La presse européenne part au Etats-Unis aujourd’hui, avec les premiers témoins qui ont comparu mercredi dans le cadre d'une procédure de destitution contre Trump.
Ils étayent la thèse selon laquelle Trump aurait bel et bien poussé l'Ukraine à ouvrir des enquêtes contre un concurrent de Trump dans la course aux présidentielles, Joe Biden, et contre son fils.
Les éditorialistes se penchent sur les avantages que les républicains et les démocrates peuvent tirer de la procédure en termes de communication.
Ce qui est d’ailleurs souligné au Royaume-Uni, pour qui Les démocrates et les républicains voient tous deux dans les auditions publiques une opportunité à saisir, comme l’analyse The Daily Telegraph :
“La porte-parole de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, espère que l'affaire suffira à convaincre les électeurs de son parti d'aller voter aux présidentielles de 2020, au lieu de bouder les urnes comme ils l'avaient fait en 2016 parce qu'ils n'aimaient pas Hillary Clinton.
Rappelons-nous toutefois que depuis des semaines, Trump et les républicains brûlaient d'impatience de voir commencer les auditions en vue d'une destitution.
De leur point de vue, la procédure vient corroborer la théorie selon laquelle l'establishment de Washington tente désespérément d'orchestrer un coup d'Etat.
Avec un peu de cynisme, on peut dire que les auditions seront pour les deux parties un moyen de plaider leur cause en direct à la télévision - en quelque sorte une annonce publicitaire gratuite.”
En Slovaquie, on considère que les auditions qui viennent de commencer sont la meilleure illustration de l'actuelle polarisation des Etats-Unis, comme l’écrit le quotidien Pravda :
“Il faut s'attendre à ce que le parti de Trump transforme les auditions en un reality-show choquant.
A cet exercice de style, le chef du Bureau ovale est comme un poisson dans l'eau.
Or la procédure de destitution est la suite logique des soupçons qui pèsent sur Trump, et selon lesquels il aurait cherché à forcer la main à l'Ukraine pour qu'elle traîne dans la boue son adversaire politique, l'ex-vice-président démocrate Joe Biden.
Cela ressort clairement des témoignages de plusieurs représentants du gouvernement américain actuel divulgués jusque-là.
On aurait toutefois tort d'oublier qu'avant cette affaire, un nombre considérable de démocrates étaient plutôt sceptiques face à la perspective d'une destitution.
Et les démocrates savent qu'un recours constitutionnel polarisera un peu plus les Etats-Unis.”
Enfin en Belgique, on explique que Si les déclarations des témoins appelés à la barre incriminent des hauts-responsables républicains, elles renforcent cependant la position du vice-président, comme l’estime dans ses pages le quotidien De Morgen :
“Si encore plus de preuves [provenant des services secrets] viennent s'ajouter au dossier d'accusation, il est de plus en plus probable que les hauts-responsables républicains finiront par se retourner contre Trump.
Les sénateurs qui devront remporter des duels serrés avec leurs rivaux démocrates en 2020 pour espérer être réélus y réfléchiront à deux fois.
Or s'il y a quelqu'un qui puisse véritablement compromettre la position de Trump actuellement, c'est bien son vice-président et les alliés de celui-ci au sénat.
Si Pence fait à nouveau campagne avec Trump en 2020, il fera sans aucun doute monter sa propre côté politique, exigeant en contrepartie une politique plus chrétienne dans les quatre années à venir.
Ne vous étonnez donc pas si bientôt, Trump tweete non pour lancer des invectives, mais pour demander pardon.”