Pas moins de dix candidats briguent la direction du Parti conservateur britannique, libérée par le départ de Theresa May, et du même coup le poste de Premier ministre.
Le groupe parlementaire des Tories désignera cette semaine deux candidats, que les membres du parti seront appelés à départager.
Boris Johnson fait figure de favori.
Si certains commentateurs tremblent à l'idée de le voir réélu, d'autres croient en un retournement de dernière minute.
Ainsi, si Johnson devait succéder à May, la Grande-Bretagne irait au devant d'une période chaotique, redoute Kerstin Leitel, correspondante du quotidien allemand, Handelsblatt à Londres :
“Par le passé, Johnson n'a jamais hésité à défrayer la chronique par ses promesses fracassantes, même s'il les a rarement tenues.
Pour reprendre le flambeau de May, Johnson fera à nouveau de grandes promesses, qu'il sera finalement incapable d'honorer.
Cela n'est guère profitable à la qualité et à la prévisibilité de sa politique.
C'est pourquoi il faut espérer qu'il soit écarté de la course à la succession au Premier ministre et qu'un autre successeur à May sache mener avec l'UE des négociations sur le Brexit sur une base plus réaliste.
Or au vu de l'ambiance qui règne actuellement sur l'île, il est malheureusement peu probable que ce soit le cas.”
Boris Johnson serait le gagnant désigné ? Rien n'est moins sûr, rappelle les belges de Le Soir :
“Faut-il faire confiance aux sondeurs qui affirment que le grand acteur est en tête ?
Ils se sont si souvent trompés sur l'électorat britannique devenu… insondable.
Surtout, dans le passé, les favoris au départ des éliminatoires ont tous trébuché au profit d'outsiders, à l'instar de John Major ou de David Cameron, inconnus au box-office des stars de la politique.
L'histoire de la droite anglaise est semée de nº1 au hit-parade de la popularité étranglés par leurs pairs. 'That's life…', clamait Frank Sinatra."
Presque tous les aspirants à la succession de May rivalisent de promesses sur des baisses d'impôts pour les plus aisés, ce qui ne plaît guère à Financial Times :
“Les candidats devraient tâcher de restaurer la réputation du parti en termes de responsabilité fiscale et de compétence économique, au lieu de se livrer à une absurde surenchère.
Le prochain Premier ministre ne devrait songer à une politique de dépenses publiques qu'une fois qu'un Brexit non encadré aura pu être évité.
La priorité devrait alors consister à revenir sur les coupes de la dernière décennie.
Les conservateurs devraient chercher à gouverner pour l'ensemble du pays, et non pour une minorité d'activistes politiques.”