Cette semaine, avec Manuel Peyrondet, nous parlons du retour des vignes franc-de-pied, le rêve de toute une vie.
Pour mieux comprendre ce que sont les vignes franc-de-pied, il faut remonter au milieu du XIXème siècle. A l’époque le phylloxéra, un puceron américain importé accidentellement en Europe, décime le vignoble français.
Il s’attaquait aux racines des pieds de vigne en creusant une multitude de galeries et tous les pieds de vigne finissaient par mourir. La seule parade qui s’imposa fut le recours à des porte-greffes américains, naturellement résistants aux attaques du parasite.
Une décision efficace, mais qui a également un impact sur le gout du vin. Agissant comme un filtre, il modifie le cycle végétatif de la plante et filtrent les messages venant du sol.
Si Manuel Peyrondet nous parle d’un rêve de toute une vie, c’est parce beaucoup de viticulteurs ne rêvent que d’une chose : revenir à des vignes franc-de-pied (c’est-à-dire non greffées) et retrouver ces nuances et cette sapidité qui leur sont propres.
Certains domaines ont d’ailleurs sauté le pas. C’est le cas par exemple de Maxime Graillot au Domaine des Lises (Drôme) et du Domaine François Chidaine à Montlouis-sur-Loire (Indre-et-Loire). Ces viticulteurs ne sont bien-sûr pas épargnés par le phylloxera, toujours présent. Mais de façon différente. Si le parasite fait bien mourir 30 à 40% des vignes chaque année, elles ne meurent pas toutes d’un coup.
A l’heure du changement climatique, le retour à des vignes franc-de-pied est donc un rêve pour beaucoup de vignerons. Cela leur permettrait d’avoir tout d’abord une captation des messages différente et un équilibre alcool plus bas.
Mais tout ça représente « un énorme chantier agronomique » pour Manuel Peyrondet, et le chemin à parcourir reste encore long.