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⏳Qui veut la paix prépare la guerre


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Cette semaine, l’optimisme est de retour suite à l’annonce d’un cessez-le-feu par Donald Trump. Mais derrière l'euphorie, la réalité est plus nuancée. Les deux camps revendiquent la victoire, la question nucléaire reste entière, et un accord concret devra être trouvé en seulement quatorze jours.

 

 🇺🇸 États-Unis

Aux États-Unis, le président américain voulait renvoyer l’Iran à l'âge de pierre et parle désormais d'âge d'or au Moyen-Orient. Les marchés ont immédiatement salué cette annonce via une hausse significative des indices et une détente généralisée des taux obligataires. Si cette accalmie doit se prolonger et déboucher sur une résolution durable du conflit, elle pourrait freiner les pressions inflationnistes et redonner une marge de manœuvre aux banques centrales.

Cependant, les deux camps revendiquent publiquement la victoire, ce qui en dit long sur la fragilité de cet accord. Washington a obtenu l'ouverture conditionnée du détroit d'Ormuz, mais la question centrale du programme d'enrichissement de l'uranium, à l'origine du conflit, demeure entière. Les deux parties devront trouver un accord concret en deux semaines, mais dans ce contexte délicat, une résolution durable semble encore incertaine.

Côté macroéconomique, l'indice des prix de l'ISM dans les services a bondi à 70 points, soit la plus forte progression mensuelle en treize ans. Ce niveau témoigne de pressions inflationnistes bien réelles dans le secteur des services, malgré un PCE core qui reste stable. Concernant l’emploi, les NFP affichent une création de 178 000 postes, soit la plus forte progression depuis décembre 2024, tandis que le taux de chômage recule à 4,30%. Le dernier compte rendu du FOMC Meeting souligne cette amélioration qui offre une marge de manœuvre à la Fed pour contenir les pressions inflationnistes à venir, alors que l’institution avait justement engagé un cycle d'assouplissement pour soutenir le marché du travail.

 

 🇪🇺 Europe 

En Europe, la BCE a adopté un ton plus hawkish ces dernières semaines en affirmant se tenir prête à relever les taux. Ce discours a suffi à faire remonter les anticipations de taux sur les marchés et à contenir temporairement les pressions inflationnistes, sans avoir à resserrer sa politique monétaire. Depuis, l'annonce du cessez-le-feu au Moyen-Orient a réduit les tensions sur les taux. La BCE dispose donc de répit avant sa prochaine réunion en avril, qui sera dictée par les données d'inflation de mars et l'évolution des prix du pétrole.

Parallèlement, l'activité ralentit nettement en zone euro. Des deux côtés du Rhin, la production industrielle est dans le rouge et les indices PMI des services et composites frôlent le seuil de contraction. Dans un contexte où l'Europe reste extrêmement dépendante des importations d’énergie, les tensions au Moyen-Orient pourraient contraindre les institutions à revoir leurs prévisions de croissance à la baisse. 

 

 🇨🇳🇯🇵 Asie

En Chine, la sécurisation du Golfe représente un enjeu stratégique pour Pékin. L'Iran pèse à lui seul près de 15% des importations chinoises de pétrole, ce qui en fait un partenaire incontournable. Au moment de l'annonce du cessez-le-feu, Pékin et Moscou ont affiché leur satisfaction, y voyant une victoire diplomatique. L'émergence d'un axe Chine-Iran-Russie pourrait bien redistribuer les cartes de la géopolitique mondiale. En contrôlant à lui seul près de 30% du pétrole mondial, ce trio dispose d’une arme de pression redoutable face à l'Occident.

 

 🛢️ Matières premières 

Côté des matières premières, les cours du pétrole reculent d'environ 13%, portés par la trêve au Moyen-Orient, revenant autour des 97 dollars pour le brent, contre 111 dollars en début de semaine. Ces niveaux restent encore loin des 70 dollars le baril, prix moyen d'avant-guerre. Cette détente reste néanmoins fragile car, sans accord tangible, le conflit risque de reprendre de plus belle. La pression sur les chaînes de production et de distribution se fait déjà ressentir et pourrait s'intensifier en cas de reprise des hostilités.

Au détroit d'Ormuz, épicentre du conflit, l’Iran poursuit sa partie d’échecs et met en place un système de péage sur le transit pétrolier, renforçant ainsi son emprise sur l'une des artères énergétiques les plus stratégiques au monde. Le tarif s’établit à 1 dollar le baril, payable en Bitcoin, ce qui permet à Téhéran de garder le contrôle financier de la région tout en s'affranchissant des sanctions occidentales avec des règlements impossibles à tracer ou à confisquer. 

 

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