Fièvre est un court métrage philo-dramatique voulant traiter la question suivante « est ce que notre place dans la société peut nous faire devenir violent ? » sans forcément y répondre, le but étant de faire naître la réflexion chez le spectateur.
Pour ceci le réalisateur a donc travaillé le scénario comme un devoir de philosophie.
RÉALISATEUR (Adda Senani):
Je me suis d’abord posé la question « Qu’est-ce qui fait un Homme ? »
J’en ai conclu qu’un Homme, c’est deux choses :
ses gènes (ce qui définit notre couleur de peau et de cheveux, par exemple)
et son environnement, qui le mets en clin à devenir ce qu’il sera (exemple : vivre à la campagne, qui est un environnement calme ne fera pas forcément de vous une personne calme, mais vous mettra enclin à le devenir)
Je me suis ensuite demandé ce qu’était « la violence ».
En faisant des recherches pour mon scénario j’ai relevé plusieurs fois la définition « violence : absence de légalité » ce qui n’est pas forcément la bonne définition pour moi, mais j’ai décidé en construisant mes personnages que ce serait la définition que le personnage principal adopterai.
Pour finir sur cette question philosophique je me suis demandé où se passerai mon histoire, et après réflexion elle se passerai dans mon quartier, je me suis donc demandé ce qu’est un quartier ? Quel est l’impact de l’environnement sur mon personnage ?
Après réflexion j’en suis venu à me dire qu’un quartier était un endroit où il y a absence de légalité que ce soit du peuple et des représentants de la justice (qui sont deux figures importantes de cet environnement) donc par définition un endroit avec une absence de légalité quasiment constante est un endroit « violent » si on suit la définition précédente.
Contrairement à ce qu’on pu dire les médias ce film n’est pas un film sur les bavures policières, ce n’est pas un film de cité comme les gens aiment bien dire, c’est un film sur un jeune qui aurait pu vivre dans le 16ème arrondissement de Paris comme a la campagne, un jeune que je ne veux pas associer à son environnement en l'appelant banlieusard ou mec de cité car il est plus que ça, un jeune qui se rend compte de sa place, de ce qu’il représente, de son environnement.
Dans ce film, on peut apercevoir des violences à la maison avec les parents, à l’école, chez le psy, entre la police et les jeunes, celle des jeunes entre eux et même celle au sein de la police.
Dans ce film, il n’y a ni méchant ni gentil juste des hommes et la violence qu’ils peuvent subir comme commettre, des hommes qui ne savent pas forcement s’exprimer et qui n’ont que ce que leurs environnement leurs a montrer comme clés de langage pour se faire comprendre.
Le seul antagoniste est alors l’incompréhension, car, oui, je me suis rendu compte que l’une des actions qui apaise le plus une personne qui a mal … C’est d’être compris.
J’essaie aussi de parsemer mon histoire de zones d'ombre pour qu’on ne puisse pas toujours comprendre les motivation de certains personnages et laisser la liberté au spectateur de se faire son avis, d’imaginer, de rêver, d’aimer ou de détester mes personnages et pourquoi pas, sans leur forcer la main, les aider à combattre leurs propres clichés et à-prioris.