À Saint-Joseph, un collectif de parents d'élèves de l'école maternelle de Langevin dénonce un manque de dialogue avec la municipalité et s'inquiète des conditions de la prochaine rentrée scolaire. Les familles estiment que les moyens alloués aux écoles sont insuffisants et évoquent les conséquences de la baisse des contrats PEC. De son côté, la ville de Saint-Joseph a communiqué, ce lundi 20 juillet 2026, sur la réorganisation de ses services à la rentrée : le périscolaire est supprimé tandis que la cantine et les Atsem sont maintenus. (Photo d'illustration www.imazpress.com)
Les parents d'élèves de l'école maternelle de Langevin, à Saint-Joseph, disent être arrivés "dans une impasse totale face au silence de notre municipalité". Dans un courrier adressé à notre rédaction, ils expliquent solliciter depuis près de neuf mois un rendez-vous avec le maire ou un élu afin d'obtenir des explications sur la gestion des écoles de la commune.
- Dans l'attente d'un rendez-vous -
Selon eux, leurs différentes démarches n'ont pas permis d'obtenir une rencontre. "Nous nous sommes déplacés au bureau des élus, nous avons laissé nos coordonnées, nous sommes même allés à la permanence électorale de Patrick Lebreton pendant la campagne, mais personne ne nous a recontactés", explique une représentante des parents d'élèves, jointe par téléphone par Imaz Press.
Elle précise également qu'une lettre recommandée avait été adressée à la mairie afin de demander la réalisation de travaux dans l'école ainsi qu'un rendez-vous. "Les travaux ont bien été réalisés, mais nous n'avons jamais eu de retour concernant notre demande de rendez-vous", ajoute-t-elle.
Les familles assurent aujourd'hui ne pas chercher la confrontation mais souhaitent "que le dialogue soit enfin établi", ainsi que davantage de transparence sur la gestion financière de la commune, notamment en ce qui concerne les écoles.
- Des interrogations sur les moyens alloués aux écoles -
Dans leur courrier, les parents estiment que les moyens consacrés à leur école sont insuffisants et déplorent "un sous-investissement flagrant" : "Alors que le forfait communal moyen par élève de maternelle est de 1.780 euros par an dans l'Hexagone et de 780 euros par an en moyenne à La Réunion, la commune de Saint-Joseph n'alloue que 24 euros par an et par élève".
Toutefois, ces chiffres semblent faire l'objet d'une confusion.
Les montants de 1.780 euros par élève en France hexagonale et 780 euros à La Réunion, cités par les parents, correspondent au forfait communal de fonctionnement. Celui-ci regroupe l'ensemble des dépenses assumées par une commune pour ses écoles : entretien des bâtiments, travaux, nettoyage, eau, électricité, mais aussi rémunération des agents communaux comme les Atsem. Ce coût global est ensuite rapporté au nombre d'élèves afin d'obtenir un montant annuel par enfant. À ce stade, le montant du forfait communal de la ville de Saint-Joseph n'a pas pu être confirmé.
Lire aussi - Entre 426 et 466 euros par enfant : l'allocation de rentrée scolaire versée le 4 août à La Réunion En revanche, les 24 euros évoqués par les parents correspondent à la dotation versée par la commune, via la Caisse des écoles, destinée à l'achat de fournitures, de matériel pédagogique ou encore de livres. Cette enveloppe est du même ordre que dans plusieurs autres communes de l'île, avec par exemple 29 euros par élève à Saint-Denis ou 25 euros au Tampon.
Les parents estiment néanmoins que cette dotation reste insuffisante. Ils expliquent que les enseignants et les familles sont régulièrement amenés à financer eux-mêmes une partie du matériel pédagogique. "La coopérative scolaire (30 euros par parent) et les ventes de gâteaux, initialement destinées aux projets pédagogiques, servent désormais à combler les carences de la mairie", écrivent-ils, citant notamment des achats tels que la peinture, les crayons, le papier ou encore les ballons.
- La mairie réorganise ses services pour la rentrée -
Sollicitée par Imaz Press, la ville de Saint-Joseph apporte une autre lecture de la situation. Elle indique avoir reçu le courriel des parents le vendredi 10 juillet à 10 heures, dans lequel une réponse était demandée avant le mercredi 15 juillet. "Une collectivité est, de manière générale, fermée dès midi le vendredi. Puis il y a eu le week-end, le pont ainsi que le 14 juillet qui était férié. Nous n'avons donc pas pu lui répondre dans ces délais", explique la municipalité.
La commune précise par ailleurs que l'élu en charge des affaires scolaires est actuellement indisponible, mais assure que "la demande sera bien sûr traitée lorsqu'il sera de retour".
Dans leur courrier, envoyé le 15 juillet dernier, les parents se disent également préoccupés par l'organisation de la prochaine rentrée scolaire. Ils redoutent les conséquences de la baisse des contrats Parcours Emploi Compétences (PEC), évoquant une possible réduction des services de cantine, de garderie ainsi que du nombre d'Atsem. "Les familles sont laissées dans le flou le plus total, incapables de s'organiser pour la rentrée", écrivaient-ils.
Lire aussi - Baisse des contrats PEC : Saint-Joseph supprime le périscolaire mais maintient la cantine et les Atsem À ce sujet, la municipalité a publié ce lundi 20 juillet, sur son site internet, les mesures mises en œuvre à compter de la rentrée scolaire 2026.
Grâce au redéploiement des équipes municipales, la restauration scolaire, la surveillance de la pause méridienne, les missions assurées par les Atsem et le nettoyage et l’entretien des écoles, sont maintenus dans la commune. "Ces choix permettent d’assurer l’accueil des élèves dans les meilleures conditions possibles", assure la ville de Saint-Joseph.
En revanche, certains services, non obligatoires, ne pourront plus être assurés à compter de la rentrée scolaire 2026. C'est le cas du service de garderie périscolaire, des mercredis périscolaires et des centres de loisirs sans hébergement du mois d’octobre, jusqu’à nouvel ordre. "Les familles sont invitées à prendre les dispositions nécessaires pour assurer la garde de leurs enfants en dehors du temps scolaire", indique la commune qui regrette profondément de devoir prendre ces mesures, "rendues inévitables par cette diminution exceptionnelle des moyens accordés".
La mairie de Saint-Joseph indique avoir fait le choix de préserver en priorité la restauration scolaire, "afin de ne pas pénaliser davantage les familles". Le service des Affaires scolaires reste disponible au 0262 71 73 71 pour répondre aux questions des administrés.
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