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Or


Ca y est, c’est les vacances. Les vôtres vont-elles être sable, mer, ville, herbe ? Gîte, camping ? Hôtel ? Et si elles étaient odorantes ? Parfumées ? Au Brie, au Munster, au Maroilles ? Des vacances à point ?
Cet été, mangez du fromage ! Moquez-vous de votre cholestérol ! A bas le gras ! On s’en fiche, des kilos en trop !
Il parait que De Gaulle disait : » Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromage « ? Aujourd’hui, on en compterait plus d’un millier. Un vrai patrimoine. Moi, ça me met l’eau à la bouche.
Le fromage, ça va bien avec le vin. Alors, on peut croiser les routes. Manger et boire dans le pays de Rabelais, c’est vraiment une bonne idée. Gastronomie et savoir (bien) vivre. Voilà les deux mammelles de la France.
D’ailleurs, un fromage, c’est comme un vin. Ca s’apprivoise. Pâte molle, croûte fleurie, lait cru, pâte persillée : rien à voir ! On sent le fromage. On le hume. On le respire.
Imaginez des vacances où on déguste un bon Cantal après des kilomètres en voiture. Les professionnels se mettent en quatre : sites à visiter, fromages à goûter, fêtes. Fourme d’Ambert, Cantal, Saint-Nectaire à déguster. Elle donne faim, ma chronique, non ?
Surtout que l’Auvergne n’est pas le seul territoire fromager ! Passez par le Jura savourer un délicieux Comté. Arrêtez-vous dans une des fruitières qui jalonnent ces parcours. C’est quoi, une fruitière ? Une fromagerie coopérative et artisanale.
L’été, je sais, c’est pas trop la saison du reblochon, mais allez, faites un effort. C’est mieux que la pension complète des hôtels, je vous assure.
Et si vous aimez les odeurs fortes, montez donc dans l’Avesnois goûter au Maroilles. Chaque année à la mi-août, la ville éponyme le met à l’honneur. Un pur moment de bonheur. Mais je vous défie de tenir bon après une bouchée d’un autre fromage du coin, la boulette d’Avesnes. Malgré tous mes efforts, c’est beaucoup trop fort.
Heureusement, il y en a plein d’autres. Partout. Chabichou, Cabecou, Camembert, Etorki, Brillat-Savarin, Saint-Paulin… Et toutes ces routes, par dizaines et par dizaines, comptent des ateliers de cuisine et de la dégustation. A en saliver du Nord au Sud. Quel été !
Mais on n’est pas les seuls à aimer nos fromages. A New York, ils en sont fous. Il existe même un concept store avec galerie, atelier et boutique. Plus original comme visite que la statue de la Liberté, non ?
Plus de chapeaux ronds pour les Bretons. Plus de coiffes pour les bigoudènes non plus. D’ailleurs, qu’est-ce que c’est que ce truc avec les bigoudènes ? Il y a des tas de coiffes en Bretagne. On dirait qu’on ne connait que celle-là. Pourtant, elle vient d’un minuscule bout du bout du sud du Finistère. Et elle cache toutes les autres.
Alors bon, ils ont quoi les bretons, s’ils n’ont plus de truc sur la tête ? Des sabots de bois ? Ca, c’était avant. Une mer froide ? C’est vrai. De la pluie ? Vrai aussi. Des tricots marins et des fruits de mer ? Oui. Des crêpes ? Oui. Des alcooliques ? Oui.
Halte. Tout ça, c’est des clichés. C’est vrai, la mer, c’est pas l’Océan indien. Mais c’est tonique, une eau à 18 degrés dans les bons jours. Non ? Et il ne pleut pas plus qu’à Bordeaux ou à Biarritz. Surtout, on boit autant d’alcool dans d’autres régions.
En Bretagne, il y a aussi de nombreux écrivains, des poètes, des sculpteurs, des musiciens et des comédiens. Une vraie terre d’artistes.
Surtout, l’écologie, la nature et l’environnement sont omniprésents. En octobre 2015, le magazine La Vie classait d’ailleurs les quatre départements bretons dans le top 10 des plus écologiques. Dans l’ordre : les Côtes d’Armor à la troisième place et le Finistère à la sixième. Puis le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine (septièmes ex-aequo).
Les points forts ? La gestion des déchets. La qualité de l’air. Pour la qualité de l’eau, là, c’est autre chose. Les quatre départements arrivent dans les quarantièmes et soixantièmes places. Autre point faible ? La protection de la biodiversité. Mais enfin, la vache pie noire est réhabilitée. Il y a un conservatoire de l’abeille noire. On trouve partout des aires marines protégées. Beaucoup d’ îlots accueillent les oiseaux migrateurs. Sans oublier les colonies de sternes en baie de Morlaix.
Bon. Reste le problème des algues vertes. En 2015, leur volume semblait repartir à la hausse. Un vrai cauchemar pour les estivants. Et pour les stations balnéaires. Si vivantes autrefois, elles sont aujourd’hui désertées. L’algue verte, c’est nocif. Un gaz se forme pendant sa putréfaction : le H2S. Il est très très dangereux pour l’homme car il bloque la respiration. Si on l’inhale pendant quinze minutes, on peut mourir. La faute aux nitrates, aux élevages intensifs et à la fertilisation des terres agricoles. Finalement, heureusement qu’il reste les clichés pour se marrer…
Tunisie. Turquie. Egypte. Ethiopie. Maldives. Mali. Kenya. Indonésie.
Vigilance renforcée. Pays à éviter. Mots étranges pour qui a eu la chance d’y aller.
Faire un safari au Kenya. Marcher dans le sud tunisien. Découvrir les temples de Karnak. Se baigner dans l’Océan Indien.
Moi qui voulais voir les Dogons. Aller à Tombouctou. Retourner à Istanbul ou au Caire.
Impossible. Dangereux. Pourquoi ? Les conflits. Les guerres. Les terroristes. Les islamistes. Les barbares.
Qui rendent leurs pays infréquentables. Affament les populations. Je me souviens des Egyptiens, déjà si pauvres. Pour eux, le tourisme, c’était l’aubaine. De quoi manger un peu.
Je me souviens des Kenyans. Ils nourrissaient leurs familles pendant des mois grâce aux touristes.
Et puis, plus rien. Des hôtels vides, des restaurants vides près du Sinaï. Personne dans les rues de Dahab, personne sur les plages de Diani, personne au marché de Douz. Des plages désertes. Des déserts… déserts. Plus de safaris à Tsavo ou à Amboseli. Plus de croisières sur le Nil.
Sur le site du Quai d’Orsay, la liste est longue de ces pays. Yémen, Mauritanie, Maroc, Sénégal, Algérie, Niger, Israël. A éviter. Ou se méfier.
C’est vrai, la Syrie, certains endroits en Turquie ou l’Irak ne sont pas des destinations à privilégier pour ses vacances.
Bien sûr, on peut se consoler avec l’argument écologique. A force d’avoir construit des piscines et de grands complexes hôteliers partout, la Tunisie l’a payé. Cher. Les palmeraies, qui faisaient travailler des centaines d’ouvriers, sont aujourd’hui asséchées.
L’embouteillage des bateaux sur le Nil créait toutes sortes de pollutions.
Sur les plages du Kenya, les hôtels sont à l’abandon et la rouille les a envahis. Les singes qui comptaient sur les touristes pour manger se retrouvent perdus et affamés.
Mais les priorités sont ailleurs.
Plus de tourisme de masse ? Plus de tourisme du tout. Personne n’a envie d’être visé par une arme sur une plage en plein été.
La liste est longue de ces pays où l’on ne va plus car on y tue.
Est-ce qu’on pourra y retourner ? Sans doute quand les fous sanguinaires, les guerriers effrénés et les massacreurs en tout genre seront partis. Ou morts. En attendant de revoir les beautés de Pamukkale, Matmata ou Karnak, il y en a d’autres qui s’offrent à vous. La Birmanie, l’Argentine, la Colombie, le Costa Rica… Mais dépêchez-vous !
Vous avez déjà entendu parler des routes des vins ? On voyage en buvant ? On boit en voyageant ? On joint l’utile à l’agréable ? Ou alors, on se rallie à des touristes portés sur la bouteille ? Encore un prétexte pour se saouler.
Franchement, ça m’intriguait, ce truc de routes à boire. J’imaginais des bouteilles de vin faussement bio, des étiquettes pas authentiques. Ou encore des petits producteurs qui n’en sont pas. Mais qui le font croire aux gogos prêts à tout…avaler. Sans oublier les sulfites, des agents de conservation qui font polémique. Bref, que des clichés.
Et j’avais tort. Les routes des vins, c’est très sérieux, figurez-vous. Plus de cinq millions de Français s’y intéressent. Selon le site du Routard, il y aurait même 14 000 caves. Sans oublier une trentaine de musées. Incroyable.
Une fois que j’ai compris ça, j’ai cherché des itinéraires . C’est dingue, vous pouvez faire des routes du vin partout chez nous. Vous pensez que c’est un voyage comme un autre ? Hé bien, ça dépend. D’abord, c’est tracé, balisé, impossible de dévier. Le vin, ça ne bouge pas. Pancartes, sentiers viticoles, bornes informatives, tout y est. Et les vignerons vous attendent de pied ferme.
Alors… Il y a la route des vins d’Alsace (à consommer avec modération), la route des Bordeaux, la route des vins de Loire, la route du Champagne. Et, plus rare, le tour des vignes de Corse.
Je m’interroge. Pendant ces promenades, est-ce qu’on débat sur les nouveaux bouchons ? Adieu le liège, place aux bouchons en canne à sucre, en verre, en aluminium. Il parait que ça évite le fameux « vin bouchonné ».
Ou encore : le vin bio, c’est mieux ou pas ? C’était la même chose quand les producteurs se fichaient de l’environnement ?
Finalement, le vin, c’est une quête en soi, un voyage initiatique. On parcourt la province, on oublie les vignes de Montmartre. On se demande pourquoi la Bretagne n’a pas de production viticole. A cause des algues vertes ? Du lisier ? Des porcs et des poulets en batterie ? Pourtant, je ne suis pas certaine que les Bretons préfèrent une bonne crêpe à un bon vin.
Vous ne savez pas quoi faire cet été pendant vos vacances? Allez, une p’tite route du vin, ça devrait vous occuper. Et peut-être qu’une prochaine fois, j’évoquerai les routes du fromage. Ca doit bien exister, non ?
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