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Or


Entre le 17 et le 23 mai 2026, les bombardements russes ont fait au moins un mort et 13 blessés à Kyiv. Des frappes qui ont été aussitôt suivies par des alertes de la diplomatie russe, exhortant les ressortissants étrangers à quitter la capitale ukrainienne. Pourtant, malgré ces menaces à peine voilées et la liste des victimes ukrainiennes qui s’allonge, Moscou semble encore loin d’atteindre ses objectifs militaires initiaux. Une attaque sans précédent de drones ukrainiens a fait 4 morts début mai 2026, amenant la guerre sous les yeux de populations qui en étaient jusqu’alors soigneusement préservées. Comment les civils et l’opinion publique russe perçoivent-ils ces événements ? Entre les pertes militaires et les sanctions économiques, le gouvernement de Vladimir Poutine pourrait-il être en train de vaciller ?
En Russie, la population sait "que la politique de conduite de la guerre leur fait du mal, mais les Russes ne voient pas comment sortir de cette situation, notamment parce que, depuis plusieurs décennies, Vladimir Poutine a fait en sorte de nettoyer le terrain politique pour faire penser que l'alternative n'existe pas ou que l'alternative serait pire", expose Anna Colin Lebedev. Très largement contre la guerre en 2022, de nombreux Russes disent aujourd'hui : "nous n'aurions jamais dû commencer cette guerre, mais maintenant qu'on l'a commencée, nous n'avons pas d'autres solutions que de la gagner", ce qui les "amène à soutenir la politique de poursuite de la guerre alors même qu'elle est à leur désavantage”.
Selon Elsa Vidal, l’affaiblissement de Vladimir Poutine est “réel”. Cependant, explique-t-elle, “il ne faut pas croire qu'il va produire un effet sociétal qui va amener à un changement de régime”. Pour autant, indique la journaliste, malgré “une lecture qui nous pousse à croire qu’après Vladimir Poutine, ce sera pire”, on “ne devrait pas avoir peur d’une défaite” du président russe. Elle regrette d’entendre des diplomates, des politiques ou des militaires dire “qu'un homme acculé est plus dangereux”. Elsa Vidal ne croit pas “que Vladimir Poutine s'apprête à utiliser l'arme nucléaire” mais “la poser comme prémices est un moyen de nous inhiber” et une manière “de nous tenir à distance”.
À l’international, Elie Tenenbaum “ne sait pas si l’on peut dire qu’il est affaibli”. D’autant plus “qu’on l’a vu rendre visite à Xi Jinping, juste après Donald Trump, en Chine”. Néanmoins, dit-il, “on a bien senti que la Russie est dans une situation demandeuse aujourd'hui vis-à-vis de la Chine avec des dépendances qui sont très claires sur le plan économique, sur le plan financier, sur le plan logistique et industriel”. “On voit bien”, ajoute le chercheur, “qu’il marque le pas, qu'il y a des alliés clés auxquels la Russie n'a pas pu porter son aide en 2026, du Venezuela à l'Iran, en passant par les juntes militaires au Sahel”, mais, pour autant, “on n'a pas l'impression d'un pouvoir qui vacille dans son expression géopolitique”.
By Entre le 17 et le 23 mai 2026, les bombardements russes ont fait au moins un mort et 13 blessés à Kyiv. Des frappes qui ont été aussitôt suivies par des alertes de la diplomatie russe, exhortant les ressortissants étrangers à quitter la capitale ukrainienne. Pourtant, malgré ces menaces à peine voilées et la liste des victimes ukrainiennes qui s’allonge, Moscou semble encore loin d’atteindre ses objectifs militaires initiaux. Une attaque sans précédent de drones ukrainiens a fait 4 morts début mai 2026, amenant la guerre sous les yeux de populations qui en étaient jusqu’alors soigneusement préservées. Comment les civils et l’opinion publique russe perçoivent-ils ces événements ? Entre les pertes militaires et les sanctions économiques, le gouvernement de Vladimir Poutine pourrait-il être en train de vaciller ?
En Russie, la population sait "que la politique de conduite de la guerre leur fait du mal, mais les Russes ne voient pas comment sortir de cette situation, notamment parce que, depuis plusieurs décennies, Vladimir Poutine a fait en sorte de nettoyer le terrain politique pour faire penser que l'alternative n'existe pas ou que l'alternative serait pire", expose Anna Colin Lebedev. Très largement contre la guerre en 2022, de nombreux Russes disent aujourd'hui : "nous n'aurions jamais dû commencer cette guerre, mais maintenant qu'on l'a commencée, nous n'avons pas d'autres solutions que de la gagner", ce qui les "amène à soutenir la politique de poursuite de la guerre alors même qu'elle est à leur désavantage”.
Selon Elsa Vidal, l’affaiblissement de Vladimir Poutine est “réel”. Cependant, explique-t-elle, “il ne faut pas croire qu'il va produire un effet sociétal qui va amener à un changement de régime”. Pour autant, indique la journaliste, malgré “une lecture qui nous pousse à croire qu’après Vladimir Poutine, ce sera pire”, on “ne devrait pas avoir peur d’une défaite” du président russe. Elle regrette d’entendre des diplomates, des politiques ou des militaires dire “qu'un homme acculé est plus dangereux”. Elsa Vidal ne croit pas “que Vladimir Poutine s'apprête à utiliser l'arme nucléaire” mais “la poser comme prémices est un moyen de nous inhiber” et une manière “de nous tenir à distance”.
À l’international, Elie Tenenbaum “ne sait pas si l’on peut dire qu’il est affaibli”. D’autant plus “qu’on l’a vu rendre visite à Xi Jinping, juste après Donald Trump, en Chine”. Néanmoins, dit-il, “on a bien senti que la Russie est dans une situation demandeuse aujourd'hui vis-à-vis de la Chine avec des dépendances qui sont très claires sur le plan économique, sur le plan financier, sur le plan logistique et industriel”. “On voit bien”, ajoute le chercheur, “qu’il marque le pas, qu'il y a des alliés clés auxquels la Russie n'a pas pu porter son aide en 2026, du Venezuela à l'Iran, en passant par les juntes militaires au Sahel”, mais, pour autant, “on n'a pas l'impression d'un pouvoir qui vacille dans son expression géopolitique”.