Marc, 52 ans, a servi 25 ans dans l’armée de Terre — du 9e RCP au 92e RI, en passant par le 1er RI et le 35e RI. Un parcours jalonné d’opérations extérieures : Somalie, Gabon, Tchad, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Kosovo (deux fois), Afghanistan et enfin le Mali avec l’opération Serval.
C’est au Kosovo, en 2008, lors des émeutes autour du tribunal de Mitrovica, qu’il est blessé une première fois, puis touché à deux autres reprises en cinq heures par des éclats de grenades. Pourtant il refuse de quitter ses hommes. Il se fait panser et à chaque fois remonte au contact. Ce jour-là, un policier ukrainien meurt à côté de lui et plusieurs autres soldats de la KFOR sont grièvement blessés.
Mais la blessure la plus longue à nommer, c’est celle qu’on ne voit pas. Marc développe un syndrome de stress post-traumatique sévère. Il apprend à le camoufler, à mentir, d’abord à lui-même. L’institution militaire ne le détecte pas vraiment. Excellent chef de groupe et militaire expérimenté, Marc continue de partir en opération, notamment en Afghanistan puis au Mali en 2013.
Mais la maladie le rattrape. Marc est contraint de quitter l’institution. Une sortie soudaine et brutale. Une reconversion mal préparée, une famille qui explose : Marc tombe dans les addictions et se retrouve seul.
Mais un jour, un ancien frère d’armes le reconnaît et l’oriente vers la CABAT, la Cellule d’aide aux blessés de l’armée de Terre. Une main tendue. Marc était prêt à la saisir.
Depuis, Marc a remonté la pente grâce à plusieurs dispositifs mis en place, comme le programme Oméga, qui lui a permis d’être embauché chez Nexter. Il a aussi découvert Les Gueules Cassées, un espace rare selon lui : de la bienveillance, un accompagnement et une écoute constante.
L’UBFT est aussi, pour Marc, un lieu où il peut se ressourcer. Un endroit où l’on n’a pas besoin d’expliquer pourquoi on est là, ni de mettre des mots sur ses maux.
Son message est simple, et il y tient : « Si j’y suis arrivé, tout le monde peut y arriver. »