Fil d'actualité du Balado du CRIDAQ

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By Le balado du CRIDAQScienceSocial Sciences
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Fil d'actualité du Balado du CRIDAQ episodes

  • Projet de loi C-12 : Amélioration ou sécuritisation du système d’immigration canadien ?

    Le gouvernement libéral de Mark Carney a récemment fait adopter en troisième lecture à la Chambre le projet de loi C-12, nommé « Loi visant à renforcer le système d’immigration et la frontière du Canada ». Actuellement examiné par le Sénat, ce nouveau texte législatif remplace la très contestée loi C-2 que les libéraux avaient été contraints de retirer à l’automne sous la pression de nombreuses oppositions venant de la société civile et de députés conservateurs s’inquiétant de mesures de violation de la vie privée.

    Comme son prédécesseur, le projet de loi C-12 vise un renforcement de la sécurité à la frontière et reprend la plupart des mesures de C-2 en matière d’asile et d’immigration. En vertu de cette nouvelle loi, les personnes présentes depuis plus d’un an sur le territoire ne seraient plus éligibles à une demande d’asile. Le projet de loi prévoit aussi de restreindre le nombre de dossiers auditionnés par un juge – accroissant ainsi les pouvoirs de l’administration dans la gestion des dossiers. Les autorités publiques pourraient enfin élargir leurs pouvoirs d’annulation ou de suspension de documents d’immigration tels que des permis de travail ou d’étude.

    C-12 ne se limite toutefois pas à l’immigration et comporte une série de dispositions en matière de renforcement de la sécurité à la frontière. De nombreux travaux ont souligné ces trente dernières années la « sécuritisation » croissante de l’immigration et des frontières, c’est-à-dire, la transformation de ces sujets en enjeux de sécurité nécessitant le recours à des pratiques de contrôle.

    Toutefois, le Canada étant souvent associé dans l’imaginaire collectif à une forte tradition d’accueil et au multiculturalisme, la sécuritisation de son système d’immigration peut surprendre. Alors, dans quelle mesure le pays suit-il cette tendance ? Le projet de loi C-12 s’inscrit-il dans une telle dynamique de sécuritisation ? Et plus largement, pourquoi observe-t-on à une échelle globale un durcissement des politiques migratoires et qu’est-ce que cela implique pour les droits des personnes ?

     

    Pour explorer ces questions, nous avons le plaisir de recevoir Anne Marie D’Aoust. Elle est professeure en science politique à l’UQAM et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la gouvernance sécuritaire des corps, la mobilité et les frontières. Elle s’intéresse dans ses travaux aux évolutions des dispositifs de contrôle des migrations et à leurs conséquences sur les individus et les corps. Elle s’est notamment intéressée aux politiques de réunification familiale.

     

    Animation: Olivier SalomonRéalisation: Olivier Salomon et Camille RangerProduction sonore: Alysée Lavallée-Imhof

    36 min
  • Loi 94 : une relance du débat sur la laïcité au Québec

    Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec a fait voter à la fin du mois d’octobre la loi 94 « visant à renforcer la laïcité dans le milieu de l’éducation ». Parmi les mesures qui ont le plus retenu l’attention figurent l’interdiction du port de signes religieux pour l’ensemble du personnel présent dans les établissements scolaires y compris dans les CPE (centres de la petite enfance), et l’obligation pour les élèves d’avoir le visage découvert. Portée par le ministre de l’Éducation Bernard Drainville - auteur de la charte des valeurs en 2013 - l’objectif affiché par les pouvoirs publics est de préserver l’école et les élèves de l’influence de la religion.

    La nouvelle ministre de l’Éducation, Sonia Le Bel, s’est pour sa part félicitée de l’adoption d’une loi qui, selon elle, permettra « d’encadrer de façon beaucoup plus concrète plusieurs principes qui sont chers aux Québécois », parmi lesquels la liberté de conscience et l’égalité entre les femmes et les hommes.

    De nombreux acteurs tels que la Ligue des droits et libertés et le Conseil national des Musulmans ont plutôt fait part de leurs craintes quant à un nouvel empiètement sur les libertés et droits fondamentaux de la personne que pourrait induire cette loi.

    Six ans après l’adoption de la loi 21 qui interdit le port de signes religieux pour les fonctionnaires en position d’autorité et les enseignants du secondaire, se trouve donc relancé le débat sur la laïcité, son interprétation et sa mise en œuvre dans une société pluraliste. Ces controverses, à la fois juridique, politique et philosophique, soulèvent des questions fondamentales sur la conception québécoise de la neutralité de l’État, sur la gestion du fait religieux dans l’espace public et, plus largement, sur le rapport entre identité collective et diversité culturelle.

    Pour éclairer ce sujet, nous recevons Frédéric Dejean, il est professeur au département des sciences de religion de l’UQAM. Dans un texte pour le journal Le Devoir, il souligne l’émergence d’une « nouvelle laïcité » au Québec, qui étend de plus en plus son domaine d’application. Nous aurons également le plaisir de discuter avec David Koussens, juriste et professeur à l’université de Sherbrooke, qui a récemment publié « Quand les juges disent la laïcité. Perspectives belges et françaises ».

    Animation: Olivier Salomon
    Réalisation: Olivier Salomon et Camille Ranger
    Production sonore: Alysée Lavallée-Imhof

    42 min
  • Projet de loi 84: continuité avec l'interculturalisme québécois?

    Le ministre de la langue française M. Jean-François Roberge a récemment déposé le projet de loi 84, appelé, « Loi sur l’intégration nationale » qui vise à définir officiellement le modèle d’intégration du Québec.

    Dans ses récentes sorties médiatiques, le ministre M. Roberge a déclaré à plusieurs reprises que le PL 84 s’inscrivait en continuité avec l’interculturalisme. L’un des objectifs principaux de ce modèle d’intégration est d’assurer la continuité de la culture francophone au Québec et il se distingue en cela du multiculturalisme canadien. Toutefois, et c’est un point important, l’interculturalisme cherche aussi à favoriser les échanges entre le groupe majoritaire et les minorités, et à reconnaître les droits et les aspirations des minorités, dans le respect d’une pensée pluraliste. L’interculturalisme repose donc sur un équilibre fragile entre ces deux objectifs.

    Or, selon certains, c’est précisément cet équilibre entre continuité de la culture francophone et apports de la diversité qui serait mis en péril avec le PL 84. En insistant notamment sur les exigences relatives à l’intégration des personnes immigrantes et en demandant l’adhésion à un certain nombre de « valeurs », le projet de loi de la CAQ se rapprocherait davantage d’une approche assimilationniste qu’interculturaliste.

    C’est le point de vue que défendent nos deux invités, François Rocher et David Carpentier, qui ont cosigné avec une trentaine de professeurs et d’anciens ministres une lettre ouverte parue dans Le Devoir au mois de février 2025 dans laquelle ils mettent en garde contre une dérive assimilationniste. Avec eux, nous explorons dans cet épisode les enjeux et les défis que soulève ce projet de loi sur l’intégration nationale, et nous revenons aussi sur l’histoire et les principes phares de l’interculturalisme au Québec.


    Animation: ⁠⁠Olivier Salomon⁠⁠

    Réalisation: ⁠⁠Olivier Salomon⁠⁠ et ⁠⁠Camille Ranger⁠⁠

    Production sonore: Alysée Lavallée-Imhof

    48 min
  • Liberté d’expression, désinformation, réseaux sociaux... et retour de Donald Trump: Qu’en est-il de la démocratie?

    Donald Trump effectue cette semaine son grand retour à la Maison Blanche et c’est en compagnie d’alliés de poids qu’il entame son nouveau mandat. Les géants de la tech, dont Elon Musk en premier lieu, puis Mark Zuckerberg ont en effet affiché leur soutien au président nouvellement élu (certains plus ouvertement que d'autres).

    Dans le sillage de la droite libertarienne et du camp trumpien, ces milliardaires de la tech ont fait de la liberté d’expression leur nouveau cheval de bataille. Après Elon Musk, propriétaire de X anciennement Twitter, Mark Zuckerberg a annoncé vouloir supprimer les vérificateurs de faits et d’information des réseaux sociaux du groupe Meta, au nom donc de la liberté d’expression des utilisateurs, et contre la « censure » qu’imposeraient les médias officiels et les institutions gouvernementales. Le fondateur de Facebook parle même d’un « point de bascule culturel vers une nouvelle priorité accordée à la liberté d’expression ».

    La liberté d’expression est l’un des piliers des régime démocratiques, elle est en effet le point de départ d’un débat démocratique libre et éclairé. Toutefois, cela fait plusieurs années que qu’elle est instrumentalisée par l’Alt Right et par toute une partie de la galaxie trumpienne.

    Les conservateurs libertariens plaident en effet pour une liberté d’expression totale alors que d’autres voix et instances officielles, à l’instar de de la Commission Européenne, insistent sur la nécessité de réguler les contenus diffusés en lignes et les algorithmes des réseaux sociaux. Ces questions se posent de façon encore plus épineuse avec le développement d’intelligences artificielles génératives capables de produire du contenu de façon autonome.

    À l’ère de la désinformation, de l’IA et des réseaux sociaux, doit-on redéfinir notre rapport à la liberté d’expression ? Quelle régulation peut-on raisonnablement imposer à la liberté d’expression sans entraver les principes de la démocratie ? Comment encadrer l’usage des nouvelles technologies afin de garantir un débat libre et éclairé ? C’est à ces questions que notre invité, Louis-Philippe Lampron, juriste et professeur à l’Université Laval à Québec, a dernièrement consacré des recherches. Il revient tout juste d’un séjour aux États-Unis au cours duquel il a suivi la campagne présidentielle.


    Animation: ⁠Olivier Salomon⁠

    Réalisation: ⁠Olivier Salomon⁠ et ⁠Camille Ranger⁠

    Production sonore: Alysée Lavallée-Imhof

    49 min
  • Expulsions de masse en République dominicaine: Droits des Haïtien.ne.s menacés

    Alors qu’Haïti traverse une grave crise sécuritaire et humanitaire, le gouvernement du pays voisin, la République dominicaine, a annoncé au mois d’octobre dernier un plan d’expulsion de 10 000 immigré.e.s haïtien.ne.s par semaine. En 2023, ce sont plus de 250 000 personnes qui avaient été expulsées par les autorités dominicaines.

    Ces expulsions sont menées de façon arbitraire et expéditive, dans des conditions éprouvantes, et concernent bien souvent des personnes nées en République dominicaine, n’ayant jamais vécu en Haïti. Ainsi, ces déportations de masse inquiètent quant au non-respect des droits de la personne les plus fondamentaux.

    Le représentant d’Haïti auprès de l’Organisation des États américains, Gandy Thomas, a qualifié ces expulsions de « nettoyage ethnique » et de « campagne discriminatoire contre les Haïtien.ne.s en raison de leur nationalité et de la couleur de leur peau ». Garry Conille, le premier ministre haïtien, qui depuis, a été démis de ses fonctions, avait dénoncé sur son compte X anciennement Twitter une « violation des principes fondamentaux de la dignité humaine ».

    Le président dominicain réélu au printemps dernier, Luis Abinader, ne semble pas tenir compte de ces mises en garde, et en réalité, ces évènements récents s’inscrivent dans une longue histoire d’exploitation économique et de marginalisation sociale des immigrant.e.s haïtien.ne.s. Aussi, ces pratiques semblent être en quelque sorte précédées et permises par un processus de criminalisation et de déshumanisation des Haïtien.ne.s.

    Dans quel contexte politique, social et historique se déroulent ces expulsions de masse ? Quelle est l’histoire des relations entre ces deux pays voisins et comment de telles actions sont-elles rendues possibles ?

    Pour répondre à ces questions, nous recevons Amín Pérez, professeur en sociologie à l’UQAM et spécialiste des questions d’immigration. Dans un texte publié en mai dernier, il dénonçait ces expulsions massives et forcées, ce mois-ci, il est notre invité pour ce nouvel épisode du Fil d’actualité du balado du CRIDAQ.


    Animation: Olivier Salomon

    Réalisation: Olivier Salomon et Camille Ranger

    Production sonore: Alysée Lavallée-Imhof

    38 min
  • Genre, sexualités et Église catholique

    Quelle est la vision de l’Église catholique sur le genre et la sexualité ? Depuis quand cette notion est-elle perçue comme une menace par le Vatican ? Comment cette préoccupation s’est-elle répandue à travers différents pays, donnant lieu à des mobilisations et des conflits autour de la question du genre ? Ce 1er épisode de l'année 2024-2025 se penche sur les façons dont l'Église catholique aborde les questions de genre et de sexualités.

    Pour y voir plus clair, Olivier Salomon, animateur, a le plaisir d'accueillir Catherine Foisy, professeure au département de sciences des religions de l'UQAM et spécialiste du christianisme et du catholicisme.


    Animation: Olivier Salomon

    Réalisation: Olivier Salomon et Loïc Bizeul

    Production sonore: Alysée Lavallée-Imhof

    35 min
  • Projet de loi 44: Quelles retombées pour la recherche scientifique au Québec?

    Le projet de loi 44, adopté le 9 mai 2024 à l'Assemblée nationale, engendre un débat animé au sein de la communauté scientifique et universitaire. Alors que le scientifique en chef Rémi Quirion et les directions des trois fonds de recherche actuels défendent le projet de loi,  arguant qu’il favorisera la recherche intersectorielle et multidisciplinaire, la majorité des voix issues du monde de la recherche réclament des modifications substantielles pour garantir une représentation équitable des intérêts de chaque domaine de recherche ainsi que pour assurer l’indépendance de la recherche au Québec.

    Pour éclairer ces débats, Loïc Bizeul reçoit aujourd’hui Louis-Philippe Lampron, professeur à la faculté de droit de l’Université Laval, et Madeleine Pastinelli, professeure au département de sociologie de l’Université Laval et également présidente de la Fédération Québécoise des Professeurs et Professeures d’Université (FQPPU).


    Réalisation et montage: Loïc Bizeul

    Musique: Devon Ashton-Beaucage

    58 min
  • Parler français, exigence de l'immigration permanente au Québec? Regard sur le Plan d'immigration du Québec 24-25

    Cet épisode se consacre aux enjeux entourant les nouveaux critères d’immigration mis en place par le Gouvernement du Québec dans son récent Plan d'immigration du Québec et la Planification pluriannuelle de l'immigration pour 2024‑2025.

    Le Québec a récemment dévoilé de nouvelles orientations en matière d’immigration, faisant de la maîtrise du français un critère désormais incontournable pour les nouveaux et nouvelles arrivant.e.s. Le message est clair: la langue française devient une condition sine qua non pour s’installer de façon permanente au Québec.

    Ce resserrement des règles aura assurément des impacts importants sur les futur.e.s immigrant.e.s mais aussi sur ceux et celles vivant déjà au Québec. Il marque aussi la consolidation de l’approche prônée par le gouvernement caquiste en matière d’immigration permanente: d’abord assurer la protection du français avant la croissance démographique ou économique liée à l’immigration. À l’avenir, si le Québec devait accueillir plus d’immigrant.e.s, ce sera uniquement en raison de la croissance du nombre d’immigrant.e.s économiques francophones.

    C’est donc de cette nouvelle approche, qui inclut notamment une réforme du processus de sélection des travailleur.e.s qualifié.e.s, une refonte du programme de l’expérience québécoise, des changements aux conditions du regroupement familial et à celui des travailleur.e.s autonomes que nous nous intéresserons.

    Pour en discuter, Loïc Bizeul accueille deux invité.e.s: Catherine Xhardez, professeure de science politique à l’Université de Montréal, membre du CRIDAQ et spécialiste des politiques d’immigration, et Daye Diallo, économiste principal à l’Institut du Québec et chargé de cours à HEC Montréal.

    Animation et co-réalisation: Loïc Bizeul
    Mixage sonore et co-réalisation: Camille Brasseur
    Musique: Devin Ashton-Beaucage

    58 min
  • Le sécularisme en mouvement | Épisode 3/3

    Le sécularisme en mouvement, une série de la collection Recherche et événements du Balado du CRIDAQ.

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    Épisode 3/3 - Le catholicisme au Québec : entre attachement culturel et déclin de la pratique religieuse

    Dans ce troisième et dernier épisode, Jennifer Selby, Sarah Wilkins-Laflamme et Géraldine Mossière s'intéressent à la persistance de l'attachement culturel au catholicisme au Québec, malgré la diminution marquée de la pratique religieuse. Bonne écoute!

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    Animation et co-réalisation: ⁠Loïc Bizeul⁠

    Mixage sonore et co-réalisation: ⁠Camille Brasseur⁠

    Musique: ⁠Stéphanie Jobin⁠

    42 min
  • Le sécularisme en mouvement | Épisode 2/3

    Le sécularisme en mouvement, une série de la collection Recherche et événements du Balado du CRIDAQ.

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    Épisode 2/3 - Débats, enjeux et effets de la régulation de la religion et de la laïcité au Québec

    Dans ce deuxième épisode, Loïc Bizeul accueille Amélie Barras et Dia Dabby pour des débats, enjeux et effets diffus de la régulation de la religion et de la laïcité au Québec.

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    Animation et co-réalisation: ⁠Loïc Bizeul⁠
    Mixage sonore et co-réalisation: ⁠Camille Brasseur⁠
    Musique: Stéphanie Jobin

    35 min

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Le Centre de recherche interdisciplinaire sur la diversité et la démocratie, le CRIDAQ, vous invite à explorer des sujets d'actualité à travers les yeux de spécialistes qui les présentent de façon accessible et approfondie.