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🛢️ Full Metal Barrel


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Cette semaine, après l’entrée en guerre entre les États-Unis et l’Iran, l’un des points de passage les plus critiques du commerce énergétique mondial se retrouve paralysé. Près de 20% du pétrole mondial est désormais pris en otage et le risque d’un nouveau choc inflationniste refait surface.

 

 🇺🇸 États-Unis 

 

Aux États-Unis, les tensions avec l’Iran ont franchi un nouveau cap après les frappes menées par Washington et Israël contre plusieurs installations liées au programme nucléaire iranien. Depuis, les échanges de tirs se multiplient dans le golfe, faisant craindre un retour de l’inflation. Cette situation pourrait inciter la Réserve fédérale à marquer une pause dans sa politique monétaire accommodante, au risque de peser davantage sur la croissance américaine. 

Du côté macroéconomique, le rapport ADP montre que le marché du travail reste solide avec 63 000 emplois créés dans le secteur privé, au-dessus des 50 000 attendus. Dans le même temps, le Beige Book de la Réserve fédérale souligne l’incertitude qui entoure les dépenses et la confiance des ménages, en particulier chez les foyers à faibles revenus, malgré une légère progression de la consommation. Cette divergence met en évidence une économie à deux vitesses et constitue un élément supplémentaire en faveur d’une pause sur les taux de la Fed. 

 

 🇪🇺 Europe 

De l’autre côté de l’Atlantique, l’Union européenne appelle à la désescalade afin de préserver la stabilité régionale et les routes commerciales dans le golfe. Depuis la guerre en Ukraine, l’Europe a fortement réduit sa dépendance au gaz russe et s’approvisionne davantage en Gaz Naturel Liquéfié transporté par voie maritime. Dans ce contexte, une extension du conflit pourrait perturber l’approvisionnement, alimenter davantage l’inflation et fragiliser une économie européenne déjà sous pression. Cette menace sur les prix de l'énergie intervient alors que l'indice des prix en zone euro accélère à 1,90% en février, contre 1,70% en janvier.  

Dans son dernier compte rendu de politique monétaire, la BCE souligne la solidité de l’économie européenne, qui résiste mieux qu’attendu aux tensions commerciales et géopolitiques. Face à ce contexte marqué par de fortes incertitudes, l’institution estime que les taux directeurs devraient rester inchangés en 2026 et possiblement en 2027.

  

  🇨🇳🇯🇵 Asie

En Chine, le positionnement face au conflit est également orienté vers la désescalade. D’un point de vue économique, Pékin a des intérêts énergétiques importants avec l'Iran, représentant à elle seule 80% de ses exportations de pétrole. Pour rappel, la Chine est, de loin, le premier importateur de pétrole de la planète, et une prolongation des tensions pourrait perturber son approvisionnement et fragiliser son économie. Par ailleurs, cette situation profite aux États-Unis, qui voient leur principal rival économique affaibli dans un contexte de rivalité commerciale. 

 

 🛢️ Matières premières 

 

Côté matières premières, les tensions montent dans un contexte géopolitique marqué par la guerre au Moyen-Orient. Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, plusieurs pays déploient des moyens militaires pour sécuriser les routes maritimes et défendre leurs intérêts énergétiques. Plusieurs pétroliers ont été attaqués ou immobilisés et des centaines de navires restent en attente. Les marchés anticipent désormais un risque de pénurie, ce qui soutient la hausse des prix de l’énergie et accentue la volatilité, malgré la hausse de production de l’OPEP+.

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What DAF'ckBy Widoowin Cross Asset Solutions