Description
Géopolitique, énergie, crises : et si on ne pouvait pas séparer ces trois mots ? C'est en tout cas ce que pense Adel El Gammal, Professeur de géopolitique de l'énergie à l'Université libre de Bruxelles et Secrétaire Général de l'EERA, l'Alliance Européenne de la Recherche sur l'Énergie. Dans cet épisode enregistré en mai 2026, au moment où la guerre en Iran bouleverse le détroit d'Hormuz et fait flamber les prix du pétrole et du gaz, Adel El Gammal retrace l'histoire des crises énergétiques depuis les chocs pétroliers de 1973 et 1979, le rôle décisif de Tchernobyl dans l'effondrement soviétique, les 20 à 30 années de mensonges organisés des grandes compagnies pétrolières sur le réchauffement climatique, et le glissement progressif de l'ordre mondial unipolaire vers un chaos géopolitique. Il décortique en quoi la crise ukrainienne de 2022 et la crise iranienne de 2026 sont structurellement différentes, pourquoi les prix du gaz sous-estiment encore la sévérité du choc à venir, et pourquoi la transition vers les renouvelables déplace les dépendances sans les supprimer, en les concentrant désormais sur les matériaux critiques et les chaînes de valeur chinoises. L'Europe, grande perdante depuis deux décennies selon lui — économiquement, militairement et diplomatiquement —, n'est pas condamnée, à condition d'agir enfin comme un marché intégré et de miser sur une alliance des démocraties intermédiaires. Mais l'épisode va plus loin que la géopolitique : Adel El Gammal conclut sur la conviction que la transition énergétique est autant sociétale que technologique, que l'obsession de l'énergie infinie à coût nul est peut-être la pire chose qui pourrait nous arriver, et que le monde a moins besoin de nouvelles technologies que de sobriété, de philosophie et, pour reprendre ses mots, de plus de poésie.
Introduction
Chapitre 1 : L’Europe
Chapitre 2 : Questions personnelles
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