Le cycle des Grandes Conférences des Archives Henri Poincaré est conçu comme un espace de rencontre entre chercheurs et grand public. Il couvre de nombreux champs disciplinaires : philosophie, épistémologie, éthique, histoire des sciences et des techniques, histoire des institutions, sociologie des sciences et des organisations, etc.
Résumé : Le projet ANR de numérisation des procès-verbaux du Bureau des longitudes piloté depuis les Archives Poincaré à Nancy, et la « redécouverte » conjointe d’un fonds d’archives inédit du Bureau des longitudes conservé à l’Institut, permettent de reconstruire une part importante de la réalisation pratique, matérielle et humaine d’une des tâches assignées au Bureau par son acte de fondation du 7 messidor an III (25 juin 1795) : la publication des éphémérides de la Connaissance des temps et la nécessaire structuration progressive d’un « Service des calculs » du Bureau au cours du XIXe siècle, rompant avec les pratiques héritées de l’astronome Jérôme Lalande, cofondateur et premier « patron » du Bureau. Il est ainsi désormais possible de reconstituer la liste des personnels recrutés à partir de 1802 comme calculateurs, un statut à l’évolution progressive vers la fonctionnarisation à la fin du XIXe siècle. Dès lors, les questions de discipline, d’organisation du travail quotidien, mais aussi de secours portés aux veuves des calculateurs ou aux calculateurs en mauvaise santé, comme l’accès progressif à la retraite, mais encore les questions de profils et de longévité de carrière, comme de l’accès des femmes à cette activité, peuvent être étudiés sous un angle d’histoire sociale du Bureau. Soucieux de défendre sa publication phare et d’améliorer les conditions de travail et financières de ses calculateurs dans un contexte où il est souvent sommé de justifier son activité, voire son existence, le Bureau des longitudes est amené à composer avec le bon vouloir de son ministère de tutelle et de l’évolution de la réglementation générale du Pays, dans une découverte toujours renouvelée d’une Direction des Ressources Humaines qui ne dit pas encore son nom. L’exposé s’interrogera sur toutes ces questions dans un souci de comparaison avec les pratiques similaires connues dans les observatoires nationaux notamment, mais aussi sur le plan international avec ce que l’on connaît de la gestion de la principale éphéméride concurrente de la Connaissance des temps, le Nautical Almanac anglais.