il y a des critères qui sont souvent incontournables : je pense au nombre de pièces par exemple pour dormir. Évidemment, tout dépend du nombre de personnes que l’on est dans le ménage. Il faut avoir établi notre liste de critères incontournables.
Claudia : De nos besoins.
Hélène : De nos besoins effectivement. C’est sûr que certains peuvent trouver exactement ce qu’ils cherchent rapidement mais il y a quand même un risque de faire un achat qui ne correspond pas tout à fait à nos besoins même si les taux d’intérêt sont faibles, il reste que les prix des propriétés ont monté de façon vertigineuse, alors c’est quand même un investissement assez important.
Claudia : Mais de là à omettre l’inspection ; c’est quand même quelque chose de gros l’inspection comme vous le dites, on peut être pris avec une propriété sur laquelle on a eu un véritable coup de cœur et qui correspond à nos besoins mais si par la suite on a des problèmes au niveau de la toiture, de la fondation, peu importe, comme vous le dites, on n’est pas protégés. Alors, c’est un « pensez-y bien ». Il faut peut-être respirer, ralentir et comme vous le dites, faire affaire avec un agent, un membre de l’ACI qui est là pour nous guider et nous permettre de passer à travers chaque étape de façon réfléchie.
Hélène : Oui, effectivement. Je pense que l’accompagnement est particulièrement important. C’est sûr que l’empressement est là, mais pas nécessaire à tout prix parce que ça peut amener des frais qui peuvent monter assez rapidement lorsque l’on a des pépins, quelques mois ou quelques années après l’achat d’une propriété et ça peut être difficile à revendre. En même temps il faut penser à cela.
Claudia : Vous êtes curieux et désirez en savoir plus sur les prévisions des taux d’intérêt, restez des nôtres car Hélène va répondre à toutes nos questions.
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Il y a quand même de bonnes nouvelles Hélène ; parce oui, c’est sûr que le prix des maisons a augmenté, cependant, les taux hypothécaires sont quand même bas.
La Banque du Canada a annoncé un taux d’intérêt historique de 0,25% qui ne devrait pas changer avant 2023. C’est intéressant pour les gens qui veulent ; soit entrer dans le marché, soit hypothéquer leur maison.
Hélène : Tout à fait Claudia. Du côté des taux d’intérêt, c’est vraiment un contexte assez favorable. Parce contre il y a deux éléments. Il y a la question du taux directeur de la Banque du Canada, on l’a mentionné, qui est à un creux historique de 0, 25% qui a été abaissé de façon très importante au début de la pandémie, et qui en fait, a un impact direct sur les taux hypothécaires à taux variables, les marges de crédit personnel, les marges hypothécaires, par exemple étant donné que ce type de taux d’intérêt là est fixé en général, fluctue avec les taux directeurs de la Banque du Canada, il ne devrait pas y avoir de changements d’ici un an ou deux parce que même la banque a annoncé elle-même officiellement qu’elle allait maintenir les taux d’intérêt directeurs à un plancher au moins jusqu’en 2023.
C’est rare que la Banque du Canada se positionne pour une période aussi longue. En fait, les autorités monétaires souhaitent laisser l’économie reprendre suffisamment de force avant d’intervenir au niveau des taux d’intérêt. Donc pour les taux hypothécaires à taux variable, c’est vraiment une bonne nouvelle. Par contre les taux hypothécaires à taux fixes, par exemple le taux cinq ans, sont beaucoup plus liés à l’évolution des marchés financiers. Donc en général, on a un barème pour les taux des obligations fédérales dix ans ou encore cinq ans et ces taux d’intérêt là sont plus fixés par l’offre et la demande des investisseurs sur les marchés. Ce qu’on a observé c’est que pendant la pandémie jusqu’à tout récemment, les taux d’intérêt obligataires ont beaucoup baissé jusqu’en février ou était à 0,5% pour le taux des obligations dix ans, donc extrêmement faible. Et là, la somme a complètement changé en l’espace de quelques semaines. D’une part, l’économie canadienne fait preuve d’une excellente résistance. On l’a vu les chiffres sont très positifs au niveau du taux de chômage, au niveau de l’activité économique. Ceci dit, en l’espace de quelques semaines, le taux obligataire à dix ans est passé à environ 0,5% à plus de 1,5% donc c’est plus de 1% d’augmentation en l’espace de quelques semaines et pour faire un résumé : comme les taux obligataires augmentent en raison des réactions du marché financier, cela créé une pression pour que les taux hypothécaires à taux fixes, comme par exemple le cinq ans, soient également rehaussés.
Je pense que les taux hypothécaires à taux fixes ont atteint leur creux. Certaines institutions ont commencé à remonter un peu leurs taux hypothécaires. Cela ne devrait pas être énorme comme hausse cette année, mais il reste que le creux a été atteint. Ceci dit, pour un taux fixe cinq ans, vous pouvez avoir environ 2%, peut-être un peu moins selon votre historique de crédit ou la valeur du montant que vous empruntez, un taux un peu plus faible, mais il reste qu’un taux hypothécaire autour de 2% pour le terme de cinq ans, c’est extrêmement faible.
Claudia : Hélène, vous avez suivi l’évolution de l’état du marché au cours de la dernière année. Moi j’ai envie de savoir, la santé financière des canadiens actuellement par rapport à 2020, ça ressemble à quoi ? Est)ce qu’on est endettés, est-ce qu’on est en bonne santé ? Comment on va finalement ?
Hélène : Étonnement, la santé financière des canadiens s’est nettement améliorée l’an passé pour plusieurs raisons. Les programmes gouvernementaux du fédéral ont amené beaucoup de liquidités ; de sommes qui ont été versées aux particuliers, que ce soit la PCU, la PCUE, jusqu’en septembre. Des montants importants qui ont été versés aux particuliers qui étaient dans une situation un peu plus difficile. Ça a fait en sorte qu’à l’origine, on pensait que les programmes du gouvernement fédéral arriveraient à compenser les pertes de revenus de travail parce que c’est quand même important. Beaucoup de gens ont perdu leur travail au printemps 2020. Mais ça a été tellement des programmes qui sont arrivés rapidement avec une aide quand même, très importante, que ça a fait en sorte que les revenus de l’ensemble des particuliers au Canada, au Québec, ou dans d’autres provinces a grimpé d’environ 10% en 2020.
Ceci dit, il y a quand même les particuliers qui ont éprouvé des difficultés, qui globalement ont eus une perte de revenus. Mais si on regarde l’ensemble des ménages canadiens, les revenus se sont accrus d’environ 10% au même moment où les dépenses de consommation sont beaucoup plus faibles.
D’une part au printemps 2020, avec les fermetures de plusieurs commerces, les dépenses de consommation ont vraiment chuté. Le taux d’épargne des canadiens, que ce soit au Québec, en Ontario ou dans d’autres provinces, a grimpé à un niveau jamais vu au Québec par exemple d’environ 30%. Donc il y a beaucoup d’épargne sur le marché. Beaucoup de gens ont placé dans des comptes d’épargne pour avoir un fond d’urgence. D’autres ont choisi de réduire leur endettement, parce exemple en faisant un paiement anticipé pour rembourser leur prêt hypothécaire. Il y a beaucoup d’institutions financières qui le permettent.
D’autres également ont investi sur les marchés financiers parce qu’on sait que la Bourse a très bien performé malgré la pandémie. Comme les taux des banques centrales sont excessivement faibles, qu’il y a beaucoup de liquidités dans le marché et beaucoup de soutien au niveau des gouvernements, les marchés boursiers vont très bien. Et je dirais que le principal facteur qui a canalisé l’épargne depuis le début de la pandémie, c’est vraiment le marché immobilier. Beaucoup de gens n’avaient peut-être pas l’impression qu’ils avaient les moyens d‘acheter une propriété mais lorsque les dépenses de consommation sont réduites au minimum, c’est-à-dire justement, moins de sorties, moins de restaurants, moins de loisirs, des voyages à l’étranger qui ne sont plus au rendez-vous…
Claudia : Les activités pour les enfants aussi
Hélène : Exactement
Claudia : Le sport, les loisirs.
Hélène : Tout à fait, ça a fait en sorte que certains se sont dégagé quelques centaines de dollars de plus par mois et ça a permis également de faire l’achat d’une propriété. L’épargne pour certains, les sous disponibles ont permis d’acheter une propriété plus dispendieuse, qui correspond davantage à nos besoins.
Pour d’autres qui ont dégagé quelques centaines de dollars de plus par mois, ça a permis d’accéder à la propriété. Globalement, et je tiens à le mentionner pour certains travailleurs qui ont perdu leur emploi dans des secteurs vulnérables comme dans celui du divertissement, le transport de passagers, le tourisme ou encore l’hébergement et la restauration, qui ont perdu leur emploi. Les programmes gouvernementaux pour le soutien aux revenus sont beaucoup plus ciblés depuis le mois de septembre dernier. Donc, pour ces personnes-là, la situation reste quand même difficile. Quand je dis que la situation financière des canadiens s’est améliorée en 2021, c’est vraiment pour l’ensemble des particuliers et non pour tous les particuliers.
L’élément restant, c’est la question du taux d’endettement. Au cours des dernières années on a parlé beaucoup de l’augmentation du taux d’endettement des canadiens un peu partout au pays. Justement en 2020, étant donné que oui, les prêts hypothécaires ont quand même augmenté pas mal avec le marché immobilier, les prêts à la consommation eux, ou les cartes de crédit par exemple, les soldes de cartes de crédit sont beaucoup plus faibles qu’auparavant parce qu’il y a beaucoup moins de dépenses courantes. Notamment tout ce dont on a parlé tantôt, mais surtout le voyage. Il y avait beaucoup de dépenses qui allaient en voyage. Donc globalement, je vous dirais que…
Claudia : C’est positif.
Hélène : Oui, on se sort relativement bien de la situation et justement on a hâte de voir lorsque la vaccination va être assez avancée et que les voyages à l’étranger vont reprendre, quelle partie de l’épargne va sortir des poches des gens.
Claudia : Oui.
Hélène : Ça représente un fort potentiel pour les dépenses de consommation et aussi pour les dépenses en loisirs et voyages qui ont été mis de côté pendant la récente période.
Claudia : C’est ça. Je sais que vous n’avez pas de boule de cristal, mais on est quand même curieux de savoir, Hélène, comment ça va se passer dans les années à venir ? Est-ce que vous pensez que l’on peut s’attendre à continuer de voir les tendances actuelles : c’est-à-dire des acheteurs qui recherchent un plus grand espace de vie, toujours l’exode vers la banlieue et la campagne ? Comment vous pensez que cette campagne de vaccination et un retour progressif à la normale vont affecter le marché immobilier dans les années à venir, selon vos prévisions à vous ?
Hélène : La période exceptionnelle que l’on a connue, on va rester sur une tendance positive mais beaucoup moins accélérée que ce que l’on a connu en 2020 et en première partie de 2021. Donc à quoi on s’attend pour l’année 2021, c’est d’avoir des transactions qui restent à la hausse, des prix, par contre, qui continuent d’augmenter très rapidement.
Claudia : Oui ?
Hélène : Oui. Tout à fait. Parce que c’est une question d’offre, on en a parlé à l’heure ; il manque de propriétés à vendre et la construction neuve est excessivement forte partout au Canada donc ça devrait permettre d’enlever un peu de pression sur le marché au fur et à mesure que les maisons neuves vont arriver sur le marché, ça va créer un parc de logements qui va être un peu plus large pour les acheteurs qui vont revenir sur le marché éventuellement.
Beaucoup d’éléments, donc c’est certains qu’on s’attend à ce qu’en 2022, le nombre de transactions sont un peu moins fort et que les prix augmentent moins rapidement en 2022. Plus un retour, un peu, à la normale si on peut dire. L’effet d’empressement pour se positionner pendant la pandémie va être un peu derrière nous et on s’attend à ce que ça rééquilibre un peu les choses en 2022.
Claudia : Donc un marché un peu plus prévisible.
Hélène : Un peu plus prévisible. En même temps il y a quand même dans certains marchés qui sont en surchauffe, ça a quand même augmenté les risques de surévaluation des marchés. On ne prévoit pas de correction des prix pour l’instant, parce que la demande est excessivement forte et l’offre de propriétés est faible. Mais peut être qu’au cours des prochaines années si les taux d’intérêt continuent de monter, en fait, se remettent à monter si l’on peut dire, ça pourrait amener un risque potentiel sur le marché.
D’ici un an ou deux, je pense que l’on peut dormir sur nos deux oreilles, avec la certitude que l’on aura un marché immobilier très dynamique. Donc de belles perspectives pour encore un an ou deux, Claudia.
Claudia : Merci beaucoup Hélène, merci de nous avoir éclairés sur la santé et les tendances du marché immobilier canadien. C’était vraiment très intéressant. Des informations très pertinentes.
Hélène : Merci beaucoup Claudia, ça a été un plaisir et en espérant avoir apporté un éclairage qui sera utile pour l’auditoire de votre balado.
Claudia : J’en suis convaincue, merci beaucoup Hélène !
Hélène : Merci, au revoir !
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L’immobilier est un domaine qui touche la vie personnelle des gens. Dans le quatrième épisode d’EN DIRECT, notre invité est Marc Lacasse, courtier immobilier et président du comité de publicité de son association provinciale. Nous discutons de stratégies pour utiliser le pouvoir des émotions afin de renforcer les relations avec les clients et de bâtir une meilleure image de marque.
Transcription
Mitsou Gélinas: Est-ce que l'achat ou la vente d'une maison est un geste émotionnel pour vous? Pour moi oui. Je m'appelle Mitsou Gélinas et vous écoutez « EN DIRECT » un balado pour les courtiers et agents immobiliers présenté par l'Association canadienne de l'immeuble. La vision d’ « EN DIRECT » est de susciter des conversations avec des personnes inspirantes sur tout ce qui touche l'immobilier au pays. Dans cet épisode, je discute avec Marc Lacasse, courtier immobilier chez REMAX 2000, équipe Marc et Sophie.
Marc Lacasse: Pratiquement toutes les étapes d'une transaction sont émotionnelle d'abord et rationalisées par la suite.
Mitsou Gélinas: Il est aussi président du comité de publicité et de communication de l'Association provinciale des courtiers immobiliers du Québec. Puisque Marc est aussi spécialiste en marketing nous parlerons des occasions que peuvent saisir les courtiers pour rehausser leur marque. Allô Marc?
Marc Lacasse: Oui.
Mitsou Gélinas: Contente de te parler, très heureuse, parce que pour moi, acheter de l'immobilier, c'est très émotif, donc on entre dans mon champ d'expertise ou d'intérêt ici plutôt. Tu peux me dire comment une connexion émotionnelle peut influencer l'achat ou la vente d'une propriété?
Marc Lacasse: Oui, absolument. Écoute, pratiquement toutes les étapes d'une transaction sont émotionnelles d'abord et rationalisées par la suite. Je peux donner quelques exemples. Si on prend dès le départ le premier contact humain entre un acheteur, un vendeur et un courtier, bien on commence par se choisir mutuellement basé sur l'émotion du moment. Ensuite, va venir les considérations qui sont plus rationnelles comme le prix, les dates, les inclusions, etc.
Puis, c'est un peu la même chose pour l'achat, par exemple, d'une maison. Le premier coup de cœur, il est émotionnel, puis il se vit habituellement en façade. On se pose la question : « Est-ce que j'aime la maison, le terrain, le quartier, les maisons voisines, bref, l'environnement global. » Et le deuxième coup de cœur, lui toujours émotionnel, se vit lorsqu'on entre dans la maison.
En quelques secondes tous nos sens sont mis à l'épreuve. On analyse les odeurs, la luminosité, le bruit, les divisions, l'énergie. On sait tout de suite si on va aimer ça, rentrer dans cette maison chaque jour et si on aime ça toutes les autres considérations rationnelles vont venir par la suite.
Mitsou Gélinas: Oui, puis en même temps moi, ça m'est déjà arrivé d'entrer dans une maison, puis de me dire : « Ce n'est pas pour moi », au premier abord, puis finalement, ça va être celle que j'achète, parce que j'ai réfléchi, j'y suis retournée, puis là le rationnel entre justement en ligne de compte.
Marc Lacasse: Oui, tu as raison. On a un rôle quand même de guide, parce que si l'acheteur cherche la perfection sur tous ses critères de recherche, il peut être déçu, parce que c'est aussi fait de certains compromis l'achat d'une maison, surtout quand on est en couple, alors on n'aime pas nécessairement la même chose l'un que l'autre. Donc, à force de visiter des propriétés, parfois, on revient sur une qu'on avait retenue, mais sans avoir un grand coup de cœur, puis en la revisitant une deuxième fois finalement, on l'apprécie à un autre niveau, puis on finit par l'acheter.
Mitsou Gélinas: C'est là que l'agent peut aider justement à faire un ménage là-dedans.
Marc Lacasse: Oui, absolument. On se rend compte que notre rôle est vraiment de guider, d'inspirer et de ramener souvent nos acheteurs à la base de leurs besoins, puis souvent leur faire découvrir aussi d'autres caractéristiques du quartier, par exemple, auxquelles il n'avait pas pensé.
Mitsou Gélinas: Comment les émissions sur l'immobilier, les magazines de design, les réseaux sociaux peuvent influencer maintenant la profession, ta profession?
Marc Lacasse: C'est certain que ça a une influence. On remarque que les clients qui sont des passionnés de l'immobilier, puis qu'effectivement qui s'informent beaucoup, ils nous arrivent mieux préparés.
Mitsou Gélinas: Oui hein?
Marc Lacasse: Dès le départ, ils ont une meilleure idée de ce qu'ils veulent, de ce qu'ils ne veulent pas. Ils font un petit peu moins la girouette, d'une propriété à l'autre, parce qu'ils ont mieux filtrés dès le départ, les propriétés qui les intéressent.
Mitsou Gélinas: Exactement. Ils sont plus exigeants alors aussi?
Marc Lacasse: Je dirais que oui. De façon générale, les acheteurs et les vendeurs sont plus exigeants aujourd'hui, mais ceux qui carburent à ces émissions, à ces textes
Mistou Gélinas: Oui
Marc Lacasse: vont vouloir avoir l'information plus rapidement, tout de suite. Parfois même, je vais remarquer qu'ils vont s'attarder à des détails de moindre importance, mais ce n'est pas grave, c'est correct. Notre rôle à nous, c'est de s'assurer que s'ils décident de procéder à l'achat, qu'ils vont le faire en toute connaissance de cause.
Mitsou Gélinas: Quel genre de détails?
Marc Lacasse: Un facteur qui insécurise beaucoup, ce sont les fissures de fondation. Pourtant, la majorité des propriétés au Québec en ont. Alors, notre rôle, c'est vraiment de rassurer et d'expliquer qu'une fissure de fondation n'est pas nécessairement synonyme d'infiltration d'eau et si on s'en occupe convenablement selon les règles de l'art, ça ne pose pas vraiment de problème à la propriété.
Mitsou Gélinas: Effectivement, une maison, ça bouge. Restez avec nous. On va maintenant aborder la marque chez un courtier et surtout, comment la gérer.
Marc Lacasse: Il faut apprendre à se défouler ailleurs que dans Facebook, par exemple, puis s'acheter un punching bag.
Mitsou Gélinas: Le salon REALTOR.ca est votre référence pour tout ce qui touche le foyer, qu'il s'agisse d'articles sur les tendances du marché et les nouveautés dans l'immobilier ou de projets de création et d'idées de décoration, le salon saura vous inspirer. Maintenant, Marc Lacasse, tu es un professionnel de marque. Est-ce que tu peux me dire en quoi consistent les marques, entre guillemets, d'un courtier ou d'un agent immobilier ?
Marc Lacasse: Certainement. Selon moi, la marque vient probablement à 75 % de la bannière immobilière, si le courtier est à associé à une bannière, puis à 25 % de ses efforts. Donc, si la bannière est une marque, par exemple, qui est connue, qui est admirée, c'est beaucoup plus facile d'établir la confiance. Les clients, ils questionnent moins quand ils connaissent l'entreprise qui est derrière le courtier, mais c'est sûr qu'il y a aussi l'image du courtier, parce qu’un courtier, quand ça commence, ça veut se faire une niche, ça veut se différencier, ça veut se positionner.
Il va donc vouloir probablement se développer à une image graphique, un logo, un slogan, une signature. Maintenant, il y a aussi d'autres facteurs qui viennent influencer l'image qu'on va se faire d'un courtier, des choses aussi simples que sa tenue vestimentaire ou son choix de voiture, ou même s'il décide de s'impliquer dans la communauté. Alors, tout ça va avoir une influence sur l'image qu'on va se faire du courtier.
Mitsou Gélinas: Tout ça, c'est quand même fragile aussi, une marque. Tu dois avoir de bons exemples, puis de mauvais exemples qui se sont passés dans ton milieu, des gens qui ont vécu des crises de relations publiques aussi?
Marc Lacasse: Tu as raison, j'en ai vu des vertes et des pas mûres au cours des 15 dernières années. C'est tellement d'efforts de se bâtir une bonne réputation, mais ça peut définitivement basculer en quelques secondes si on n'est pas prudent. Le meilleur exemple que je pourrais te donner, là où je pense qu'il y a le plus grand risque pour un courtier, c'est de répondre n'importe quoi à une question qui lui est posée par un acheteur ou un vendeur au lieu d'avoir le courage de dire : « Je ne le sais pas. Laissez-moi faire quelques recherches et vous revenir. »
On dirait que la pression de vouloir démontrer qu'on est connaissant, qu'on est expert, ça prend une réponse immédiate, mais on se tire dans le pied plus souvent qu'autrement. Puis ces situations-là, c'est ça qui mène à des crises de relations publiques qui auraient pu être évitées.
Mitsou Gélinas: C'est drôle parce que c'est vrai dans tous les domaines aussi, pas seulement de l'immobilier.
Marc Lacasse: Tout à fait. On dirait que dans notre milieu, il y a des questions qui sont beaucoup plus techniques. Récemment, je ne sais pas si tu te souviens, il y a deux ans à Montréal, on a eu la crise des terrains contaminés. C’est-à-dire que la Ville de Montréal avait permis la construction de propriétés sur d'anciennes carrières et ça a causé différentes problématiques aux propriétaires existants et quand arrive la revente de cette propriété, le courtier se doit de faire des vérifications et si la maison est effectivement située sur un ancien dépotoir, il faut le divulguer.
Mitsou Gélinas: Puis, ce n'est pas tout le monde qui le fait, j'imagine.
Marc Lacasse: Naturellement, il faut apprendre à pouvoir dire qu'on n'a pas la réponse à la question plutôt que de dire : « Je ne pense pas » ou « Non » ou « Le vendeur me l'aurait dit », parce que au delà de ce que le vendeur peut nous dire, on a quand même des devoirs de vérifications à faire. C'est pour ça qu'il ne faut pas se gêner de dire : « Je n'ai pas la réponse. Permettez-moi de vous revenir d'ici 24 heures et je vais répondre à votre question. »
Mitsou Gélinas: Puis en même temps, les choses ont évolué, parce que les gens sont plus habitués aux réseaux sociaux aussi qu'il y a 15 ans, par exemple. J'imagine que des histoires d'horreur, de marque, tu as dû en voir un petit peu plus il y a une certaine époque?
Marc Lacasse: Oui, tout à fait. On en voit un petit peu moins aujourd'hui des erreurs sur les réseaux sociaux, mais on dirait que les gens n'avaient pas réalisé que c’est un média public et qu'on peut faire atteinte soit à la réputation de quelqu'un, d'un autre courtier. Comme c'est une profession d'émotion, on en vit beaucoup nous aussi comme courtier et les situations frustrantes, il faut apprendre à les garder pour nous-mêmes et non pas les publier sur notre page.
Il faut apprendre à se défouler ailleurs que dans Facebook, par exemple, puis s'acheter un punching bag.
Alors, un des trucs que les courtiers font, il y en a beaucoup qui gère deux pages, donc on sépare premièrement la vie personnelle de la vie professionnelle. On ne veut pas nécessairement que nos clients puissent nous suivre durant nos vacances au bord de la plage. C'est une bonne idée dès le départ de séparer les deux.
Il y a aussi l’autre aspect qui, si on partage sur les réseaux sociaux, même quand c'est une situation très anodine, bien il faut toujours être prêt à pouvoir répondre à un internaute qui pourrait nous lancer un défi. J'ai un exemple de ça qui m'est arrivé il y a à peine deux semaines. On a mis sur le marché un triplex et ça a pris environ 24 heures et un premier internaute a rédigé un commentaire pour dire que cet immeuble-là était trop cher.
Donc, parce que j'étais prêt à répondre à ce genre de commentaires, j'ai pu répondre qu'au contraire, il était très bien positionné dans le marché au niveau du prix, si on tient en considération, par exemple, les rénovations qui ont été faites. Puis quand on achète un immeuble à revenus, on regarde qu’est-ce qu’il génère comme loyer et qu'est-ce qu’il nous coûte comme dépenses.
Dans le cas de ce triplex-là, il était rentable, puis naturellement, avant de le positionner, on a regardé aussi les comparables qui ont été vendus dans le secteur dans les derniers mois. Donc, c'est ce que j'ai répondu. Ça a fait une belle réponse complète. L'internaute m'a répondu, m’a remercié pour ma réponse. Et puis, je ne sais pas si ça a eu une incidence, mais on l'a vendu dans la semaine qui a suivi. Il faut être prêt à répondre, parce que dès qu'on publie dans les réseaux sociaux, on s'expose à toutes sortes de commentaires et de critiques.
Mitsou Gélinas: Effectivement. Tu as mentionné, Marc, les commentaires. Est-ce qu'on peut vraiment contrôler sa marque avec toutes les informations sur les médias sociaux, les analyses en ligne aussi qui se font? Donc, comment tu gères ça?
Marc Lacasse: Transparence. La première des choses avant tout, je dirais que je me pose la question si je vais publier ou ne pas publier. On dirait qu'on a pris l'habitude de vouloir partager notre vie personnelle souvent sur notre page. Il ne faut pas faire la même chose avec notre vie professionnelle. Souvent, je me pose la question : « Est-ce que c’est à propos de moi ou c’est à propos des autres, ce que j'ai l'intention de dire? »
Mistou Gélinas: Tout à fait.
Marc Lacasse: Souvent quand c’est à propos de moi, je peux m'en passer. Puis, je préfère publier des choses qui vont être utiles à tout le monde. Donc, filtrer ce qu'on va publier. Ensuite, naturellement être aux aguets, suivre de près ce que les gens vont commenter et leur répondre.
Mitsou Gélinas: Voilà, puis en même temps, pas virer fou avec le volume de commentaires aussi, parce que dès qu’on devient dès qu’on a plus de succès, la gestion de l'information devient clé aussi.
Marc Lacase: Tu as tout à fait raison. Un exemple que je peux te donner, c'est que non seulement, on a une page Facebook, mais on a aussi un compte YouTube. Dans le compte YouTube, on a la possibilité d'activer ou désactiver la possibilité de recevoir des commentaires. Dans notre cas, elle est désactivé parce que ça serait impensable de gérer plusieurs plateformes en même temps. Les gens décident s'ils aiment ou non, mais ils ne peuvent pas venir ajouter des commentaires.
Mitsou Gélinas: Dans un petit moment, on va en apprendre davantage sur la nouvelle mouvance chez les courtiers.
Marc Lacasse: L’exemple de Zoom ou de Google Meet qui ont été assez populaires, il y a à peine un an, ce n’était pas nécessairement une formule qui était très prisée de nos clients, mais maintenant qu’ils réalisent que ça leur permet de gagner du temps.
Mistou Gélinas: Oui.
Marc Lacasse: C’est beaucoup plus accepté et puis ils aiment ce genre de rencontre.
Mitsou Gélinas: REALTOR.ca est le site web immobilier le plus populaire et le plus fiable au Canada. Il met en contact des canadiens avec des courtiers et agents immobiliers qui les aideront à faire l'achat le plus important de leur vie. Rendez-vous sur REALTOR.ca pour trouver un courtier ou un agent immobilier près de chez vous. C’est un milieu qui bouge vite. Quelle est la prochaine étape, le nouveau mouvement pour le marketing immobilier?
Marc Lacasse: C’est sûr que la technologie a une grande influence sur l'évolution de notre profession. Dans la dernière année, je dirais que les nouveaux outils de rencontre virtuelle, dans l'exemple de Zoom ou de Google Meet qui ont été assez populaires, ça vient éviter des déplacements inutiles. Je dirais qu'il y a à peine un an, ce n'était pas nécessairement une formule qui était très prisée de nos clients, mais maintenant qu'ils réalisent que ça leur permet de gagner du temps
Mitsou Gélinas: Oui.
Marc Lacasse: C’est beaucoup plus accepté et ils aiment ce genre de rencontre.
Mitsou Gélinas: Il y a moins de préjugés, j’ai l'impression. Avant de faire un appel conférence par vidéo, c’était comme un peu parce qu’on n’avait pas le temps, parce que c'était un client B ou un projet B, mais maintenant, ce n'est plus le cas du tout.
Marc Lacasse: Tu as entièrement raison. C'est exactement à ça que je faisais référence. On dirait que le client nous percevaient comme quelqu'un qui ne voulait pas faire l'effort, qui ne voulait se déplacer. Aujourd’hui, je pense que tout le monde a réalisé que on cherche du temps, on cherche de la qualité de vie et si on n'a pas besoin de se rencontrer à tout prix, pourquoi ne pas utiliser ce genre de technologie?
On avait déjà d’autres technologies qu’on utilisait dans le passé. Depuis plusieurs années, on utilise la signature électronique au niveau des envois, par exemple, d’avis. Ça devait se faire par huissier, ça peut maintenant se faire électroniquement. Ce qui fait que les gens sont sensibles non seulement à leur gestion du temps, mais je pense aussi qu’en évitant des déplacements, on contribue à ne pas polluer inutilement notre planète.
Mitsou Gélinas: Quelle tendance de fond tu vois également chez les courtiers, les agents?
Marc Lacasse : Ce que je vois depuis les dernières années puisque que je lis dans nos sondages, je pense que je retiens deux choses : les gens cherchent l'expertise, puis encore une fois, ils cherchent du temps. Alors, au niveau de l'expertise, je pense qu’on a une fausse perception que l'internet rend les choses plus faciles, mais quand je regarde l'évolution de notre profession depuis les 10-20 dernières années, faire une transaction immobilière, c’est encore plus complexe, malgré que la technologie a évoluée. Mais, c’est surtout parce qu’on a des nouveaux facteurs qu'on ne connaissait pas et qu'on connait maintenant, qui peuvent avoir une influence soit sur la qualité de la propriété ou même sa valeur.
Mitsou Gélinas: Par exemple?
Marc Lacasse: Je te donne des exemples. Tu as entendu parler dans les dernières années de la pyrite. Tu as entendu parler, j’imagine, de la mérule pleureuse. Ça, c’est un petit peu moins couru, mais c'est le fameux champignon qui devient un cancer pour une maison. Puis, il y a des secteurs, c’est l'ocre ferreuse, c'est le radon, les terrains contaminés. Dans le fond, on est là pour aider, guider les clients à prendre les bonnes décisions.
Mitsou Gélinas: Puis à être transparent. Là aussi on revient à ça.
Marc Lacasse: Toujours, toujours, toujours être transparent. C'est comme ça qu'on établit la confiance. Ce n’est pas toujours simple, mais il faut toujours garder en tête que notre client doit tout savoir.
Mitsou Gélinas: Les jeunes veulent du personnalisé, j’imagine, un peu plus?
Marc Lacasse: Oui, puis cette perception-là que les jeunes voudraient faire les choses eux-mêmes, moi je me rends compte que ce n'est pas tout à fait vrai. Les jeunes aiment. On parlait de l'expertise. Ils n'ont pas le temps nécessairement de dire : « Je vais lire tout ce qu’il y a à lire. Je vais plutôt me prendre un expert et c'est le temps pour moi qui est important. Donc, je vais économiser du temps pour faire les autres choses qui me tiennent à cœur. »
Mitsou Gélinas: C'est important, ça. C’est là que le rôle de courtier évolue, puis devient encore plus intéressant.
Marc Lacasse: Tout à fait. Les gens, oui gagnent en temps, mais aussi ils sont plus sécurisés, ils sont mieux protégés. Il ne faut jamais enlever un autre ingrédient quand on n'a pas parlé, c'est le plaisir. Si tu ajoutes cet ingrédient-là dans toute ta relation, parce qu'il y a beaucoup de stress dans une transaction, autant de vendre et d'acheter. Nous, on est là pour venir à être l’intermédiaire justement. On n’est pas dans le stress, nous. On vient départager le tout, puis on rassure. Alors, si on amène le plaisir dans tout ça, tout le monde est heureux.
Mitsou Gélinas : Restez avec nous. On va avoir droit aux meilleurs conseils de couple de Marc Lacasse. Vous l'aurez deviné, il est associé avec la femme de sa vie.
Marc Lacasse: On a tous les deux laissé nos emplois secure pour se lancer dans cette belle aventure.
Mitsou Lacasse: Le Café ACI est un endroit chaleureux où les membres de l’ACI peuvent échanger des idées et des points de vue sur l'actualité du secteur tout en prenant une tasse de café virtuelle. Pour accéder au contenu instructif publié chaque semaine, joignez-vous à la conversation au CAFEACI.ca. Marc, si tu me permets, je vais rentrer dans le personnel, mais tu parlais de plaisir tout à l'heure, tu as décidé d'être en affaires avec ta blonde?
Marc Lacasse: Oui, absolument. On forme une équipe ensemble.
Mitsou Gélinas: Oui, comment ça se passe? Je peux te le demander?
Marc Lacasse: Oui, avec grand plaisir. Écoute, tu vas voir que ça c'est- c'est devenu contagieux dans la famille, parce que ma fille est aussi en courtage immobilier avec son copain
Mitsou Gélinas: Oh wow.
Marc Lacasse: Donc ça s'est passé dans autre génération. Pour revenir à Sophie et moi, bien on avait tous les deux des carrières de notre côté, puis on caressait le rêve de terminer en fait notre carrière ensemble, de travailler ensemble. On savait qu'on aurait des belles conditions, une belle complémentarité. On a tous les deux laissé nos emplois secure pour se lancer dans cette belle aventure.
Mitsou Gélinas: Quels conseils aurais-tu à donner ou as-tu donné justement à ta fille et ton beau-fils qui se lançaient en affaires ensemble?
Marc Lacasse: Bien en fait ce qu'il faut comprendre en immobilier, c'est qu'on peut faire chacun nos choses de notre côté en se complétant. On devient donc le plan B de l'autre personne, s'il n'est pas disponible. Donc, un client qui vient à nous, on s'en occupe du début à la fin. On partage naturellement sur une base régulière tout ce qu'on vit et l'autre personne peut prendre la relève si par exemple lorsque l'inspection a lieu, bien ça ne fonctionne pas dans mon agenda.
Notre client en est ravi parce qu'effectivement, il est toujours bien accompagné. De notre côté, bien on a chacun notre bureau, même si on peut se voir du coin de l’œil
Mitsou Gélinas: Okay, okay.
Marc Lacasse: Mais on se laisse mutuellement faire les choses, chacun à notre façon, avec notre personnalité.
Mitsou Gélinas: Alors, omment vous vous complétez?
Marc Lacasse: Bien en fait, on essaie de bien communiquer ensemble. On a mis sur pied des systèmes qui nous permettent d'avoir une image globale de toutes nos transactions, donc on est en mesure de se questionner mutuellement et de se rappeler, par exemple, que : « N'oublie pas c'est aujourd'hui qui est la date de tombée pour lever les conditions du financement ou de l'inspection », donc, on se complète très bien. Puis, ça se fait, ça aussi, dans le grand grand plaisir.
On rit beaucoup ensemble, même si on travaille fort et qu'il y a un stress associé à notre travail et à être à notre compte. Nous, de notre côté, c'est fantastique. Je le recommanderais à tous les couples qui sont certains qu'ils peuvent passer autant de temps ensemble.
Mitsou Gélinas: Maintenant, Marc, quel est le meilleur conseil que tu as reçu dans ta carrière à toi?
Marc Lacasse: Je te répondrais Mitsou, que j'en ai plus qu'un. J'en ai deux que je retiens particulièrement. Il y en a un, tu ne seras pas surprise, on en a amplement parlé dans les questions précédentes, c'est la transparence. Alors, il faut apprendre qu'on ne doit pas être insécure si on n'a pas toutes les réponses immédiatement aux questions qui nous sont posées, et puis parfois, on va apprendre des choses sur le tard qui ne sont pas nécessairement positives ou agréables lorsque c'est le temps de rappeler notre acheteur pour lui dire--
Je te donne un exemple qui arrive de temps à autre, l'achat d'un condo, par exemple. Une semaine avant de passer chez le notaire, le vendeur reçoit un avis que ses frais communs, donc ses frais de condos vont augmenter. Ou des fois c'est pire, des fois, il va recevoir un avis qu'il va y avoir des cotisations spéciales dans les prochaines années. Ce n'est pas le fun d'appeler un acheteur, puis de lui dire à une semaine du notaire, que finalement, sa dépense va être plus grande.
On a toujours peur que l'acheteur dise : « Dans ce cas-là change d'idée, je ne veux pas acheter », mais c'est vraiment notre devoir. On apprend avec le temps qu'il faut le divulguer au risque de perdre la transaction si jamais ça allait jusque-là. La transparence, là, c'est mon numéro un. Mon numéro deux, je te dirais que c'est de s'adapter au rythme ou à la vitesse de chaque client. Souvent, on a tendance à vouloir aller à notre vitesse, puis comme on est plus connaissant, plus expérimenté, souvent notre vitesse est plus rapide.
Mais, il faut vraiment s'en remettre que nos clients n'ont pas toutes le même âge et ont toutes des personnalités différentes, des niveaux d'insécurité différents. Ils n'ont pas la même expérience, les mêmes connaissances, donc ils vont réagir à différentes vitesses. Il faut que j'apprenne à aller à leur vitesse et non pas à la mienne.
Mitsou Gélinas: C'est important ça ce que tu viens de dire, très important, je trouve. Je ne peux pas m'empêcher de te demander, parce qu'on parle de connexion émotionnelle. Peux-tu me parler de bons moments que tu as vécus ou des moments les plus émotifs que tu as vécus avec des gens que tu ne connais pas tant que ça? Les clients, c'est une relation qui se développe avec le temps.
Marc Lacasse: Je te dirais que la plupart des courtiers te répondraient que le moment wow pour un courtier, c'est quand que tu lui annonces que sa promesse d'achat a été acceptée. Ça, ça crée de la joie, du plaisir. Surtout, tu peux comprendre que dans le marché qu'on vit depuis les dernières années, souvent ton offre est en compétition avec d'autres offres. Il y a plusieurs promesses d'achat en même temps, alors tu croises les doigts que c'est toi qui va gagner, qui va remporter et c'est possible que tu n'aies pas gagné à une ou deux reprises dans le passé.
Ça, c'est un beau moment wow d'émotion quand les gens réalisent que leur rêve se réalise, parce que ça fait des semaines, des mois, des années qu'ils rêvent à s'installer dans un quartier ou dans une maison et ils réalisent que tout le travail que ça a demandé pour se rendre jusque-là. Quand je leur confirme que leur rêve va se réaliser, c'est un beau moment qu'on aime partager avec eux.
Mitsou Gélinas: On se sent comme Rocky à ce moment-là, les deux bras dans les airs.
Marc Lacasse: Oui, c'est une belle image.
Mitsou Gélinas: Merci beaucoup, Marc Lacasse, c'est super intéressant. Ceci conclut le quatrième épisode de notre série « EN DIRECT ». J'aimerais remercier Marc Lasasse pour cet échange. Si vous avez aimé cet épisode, n'oubliez pas de vous abonner au balado et de le partager avec vos collègues. Pour consulter d'autres ressources sur l'immobilier visitez le crea.ca. C'était Mitsou Gélinas qui vous dit la prochaine. Le balado «EN DIRECT» est présenté par l'Association canadienne de l’immeuble, l’ACI.
Dans l’épisode 3 d’EN DIRECT, nous nous entretenons avec Fabien Major, un analyste financier chevronné de Québec. Découvrez des conseils financiers destinés aux nouveaux acheteurs, des stratégies pour se préparer à un marché incertain, et des ressources offertes aux courtiers et agents pour les aider à offrir un service à valeur ajoutée à leurs clients.
Transcription
Mitsou Gélinas: Bienvenue à « EN DIRECT », un balado pour les courtiers et agents immobiliers au cours duquel nous discuterons d'actualité, de tendances et de perspectives sur l'immobilier. Je m'appelle Mitsou Gélinas et dans cet épisode je discute avec Fabien Major, le fondateur de Major Gestion Privée. Fabien est un conseiller en gestion de patrimoine. Nous allons parler de la situation économique actuelle, de la façon de se préparer en vue de l'incertitude qui plane sur le marché immobilier et des ressources offertes aux courtiers et agents pour les aider à offrir un service à valeur ajoutée à leurs clients. Et attention, Fabien a même réussi à me faire rire en parlant finances, c'est gagné. Salut, Fabien.
Fabien Major: Allô, Mitsou.
Mitsou Gélinas: On s'est connus, Fabien, dans une ancienne vie, tu étais animateur de radio, chroniqueur télé aussi. Tu as eu un bon changement de carrière, tu es devenu planificateur financier. Tu as trois livres à ton actif : Petits secrets et gros mensonges de votre banquier, Investir dans son CELI et 99 trucs pour s'enrichir. Un des moyens incontestables de s'enrichir, c'est d'investir dans l'immobilier, quand c'est bien fait alors c'est ce dont on va parler aujourd'hui.
Fabien Major: Okay, on a du pain sur la planche.
Mitsou Gélinas: Oui, c'est ça. Première question, comment peut-on se préparer à acheter une propriété sans prendre trop de risques ?
Fabien Major: Il faut faire ses calculs, on n'a pas le choix. On ne peut pas improviser ça. Il faut donc regarder notre budget, savoir c'est quoi notre capacité réelle de payer et puis s'informer aussi précisément. Je pense que l'aspect humain est très important, Mitsou. Il faut regarder le quartier où on va s'établir. Savoir si les écoles, si les différents commerces et toutes les activités environnantes nous plaisent et une fois qu'on a une bonne idée de son quartier, là on commence à regarder quel est le coût de l'habitation qu'on souhaite en regardant des comparables.
C'est sûr que lorsqu'on a un spécialiste, on a, par exemple, un agent d'immeuble qui nous aide, il peut regarder à droite à gauche et puis valider certaines interventions. Je pense qu'à partir du moment où on a fait notre budget, l'ajout d'un professionnel dans sa démarche va grandement nous aider.
Mitsou Gélinas: Parlons des jeunes un peu, parce qu'il y a des erreurs financières que l'on peut faire au début d'une vie dans l'immobilier. Quelles sont ces erreurs financières les plus courantes chez les jeunes?
Fabien Major: Je pense que la plus courante, c'est de s'imaginer que de se loger en tant que propriétaire, c'est le même prix que se loger en tant que locataire. Ce n'est pas du tout la même chose. Il y a des engagements comme les taxes de bienvenue, il y a aussi ce que j'appelle moi les « tant qu'à y être. » Un « tant qu'à y être », c'est une clôture et tant qu'à y être, on peut y rajouter des auvents. Tant qu'à y être, on va peut-être installer un foyer.
Puis, on vient à perdre le contrôle si on n'avait pas fait le budget de tous ces surplus qui s'ajoutent dans notre projet de maison. Alors, donc, Il faut aiguiser son crayon, il faut faire des calculs, il faut se faire accompagner avec son agent, son courtier immobilier et puis aussi son planificateur financier pour que ce rêve-là ne se transforme pas en cauchemar. La durée des unions, Mitsou, c'est relativement court. Les unions, si on regarde au Canada dans les dernières années, la durée moyenne des unions de couples, on parle d'à peu près trois ans. Alors quand on planifie pour une propriété, il faut être certain que notre couple tient et que si on n'a pas bien préparé tous les calculs inhérents à l'achat d'une propriété, ça peut créer des tensions dans le couple et puis ça se transforme des fois en vente forcée.
Mitsou Gélinas: Oui, difficile dans la vie de se sortir de moments comme ceux-là. Tu as dû en voir beaucoup aussi de ton côté.
Fabien Major: Oui, il y en a très souvent, mais je pense que ça fait partie d'un très grand stress dans la vie. Il y a les unions de couple, les enfants, il y a l'achat d'une nouvelle propriété, il peut y avoir le décès, la maladie, la perte d'emploi, mais définitivement l'achat d'une maison, c'est dans, je dirais, les beaux moments de la vie, mais aussi parfois les épreuves. C'est pour ça qu'il ne faut pas improviser ce geste-là.
Mitsou Gélinas: C'est ça. Il ne faut même pas improviser avant d'aller à la banque aussi. J'imagine qu'il y a des outils financiers pour évaluer sa santé financière?
Fabien Major: Absolument, il y en a de très bons. Si on va sur le site REALTOR.ca, je le dis un peu à la française. REALTOR.ca, il y a une version française évidemment, vous avez différentes calculatrices. Il y en a trois qui sont très intéressantes. Des calculatrice hypothécaire, calculatrice de paiement, calculatrice des droits de mutation, calculatrice d'abordabilité. C'est un beau mot ça abordabilité là, il me semble que ça coule bien, c'est abordable, on a les moyens.
On va rentrer là-dedans dans ce calculateur-là, les revenus qu'on gagne. On va rentrer revenus de notre conjoint / conjointe. Qu'est-ce qu'on a comme frais pour nos cartes de crédit à tous les mois à payer? Combien on débourse pour l'automobile? Ce sont souvent des postes budgétaires très très importants. L'impôt foncier de la maison, la propriété qu'on désire et si jamais on ne le sait pas, l'outil nous permet aussi d'évaluer l'impôt foncier. Vous savez les fameuses taxes municipales, les frais de condo s'il y a lieu, les frais de chauffage.
Là, on appuie sur le bouton à combien s'établit ma capacité budgétaire, puis on va savoir quelle sorte d'emprunt on peut se permettre. Mais attention, il y a des petits pièges là-dedans. Vous avez, par exemple, le prix de la propriété et c'est un prix maximum, c'est la capacité d'emprunt maximale. Peut-être vous ne devriez pas vous rendre là surtout si vous savez que la maison nécessite certains petits travaux et puis vous allez avoir besoin de capitaux pour l'adapter à votre désir, à votre besoin.
Et l'acompte. Si on a un acompte qui représente 20 %, moi, je trouve que c'est vraiment parfait à ce moment-là, parce qu'il n'y aura pas les fameux coûts d'assurance de la SCHL et l'assurance prêt de la SCHL, on peut la calculer si jamais vous n'avez pas un acompte de 20 %. Alors là, vous allez voir le total de l'hypothèque requise et vous choisissez la période d'amortissement.
Là aussi, votre professionnel en immobilier va pouvoir vous aider si vous faites le remboursement sur 30 ans, sur 25 ans, sur 20 ans, ça change la teneur de vos paiements. Et vous avez le taux hypothécaire. Heureusement, les taux sont très bons en ce moment et devraient rester quand même bas pour très longtemps. Il y a des spécialistes qui disent que les taux devraient rester bas pour peut-être une décennie encore.
Il y a les droits de cession immobilière, il y a différents petits calculs, taxe de bienvenue, et cetera, et là, on choisit sa province et sa ville et vous allez voir les frais mensuels. De cette façon, on a très très peu de surprises.
Mitsou Gélinas: C'est vraiment génial, c'est un excellent outil sincèrement là, on le conseille à tout le monde d'ailleurs.
Dans quelques instants nous parlerons de comment les courtiers et agents immobiliers peuvent se préparer en temps d'incertitude, mais surtout des opportunités qui peuvent en découler.
Fabien Major: Alors il faut faire parler les gens, je pense que c'est la bonne façon de se préparer. Il faut être fin psychologue finalement.
Mitsou Gélinas: Mais comme il nous l'a proposé, parlons de REALTOR.ca qui est le site web immobilier le plus populaire et le plus fiable au Canada. Il met en contact les Canadiens avec des courtiers et des agents immobiliers qui les aideront à faire l'achat le plus important de leur vie. Rendez-vous sur REALTOR.ca pour trouver un courtier ou un agent près de chez vous.
Maintenant, place au courtier, si tu le veux bien. Comment un courtier ou un agent immobilier peut se préparer à faire face à l'incertitude des marchés. Pour aller rejoindre les inquiétudes de ses clients aussi, parce qu'on vit des moments qui ne sont pas évidents, une époque qui n'est pas évidente non plus.
Fabien Major: Absolument. Je pense que première chose, c'est de poser des questions ouvertes. Les questions ouvertes permettent de savoir, connaître l'histoire des gens et c'est souvent comme ça qu'on sait qu'est-ce qui sont les principales motivations et aussi de cerner quelles sont les craintes, les angoisses. Tout le monde a des petites angoisses dans des projets comme ça.
Par exemple, est-ce que il y a un bébé qui est en route? Est-ce qu'il y a de la maladie dans la famille des choses comme ça? Parce que c'est très humain et comme c'est le projet d'une vie, s'acheter une propriété, je pense que les courtiers pour se préparer devraient avoir d'avance une série de bonnes questions ouvertes qui ne sont pas des questions d'ordre pratique ou reliées à des biens matériels, mais carrément l'histoire des gens, leurs préoccupations familiales.
Puis, des fois connaître leur biais. Les biais, je veux dire par là, ils ont des idées préconçues sur certains quartiers ou certains types de domicile et des fois contrecarrer ces croyances-là qui des fois sont erronées. Il faut faire parler les gens. Je pense que c'est la bonne façon de se préparer. Il faut être fin psychologue, finalement.
Mitsou Gélinas: Oui, mais Fabien, il faut dire que bon en tant que chroniqueur, en tant qu'animateur aussi, on va peut-être parler de ce terme de question ouverte. Une question ouverte, c'est une question qui ne se répond pas par « oui » ou par « non.»
Fabien Major: Exactement. Si je dis à quelqu'un : « Racontez-moi l'origine de votre projet, pourquoi vous en êtes venus à choisir le quartier Rosemont, par exemple ». Les gens vont nous raconter leur petite histoire, mais si je dis : « Vous aimez ça le quartier Rosemont? ». « Oui. Non », ça finit là, on n'a rien appris.
Mitsou Gélinas: Voilà, qui est clair.
Fabien Major: C’est aussi simple.
Mitsou Gélinas: Maintenant parlons des ressources financières. Tu dois en avoir pas mal dans ton carnet, mais quelles sont ces ressources principales que devraient consulter les courtiers ou les agents?
Fabien Major: Les ressources financières en ce qui concerne l'information financière pour être au fait des nouvelles tendances, je pense que il faut lire, je crois, ce qui se passe au sud de la frontière, parce que veut veut pas, l'économie américaine nous influence. S'il y a un choc économique au Sud de la frontière, ça va inévitablement, par effet de domino, contaminer un peu le marché canadien. Alors des fois, ça nous met au parfum là.
J'aime beaucoup regarder les publications quotidiennes de « MarketWatch », qui appartient à la famille Dow Jones, qui nous donnent des informations sur tout et les finances personnelles traitent très très très souvent d'immobilier. On a une idée des tendances. Bien sûr, il y a quelques publications francophones, mais on dirait que l'information qu'on trouve sur des sites comme « MarketWatch » ou encore « Glob Investor » au Canada sont des informations très très fraîches sur les nouvelles tendances.
Allez dans la section Finance Personnelle ou Real Estate, des fois, on peut s'abonner à des alertes. Twitter, je trouve que ce réseau social, il est formidable puisqu'un agent, un courtier pourrait s'abonner à certains influenceurs du monde de l'immobilier et recevoir, comme ça, dans son fil Twitter, des informations toutes fraîches sur des données économiques. Ça peut être aussi des prêteurs, ça peut être des confrères, mais on voit de l'information en temps réel avec Twitter. Alors, ça, c'est trois sources que je pense qui sont indispensables.
Mitsou Gélinas: L'Autorité des marchés financiers aussi? La Commission des valeurs immobilières de l'Ontario?
Fabien Major: Oui, bien sûr. Alors de ce côté-là, il y a des sites internet pratico-pratiques qui sont relativement accessibles autant aux clients qu'aux courtiers, puisque le langage, il est simplifié. Lautorite.qc.ca, ça, c'est le site internet de l'Autorité des marchés financiers. On sait que maintenant, il y a un aspect qui touche l'immobilier avec toutes les responsabilités de l'autorité des marchés financiers qui visent à protéger l'investisseur.
Dans le cas de l'immobilier, la grande question, c'est souvent : « Est-ce que je devrais louer ou acheter? » Il y a un calculateur qu'on trouve sur le site de l'Autorité des marchés financiers. Et du côté de la Commission des valeurs immobilières de l'Ontario, il y a des sites grand public qui sont formidables, qui permettent aussi d'avoir toutes les nouvelles, les nouvelles tendances. On a, comme ça, de l'information très fraîche. Sur le site de CVMO, on a aussi des calculateurs, des vidéos, des exemples où on peut trouver de l'information fort pratique, fort utile.
Alors, le courtier qui fréquente ces sites-là, il est exposé aussi à ce qui intrigue le futur acheteur, le futur investisseur immobilier. Il va avoir le même langage et il peut se préparer d'avance des fois pour avoir certains comparateurs et partager aussi des ressources, des vidéos, des podcasts, des textes avec ses futurs acheteurs.
Mitsou Gélinas: Tu as aussi toutes les sections spécialisées des journaux également qui sont importants. Les comptes des journalistes peut-être également?
Fabien Major: Oui. Les comptes des journalistes, c'est intéressant. Les journalistes économiques, je pense à Francis Vailles et à Daniel Germain avec le Journal de Montréal. Francis Vailles, il est avec le journal La Presse. Stéphanie Grammond. Bien sûr, vous avez au Québec avec l'émission RDI Économie, Gérald Fillion, qui vont partager beaucoup beaucoup beaucoup d'informations. Mais ne négligez pas non plus la Banque du Canada. La Banque du Canada a un outil, c'est un calculateur d'inflation, parce que l'inflation, c'est la bête noire de tout le monde. C'est ce qui fait que année après année, tout coûte plus cher. C'est l'influence sur le coût de la vie qui est l'inflation et c'est aussi la cible principale de la banque du Canada. Ça, on n'en entend pas souvent parler, parce que la banque des banques, elle, elle contrôle le flux monétaire du pays en augmentant ou en diminuant le taux d'intérêt. C'est comme et ça que ça se répercute aussi dans l'hypothèque de ceux qui nous écoutent.
Mitsou Gélinas: Tu le dis, tout coûte plus cher maintenant. Il y a un cycle économique immobilier qui est en train de se transformer en ce moment. Et est-ce qu'il y a, quand même, des possibilités qui s'offrent aux courtiers immobiliers à cause de ça?
Fabien Major: Il y a quelque chose que j'aime répéter avec le temps. Je crois que ça vient, je pense, de John F. Kennedy, qui mentionnait que lorsqu'il y a du danger, il y a presque toujours une opportunité. En ce moment, le cycle économique est en train de basculer. On croit que un cycle économique complet, ça dure sept à huit ans. Et si on a un cycle économique immobilier, là c'est plus long, ça peut être 15-20 ans.
Le cycle immobilier dans lequel nous sommes présentement est justement mature. Est-ce que ça signifie que les prix vont se contracter beaucoup? Pas sûr de ça, pas sûr de ça, mais il peut y avoir certaines périodes où il y a de l'incertitude, où il y a moins d'acheteurs pour une propriété, et il y a peut-être plus de vendeurs. Mais d'un côté ou de l'autre, ça recèle quand même quelque chose d'intéressant pour les intervenants du milieu, les agents et les courtiers immobiliers.
Il y a un autre phénomène, qui, celui-là, il est très révélateur de l'économie, c'est la démographie. La démographie étudie les différentes cohortes d'âges. C’est-à-dire si vous avez, par exemple, les baby boomers ou les générations X, les milléniaux, tout ça, on sait que c'est très fort et ça permet de faire des prévisions en ce qui concerne l'économie. Le nombre de baby boomers qui va peut-être vendre sa propriété et se retrouver dans plus petit, dans un condo ou vendre le chalet, etc, on prévoit que dans les prochaines années, ça peut bouleverser le monde immobilier et sans doute représenter de très très très belles opportunités.
Mitsou Gélinas: En même temps, il y a tellement d'éducation à faire encore. Quel rôle devraient jouer les courtiers et les agents pour s'assurer que leurs clients comprennent les conditions du marché et les répercussions qui pourraient en découler?
Fabien Major: Il y a un rôle d'éducation, c'est certain. Si le courtier, l'agent, se représente par tous ses comportements, par tous ses contacts, par tous ses liens et ses conversations, comme étant un guide, le guide, il peut nous accompagner. Il peut nous accompagner dans la famille, parce que si ça s'est bien passé, le projet d'un jeune couple, ils vont recommander le même agent aux parents qui vont devoir vendre la grande maison plus tard, ou le frère, la sœur, le cousin, etc. Toute la famille va se mettre de la partie.
Ça, c'est une belle opportunité de tisser des liens plus étroits, non pas seulement pour une ou deux transactions, mais pour suivre toute la famille dans les différents projets. S’ils ont à déménager parce que la famille s'agrandit, il y a plus que deux enfants par exemple et puis les besoins ont changé, ou que les finances se sont améliorées par un héritage ou quoi que ce soit, il faut connaître ces informations-là.
C'est pour ça que on doit gérer activement ses contacts. Je recommande autant pour les planificateurs financiers que pour les agents et courtiers en immobilier d'avoir ce qu'on appelle un CRM. C'est un logiciel de gestion des relations, client relationship manager. C'est un petit logiciel. Il y en a plusieurs. Il y en a qui sont en ligne, qui sont très très très bien faits, qui permettent d'entrer des données des fois sur le nombre de personnes et les caractéristiques de ceux qui composent le noyau familial. Les goûts, les envies, les projets futurs, on peut mettre très loin dans le calendrier.
Si le couple nous a dit : « Dans deux ans, nous avons l'intention d'acheter une propriété de villégiature, un chalet, ou quoique ce soit, une maison de campagne. » Imaginez le courtier qui est tellement bien organisé, que dans 20 mois, il contacte le couple en disant : « Avez-vous toujours votre projet ? » « Oui, justement, tu arrives tellement bien que maintenant on est intéressé à commencer à faire des visites. » C'est comme ça, en s'organisant, finalement, et en étant près des gens.
Mitsou Gélinas: J'adore ça. Les courtiers et les agents peuvent utiliser ça, mais un peu tout le monde aussi, j'imagine?
Fabien Major: Oui.
Mitsou Gélinas: Fabien, il y a des façon de penser différemment en tant que courtier?
Fabien Major: Oui, je pense qu'au niveau relationnel, on a tout à gagner. Si, autrefois, les gens faisaient des confidences très souvent au curé du village, aujourd'hui, celui qui le remplace, c'est peut-être le planificateur financier et comptable, parce que ceux-ci ont des relations directes avec des clients et vont leur confier leurs petites et grandes angoisses. Dans le cas du planificateur financier, c'est celui qui fait toutes les projections qui a le plan financier entre les mains.
Alors, s’il y a des unions qui se préparent, s'il y a des séparations, s'il y a un héritage en cours, s'il y a la vente d'actifs qui va engendrer des capitaux pour un nouveau projet immobilier, évidemment, le premier en ligne de mire, c'est le planificateur financier. Les courtiers et agents qui veulent sans doute avoir l'information la plus fraîche dans leurs quartiers devraient sans doute identifier dans leur coin les planificateurs qui ont une certaine influence, qui ont un carrière établie, qui ont quelques décennies d'expérience, qui connaissent bien bien bien leur famille.
Aussi, d'entrer, peut-être, en relation professionnelle et d'avoir certains tuyaux comme ça avec différentes conversations. C'est sûr, on n'entre pas dans les données confidentielles. C'est toujours avec l'approbation des clients, des propriétaires, etc. Mais, oui, je pense que le planificateur devrait certainement être un des professionnels dont devrait s'adjoindre une majorité d'agents et courtiers immobiliers.
Mitsou Gélinas: Tu vends la maison d'un planificateur financier, tu as une bonne relation et puis lui, il pourra te proposer différents clients peut-être? Ça part tout du personnel quand même.
Fabien Major: Oui. Mais sortez de la relation habituelle avec le banquier, parce qu'une banque, c'est un organisme à but lucratif, et le planificateur financier, par ses responsabilités fiduciaires, il doit toujours favoriser le meilleur intérêt de son client. Si lui, il est autonome dans ses décisions, il peut favoriser toutes les institutions financières, et très souvent les planificateurs autonomes ou de gestion de patrimoine, ils sont indépendants et travaillent comme ça avec quelques familles privilégiées. Je crois que c'est une opportunité, bien sûr, pour les agents et les courtiers.
Mitsou Gélinas: Comme Fabien nous l'a dit, parler à des planificateurs est un bon truc, mais il y a aussi d'autres façons de faire des contacts. Le Café ACI qui est un endroit chaleureux où les membres de l'ACI peuvent échanger des idées et des points de vue sur l'actualité du secteur, tout en prenant une tasse de café virtuelle. Pour accéder au contenu instructif publié chaque semaine, joignez-vous à la conversation au cafeaci.ca.
À la fin de la journée, est-ce que tu retournes sur certains sites pour vérifier certaines petites choses ou tu te laisses le plaisir de vivre une vie personnelle enrichie?
Fabien Major: Oui. Il faudrait que je demande ça à ma blonde, mais elle dit que j'ai peut-être pas de limites. Toute l'information, comme ça me passionne, la planification, l'économie et tout ça, c'est sûr que quand il y a une information à portée de main, je vois une petite alerte quelconque, je m'y intéresse. Non, je ne ferme pas les livres mettons à cinq heures, c'est contre-nature pour moi. C'est sûr que je vais faire une petite tournée générale et je planifie les journées suivantes et certainement le lendemain.
Mitsou Gélinas: Bon, regarde-tu ne planifies pas seulement les finances, mais la vie au complet, puis c'est correct aussi, ça fait partie de la nature, j'imagine, d'un planificateur?
Fabien Major: C'est vrai, mais il faut aussi en venir à mettre dans son agenda professionnel, les parties de loisirs qu'on ne veut pas manquer. Si on doit faire du sport, si on a des activités familiales, tout ça, parce que oui, rien de tel que se ressourcer, se changer les idées pour stimuler son imagination et stimuler sa créativité.
Mitsou Gélinas: Restez à l'écoute, Fabien a même réussi à me faire rire en parlant finances. Le salon de REALTOR.ca est votre référence pour tout ce qui touche l'immobilier, qu'il s'agisse d'articles sur les tendances du marché et des finances, comme on le fait aujourd'hui, mais aussi des nouveautés dans le milieu jusqu'aux idées de décoration. Le salon saura vous inspirer. Et toi, Fabien Major, que penses-tu des courtiers et des agents immobiliers?
Fabien Major: Bien franchement, je ne me verrais pas vendre une propriété sans le soutien d'un courtier et d'un agent. C'est lui, le spécialiste, c'est lui qui connaît son quartier, c'est lui qui connaît le marché et je pense que c'est essentiel pour bien se faire accompagner. Surtout, je crois que ce sont des optimistes dans l'âme, ils ont toujours les yeux pétillants et ils savent reconnaître les opportunités. La majorité, je pense qu'ils sont vraiment dédiés à leurs clients et veulent que le projet se réalise.
J'ai une anecdote pour toi, Mitsou. La crise de 2008, méchante crise, pareil. Il y a quelqu'un qui m'a raconté l'histoire d'un agent immobilier de Californie et tu vas comprendre que ils sont optimistes dans l'âme. Il y avait un banquier qui avait un agent d'immeuble et il y avait un comptable qui avec la grave crise, en 2008, ils se sont ruinés. Les trois se sont retrouvés sans abri, en dessous d'un pont en Californie. Et puis là, ils devaient passer une nuit à la belle étoile.
Il y a le comptable qui trouve une boîte de carton et s'installe dedans et le banquier trouve une deuxième boîte de carton et s'installe dedans. L'agent d'immeuble, il regarde les deux, les boîtes de carton l'une à côté de l’autre, puis lui, il prend une troisième boîte et l'installe par-dessus, puis il écrit : Penthouse à vendre disponible dans un nouveau développement de professionnels.
Mitsou Gélinas: Wow, je ne pensais pas finir un entretien avec un planificateur financier avec une joke, c'est bon ça. Merci Fabien de m'avoir instruite et de m'avoir fait rire aussi.
Fabien Major: C'est l'optimisme qui nous contamine, c'est ça que je retiens des agents et courtiers immobiliers.
Mitsou Gélinas: C'est une belle manière de terminer cet entretien, Fabien. Merci énormément, c'était hyper intéressant. Puis, en espérant que tout le monde puisse transformer cette crise que l'on vit actuellement en opportunité.
Mitsou Gélinas: Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. J'aimerais remercier notre invité, Fabien Major, pour ses excellents conseils et ses bonnes blagues. Si vous avez aimé cet épisode, n'oubliez pas de vous abonner au balado et de le partager avec vos collègues. Ne manquez pas le prochain épisode, Marc Lacasse, qui nous parlera de l'importance des connexions émotionnelles en immobilier et des différentes occasions que les courtiers et agents immobiliers peuvent saisir pour rehausser leur marque. Pour consulter d'autres ressources sur l'immobilier, visitez le crea.ca. C'était Mitsou Gélinas qui vous dit à la prochaine.
Mitsou Gélinas: Allô, c'est Mitsou. Quel est le meilleur conseil que vous avez reçu durant votre carrière en immobilier? Une personne vous a-t-elle donné un truc infaillible en marketing ou une idée révolutionnaire sur la gestion des relations avec les clients? Nous voulons connaître les conseils qui ont fait progresser votre carrière de courtier ou d'agent. Laissez-moi un message au 1888-768-6794 et nous pourrions l'inclure dans notre prochain épisode.
Mitsou Gélinas: Pour consultez d'autres ressources sur l'immobilier, visitez le CREA.ca. C'était Mitsou Gélinas qui vous dit : « À la prochaine. » Le balado « EN DIRECT » est présenté par l'Association canadienne de l'immeuble, l'ACI.
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