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Or


Quand on parle de chlorophylle, on pense immédiatement aux plantes, car cette substance est à la fois un pigment qui donne aux végétaux leur couleur verte, mais aussi elle permet la photosynthèse. Ce processus de fabrication de matière organique à partir de l’eau et du gaz carbonique en utilisant la lumière du soleil comme source d’énergie produit également de l’oxygène. Il est utilisé par les plantes, certaines bactéries et les algues. Même les plantes n’ayant pas la couleur verte contiennent de la chlorophylle, pour peu qu’elles reçoivent la lumière du soleil. A travers ce processus de transformation, les plantes puisent leur nourriture directement de l’énergie solaire avec laquelle elles produisent des glucides. En nous nourrissant de plantes à notre tour, nous absorbons ces glucides, source d’énergie vitalisante.
C’est seulement au début du XXème siècle que la photosynthèse a été mieux comprise, notamment à travers l’étude de la composition de la chlorophylle. Cette dernière est comparée au sang humain, car sa structure moléculaire en est fort semblable.
Quels bénéfices pouvons-nous tirer, nous humains, de la consommation de plantes riches en chlorophylle ? D’après l’article de la naturopathe Claudine Richard*, nous avons tout à y gagner, tant ses effets sont variés.
Elle est à la fois cicatrisante, que ce soit pour des plaies internes ou externes. Elle rééquilibre le PH du corps, souvent bien trop acide. Par ailleurs, elle est l’une des rares substances à pouvoir favoriser l’évacuation des métaux lourds du corps. En ce sens, elle est parfaite pour purifier et détoxifier l’organisme. Par ailleurs, elle a le même effet sur le foie qu’elle nettoie, et peut entraîner une baisse du cholestérol. Elle améliore grandement l’énergie, par son pouvoir de réoxygénation des cellules. Or, nous avons tendance à manquer d’oxygène, en vivant dans des milieux trop pollués, ou à cause d’une mauvaise respiration. Elle peut également être une aide pour les personnes à tendance anémiée en activant la prolifération des globules rouges. Elle possède aussi des propriétés antibactériennes et antifongiques. De fait, elle aide à maintenir un tube digestif en bonne santé, et à réguler le transit intestinal.
Où trouve-t-on cette substance magique aux innombrables vertus ? Comme vous le savez déjà, toutes les plantes de couleur verte en contiennent : cap donc sur ces légumes et végétaux. Mais les meilleures sources sont l’algue klamath et la chlorella. Plus facile à trouver peut-être, les jeunes pousses de céréales comme le blé, l’orge ou l’épeautre en sont pleines. La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez apprendre à les préparer vous-même ! Vous pouvez aussi vous procurer des gélules de chlorophylle, mais les naturopathes en général vous invitent à les consommer sous leur forme la moins transformée, afin de bénéficier également des minéraux contenus dans la plante.
Si cette substance naturelle et bénéfique vous intéresse, il existe un ouvrage intitulé Jeunes pousses – cultiver, récolter, consommer ces superaliments par Fionna Hill aux Editions La Plage.
Sources : article paru dans le magazine Biocontact, juillet/août 2011
Promenez-vous dans le bocage au petit matin. Les haies de prunelliers et d’aubépines semblent être le décor paisible d’une campagne endormie. Mais si vous vous approchez d’un peu plus près, vous pourriez bien tomber sur une scène digne d’un film d’horreur.
Planté sur une épine acérée, un gros scarabée est laissé à l’abandon. Un peu plus loin, sur le fil rouillé d’une clôture en barbelé, c’est un lézard, ou même un petit campagnol, qui se balance dans le vide, empalé avec une précision chirurgicale.
Qui est le tueur en série qui sévit dans nos campagnes ? Quel monstre sanguinaire laisse derrière lui un tel cimetière suspendu ?
Dans ce 20ème épisode des Énigmes Sauvages, nous menons l’enquête sur l’un des tueurs les plus méthodiques du règne animal : le boucher des haies.
La première chose qui frappe chez ce prédateur, c’est le contraste absolu entre son apparence et ses actes. Notre tueur pèse à peine quelques dizaines de grammes. Il arbore un petit masque noir autour des yeux, semblable à celui d’un cambrioleur de bande dessinée, et pousse des cris d’une étonnante douceur.
Pourtant, son territoire est un véritable abattoir à ciel ouvert.
Cette créature a inventé le concept du garde-manger extérieur. Les proies qu’elle capture ne sont pas toujours consommées sur-le-champ. Elles sont transportées, parfois sur de longues distances, puis méthodiquement empalées. Le prédateur choisit son support avec soin : de longues épines naturelles, des branches pointues, ou les barbelés forgés par l’homme. Rien n’est laissé au hasard.
Mais pourquoi une telle mise en scène ? Est-ce de la cruauté pure ? Dans la nature, l’énergie est trop précieuse pour être gaspillée en actes sadiques. Si notre créature empale ses victimes, c’est pour compenser une faiblesse physique fondamentale.
Bien qu’il soit un chasseur redoutable et véloce, notre prédateur a un problème mécanique : il n’a pas la force nécessaire dans ses appendices pour maintenir fermement une proie imposante pendant qu’il la déchiquète.
Sa solution relève du génie évolutif : il sous-traite sa force au paysage. L’épine devient une fourchette géante. Le barbelé se transforme en croc de boucher. En fixant sa victime, le prédateur peut enfin la découper à sa guise.
Mieux encore, ce garde-manger macabre sert d’autres desseins. Certains insectes toxiques, une fois empalés et laissés au soleil pendant quelques jours, voient leur venin se dégrader, devenant ainsi comestibles. Enfin, cet étalage funèbre est la plus redoutable des armes de séduction : un garde-manger débordant de cadavres prouve aux partenaires potentiels que l’individu est un chasseur hors pair, capable de subvenir aux besoins de sa future progéniture.
Face à un tel niveau de préméditation, d’utilisation de l’environnement et de sadisme apparent, on pourrait s’attendre à découvrir un insecte monstrueux, un reptile machiavélique ou un petit mammifère aux dents acérées.
Mais la réalité est bien plus déroutante. Le boucher des haies a le sang chaud, le corps recouvert de plumes douces, et il fend les airs avec grâce.
Ce prédateur impitoyable est un oiseau. Et pas n’importe lequel : un simple passereau, la même famille que les moineaux ou les mésanges de vos jardins. Il s’agit de la Pie-grièche (Lanius, qui signifie littéralement « boucher » en latin).
Sous ses airs de petite boule de plumes inoffensive, la pie-grièche a réussi l’exploit d’adopter le régime alimentaire et les ambitions d’un rapace, sans en avoir les serres.
Le comportement de la pie-grièche nous tend un miroir fascinant sur deux traits que nous pensions souvent réservés à l’humanité.
Premièrement, l’externalisation de l’outil. Nous, humains, sommes fiers d’avoir dominé le monde parce que nous avons su utiliser notre environnement pour pallier notre faiblesse physique. La pie-grièche fait exactement la même chose. Elle a compris que l’intelligence et l’utilisation de l’espace pallient le manque de force brute. La haie n’est plus seulement un habitat, c’est une extension de son propre corps, un outil technologique de survie.
Deuxièmement, l’ostentation de la richesse. Le garde-manger de la pie-grièche n’est pas qu’une réserve de nourriture, c’est une vitrine sociale. C’est l’équivalent animal d’une voiture de sport ou d’une montre de luxe : un signal visuel de réussite (« Regardez tout ce que je peux gaspiller, regardez ma puissance »).
La pie-grièche nous rappelle une grande leçon de la nature : l’intelligence stratégique ne se cache pas toujours derrière les prédateurs les plus féroces en apparence. Parfois, le plus redoutable des stratèges tient dans le creux d’une main, et chante merveilleusement bien.
Écoutez dès maintenant l’Épisode 19 des Énigmes Sauvages sur toutes les plateformes de streaming.
Musique du générique : A Curious Discovery par RomanSelyk (via Pixabay).
Les jeunes actifs trentenaires sont souvent dynamiques, motivés et épuisés. Deux récentes études montrent en effet que les jeunes actifs se plaignent de plus en plus de fatigue et demandent des solutions.
Certes, cet état n’est pas grave en soi, mais il révèle des déséquilibres de l’organisme qui n’arrivent pas à répondre aux exigences que l’on attend de lui, mais aussi, il peut influer sur la vie relationnelle et professionnelle en créant alors d’autres déséquilibres. Un médecin américain, Frank Lipman a examiné en détail les différentes causes de fatigue et propose d’y remédier dans son récent ouvrage intitulé Revive. Car la fatigue est multifactorielle, elle relève du mode de vie moderne avec ses contraintes et ses incohérences.
Ce médecin propose d’amorcer des changements de vie dans quatre domaines en un mois, chaque semaine étant consacrée à une thématique. La première concerne l’alimentation, sans surprise. Les grandes lignes de cette approche consistent à réduire au maximum les produits industriels, limiter gluten et laitages, miser sur une alimentation riche en fruits, légumes frais, céréales complètes, avec la réintégration du petit déjeuner.
La seconde semaine est consacrée à l’activité. Le docteur Lipman préconise une activité physique modérée et régulière et livre des astuces intéressantes sur la façon d’organiser ses efforts physiques. Il est question par exemple lors d’exercices physiques d’alterner une minute de sport intense à trois de repos, une alternance selon lui bénéfique.
Troisième semaine : apprendre à se détendre. On imagine à tort se relaxer devant la télé, sa console ou un surf sur le web, mais il n’en est rien. Se détendre vraiment, ça s’apprend dans un monde de sollicitation permanente à l’activité et à la surconsommation tant matérielle qu’émotionnelle.
Yoga, technique de respiration, massage et croquette à l’ancienne sont au programme. Plutôt que l’écran donc.
Enfin, la dernière semaine consiste à revisiter son environnement privé. Qu’il s’agisse des cosmétiques que nous utilisons, l’usage de nos machines à écran, les produits de nettoyage de notre maison, bref, nous sommes invités à un véritable inventaire intérieur, sans compter une invitation à fréquenter davantage les espaces verts.
Tous ces changements prennent de l’énergie, il faut s’y préparer, y réfléchir et consacrer du temps. C’est donc une question de choix. Après ce mois de changement, il importe de conserver ses nouvelles habitudes, de les ancrer dans son quotidien et d’être patient, car le tonus peut se faire attendre.
Rien n’empêche une consultation chez un naturopathe pour faire le point et se complémenter en nutriments et vitamines si nécessaires. Pour en savoir plus sur ce programme, vous pouvez vous procurer l’ouvrage du docteur Frank Lipman, Revive, An Exhaustion and Feel Great Again, en anglais seulement pour l’instant.
Imaginez un instant : vous passez toute la première partie de votre vie à explorer le monde, à chercher un endroit où vous installer. Vous êtes doté d’organes sensoriels aiguisés, d’un système nerveux performant et d’une mobilité exemplaire. Puis, un jour, vous trouvez la maison idéale. Le rocher parfait.
Vous vous y fixez pour ne plus jamais en bouger.
Alors, que faites-vous de votre cerveau ? Pour une créature bien réelle qui peuple nos océans, la réponse est aussi radicale que pragmatique : vous le mDynamic, vous le recyclez… et vous le mangez.
Bienvenue dans l’univers de l’ascidie, l’un des organismes les plus déconcertants et fascinants du règne animal.
Au début de sa vie, l’ascidie ressemble à un petit têtard vibrant d’énergie. Elle nage activement dans les courants marins à la recherche d’un foyer. À ce stade, elle possède un équipement biologique de haut niveau :
Un œil rudimentaire (ocelle) sensible à la lumière pour s’orienter.
Un otolithe, organe de l’équilibre pour percevoir la gravité.
Un ganglion cérébral pour traiter ces informations.
Une chorde — l’ancêtre végétal de notre colonne vertébrale —, ce qui fait d’elle un membre du phylum des chordés, et donc notre très lointaine cousine.
Pendant quelques heures ou quelques jours, la jeune ascidie scrute les fonds marins, analyse la lumière, la température et la texture des rochers. Elle réfléchit, au sens biologique du terme.
Dès que la larve trouve la surface idéale — un rocher, une coque de bateau ou une digue —, elle s’accroche la tête la première grâce à des papilles adhésives. C’est à ce moment précis que s’enclenche l’une des métamorphoses les plus extrêmes de la nature.
En quelques heures seulement, n’ayant plus besoin de naviguer ni d’échapper à des prédateurs par la fuite, l’ascidie entreprend un grand nettoyage interne :
Sa queue et sa chorde se résorbent.
Son œil et ses organes de l’équilibre sont démantelés.
Son ganglion cérébral est quasi entièrement réabsorbé et digéré pour récupérer des nutriments précieux.
Pourquoi conserver un cerveau — l’organe le plus gourmand en énergie du corps — quand on a décidé de ne plus jamais bouger ? Pour l’ascidie devenue adulte, penser est un luxe inutile. Elle se transforme en une sorte d’outre immobile en forme de sac (un tunicier), dotée de deux siphons pour filtrer l’eau et se nourrir de plancton en continu.
La métamorphose de l’ascidie dépasse la simple curiosité zoologique : elle nous offre une métaphore frappante sur la nature même de l’intelligence.
En neurobiologie, une théorie fondamentale rappelle que le cerveau n’a pas évolué pour penser ou philosopher, mais avant tout pour diriger le mouvement dans un environnement complexe. Quand le mouvement disparaît, le besoin de cerveau s’éteint.
L’histoire de l’ascidie nous tend un miroir troublant :
L’apprentissage par le mouvement : Tant que nous explorons, doutons et nous déplaçons, notre cerveau reste en éveil.
Le danger de la routine : Lorsque nous nous installons dans une immobilité confortable — intellectuelle ou physique —, nous risquons, nous aussi, de laisser s’atrophier nos capacités d’adaptation.
L’ascidie a fait le choix de l’efficacité absolue : sacrifier sa conscience pour une vie de confort filtré. Un rappel brutal que l’intelligence a un coût que la nature ne paie que si elle n’a pas le choix.
Écoutez dès maintenant l’Épisode 18 des Énigmes Sauvages sur toutes les plateformes de streaming.
Musique du générique : A Curious Discovery par RomanSelyk (via Pixabay).
Qui n’a jamais connu ces sensations d’inconfort et de ballonnements après un repas trop riche, ou pris à la va-vite ? Les gaz sont un trouble très fréquent et gênant dont on peut apprendre à se défaire en suivant des conseils hygiéno-diététiques simples.
Le ballonnement, appelé encore flatulence ou météorisme, mot plus poétique et aérien, convenez-en, consiste en la présence de gaz soit dans l’estomac, soit dans l’intestin.
Plusieurs facteurs les favorisent : il peut s’agir tout simplement d’un petit cadeau héréditaire dont on se serait bien passé… Le stress agit également sur le tube digestif : il le rend très sensible aux gaz, provoquant ainsi cette sensation de ballonnement. Mais aussi, il provoque des mouvements anarchiques des intestins, rendant l’évacuation plus difficile.
Autre facteur favorisant ce problème : certains aliments riches en hydrates de carbone servent de substrats à la fermentation bactérienne : la plupart sont bien connus : il s’agit des haricots, blancs en particulier, des choux et topinambours, des pois chiches, du pain, des figues, dattes, pruneaux et jus de pomme pour ne citer que les principaux. Evitez donc d’en consommer en cas de crise, et prenez l’habitude de faire tremper les légumineuses une nuit avant cuisson, puis de les cuire après avoir jeté l’eau dans laquelle elles auront bouilli une première fois. Cette technique, mis à part le trempage est également valable pour les légumes fermenticides que nous venons de citer.
Autre élément provoquant des gaz : le fructose car il va augmenter la production de gaz hydrogène. Il se trouve dans tous les aliments riches en sucre comme les confitures, pâtisseries, caramel, crèmes glacées et autres barres chocolatées. Il vaut donc mieux les limiter tant que faire se peut.
En revanche, d’autres aliments vont favoriser l’expulsion des gaz et même réduire le risque de ballonnements. Laitue, asperge, avocat, gingembre, fenouil et artichaut en font partie. Côté fruit, vous trouverez les melons, kiwis, ananas, papaye, cerise, fraise ou encore la framboise. Quant aux céréales, il est recommandé de les choisir complètes et de se tourner vers le riz brun, l’épeautre, le quinoa ou le boulgour.
Il faut comprendre que les fibres en quantité raisonnable, soit moins de 20 grammes par jour, vont réduire ces ballonnements. Mais là encore, une distinction s’impose : les fibres insolubles sont bénéfiques pour le transit, à l’inverse des solubles. A savoir également, les fibres cuites sont plus digestes. Voilà pour ce qui est de l’alimentation.
Côté tisanes, de nombreuses plantes carminatives sont à votre service. Dans ce domaine, ce sont celles de la famille des ombellifères qui excellent : anis vert, carvi, fenouil, coriandre ou encore aneth et angélique sont toutes recommandées. Vous pouvez également choisir parmi l’anis étoilé, le thym vulgaire, la mélisse, la menthe poivrée et le romarin, la sarriette à prendre en infusion après les repas.
Si vous préférez les huiles essentielles, vous pouvez choisir celles d’estragon ou de basilic à appliquer directement sur le ventre. L’argile en interne le matin à jeun ou avant les repas va absorber les gaz : il vous suffit d’en faire tremper une cuillère à café dans un verre d’eau la veille.
Enfin, n’oubliez pas de bien mâcher. Même si vous avez bien des choses passionnantes à partager avec vos proches, évitez de le faire en mangeant, afin de ne pas avaler trop d’air. Chewing-gum et boissons gazeuses sont également à éviter.
Sur ces moult conseils bienveillants dignes d’une grand-mère, je vous souhaite à tous un bon appétit, et surtout, une bonne digestion.
Dans nos sociétés comme dans la nature, le dogme semble absolu : il faut grandir. Franchir les étapes, accomplir sa métamorphose, devenir adulte et accepter le déclin qui l’accompagne. De la chenille qui devient papillon au têtard qui se transforme en crapaud, le vivant nous répète que la maturité est l’aboutissement suprême de toute existence.
Mais si grandir n’était pas une victoire, mais un piège ? Si le prix à payer pour atteindre l’âge adulte était la perte de nos facultés les plus extraordinaires ?
Dans ce nouvel épisode des Énigmes Sauvages, nous explorons l’une des stratégies les plus fascinantes et troublantes du monde animal : le refus d’accomplir sa métamorphose pour préserver le pouvoir absolu de la régénération.
Pour la plupart des amphibiens, la trajectoire est écrite dans le code génétique. La larve aquatique, dotée de branchies, doit subir un bouleversement hormonal d’une violence inouïe. Sous l’impulsion des hormones thyroïdiennes, son corps se réorganise : les branchies se résorbent, les poumons se développent, la peau se transforme, et l’animal quitte l’eau pour affronter la terre ferme.
C’est une promesse d’accomplissement. Mais cette métamorphose a un coût dévastateur : en devenant « adulte », l’organisme se rigidifie. Il perd la souplesse cellulaire de sa jeunesse et s’engage sur la voie irréversible du vieillissement et de la mort.
Notre créature mystère, elle, a fait un choix évolutif radical. Plongée dans les eaux calmes d’un lac d’altitude, elle a découvert que le milieu aquatique lui offrait tout ce dont elle avait besoin. Alors, pourquoi prendre le risque de sortir de l’eau ?
Pour contourner ce piège, l’animal a utilisé un subterfuge biologique rare : la néoténie.
Concrètement, l’organisme bloque son développement physique au stade larvaire tout en développant sa maturité sexuelle. Il conserve ses branchies plumeuses, sa nageoire caudale et sa vie entièrement aquatique. Il refuse de grandir… mais il devient capable de se reproduire.
Ce statut d’éternel adolescent ne vient pas sans un super-pouvoir quasi divin : la régénération absolue.
Là où un mammifère ou un amphibien adulte cicatrise en conservant des marques indélébiles, cet animal peut reconstruire un membre entier coupé, avec ses os, ses muscles et ses nerfs. Plus spectaculaire encore : il peut régénérer des parties de ses yeux, de son système nerveux et même des morceaux de son propre cœur, sans la moindre séquelle ni cicatrice. En refusant de franchir le cap de la métamorphose, il conserve intacte la magie cellulaire de l’état d’embryon.
Pendant très longtemps, les scientifiques occidentaux ont été mystifiés par cet être d’apparence chimérique, hésitant entre la larve et la chimère préhistorique.
Cette créature fascinante, vénérée par les Aztèques qui y voient l’incarnation du dieu des métamorphoses et du feu Xolotl, c’est l’Axolotl (Ambystoma mexicanum).
Originaire exclusivement des lacs complexes de Xochimilco au Mexique, l’axolotl prouve qu’en bloquant volontairement son horloge biologique, un être vivant peut atteindre une forme d’immortalité cellulaire que la médecine humaine cherche désespérément à percer.
L’histoire de l’axolotl résonne profondément avec nos propres contradictions modernes et notre rapport obsessionnel au progrès.
Depuis la révolution industrielle, l’humanité a érigé la croissance et la métamorphose permanente en dogme absolu. Pour nous, avancer exige de transformer, de franchir des étapes, de complexifier, de « passer à l’échelle supérieure ». C’est l’illusion linéaire du progrès : croire que l’état futur est par définition supérieur à l’état présent.
Pourtant, la stratégie de l’axolotl nous assène un camouflet philosophique : et si le véritable progrès consistait parfois à refuser d’avancer ?
En bloquant sa métamorphose, cet animal ne fait pas preuve de régression ; il fait preuve d’une efficacité radicale. Il montre que la complexité inutile — sortir de l’eau, développer des poumons, affronter la gravité terrestre — est une fausse promesse si elle détruit nos capacités d’adaptation et de régénération.
Dans un monde humain épuisé par sa propre course au progrès technique et par la peur de vieillir, l’axolotl nous tend un miroir dérangeant. D’un côté, nous cherchons désespérément dans la médecine anti-âge le secret de sa jeunesse éternelle. De l’autre, nos sociétés, prises au piège du syndrome de Peter Pan, refusent de mûrir et de faire face à leurs responsabilités écologiques.
L’axolotl pose ainsi la question fondamentale de notre siècle : pour continuer à vivre et à se réparer, faut-il vraiment s’entêter à « progresser » à tout prix, ou apprendre la sagesse de la sobriété biologique ?
Écoutez dès maintenant l’Épisode 17 des Énigmes Sauvages sur toutes les plateformes de streaming.
Musique du générique : A Curious Discovery par RomanSelyk (via Pixabay).
Ça peut paraître des détails, mais quand on les accumule tous, on finit par faire une sacrée différence sur le plan de la santé, et sur la balance ! En effet, de petites habitudes alimentaires et culinaires modifient à la longue notre santé et notre bien-être. Voici quelques tuyaux pour continuer à se régaler en toute légèreté.
Premièrement, apprenez à cuisiner plus light. Des recettes de livres de cuisine, on peut enlever facilement 20% de la quantité de matière grasse et de sucre. A vous de retirer d’abord cette quantité, puis progressivement davantage. Vous pouvez également remplacer le beurre et la crème par des yoghourts ou fromages frais. Utilisez du papier sulfurisé plutôt que de beurrer vos moules. Utilisez au maximum sucres et farines complètes : ils possèdent plus de nutriments et rassasient sur le long terme.
Ayez la main légère sur les quantités de fromage que vous mettez dans vos plats : encore une fois, il est tout à fait raisonnable de retirer au début le tiers de la quantité indiquée dans les tartes par exemple. Petit à petit, vous vous habituez à manger moins gras, tout en ayant toujours le goût des ingrédients que vous aimez.
Pensez épices et aromates : ils ont l’avantage de donner de la saveur sans rajout de matière grasse. Par ailleurs, de nombreuses épices sont pleines de vertus, notamment digestives.
Variez et changez vos modes de cuisson. Pour cela, dîtes adieu à votre friteuse : ce sera sans doute un déchirement sur le coup, mais un soulagement à la longue. Remplacez-la immédiatement par un cuit vapeur, un cuit riz, ou une plancha, selon vos envies et vos goûts. Cela vous donnera la chance de cuisiner d’autres aliments, et de les cuisiner autrement. Des frites au four avec à peine deux cuillères à soupe d’huile, c’est très bon. Et si l’envie de « vraies » frites se fait irrésistible, succombez mais uniquement quand vous sortez, cela les rendra encore plus savoureuses !
Pour les viandes, choisissez le grill, pour les légumes, à l’eau ou vapeur. Rajoutez l’huile végétale à la fin de la cuisson pour qu’elle conserve toutes ses vertus et préférez-la au beurre et à la crème.
Cuisinez le maximum de vos plats et pâtisseries : vous savez ce qu’il y a dedans, et vous évitez toutes les mauvaises graisses saturées, les sucres raffinés et l’excès de sel. Si vous craquez pour un plat industriel, lisez au moins l’étiquette de composition : cela pourra éventuellement vous décourager ou vous encourager à choisir un produit plus sain.
Créez et variez vos assaisonnements : mélangez aromates avec huiles, yoghourts, herbes aromatiques, citron, ou encore purées végétales d’amandes, de noisettes ou de sésame.
Proposez des crudités en apéritif plutôt qu’amuse-gueule, cacahuètes et biscuits trop salés. Si vous optez pour un jus de fruit, coupez-le avec de l’eau, cela aura le mérite de vous faire boire davantage d’eau. En été, préférez les sorbets aux crèmes glacées.
Si vous y êtes accros, succombez de temps en temps à un vrai repas de Junk food pour éviter trop de frustrations, le temps de vous habituer à votre nouvelle cuisine.
Enfin, allez-y tranquillement sur ces changements : ils doivent se faire en douceur, pour vous donner le temps de vous habituer. Une fois que le pli sera pris, vous aurez pris goût à ce nouveau style alimentaire, avec sans doute aussi quelques kilos en moins sur la balance !
Dans l’imaginaire collectif, la nature est un théâtre de sang et de fureur. On nous répète depuis toujours que seuls les plus forts, les plus armés ou les plus féroces survivent. C’est la loi de la jungle : crocs acérés, griffes acérées, domination par la terreur.
Mais si la stratégie la plus redoutable pour régner consistait précisément à ne jamais lever les armes ?
Dans cet épisode, nous explorons les coulisses d’une société où les conflits ne se règlent pas dans la violence, mais dans la négociation, la séduction et l’alliance. Bienvenue dans l’univers du Diplomate de l’Ombre.
Imaginez une société de primates vivant dans une jungle dense et foisonnante. Autour d’eux, les ressources sont abondantes, mais la pression sociale est immense. Chez leurs plus proches voisins, la hiérarchie s’impose par la force brute : les mâles dominants terrorisent le groupe, infanticides et guerres de clans rythment le quotidien.
Mais notre diplomate a choisi une voie radicalement différente.
Dans cette communauté, la force physique ne vous garantit aucun pouvoir. Un mâle qui tenterait d’imposer sa volonté par la brutalité se verrait immédiatement coalisé et chassé par une alliance redoutable : celle des femelles. Ici, le contre-pouvoir est politique. Pour réussir, un individu ne doit pas développer ses muscles, mais son réseau.
Comment gérer les accès de colère, la jalousie ou la compétition pour la nourriture sans qu’une seule goutte de sang ne coule ?
Le Diplomate de l’Ombre a développé un mécanisme unique dans le règne animal : l’apaisement par le contact.
Dès qu’une tension surgit — autour d’un fruit tombé d’un arbre, d’un passage étroit ou d’un regard déplacé —, la réponse n’est pas le rugissement, mais l’étreinte. Les contacts sociaux et sexuels sont utilisés comme une poignée de main, un régulateur de stress, un lubrifiant social. La sexualité est totalement déconnectée de la seule reproduction : elle devient un langage diplomatique.
On se touche pour dire bonjour, on s’étreint pour s’excuser, on partage du plaisir pour sceller une alliance de chasse ou de partage.
Ce système d’une fluidité déconcertante a longtemps troublé les observateurs. Alors que le monde animal semble régi par la compétition génétique stricte, cette espèce a fait du plaisir partagé le ciment absolu de sa paix sociale.
Pendant des décennies, nous avons pensé que notre plus proche cousin biologique incarnait notre face sombre : la compétition, la violence territoriale, la guerre. Mais nous avions oublié son alter-ego.
Cette créature qui a troqué la guerre contre la diplomatie, cette société matriarcale où le stress se dissout dans l’empathie et le contact, c’est le Bonobo (Pan paniscus).
Séparé du chimpanzé par le fleuve Congo il y a plus d’un million d’années, le bonobo a évolué dans un environnement plus riche, lui permettant de briser le cercle vicieux de la violence mâle pour inventer une forme inédite de société pacifiée.
L’histoire du bonobo ne serait qu’une curiosité biologique si elle ne posait pas une question dérangeante sur notre propre nature.
Si le bonobo et le chimpanzé partagent tous deux plus de 98% de leur ADN avec nous, lequel reflète notre véritable visage ? Sommes-nous condamnés à la guerre par l’héritage du chimpanzé, ou possédons-nous la capacité diplomatique du bonobo ?
Le bonobo nous montre que la paix n’est pas une faiblesse passive, mais une construction sociale complexe, exigeante et hautement stratégique. Une leçon d’une actualité brûlante dans un monde humain saturé de tensions.
Écoutez dès maintenant l’Épisode 16 des Énigmes Sauvages sur toutes les plateformes de streaming.
Musique du générique : A Curious Discovery par RomanSelyk (via Pixabay).
Un homme averti en vaut deux dit l’adage populaire, dont le bon sens s’applique fort bien au sujet de cette chronique. Les médias tous types confondus nous offrent depuis quelques années de nombreux messages de santé, nous invitant à manger tel ou tel type d’aliment autant de fois par jour, vantant les mérites de tel ou tel produit. Ces messages s’inscrivent dans nos esprits, et peuvent nous induire en erreur. Idem sur les emballages de nos aliments : voici de quoi se compose le goûter idéal, voici comment avoir de l’énergie toute la journée. Et si un doute persiste, des diététiciens de ces grandes industries alimentaires sont à l’écoute, moyennant un coût de communication.
Peut-on croire ces messages et les prendre pour argent comptant ? Je ne citerai qu’un seul exemple : la publicité récurrente pour une célèbre marque de pâte à tartiner à la noisette, censée apporter à nos bambins de l’énergie pour toute la journée. Composée essentiellement de sucres rapides, la consommation de cette pâte produit en fait l’effet tout à fait inverse : un pic d’énergie lié à une grande quantité de sucre dans le sang, suivi d’une baisse de tonus quelques heures après…
En matière de message de santé, je ne saurais que trop recommander la prudence. A qui profite vraiment le message : à notre santé, ou à une industrie excellant dans l’art de nous faire avaler n’importe quoi ?
Santé mensonge et propagande, arrêtons d’avaler n’importe quoi est le titre de l’ouvrage de Thierry Souccar et Isabelle Robard, édité au Seuil en 2005. Sa lecture est éclairante. On y découvre les liens entre industrie agroalimentaire et instances gouvernementales. On comprend également pourquoi il est important de connaître les commanditaires des études scientifiques en matière d’alimentation. On voit comment l’opinion publique est manipulée, en matière d’information médicale et nutritionnelle.
Si vous croyez que les produits laitiers sont les seuls à pouvoir vous apporter suffisamment de calcium pour prévenir les maladies des os, que l’huile de tournesol supplante celle de colza en matière de nutrition, que le goûter est indispensable et doit comporter des céréales, que pour maigrir, il vous suffit de limiter votre apport de graisses, et enfin, que 50% de l’énergie consommée par jour doit provenir des glucides, ce livre peut certes vous décontenancer, mais aussi faire grand bien à votre santé. En effet, il invite le lecteur à s’interroger sur les liens entre industrie agroalimentaire et certains médecins, et met en avant le poids des lobbies, exemples concrets et précis à l’appui. Il se termine par le guide pour manger sainement, conçu par des chercheurs de l’Université d’Harvard.
En matière de nutrition, vous êtes le seul à décider du contenu de votre assiette. Encore faut-il être bien informé. Ce livre peut vous y aider.
Si l’on s’en réfère à l’Organisation Mondiale de la Santé, un individu sur quatre serait concerné par l’anémie, un manque de globules rouges ou d’hémoglobines dans le sang. En apparence bénigne, cette carence peut être la source d’une mauvaise qualité de vie, ayant des répercussions sur la vie sociale. Son premier désagrément est la fatigue, suivi par un manque d’endurance et de souffle, des vertiges maux de tête et étourdissements ainsi qu’une vulnérabilité accrue aux infections, pour ne dire que l’essentiel.
Dans le cas d’anémies légères, les personnes concernées vivent avec sans s’en rendre compte.
Pour la détecter, une analyse de sang donnant taux d’hémoglobine, taux d’hématocrite et nombre de globules rouges est nécessaire. Parfois, des analyses plus complètes sont recommandées. Ce sont des composés de l’hémoglobine qui vont fixer le fer, et transporter l’oxygène des poumons vers les cellules. Etre anémié, c’est donc aussi être sous oxygéné. Le cœur des personnes anémiées doit travailler plus pour approvisionner le corps en oxygène.
Certaines personnes sont plus sujettes à ce problème : les femmes tout d’abord, et surtout celles dont les règles sont abondantes. Les femmes enceintes également, car leurs besoins en fer sont accrus et pas toujours comblés. Les personnes âgées dont l’absorption des minéraux peut être limitée avec notamment la prise de traitements, mais aussi les personnes atteintes d’infections virales comme les hépatites ou celles souffrant de troubles gastro-intestinaux. A noter : certains traitements sont parfois responsables de saignements internes. Enfin, maladie génétique et hérédité peuvent être aussi mises en cause.
Il existe de nombreux types d’anémie, et les traitements varient donc en fonction. La plus répandue est l’anémie ferriprive, causée par un manque d’apport en fer ou une mauvaise absorption, ou des pertes abondantes par les règles. Mais ils existe d’autres causes comme un manque de vitamine B12 ou B9 dont souffrent parfois certains végétaliens.
Pour parer à cette carence, il semble essentiel d’évaluer le contenu de son assiette. Parfois, de simples habitudes à changer peuvent aider l’organisme à corriger le tir. Par exemple, il vous suffit de ne pas consommer de caféine ou de théine après les repas, car elles empêchent le fer d’être fixé par le corps. Mieux, si vous prenez des compléments, pensez à les prendre en association avec de la vitamine C de préférence sous forme de fruit, qui va au contraire, aider à fixer le fer par l’organisme. Dans votre assiette donc, pensez à y inclure de la viande rouge si vous l’aimez. Le boudin noir est particulièrement riche en fer. Les sources naturelles de vitamine B12 sont les produits d’origine animale, dont les poissons. Quant à l’acide folique ou vitamine B9, vous la trouvez dans les abats, mais aussi les légumes à feuilles foncées et les légumineuses.
Un petit mot sur les compléments : certains sont mal tolérés et provoquent troubles digestifs comme la constipation ou la diarrhée. N’hésitez pas à tester différents compléments, car les fers contenus ne sont pas les mêmes ni dosés de la même façon.
Attention néanmoins : en matière d’anémie, mieux vaut consulter un médecin plutôt que de s’auto médicaliser. En effet, l’anémie peut être la conséquence de maladies graves, comme le cancer du côlon par exemple. Une auto médication ne ferait que retarder un diagnostic fiable. L’anémie est plurifactorielle, faites confiance à votre médecin.
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