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Or


Cette semaine, le détroit d'Ormuz franchit le cap du premier mois de paralysie, et les conséquences économiques du conflit restent difficiles à évaluer. Face à cette incertitude, les banques centrales ont choisi la prudence. Elles révisent désormais leurs projections et se préparent à agir si la situation se dégrade.
🇺🇸 États-Unis
Aux États-Unis, la Réserve fédérale reconnaît naviguer dans un environnement particulièrement incertain. Elle adopte un ton plus hawkish, révisant ses projections à la hausse sur l'inflation et à la baisse sur la croissance. En cause, le baril de pétrole exerce une pression simultanée sur les prix à la consommation et sur l'activité économique, faisant craindre un risque de stagflation, le scénario le plus redouté par les banquiers centraux. En maintenant ses taux inchangés, la Fed se réserve la possibilité de resserrer sa politique monétaire si l'inflation repart. L’institution n’a pas oublié la vague inflationniste de 2022-2023, et cette fois elle ne prendra pas le risque de se laisser surprendre.
En parallèle, le président des États-Unis a annoncé suspendre les attaques sur des sites énergétiques iraniens, en évoquant des discussions nucléaires qu'il juge très productives. Néanmoins, ces déclarations ont rapidement été démenties par Téhéran, renforçant le climat d’incertitude. La séquence a alimenté des soupçons de délit d'initié autour des déclarations présidentielles. Le prix du baril reste ainsi suspendu à la moindre évolution du conflit, ou au prochain tweet de Trump.
🇪🇺 Europe
De l’autre côté de l’Atlantique, la Banque centrale européenne a aussi revu ses prévisions face au risque inflationniste, anticipant désormais une inflation à 2,60% en zone euro pour 2026, contre 1,90% précédemment, pour une croissance réduite à 0,90%. Face aux tensions sur les prix, les taux souverains allemands et français ont nettement progressé, et pourraient bien poursuivre leur hausse si le blocage du détroit d'Ormuz venait à s'installer dans la durée.
En Allemagne, les prix à la production ont enregistré un repli plus marqué que prévu en février, affichant une baisse de 3,30% en rythme annuel, reflet d'une industrie manufacturière qui tourne au ralenti depuis plusieurs trimestres. Dans ce contexte, l'indice des prix à la consommation ressortait à 1,90% en février, signe d’une inflation encore sous contrôle. Mais cette désinflation pourrait être de courte durée, l'impact de la hausse des prix de l’énergie arrivant généralement avec plusieurs semaines de décalage. Joachim Nagel, président de la Bundesbank, l'a bien compris et plaide pour une politique monétaire plus restrictive afin d'éviter que l'inflation ne s'installe durablement. C'est plutôt de l'autre côté de la Manche qu'il faudra s'inquiéter, le Royaume-Uni affichant déjà une inflation à 3,00%, bien au-delà de la cible des 2,00%, laissant peu de marge de manœuvre à la Banque d’Angleterre.
🇨🇳🇯🇵 Asie
En Chine, la Banque centrale a choisi de maintenir ses taux directeurs tout comme le reste du monde. La crise immobilière continue de peser sur la confiance des ménages et freine la demande intérieure. Le gouvernement en est conscient, fixant un objectif de croissance de 4,50% à 5,00% pour 2026, le plus bas depuis 1991, et promet des mesures fortes pour relancer la consommation.
Au pays du soleil levant, l'inflation hors produits frais est tombée en février sous l'objectif des 2,00% pour la première fois depuis près de quatre ans, grâce aux subventions du gouvernement sur l'énergie. Néanmoins, ce repli ne devrait pas bouleverser le plan de resserrement monétaire de la banque centrale nippone, en raison de la flambée des cours du pétrole et de la faiblesse du yen.
🛢️ Matières premières
Du côté des matières premières, le détroit d'Ormuz est toujours quasi paralysé depuis bientôt un mois et les conséquences se font déjà sentir sur les prix de l'énergie. Mais les effets du conflit ne s'arrêtent pas là : les dégâts sur les installations gazières du Qatar ont coupé un tiers de la production mondiale d'hélium, un sous-produit du gaz naturel indispensable à la fabrication des semi-conducteurs, et donc au développement de l'intelligence artificielle.
By Widoowin Cross Asset SolutionsCette semaine, le détroit d'Ormuz franchit le cap du premier mois de paralysie, et les conséquences économiques du conflit restent difficiles à évaluer. Face à cette incertitude, les banques centrales ont choisi la prudence. Elles révisent désormais leurs projections et se préparent à agir si la situation se dégrade.
🇺🇸 États-Unis
Aux États-Unis, la Réserve fédérale reconnaît naviguer dans un environnement particulièrement incertain. Elle adopte un ton plus hawkish, révisant ses projections à la hausse sur l'inflation et à la baisse sur la croissance. En cause, le baril de pétrole exerce une pression simultanée sur les prix à la consommation et sur l'activité économique, faisant craindre un risque de stagflation, le scénario le plus redouté par les banquiers centraux. En maintenant ses taux inchangés, la Fed se réserve la possibilité de resserrer sa politique monétaire si l'inflation repart. L’institution n’a pas oublié la vague inflationniste de 2022-2023, et cette fois elle ne prendra pas le risque de se laisser surprendre.
En parallèle, le président des États-Unis a annoncé suspendre les attaques sur des sites énergétiques iraniens, en évoquant des discussions nucléaires qu'il juge très productives. Néanmoins, ces déclarations ont rapidement été démenties par Téhéran, renforçant le climat d’incertitude. La séquence a alimenté des soupçons de délit d'initié autour des déclarations présidentielles. Le prix du baril reste ainsi suspendu à la moindre évolution du conflit, ou au prochain tweet de Trump.
🇪🇺 Europe
De l’autre côté de l’Atlantique, la Banque centrale européenne a aussi revu ses prévisions face au risque inflationniste, anticipant désormais une inflation à 2,60% en zone euro pour 2026, contre 1,90% précédemment, pour une croissance réduite à 0,90%. Face aux tensions sur les prix, les taux souverains allemands et français ont nettement progressé, et pourraient bien poursuivre leur hausse si le blocage du détroit d'Ormuz venait à s'installer dans la durée.
En Allemagne, les prix à la production ont enregistré un repli plus marqué que prévu en février, affichant une baisse de 3,30% en rythme annuel, reflet d'une industrie manufacturière qui tourne au ralenti depuis plusieurs trimestres. Dans ce contexte, l'indice des prix à la consommation ressortait à 1,90% en février, signe d’une inflation encore sous contrôle. Mais cette désinflation pourrait être de courte durée, l'impact de la hausse des prix de l’énergie arrivant généralement avec plusieurs semaines de décalage. Joachim Nagel, président de la Bundesbank, l'a bien compris et plaide pour une politique monétaire plus restrictive afin d'éviter que l'inflation ne s'installe durablement. C'est plutôt de l'autre côté de la Manche qu'il faudra s'inquiéter, le Royaume-Uni affichant déjà une inflation à 3,00%, bien au-delà de la cible des 2,00%, laissant peu de marge de manœuvre à la Banque d’Angleterre.
🇨🇳🇯🇵 Asie
En Chine, la Banque centrale a choisi de maintenir ses taux directeurs tout comme le reste du monde. La crise immobilière continue de peser sur la confiance des ménages et freine la demande intérieure. Le gouvernement en est conscient, fixant un objectif de croissance de 4,50% à 5,00% pour 2026, le plus bas depuis 1991, et promet des mesures fortes pour relancer la consommation.
Au pays du soleil levant, l'inflation hors produits frais est tombée en février sous l'objectif des 2,00% pour la première fois depuis près de quatre ans, grâce aux subventions du gouvernement sur l'énergie. Néanmoins, ce repli ne devrait pas bouleverser le plan de resserrement monétaire de la banque centrale nippone, en raison de la flambée des cours du pétrole et de la faiblesse du yen.
🛢️ Matières premières
Du côté des matières premières, le détroit d'Ormuz est toujours quasi paralysé depuis bientôt un mois et les conséquences se font déjà sentir sur les prix de l'énergie. Mais les effets du conflit ne s'arrêtent pas là : les dégâts sur les installations gazières du Qatar ont coupé un tiers de la production mondiale d'hélium, un sous-produit du gaz naturel indispensable à la fabrication des semi-conducteurs, et donc au développement de l'intelligence artificielle.