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La 11è Conférence d’examen du Traité sur la Non-Prolifération s’est achevée, il y a quelques jours, à New York sans accord final, pour la troisième fois consécutive, après 2015 et 2022.
Ce traité vieux de 50 ans n’a pourtant jamais été aussi crucial : guerre d’Ukraine, tensions avec l’Iran, course aux armements en Asie, et même les menaces de retrait de certains États -comme l’Iran qui s’interroge publiquement sur son adhésion- remettent en cause l’équilibre nucléaire mondial. À New York, les discussions sur le traité de non prolifération ont non seulement pas abouti, mais elles se sont aussi déroulées dans un contexte accusatoire et conflictuel. Tout se dérègle et la menace nucléaire est revenue à la Une de l’actualité mondiale. La Russie ne cesse d’agiter le chiffon rouge du nucléaire, notamment lorsqu’elle est en difficulté sur le front. L’Iran a franchi toutes les lignes rouges et la Corée du Nord fait d’incroyables progrès balistiques et nucléaires s’appuyant sur son nouvel allié russe. Le désarmement est en péril. La menace nucléaire grandit aussi vite que le désir de protection nucléaire augmente. Jamais autant de pays ne s’étaient intéressés à cette arme de dissuasion massive. Le TNP est-il encore un rempart ou s’est-il transformé en château de cartes, prêt à s’effondrer ?
Invités :
Une région de 7.000 îles et 40 millions d’habitants. Un carrefour géopolitique en ébullition qui se retrouve en première ligne de l’urgence climatique mondiale. La lutte contre les effets du dérèglement climatique est devenue la première préoccupation pour la plupart des gouvernements caribéens, ce qui modifie en profondeur leurs priorités diplomatiques. On parle pour la région d’une géopolitique de la survie.
La priorité climatique n’est pas celle de Donald Trump davantage préoccupé par la place qu’occupe la Chine aujourd’hui dans la région, le trafic de drogue, le commerce maritime, le pétrole, les questions migratoires. On n’entend plus parler de ses intentions sur le Canal de Panama, mais le président a fait usage de sa force au début de l’année (2026) en menant une opération militaire sans précédent au Venezuela, bombardant Caracas et capturant Nicolas Maduro. Alors que Washington intensifie sa présence militaire dans les eaux caribéennes, la pression sur les alliés régionaux de Nicolas Maduro s’accroît. Cuba subit un blocus énergétique total depuis le début de l’année : les livraisons de pétrole vénézuélien ont cessé, les États-Unis bloquent les tankers à destination de l’île et les sanctions s’intensifient. Raul Castro a été inculpé le 20 mai 2026 pour le meurtre d’Américains en 1996. Une décision judiciaire vue comme une excuse pour que Washington puisse intervenir sur l’île, enlever et incarcérer l’ancien guérillero afin de précipiter un changement de régime. Malgré la chute de Nicolas Maduro, Pékin reste un acteur-clé dans la région. Quant à la Communauté caribéenne et à l’Association des États de la Caraïbe, elles ont bien du mal à unifier leurs positions face aux crises. Entre dépendance énergétique, pression géopolitique et quête de souveraineté, regard sur les défis de la Caraïbe dans l’écriture de son propre destin.
Nos invités :
Émission en partenariat avec la Maison de l'Amérique Latine à Paris et son Forum 2026 « L'Amérique Latine toujours », dans le cadre de la 13è édition des Semaines de l'Amérique Latine et des Caraïbes. Et la collaboration de Christophe Ventura.
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Barrière montagneuse qui s’étend sur près de 1 200 kms entre mer Noire et mer Caspienne, le Caucase est considéré comme la frontière sud de l’Europe avec l’Asie, mais c’est aussi une aire de contacts autant que de frictions entre Empires ottoman, perse et russe. Intégré à l’URSS à partir de 1921, il est composé de deux ensembles : le Grand Caucase au nord et le Petit Caucase au sud, traversé par les frontières de la Géorgie, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan.
Trois États devenus indépendants avec l’effondrement de l’URSS en 1991 et qui forment la Transcaucasie, tandis qu’au nord, la Ciscaucasie appartient à la Fédération de Russie. Si le Caucase du Nord semble aujourd’hui pacifié au prix de dizaines de milliers de morts depuis la dernière guerre de Tchétchénie, le Caucase du Sud demeure une zone instable sur les plans politique et géopolitique que Moscou, mobilisé actuellement sur le front ukrainien, considère encore comme stratégique. Zone instable... C’est ce que nous allons voir dans cette édition en partenariat avec la revue « QUESTIONS INTERNATIONALES » consacrée à la Géopolitique du Caucase. Parmi les points d’attention, l’élection parlementaire du 7 juin prochain en Arménie qui a lancé un processus d’adhésion à l’Union européenne, tandis que la Géorgie s’aligne sur le modèle russe. Et que les États-Unis veillent au grain. JD Vance était en Arménie en février 2026 et c’est à Washington qu’a été signé en août 2025 un accord entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie à l’issue de la dernière guerre du Haut-Karabagh. Entre guerres gelées, alliances changeantes et rêves européens, le Caucase du Sud est aujourd’hui plus que jamais au cœur des tensions mondiales.
Invités :
Au début du mois de mai 2026, un sommet intitulé « Africa forward » (« en avant l’AFRIQUE »), organisé pour la première fois dans un pays anglophone, le Kenya, réunissait 35 chefs d’État et de gouvernement de tout le continent ainsi que des représentants des sociétés civiles et de grands groupes français et africains. Il y fut surtout question d’investissements et d’affaires.
La France, contestée voire expulsée de certaines de ses anciennes possessions et affaiblie politiquement, cherche à maintenir sa présence sur le continent sur le terrain économique, y compris dans les pays anglophones. Un mouvement de redéploiement économique a déjà été entamé par de nombreux autres pays : la Chine, la Turquie, l’Inde, les pays du Golfe, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie.
L’annonce en novembre 2022 de la fin de l’opération française Barkhane au Sahel a été largement interprétée comme la clôture d’un cycle stratégique ouvert au début des années 2000, marqué par la centralité des opérations extérieures de contre-terrorisme, de stabilisation et de gestion des crises. Barkhane fut le successeur de Serval, avec une empreinte régionale étendue. Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie. Le Sahel qui, au fil des années, a cessé d’être seulement un théâtre de lutte contre le terrorisme pour devenir un terrain de rivalités entre puissances, où Russie, Turquie et Émirats Arabes Unis sont particulièrement actifs. La guerre de l’information est généralement mise en avant comme le maillon faible de l’opération Barkane au cours de laquelle la France s’est vue imposer des récits adverses donnant l’image d’un pays intrusif et inefficace, questionnant sa légitimité. Et aujourd’hui, la tentation est grande dans le débat public français de réduire Barkhane à un échec à oublier.
Pour cette cinquième émission en partenariat avec l’INALCO, l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale, nos invités :
Depuis quatre ans, la guerre en Ukraine s’étire, s’enlise et s’internationalise. Vladimir Poutine, qui a longtemps affiché une assurance de fer, semble aujourd’hui engagé dans une course contre la montre.
Les dernières semaines ont révélé une Russie fragilisée : un cessez-le-feu en Ukraine immédiatement violé, des célébrations du 9 mai 2026 réduites à leur plus simple expression, des signes de contestation interne inédits, et une économie asphyxiée par les sanctions, mais temporairement sauvée par la flambée des prix du pétrole due à la guerre en Iran.
Pourtant, Moscou ne lâche rien. Elle joue sur tous les tableaux : soutien indirect à Téhéran, pivot vers la Chine, et tentative de maintenir son emprise sur l’Extrême-Orient, cette région stratégique où la présence chinoise grandit chaque jour.
La Russie est-elle en train de perdre la guerre en Ukraine ? Le pivot vers l’Asie est-il une planche de salut ou un piège ? Et que nous disent les tensions internes et la situation économique sur l’avenir du régime Poutine ?
Invitées :
Depuis plusieurs mois, le Moyen-Orient est entré dans une phase de recomposition stratégique majeure. L’offensive israélo-américaine contre l’Iran a profondément bouleversé les équilibres régionaux : tensions dans le Golfe, fermeture du détroit d’Ormuz, frappes croisées, fragilité des cessez-le-feu et retour d’une logique de confrontation directe entre puissances régionales.
Derrière cette guerre très médiatisée, une autre crise, moins visible en Europe, s’aggrave rapidement : celle qui oppose le Pakistan et l’Afghanistan taliban. La situation serait proche d’une « open war », une guerre ouverte, entre Islamabad et Kaboul. Les affrontements frontaliers se multiplient, les frappes aériennes aussi, tandis que le Pakistan accuse les talibans afghans d’abriter les combattants du Tehrik-e-Taliban Pakistan, le TTP, responsable d’attentats meurtriers sur le territoire pakistanais. Au même moment, paradoxe apparent, Islamabad tente de se présenter comme médiateur entre Washington et Téhéran. Soutenu discrètement par l’Arabie saoudite, proche des États-Unis mais obligé de ménager l’Iran voisin, le Pakistan cherche à transformer une extrême vulnérabilité intérieure en opportunité diplomatique, sous l’œil observateur de New Delhi qui, de son côté, développe des liens croissants avec Kaboul, dans une logique d’encerclement régional de son rival historique. Derrière les crises du Moyen-Orient se dessine une nouvelle bataille d’influence sud-asiatique, entre Inde, Pakistan, Afghanistan, Iran, Chine et monarchies du Golfe. Assiste-t-on à une régionalisation du conflit moyen-oriental jusqu’aux portes de l’Asie du Sud ? Le risque d’un embrasement régional généralisé est-il aujourd’hui sous-estimé ?
Invités :
Depuis quatre ans, la guerre en Ukraine s’étire, s’enlise et s’internationalise. Vladimir Poutine, qui a longtemps affiché une assurance de fer, semble aujourd’hui engagé dans une course contre la montre.
Les dernières semaines ont révélé une Russie fragilisée : un cessez-le-feu en Ukraine immédiatement violé, des célébrations du 9 mai 2026 réduites à leur plus simple expression, des signes de contestation interne inédits, et une économie asphyxiée par les sanctions, mais temporairement sauvée par la flambée des prix du pétrole due à la guerre en Iran.
Pourtant, Moscou ne lâche rien. Elle joue sur tous les tableaux : soutien indirect à Téhéran, pivot vers la Chine, et tentative de maintenir son emprise sur l’Extrême-Orient, cette région stratégique où la présence chinoise grandit chaque jour.
La Russie est-elle en train de perdre la guerre en Ukraine ? Le pivot vers l’Asie est-il une planche de salut ou un piège ? Et que nous disent les tensions internes et la situation économique sur l’avenir du régime Poutine ?
Invitées :
« La voie de la négociation est plus utile et plus douce que celle des armes. » Voilà ce que disait l'un des négociateurs de Louis XIV. Mais l'actualité récente qu'elle nous emmène en Iran, au Venezuela ou en Ukraine, nous pousse à nous demander si la diplomatie est morte. Ou bien si elle prend d'autres formes…
Soumises aux réseaux sociaux, tributaires de plus en plus d'intérêts privés, et semblant balayées d'un revers de main par un président américain qui cultive l'unilatéralisme comme une force. Question que l'on posera à nos invités :
Guillaume Devin, professeur émérite des universités à Sciences Po, membre associé du CERI, auteur de Notre système international. Une approche politique des relations internationales, éditions Le Cavalier Bleu
Nicolas Normand, ancien ambassadeur de France au Mali, au Congo-Brazzaville et au Sénégal. Auteur du Grand livre de l’Afrique : Chaos ou émergence au sud du Sahara ? (Eyrolles)
Marc Pierini, ancien ambassadeur de l'Union européenne et chercheur à Carnegie Europe, auteur de Deux générations en guerre – Mémoires familiales pour comprendre le retour de la guerre en Europe, autoédité.
C'est un événement musical que certains considèrent avec condescendance, voire mépris, comme le summum du kitsch et du clinquant. Et pourtant, le 16 mai 2026, Vienne, la capitale autrichienne, accueillera la 70e édition de l'Eurovision. Un concours de chansons fédérateur créé en 1956 par l'Union européenne de radio-télévision, retransmis en direct par une trentaine de pays dans le monde et suivi par quelque 160 millions de téléspectateurs. Mais l'Eurovision n'est pas qu'un simple divertissement, il est aussi devenu au fil des ans un enjeu géopolitique et un laboratoire des tensions contemporaines.
Pourquoi l'Eurovision reste-t-il un instrument de soft power pour beaucoup d'États qui y participent ? Pourquoi un spectacle qui se voulait fédérateur est-il aujourd'hui le théâtre de rivalités identitaires ou linguistiques, d'exclusions ou de maintiens diplomatiques ? Que reste-t-il de la vocation initiale du concours : l'aspiration à la paix européenne ? L'Eurovision n'est-il aujourd'hui qu'une vitrine de la pop culture mondialisée ou demeure-t-il un espace de partage qui peut encore tirer son épingle du jeu face à la concurrence des plateformes globales ? Pourquoi les chercheurs en font-ils un objet d'étude ? On en débat avec nos invités :
Tous deux ont publié Géopolitique de l’Eurovision, la bande-son de la construction européenne, aux éditions Bréal.
Il y a une semaine au Mali, une série d’attaques simultanées contre des positions stratégiques de l’armée dans plusieurs villes, y compris la capitale Bamako, a fait vaciller la junte au pouvoir. Le numéro 2 du régime, le ministre de la Défense Sadio Camara, a été tué à Kati tandis que la ville symbole de Kidal, dans le nord, tombait aux mains des rebelles. Un camouflet pour la junte et pour les paramilitaires russes contraints de battre en retraite.
Des attaques menées conjointement par le Jnim (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, affilié à al-Qaïda) et par le FLA, le Front de libération de l’Azawad, cette vaste zone du nord du Mali dont les séparatistes touaregs réclament l’indépendance depuis des décennies.
Mardi 28 février 2026, après trois jours de silence, le chef de la junte, Assimi Goïta, a appelé à un sursaut national et déclaré la situation sous contrôle mais les rebelles continuent de progresser : ils se sont emparés hier du camp militaire stratégique de Tessalit dans le nord.
Que cherchent le Jnim et le FLA ? Ont-ils les mêmes objectifs ou sont-ils des alliés de circonstance ? La junte, qui ne contrôle qu’à peine 30% du territoire, pourra-t-elle se maintenir au pouvoir après avoir échoué, avec ses partenaires russes, à restaurer la paix et l’autorité de l'État dans tout le pays ? En cas d’effondrement du régime militaire, faut-il craindre un effet domino au Sahel ? Quel rôle joue l’Algérie en coulisses ?
Avec :
Bakary Samb, directeur du Timbuktu Institute et fondateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux
Francis Kpatindé, ancien journaliste, spécialiste de l’Afrique, enseignant à Sciences Po
Oumar Berté, politologue, avocat associé au barreau de Paris et chercheur associé au Centre d’études juridiques de l’Université de Rouen-Normandie.
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Géopolitique parcourt les grandes régions du monde auxquelles sont associés des enjeux majeurs. Marie-France Chatin invite au débat chercheurs et experts, afin que soient expliqués et mis en…
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