Les élections européennes passées, les discussions sur la constitution des groupes politiques du Parlement européen s'intensifient. Le choix du prochain Président de la Commission européenne et des autres postes clefs fait aussi l’objet de négociations entre les dirigeants des Etats membres.
Intéressons-nous tout d’abord au Parlement européen et aux groupes politiques qui le constituent.
376 sièges sont requis pour avoir la majorité au Parlement européen. Pour la
première fois depuis 1979, la droite (PPE) et les sociaux-démocrates (S&D)ne
seront pas majoritaires à eux deux, avec 327 sièges au total. Ils auront donc besoin d’établir des alliances pour atteindre la majorité, notamment avec l’ADLE et les Verts.
En ce qui concerne les groupes politiques au Parlement européen, chaque groupe est composé d’au moins 25 eurodéputés, issus a minima de sept Etats membres.
Les négociations sont en cours au sein des différents groupes d’ici à la session
plénière constitutive du 2 juillet.
Les tractations actuelles, par groupe politique, sont les suivantes :
Le Parti Populaire Européen (PPE), arrivé en tête avec 180 élus, doit désormais élire le bureau de son groupe politique. L’actuel président, Manfred Weber, a été réélu à titre provisoire.
S’agissant des sociaux-démocrates (S&D), le président actuel du groupe, l’Allemand Udo Bullmann, souhaiterait être réélu. Les bons scores des socialistes espagnols et italiens devraient cependant rendre le renouvellement du mandat de Bullman plus compliqué que prévu.
Pour le groupe des libéraux, l’Alliance des démocrates et des libéraux pour
l'Europe(ADLE), ce sont la Néerlandaise Sophie in't Veld, et le Suédois Fredrick Federley, qui se sont déjà officiellement annoncés comme candidats. Mais il faudra composer avec la Française Nathalie Loiseau et l'Allemande Nicola Beer qui seraient aussi en lice.
Concernant les Verts/ALE, les coprésidents du groupe, l’Allemande Ska Keller et le Belge Philippe Lamberts, devraient être reconduits dans leurs fonctions. Notons que les Verts ont réalisé une percée historique, mais uniquement en Europe de l’Ouest.
Le groupe des Conservateurs et Réformistes (ECR), est quant à lui en décrochage. Il perd 11 élus, ce qui est en parti dû au très mauvais score des conservateurs britanniques. Le parti polonais, PiS, semble bien positionné pour prendre la tête du groupe ECR avec 26 eurodéputés.
Concernant l'extrême droite, les discussions se poursuivent pour la formation d’un nouveau groupe nommé Alliance européenne des peuples et des Nations (EAPN). Les souverainistes, conservateurs et eurosceptiques évaluent encore leurs options.
Enfin, pour la gauche radicale, le groupe est passé de 52 à 38 eurodéputés. Il
pourrait être dirigé par un Français ou un Grec, les deux délégations nationales
ayant remporté chacune six eurodéputés.