En voyant la nature reprenant ses droits dans nos villes européennes, en voyant les images satellites dévoilées par l’Agence spatiale européenne montrant une baisse très importante des émissions de dioxyde d’azote, on pourrait se dire que ce virus, nous donne un répit face au réchauffement climatique. Sauf que non, cette baisse ponctuelle de la pollution ne résoudra pas le problème, mais nous permet de réfléchir que futur que nous voulons. C’est ce que nous explique Valérie Masson-Delmotte, physicienne, climatologue et co-présidente du groupe base physique du GIEC.
"Ce qu'il faut bien comprendre c'est que le climat réagit à l'accumulation de nos émissions de gaz à effet de serre et en particulier de dioxyde de carbone. Donc ce qui compte, pour l'évolution du climat, ce sont les émissions passées, actuelles et à venir. Si on veut que le climat ne se réchauffe plus, alors il s'agit de planifier stratégiquement des transformations profondes. La sortie de crise, pourrait nous permettre de reprendre les recettes du XXème siècle. Ou alors, elle pourrait être l'occasion de réfléchir ensemble au type de développement qui pourrait permettre à tous de vivre mieux. Avec un enjeu croisé qu'on appelle la santé planétaire."
Selon elle, après cette crise, il faudra compter sur un courage politique extrême, pour nous libérer de nos vieux paradigmes, pour ne pas tirer les vieilles ficelles austéritaires et pour mettre en place des moyens d’actions à grande échelle afin de nous permettre de répondre à l’urgence climatique, probablement la plus importante de notre temps.