Libra, c’est le nom de la future crypto-monnaie de Facebook.
Le groupe américain Facebook la mettre en place en 2020.
Comme le bitcoin, le libra se basera sur la technologie du blockchain, mais ne devrait pas être exposé à des oscillations de cours.
Alors que signifie cette initiative pour le monde financier et pour les données personnelles de milliards de clients potentiels ?
Hé bien pour les britanniques du Financial Times, les scandales de ces derniers mois et années, rendent difficile d’accorder de la confiance au groupe américain :
“Le système donnerait accès à Facebook à un fonds unique d'informations financières.
Bien que le groupe assure avoir tiré des enseignements de ses erreurs et agir désormais de façon plus consciencieuse dans la gestion de ces données, il n'y a eu pratiquement aucune conséquence pour les cadres de l'entreprise.
Si la filiale Calibra a assuré qu'elle n'utiliserait les informations personnelles des clients que dans un but publicitaire, le passif récent de Facebook sur ce point n'a rien de très rassurant.
On aura du mal à accorder une confiance illimitée au libra.
Il s'agit en effet du projet d'une entreprise qui s'est très peu souciée de ses clients jusqu'à maintenant.”
Aux Pays-Bas, le quotidien De Tijd préfère prévenir les établissements financiers. Selon le journal, ils seraient bien avisés de prendre acte de ce projet :
“Facebook a déjà conclu des accords de coopération avec des groupes comme Uber et Spotify, lesquels adopteront peut-être rapidement les paiements en libras.
L'initiative est par ailleurs soutenue par des entreprises spécialisées dans le paiement, comme Visa et Mastercard.
La base d'un lancement réussi est bien là.
Facebook aura encore certes de nombreux obstacles à franchir.
De plus, les transactions bancaires ne se limitent pas à la seule offre de prestations de paiement.
Au demeurant, ce serait une erreur de la part des acteurs du monde financier que de ne pas prendre au sérieux l'offensive de Facebook.
Car si le géant du Web pose un pied à bord du navire, il sera très difficile de l'en faire descendre.”
Enfin, on retourne en France, où l’éditorial de Libération juge que l'irrésistible essor de Facebook pourrait bientôt prendre fin :
“Il arrive un moment où la puissance économique devient dangereuse de par sa simple existence, comme une planète colossale dont la seule masse ordonne le mouvement des autres.
Réglant et surveillant les faits et gestes de milliards d'humains, Facebook acquiert un pouvoir qui finit par concurrencer celui des nations.
Louis XIV avait monté un procès truqué contre Fouquet pour le faire emprisonner et mettre fin à cet Etat dans l'Etat.
Les pouvoirs politiques contemporains n'iront pas jusque-là.
Mais plus le nouveau Fouquet gagnera en puissance, plus ils seront tentés de prononcer la dissolution de son empire en exigeant, comme ils l'avaient fait pour les 'barons voleurs' du début du XXe siècle, qu'il soit divisé en sociétés distinctes.
Ce moment se rapproche.”