Cette semaine, les chiffres de l'emploi américain déjouent les anticipations, alors que le chômage au Royaume-Uni a atteint des sommets. En parallèle, le Japon profite d'une bonne dynamique économique et le pétrole subit les tensions géopolitiques.
🇺🇸 États-Unis
Les États-Unis subissent une stagnation des ventes au détail au mois de décembre, qui s’explique par l’anticipation du Black Friday par les consommateurs. En revanche, le rapport sur l’emploi a largement déjoué le consensus en affichant 130 000 créations de postes en janvier, contre seulement 65 000 attendues, ramenant ainsi le taux de chômage à +4,30%. Ainsi, cette robustesse du marché de l'emploi pourrait favoriser un rebond de la consommation et garantir le maintien de la croissance économique au premier trimestre.
En parallèle, l’indice des prix à la consommation n'a progressé que de +0,17% sur le mois, un rythme de progression nettement inférieur au consensus de +0,30%. Pourtant, janvier est traditionnellement le mois qui connaît les plus fortes hausses de prix. Par conséquent, ces chiffres pourraient confirmer que le pic inflationniste est définitivement franchi, et ainsi favoriser un assouplissement monétaire de la FED.
Alphabet, la maison mère de Google, a réalisé une émission obligataire historique d'une maturité de 100 ans, versant un coupon annuel de +6,125%. Ce « Century Bond » témoigne de la volonté du géant de la Silicon Valley de verrouiller des liquidités sur le très long terme pour financer ses infrastructures d'intelligence artificielle et ses investissements énergétiques.
🇪🇺 Europe
Côté européen, la réunion de l’Eurogroupe dans le cadre du budget 2027 a mis l’accent sur trois points : le renforcement du rôle international de l’euro, la coordination des États membres face aux déséquilibres mondiaux et l’adoption des grandes orientations budgétaires européennes. Enfin, alors que le PIB de la zone euro a progressé, en ligne avec les attentes au quatrième trimestre 2025 à +0,30%, les ministres ont affiché leur volonté de soutenir des politiques pro croissance. Dans l’objectif d’accroître la résilience financière de l’UE, au vu du contexte géopolitique et économique toujours plus tendu.
En France, l’inflation en rythme annuel a légèrement ralenti en janvier, s’établissant à +0,30% conformément aux attentes du marché. Ce niveau, très inférieur à la cible des +2,00%, fait peser un risque déflationniste dans l’hexagone. La BCE sera une fois de plus, confrontée à des pressions dovish (en faveur d'une baisse de taux) alors que les contrastes inflationnistes s'accentuent entre les pays européens.
Au Royaume-Uni, le marché du travail se détériore nettement. Le taux de chômage atteint son plus haut niveau depuis plus de dix ans hors pandémie, tandis que la progression des salaires ralentit à nouveau. En parallèle, l’inflation recule à son plus bas niveau depuis mars 2025 à +3,00%, réduisant la pression sur les prix.
Ce double signal, alliant affaiblissement de l’emploi et décélération de l’inflation, renforce les anticipations d’une baisse de taux de la Banque d’Angleterre dès le mois de mars, afin de soutenir une économie en perte de vitesse.
🇨🇳🇯🇵 Asie
Au Japon, l'économie se montre résiliente malgré un PIB, ressorti à +0,10% au quatrième trimestre 2025. En effet, la consommation des ménages a progressé de +1,30% sur un an, malgré l’impact de l'inflation sur le pouvoir d'achat. L'investissement privé suit cette même dynamique avec +1,70% en rythme annuel. La confiance envers le gouvernement Takaichi pourrait se renforcer, alors que la première ministre annonce vouloir gouverner sans être pris en étau par la dette.
Ces signaux encourageants ont permis au Yen de s’apprécier face au dollar, tandis que le Nikkei 225 fait cavalier seul et surperforme les indices mondiaux, avec une hausse de +7,00% sur le mois. De plus, les rendements des obligations d'État japonaises à long terme ont baissé, signalant un apaisement notable du marché obligataire à court terme. C'est un signal rassurant pour les acteurs de marché qui craignaient une fin anticipée du carry trade.
🛢️ Matières premières
Côté matières premières, le marché du pétrole fait face à un paradoxe depuis le début de l’année : une offre globale excédentaire, ainsi que des prix en hausse. En effet, le Brent affiche +16% depuis le 1er janvier. Cette tension s’explique par une offre réelle disponible plus restreinte, avec une part croissante des barils russes et iraniens exclus du marché pour de nombreux acheteurs. Les discussions récentes entre les États-Unis et l’Iran à Genève renforcent ces tensions, et accentuent les stocks de barils sous sanctions restant en mer, en attente d’acheteurs.