Quand on rencontre Jean-Noël Robert, son érudition s’impose d’emblée et, avec elle, une légère étrangeté : comme s’il se tenait en partie ailleurs, absorbé par un monde intérieur où les langues dialoguent entre elles. Derrière l’académicien, derrière le professeur au Collège de France, derrière le grand spécialiste du bouddhisme japonais, il y a une autre histoire. Celle d’un garçon de treize ans qui décide, très sérieusement, d’apprendre presque toutes les langues du monde. Une ambition vertigineuse et jamais reniée. Le russe, le chinois, le latin surtout, qui demeure sa colonne vertébrale. Puis le tibétain, le japonais. De ce compagnonnage patient avec les langues est née une notion singulière, qu’il a lui-même forgée : la hiéroglossie. Dans sa pensée, les langues ne sont pas de simples instruments. Elles sont des mondes. Davantage encore : les chambres secrètes des civilisations. Philologue - et non linguiste, tient-il à préciser -, Jean-Noël Robert explore les correspondances entre les langues. Jean-Noël Robert est le quatorzième invité d’En habit vert.