
Sign up to save your podcasts
Or


Dans cette nouvelle séance, une fois n'est pas coutume je vais vous parler un peu de technique.
Tout simplement parce qu'on va décortiquer les intrusions dans votre ordinateur et dans le système d'information de votre entreprise. Si je voulais expliquer tous les types d'attaques possibles, il me faudrait plusieurs mois mais ici nous allons nous concentrer sur 2 thèmes récurrents dans la fraude : les rançongiciels (ransomware dans la langue de Shakespeare) et le phishing (hameçonnage dans la langue de Molière ;-).
Les premiers vous prennent en otage et le deuxième mise tout sur votre envie de cliquer sur tout ce qui peut être cliqué : un lien dans un mail ou une pièce jointe. Mais surtout, les deux sont liés : les rançongiciels n'existeraient pas sans le phishing et c'est là que le facteur humain prend toute sa valeur car il va vous falloir identifier si vous pouvez cliquer en toute sécurité ou si vous devez jeter ce mail qui vous encourage pourtant à le faire !
Nous allons voir ensemble ce qui doit vous aider à ne pas vous faire avoir et vous éviter ces deux fraudes qui nous touchent autant à titre perso qu'à titre pro !
Des costumes multiples
Vous connaissez probablement la fraude au faux fournisseur, c'est celle dont nous parlions avec mes invités des épisodes 2 et 3 de ce podcast. Mais le président n'est pas le seul costume que les fraudeurs peuvent endosser. Il peut s'agir d'un avocat, d'un banquier ou de n'importe qui du moment que le rôle donne de l'ascendant au fraudeur sur sa victime.
Une fraude qui continue d'évoluer
Cette fraude existe depuis 10 ans mais elle continue d'évoluer. En effet avec l'essor de la visioconférence, les usurpateurs commencent à utiliser la vidéo pour rendre leur fausse identité encore plus crédible, c'est le cas de l'exemple dont je vous parle dans cette séance : le faux "Jean-Yves Le Drian" ! Une affaire digne des meilleurs films d'espionnage...
Et si le fraudeur réalisait lui-même les virements à votre place ?
C'est précisément ce qu'il parvient à faire en se faisant passer pour un faux technicien bancaire. Je vous explique ici comment il s'y prend et quels sont les points de vigilance à avoir en tête.
Quand on veut correctement se protéger contre la fraude, le point de départ incontournable est de bien connaître les risques auxquels l’entreprise est exposée.
Je vous propose donc une série de cinq séances au cours desquelles je n’aurai pas invité mais j’en profiterai pour vous présenter en détail les principaux types de fraude qui ont été rapportés par les entreprises françaises en 2019 ainsi que des exemples de protections que vous pouvez mettre en place simplement.
Dans le premier épisode de cette série je vous propose de vous expliquer ce qu’est une fraude au faux fournisseur. J’ai choisi de commencer par celle-ci parce qu’il représente une tentative de fraude sur 2 en 2019. Si vous en avez déjà entendu parler, vous allez peut-être en découvrir d’autres aspects qui sont moins connus et pourtant tout aussi susceptibles d’arriver à n’importe quelle entreprise.
Vous pourriez également être visé(e) à titre personnel avec le 3ème aspect de cette fraude : le faux créancier de prélèvement !
Céline est responsable comptable et ses fonctions l’ont exposée à de nombreuses tentatives de fraudes. Dans cette séance de fraudologie, elle nous parle de la fraude au président et de ses convictions concernant le management des équipes comptables.
La sensibilisation des équipes comptables plus efficace que les meilleurs outils informatiques
Ici Céline nous décrit les étapes de validation des virements qui devaient être respectées dans son entreprise. Ce processus précis avait été mis en place pour protéger l’entreprise des erreurs et des fraudes. Mais j’ai été frappé de constater que les tentatives de fraude qu’elle nous décrit ont toutes été bloquées avant même que les outils soient utilisés ! En effet les comptables qui ont été contactées ont réagi et partagé leurs doutes avec les collègues avant d’aller trop loin. Quand on n’est pas dans le feu de l’action ça peut paraitre facile, mais pour arriver à avoir des équipes aussi solides cela suppose d’avoir beaucoup travaillé en amont et c’est ce que Céline nous explique. Il s’agit d’un travail de longue haleine qui doit être renouvelé très régulièrement pour être réellement efficace !
Le point de vue de Céline est également intéressant car c’est celui d’une « opérationnelle », j’entends par là qu’elle vit les choses de l’intérieur, contrairement à un dirigeant qui est nécessairement plus éloigné du terrain. Et pour protéger les équipes des attaques, Céline nous explique pourquoi il est important pour elle de ne pas communiquer sur les équipes comptables et financières et de le leur expliquer. En effet il s’agit là d’un véritable exercice de management : en les cachant, l’entreprise protège ses comptables et valorise l’importance de leur fonction.
Pour une sensibilisation complète et efficace des équipes, nous avons souligné quelques critères qui doivent être régulièrement remis en avant. En effet dans le groupe de promotion immobilière dans lequel elle travaillait, les opérations internationales étaient rares et devaient éveiller l’attention. Encore faut-il que les comptables sachent identifier facilement qu’un numéro de compte est français ou pas !
Enfin, le moment de la semaine où on se trouve confronté à une situation anormale doit également être considéré comme un signal fort. Les fraudeurs veulent augmenter leurs chances de réussite maximisant la fragilité de leurs interlocuteurs. Une de leurs armes est d’attaquer au moment où leurs « proies » seront les moins attentives. Donc dans des moments de stress comme des veilles de jours fériés ou de week-end en fin de journée, les salariés sont pressés de rentrer chez eux et pourraient vouloir se « débarrasser » d’une demande en la traitant avec moins de rigueur que d’habitude. Il est donc important de leur répéter régulièrement comment réagir dans ces situations !
Comme de nombreux dirigeants, Fabien sait que son identité peut être usurpée dans le cadre d’une fraude au président. Il aurait pu mettre en place des procédures, des contrôles, ou toute sortie d’outils pour protéger ses équipes mais il n’en a rien fait. Il a misé sur une astuce qui s’est révélée redoutablement efficace : l’humour !
En matière de lutte contre la fraude, la prévention est souvent la solution la plus efficace. Mais cette prévention peut se traduire de nombreuses façons ! Certains préfèreront l’installation d’outils informatiques qui obligent le dirigeant à valider les ordres de virement. D’autres choisiront de réaliser des contrôles stricts qui permettront d’éviter les erreurs. Et il existe bien d’autres parades. Toutes ces solutions peuvent être parfaitement pertinentes si elles sont adaptées à l’organisation de l’entreprise et à son mode de management. Mais peu d’entreprises mesurent réellement le retour sur investissement de ces solutions. En réalité, dans plus d’un cas sur deux (selon l’étude Euler Hermès / DFCG 2020), le facteur humain est déterminant pour déjouer une tentative de fraude.
Fabien Pelletier est un dirigeant qui a un style bien à lui et en particulier un sens de l’humour très fin. Alors que la fraude au président est encore balbutiante, il participe à une réunion du CJD (le Centre des Jeunes Dirigeants d’entreprises) sur le sujet. Il décide alors de miser sur ce facteur humain en impliquant les personnes clefs dans la sécurité financière de l’entreprise : sa directrice financière et son responsable informatique…
Si vous êtes en phase de création d’entreprise ou que vous devez modifier la raison sociale de votre entreprise, je ne peux que vous conseiller d’écouter cette séance de fraudologie jusqu’au bout ! Vous pourriez bien économiser quelques centaines d’euros en profitant de l’expérience de Fabien…
Christophe a vécu une fraude à laquelle on a tous pensé un jour : le vol de son numéro de carte bancaire ! Sa conseillère bancaire a parfaitement réagi mais ça s’est gâté quand un collaborateur de sa banque a commencé à le soupçonner de ne pas être qu’une victime...
Christophe Greis est le dirigeant de l’agence Générale des Services de la Flèche. Comme de nombreux chefs d’entreprise, il utilise le site internet de sa banque pour consulter ses comptes et réaliser ses virements. Un jour il voit apparaitre des opérations anormales sur son compte professionnel : des virements vers son compte personnel. Ensuite 3 paiements par carte sont débités de son compte personnel auquel est rattaché la carte bancaire en question. Presque 30 000€ lui ont alors été dérobés !
Il a le bon réflexe et appelle d’abord sa conseillère bancaire. Celle-ci bloque immédiatement la carte, puis il va porter plainte pour officialiser l’existence d’une fraude.
Il récupère rapidement la moitié des fonds mais le solde tarde à lui être restitué. Il se retrouve alors confronté à un collaborateur de sa banque qui lui fait sentir que sa responsabilité dans cette situation semble être engagée…
Notre échange s’est beaucoup concentré sur la récupération des fonds et le sujet de sa carte. Mais Christophe explique aussi qu’il a commencé par constater des virements anormaux entre ses comptes avant d’être débité par carte. Ceci indique que le fraudeur ne s’est pas contenté de récupérer ses numéros de carte. En effet il disposait également de son identifiant et de son mot de passe pour se connecter au site bancaire ! Les fraudeurs utilisent de nombreuses méthodes pour vous soutirer ces informations. Mais la méthode utilisée est incontestablement le phishing.
En France, une loi oblige la banque à restituer les fonds dans le cas d’une opération non autorisée. Il s’agit de l’article 133-18 du Code monétaire et financier. Néanmoins la banque peut refuser de restituer les fonds si elle soupçonne son client d’être à l’origine de la fraude. C’est pour cette raison que je vous conseille de porter plainte pour démontrer que vous êtes la victime. Sans preuve de votre dépôt de plainte, votre banque pourrait ne pas prendre en compte votre demande.
Attention si vous êtes tenté de déposer une fausse plainte ! Sachez qu’il s’agit d’une escroquerie et que la peine maximale que vous encourez est de 375 000€ et de 5 ans d’emprisonnement. De quoi y réfléchir à deux fois…
A l’occasion de cette toute première séance de fraudologie, je tiens à remercier chaleureusement Christophe pour sa participation. Un énorme merci également à Didier Chateau, le président de la Générale des Services, qui m’a fait l’amitié de me mettre en relation avec Christophe.
From the publisher's feed