Du gnawa au zār iranien en passant par le stambeli tunisien, on part à l’écoute des musiques de transe arabe en compagnie d’Amine Metani.
[caption id="attachment_83176" align="alignnone" width="750"] Mettani © Wissem Ben Mechichi[/caption]
Musicien sous le nom de Mettani, Amine est aussi derrière le label Shouka et le collectif Arabstasy. On l’a rencontré avant son concert au FGO barbara du 11 avril, avec le groupe marocain N3rdistan.
Il avait un gembri, cette guitare à trois cordes qui encense les esprits jusquʼà la possession des corps dans les rites du Stambeli. Amine explore cette tradition tunisienne qu'il traduit ensuite sur scène, armé de machines et autres pédales.
[caption id="attachment_83165" align="aligncenter" width="795"] © Algo / Augustin Le Gall[/caption]
Cette vibration extatique, il l'a capté lors du pèlerinage de la troupe Sidi Ali Lasmar. Perchée dans une grotte face à la mer, le mausolée de Sidi Ali El Mekki tire son nom du marabout dont ce fut la retraite, puis la tombe. Un endroit à l'aura mystique où résonne encore les transes séculaires.
Un syncrétisme entre rites d'esclaves noirs et culture arabe
Dans tout le Maghreb, un culte des génies sʼest répandu par la route des esclaves de la communauté noire venus dʼAfrique Sub-Saharienne. Sous diverses appellation, ces musiciens-thérapeutes témoignent de pratiques mystico-religieuse indissociable de la traite orientale. Comme origine commune, il y a Sidi Bilal, premier mueezin de lʼIslam et un des premiers esclaves noirs affranchi par le prophète Mahomet.
[caption id="attachment_83193" align="aligncenter" width="664"] © Algo / Augustin Le Gall[/caption]
Ce culte invoque les esprits par un phénomène de possession ritualisé où le corps des adeptes entre en transe. Lʼinvocation des génies sʼeffectue par des chants et des noubas, ces rythmes qui font «descendre» les génies, les invitant à dialoguer, voire à guérir les malades.
On vous conseil le projet Dernière Danse d'Augustin Le Gall, une quète initiatique à la rencontre des communautés noires du Maghreb.
[caption id="attachment_83177" align="aligncenter" width="750"] © Algo / Augustin Le Gall[/caption]
Se mélant au spiritual jazz de Pharoah Sanders, au groove explosif de Makaya McCraven ou à l'electro de Floating Points, ces sonorités continuent d'inspirer quelques génies aujourd'hui. Alors prenez confortablement part à la transe et laissez shazam de côté, la tracklist est dispo ci-dessous.
Dans la deuxième partie, on restera un peu avec Amine mais on recoit aussi Vish du label Dar Disku. Il sera toujours question de transe arabe mais dans des temples différents, avec plus de basses et souvent moins de lumières.
Une émission réalisée et présentée par Sylvain Pinot et Claire Le Gac