Pour clore cette première saison d’Enquêtes Poétiques, nous posons nos valises en Allemagne pour écouter la voix singulière et trop tôt éteinte de May Ayim (1960-1996). Poétesse, militante afro-allemande, elle a consacré sa vie à déconstruire les silences du racisme et du sexisme.
Dans cet épisode, nous enquêtons sur son texte percutant : « Liberté de l’art ». Sous la forme d’un dialogue retranscrit, May Ayim y met en scène deux femmes : Madame K., qui utilise l’art comme alibi pour tenir des propos racistes (« ce n’était pas mon intention »), et Madame S., qui exprime l’angoisse d’être remplacée par des voix jugées plus « exotiques ».
Bien avant les débats actuels sur le « grand remplacement » ou l’appropriation culturelle, May Ayim avait déjà disséqué ces mécanismes toxiques. Comment la bonne conscience peut-elle servir le racisme ? Comment la peur de perdre sa place nourrit-elle le rejet ? Une analyse nécessaire pour comprendre que la liberté de l’art ne saurait être un bouclier contre l’humanité d’autrui.
🎙️ Un grand merci à Lucie Lamy et Jean-Philippe Rossignol pour leur travail de traduction et de transmission, découvert lors du Printemps des Poètes.
📚 Cet épisode est dédié à tous les libraires indépendants, gardiens de ces voix essentielles.
🔔 Ceci est le dernier épisode de la Saison 1. Le podcast fait sa rentrée en septembre pour une nouvelle saison d’enquêtes.