A quelques jours de la Journée mondiale de l’environnement, il serait bon de se rappeler qu’en matière de pollution, s’en remettre à Mère Nature pour la dégrader et en venir à bout seule, n’est pas une bonne idée. Gwenaël Imfeld, biogéochimiste du CNRS, présente deux exemples où des polluants se transforment ou s’accumulent dangereusement.
Surprise pour le scientifique, qui mène ses recherches à l’Institut terre eenvironnement de Strasbourg (ITES, unité de recherche du CNRS et de l’université de Strasbourg), lorsqu’en 2019, un collègue allemand l’informe que les eaux souterraines d’un écoquartier de Fribourg-en-Brisgau contiennent de la terbutryne, molécule active d’un herbicide interdit en agriculture ! L’explication : la molécule apparait dans la composition de certaines peintures de façade, ses propriétés herbicides lui garantissant un blanc maculé, exempt de mousse et de champignons. Mais il existe peu de connaissances scientifiques sur le devenir de la terbutryne au fil du temps : se transforme-t-elle en sous-produits tout autant toxiques ? au bout de combien de temps ? plutôt sous l’effet du soleil ? sous l’action des bactéries du sol ? C’est l’objet des recherches franco-allemandes menées au sein du projet NAVEBGO.
Autre exemple, on sait tous que des fongicides qui contiennent du cuivre sont utilisés pour protéger les cultures de pathogènes, dont le mildiou, en particulier en zone viticole. Face aux risques environnementaux liés au cuivre, l’Union Européenne a revu en 2019 la règlementation en vigueur, réduisant les doses de cuivres autorisées par hectare et par an. Or le cuivre ne se dégrade pas ; il s’accumule…inégalement dans les sols et en fonction de leurs caractéristiques. Gwenaël Imfeld s’est donc entouré d’un consortium pour identifier les variables qui favorisent l’accumulation : précipitations, aridité et teneur en carbone organique du sol. La cartographie des sols en danger à l’échelle européenne est maintenant réalisée, ainsi que la simulation de différents scénarios et projections sur 100 ans. Et les terroirs viticoles alsaciens dans tout cela ? Moins grave qu’en Champagne !
Émission Eurêka ! proposée en partenariat avec la délégation Alsace du CNRS.
Plus d’information :
- Gwenaël Imfeld, biogéochimiste à l’Institut terre et environnement de Strasbourg, ITES, unité de recherche du CNRS et de l’université de Strasbourg :
https://ites.unistra.fr/recherche/equipes/bise/pages-personnelles/gwenael-imfeld
https://recherche.unistra.fr/experts/annuaire/i/gwenael-imfeld
- NAVEBGO, NAchhaltige VErringerung des Biozideintrags in das Grundwasser am Oberrhein, Réduction de l’apport de biocides dans les eaux souterraines du Rhin supérieur :
Restitution publique des résultats
https://www.navegbo.uni-freiburg.de/fr
- Le cuivre viticole à l’échelle européenne :
https://www.insu.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/le-cuivre-viticole-lechelle-europeenne
- A propos des Impacts des produits phytopharmaceutiques sur la biodiversité et les services écosystémiques : expertise collective INRAe et Ifremer.
titre diffusé :
Dan ar Braz - Suite de Kopanitza (Live)
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