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Or


Depuis 1945, la puissance se mesurait à l’aune de la capacité de projection : dollars, porte-avions, bases militaires. Aujourd’hui, ce paradigme s’effondre. Les États-Unis, hyperpuissance incontestée, échouent à imposer leur volonté, en Irak, en Afghanistan, et peinent à contenir l’Iran. À l’inverse, des puissances régionales, voire des acteurs non étatiques, parviennent à tenir en échec les géants traditionnels. La puissance a-t-elle simplement changé de nature ?
Ne résiderait-elle plus dans la capacité de construire, mais dans celle de détruire, de nuire, de bloquer ? L’exemple du détroit d’Ormuz, où l’Iran transforme un goulot d’étranglement maritime en arme de dissuasion massive, illustre ce basculement vers une « puissance de nuisance ».
Enfin, dans la course à la puissance, un nouvel élément est désormais à prendre en compte : l’intelligence artificielle. La maitrise des algorithmes, des données et des semi-conducteurs redéfinit la hiérarchie des nations. La puissance de demain se mesure désormais en téraoctets et en capacité de calcul plutôt qu’en nombre de divisions blindées. Les ruptures technologiques rendent les hiérarchies économiques et militaires instables et en permanence susceptibles d’être renversées par la percée novatrice d’un adversaire.
Invités :
Édition en partenariat avec la revue Questions internationales : « Les empires contre-attaquent. La puissance au 21ᵉ siècle ».
À lire aussiNouvelles technologies et enjeux géopolitiques
Donald Trump affirme vouloir rencontrer Kim Jong-un plus tard dans l’année. Pyongyang n’a toutefois pas confirmé l’existence d’un véritable échange entre les deux dirigeants : le leader nord-coréen reconnait la qualité de leur relation personnelle tout en rejetant l’idée que cette relation puisse modifier les intérêts stratégiques nord-coréens.
Le geste américain récent et concret a été la réduction des exercices militaires avec la Corée du Sud, lesquels ont été raccourcis de onze à cinq jours, tandis qu’un autre exercice prévu en septembre a été annulé, Washington invoquant notamment les contraintes liées à la guerre avec l’Iran. L’hypothèse d’un succès diplomatique après l’Iran doit être accueillie avec prudence. Kim Jong-un dispose aujourd’hui de marges de manœuvre plus importantes qu’en 2018-2019. La Corée du Nord s’est rapprochée de la Russie, notamment par une coopération militaire liée à la guerre en Ukraine, tout en maintenant ses liens économiques fondamentaux avec la Chine. Que cherche Washington et que peut obtenir Pyongyang ? Vers une Asie plus autonome militairement ? La Corée du Nord modifie-t-elle les rapports de force en Asie ?
Invité :
À lire aussiÉtats-Unis: le président Donald Trump déclare qu'il rencontrera Kim Jong-un cette année
Le monde a rarement vécu dans un environnement aussi hostile. Guerre commerciale; conflit en Iran dont personne ne voit l’issue ; deux front ouverts par Trump. Et pourtant le commerce mondial ne cesse de croître. Les échanges se réorientent ; de nouvelles alliances se nouent. Tout cela consacre par ailleurs la super puissance de la Chine. Car les droits de douane ont jeté nombre de pays dans les bras de l’ogre chinois, dont les produits inondent la planète et dont la balance commerciale bat tous les records. La réalité du monde, c’est aussi le Moyen Orient en feu, et le climat en rage, témoignant d’un grand désordre mondial.
Invité :
Bertrand Badie, professeur émérite des universités à Sciences Po. Auteur d’une trentaine d’ouvrages. Par-delà la puissance et la guerre. La mystérieuse énergie sociale chez Odile Jacob est le dernier.
Il y a quatre-vingt dix ans, l’Espagne basculait dans la guerre civile. Le 17 juillet 1936, le pays entrait dans l’une des tragédies majeures du XXè siècle, une guerre qui a brisé durablement la société espagnole et dont les mémoires restent, aujourd’hui encore, profondément disputées.
Et si l’Espagne regarde encore autant son passé, c’est aussi parce qu’elle est traversée, au présent, par de fortes tensions politiques : sur la mémoire, sur les autonomies, sur le rapport à l’opposition, sur la place du pays en Europe et dans le monde. Que nous dit encore 1936 de l’Espagne d’aujourd’hui ?
Dans un contexte assombri par les scandales de corruption qui planent sur son entourage et l’orbite du PSOE, comme du gouvernement, Pedro Sanchez conduit un pays toujours travaillé par de fortes crispations.
Invités :
Le monde occidental vit une crise civilisationnelle et politique qui exprime tout à la fois un vertige sur l’état des lieux, une perte de sens, un doute sur ses capacités, une haine de soi et une peur de la disparition qui se traduit aujourd’hui par la gigantesque insurrection antisystème qui secoue les démocraties d’Occident. Cette crise est une crise majeure faite de critiques en tous genres qui viennent saper les bases de notre civilisation au risque de la détruire.
À quoi s’ajoute l’autoritarisme qui s’affirme sur la scène politique trumpienne. Autre réalité, elle aussi destructrice. Affaibli par ses doutes et le schisme apparu brutalement entre l’Europe et l’Amérique de Donald Trump, l’Occident est par ailleurs confronté à une coalition dont la Russie de Poutine et la Chine de Xi Jinping sont les leaders incontestés liés par un ressentiment historique qu’ils nourissent vis-à-vis de l’Occident et par la peur de l’attraction que la liberté occidentale pourrait susciter chez leurs peuples. Ils voient l’Occident comme l’ennemi à abattre et mènent contre lui une guerre hybride à grande échelle, qui connecte tous les théatres d’opérations.
Invité :
Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur à l’Institut Français de Géopolitique, directeur de recherche à l’Institut Thomas More et collaborateur de Desk-Russie. Dictionnaire Géopolitique du Monde Occidental, Presses Universitaires de France.
Sur une carte du monde officielle, on compte 193 États membres de l’ONU. Pourtant, il en existe bien d’autres, invisibles ou presque, qui défient les frontières tracées par le droit international : la Palestine, la Transnistrie, Taïwan, le Somaliland, l’Abkhazie, le Haut-Karabakh… Ils sont plus d’une centaine à défier les règles du jeu. Ces territoires, que Lukas Aubin qualifie d'« États fantômes », ne sont pas reconnus par la communauté internationale, ou seulement par une poignée de pays.
Pourtant, ils exercent une influence croissante sur la scène géopolitique, bousculant les équilibres régionaux, alimentant les conflits, et remettant en cause l’ordre mondial tel qu’on le connaît.
Pourquoi ces entités persistent-elles malgré leur statut ambigu ? Comment survivent-elles économiquement, politiquement, voire militairement ? Et surtout : que nous disent-elles des failles du système international ?
Invité :
Lukas Aubin, directeur de recherche à l’IRIS, spécialiste de la géopolitique de la Russie et membre associé du Centre de recherches pluridisciplinaires et multilingues à l’université Paris Nanterre.
La « guerre de l’information » est sur toutes les lèvres. Depuis la crise sanitaire et plus encore avec le conflit en Ukraine, cette guerre qui n’est ni militaire, ni sociale, ni économique, déchire le débat public. Chacun veut imposer sa manière de raconter le monde, on peine à se mettre d’accord sur un récit commun. La vérité est devenue un champ de bataille. Et cette bataille – narrative et sémantique – a renforcé les dictatures en sapant la confiance de l’opinion publique envers les démocraties. Comment expliquer une telle victoire du discours antidémocratique, tant sur le plan géopolitique que dans nos sociétés ? Et surtout peut-on encore le combattre ?
Invitée :
Marie Peltier, historienne, essayiste et chercheuse. Elle est spécialiste des questions de propagande des régimes autoritaires, de manipulation des médias et du conspirationnisme contemporain. La bataille des récits. Comment la propagande antidémocratique a mis à mal nos sociétés aux éditions Stock.
Les congés payés fêtent cette année leurs 90 ans en France. Mais sommes-nous tous égaux dans le monde face aux vacances ? Qui part, qui ne part pas, et où ? Du poids des passeports aux stratégies de soft power des États, quelles particularités selon les pays ? Et comment les affres de la géopolitique (tensions commerciales, conflits, boycotts, climat) reconfigurent-elles notre manière de voyager et de nous reposer ?
Avec :
Alors que la guerre menée au Moyen-Orient par Donald Trump semble s'enliser depuis plusieurs semaines et que le cessez-le-feu durement négocié est tombé à l'eau : la séquence géopolitique semble recommencer chaque jour de manière identique. Des annonces américaines, démenties par les annonces iraniennes (et l'inverse). Un détroit d'Ormuz ouvert, fermé, ouvert, fermé... alors comment comment analyser et comprendre les atermoiements diplomatiques et guerriers ? Quels signes d'une reprise massive du conflit ?
Avec :
La réunion de famille ne s’est pas super bien passée, mais au moins, personne n’a claqué la porte ! Voilà comment résumer le sommet de l’OTAN qui s’est tenu à Ankara mardi 7 et mercredi 8 juillet 2026. Entre grosse colère de Donald Trump à l’arrivée, aide à l’Ukraine, investissement dans l’armement européen et rappel de l’article. Analyse, réactions des meilleurs chercheurs français sur l'Alliance Atlantique.
Avec
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Géopolitique parcourt les grandes régions du monde auxquelles sont associés des enjeux majeurs. Marie-France Chatin invite au débat chercheurs et experts, afin que soient expliqués et mis en…
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