Éric Fottorino est un journaliste et écrivain français. Son œuvre littéraire explore les zones restées inconnues de sa propre identité, de son roman familial.
Enfant naturel reconnu et adopté par un pied-noir de Tunisie, Michel Fottorino, auquel il consacrera un récit, L’Homme qui m’aimait tout bas, il est le fils biologique d’un juif marocain natif de Fès. Pièce majeure du récit familial, L’Homme qui m’aimait tout bas est inspiré par le suicide de son père adoptif dont il porte le nom. Ce livre sombre et solaire à la fois montre comment l’absence des liens du sang n’interdit pas la naissance de liens filiaux puissants.
Questions à mon père (Gallimard 2010) complète ce diptyque des pères, l’auteur interrogeant son père naturel peu avant sa disparition. Dans ce texte de questionnement, Éric Fottorino demande à son père marocain ce que signifie pour lui être juif. « Être juif, répond-il, c’est avoir peur ». L’auteur qui a retrouvé tardivement ce père écrit : « Comme on peut aimer deux enfants, on peut aimer deux pères à la fois. » Le père n’a pas reconnu le fils, c’est le fils qui a reconnu le père, offrant à chacun d’eux comme une renaissance.
Avec Dix-sept ans (Gallimard 2018), Éric Fottorino aborde frontalement la figure de sa mère qui n’était jusqu’alors dans son œuvre qu’un profil perdu. Cette jeune femme devenue fille-mère à l’âge de dix-sept ans est source d’admiration et d’incompréhension pour l’enfant, d’inquiétude aussi quand elle le laisse seul ou semble disparaître.
À travers ces récits et romans dont il souligne qu’ils sont « traduits du silence », Éric Fottorino tente depuis plus de trente ans de s’inventer une famille.
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