(Actualisé) Les maires ont décidé de se mobiliser ce mercredi 20 mai 2026 à partir de 9h sous les fenêtres du représentant de l’État à La Réunion. Du bruit et une présence pour alerter le préfet Patrice Latron, et lui demander, une fois de plus, de ne pas toucher aux contrats PEC. Sans discussions et sans échanges, le couperet est tombé le 5 mai dernier : 4.000 contrats PEC sont attribués à La Réunion pour l'année 2026, dont 800 pour l'ensemble des communes, contre 10.000 en 2025. Le taux de prise en charge et la durée des contrats sont aussi revus à la baisse. Une décision unilatérale qui force les collectivités à repenser leur fonctionnement. Ce mercredi, les maires ont décidé d’élargir leurs revendications : mutations des enseignants réunionnais et diminution des financements des logements sociaux sont aussi à l'ordre du jour (Photos : Richard Bouhet et Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
14:38
C'est la fin de ce direct, merci de nous avoir suivi. Huguette Bello : "La parole a été donnée à ceux qui sont attaqués par ce gouvernement"
La présidente de Région a apporté son soutien à la mobilisation des maires devant la préfecture ce mercredi. "Nous sommes là aujourd'hui... On a un service public qui est en train d'être cassé, brisé", elle déplore. "Nous avons écrit au président de la République pour lui faire part des préoccupations des 911.000 Réunionnais".
Écoutez. Ericka Bareigts : "i fo ke nou répét, i fo ke nou fash, i fo ke nou lé mobilizé"
"Il faut se battre. Vous savez, beaucoup de choses ont été faites parce qu'il y avait la mobilisation. Et si nous commençons par dire "à quoi ça sert", nous ne faisons rien. Il faut être présent, il faut être juste dans le combat que nous portons. Et aujourd'hui ce combat il est juste. Le combat, il est le combat de la dignité, par le travail, du parcours d'insertion. Ce n'est pas de défendre des PEC, c'est de défendre l'idée que les gens les plus éloignés de l'emploi doivent passer par un parcours d'insertion".
Écoutez. La préfecture annonce 330 manifestants
Selon la préfecture, les manifestants étaient 330 à s'être réunis au jardin de la liberté ce mercredi matin. Les organisateurs affirment que plusieurs centaines de personnes se sont mobilisées.
Seulement quelques minutes après être entrés, les élus ressortent de la préfecture
Le maire du Tampon, Alexis Chaussalet, craint une réalité ingérable
Dans la commune du Tampon, sur un total de 1600 effectif, on compte 800 contrats PEC, soit 50 % des agents. "Vous vous rendez compte de la pression et du danger que représente leur suppression du jour au lendemain", se désole le maire du Tampon. "Nous nous préparons à une situation très compliqué. Là seule chose à faire est de lutter".
Écoutez Alexis Chaussalet au micro de Élodie Escande. Les élus entrent en préfecture pour déposer leur motion
Une délégation, composée d'une vingtaine d'élus, entre en préfecture, peu avant 11 heures. Ils vont rencontrer le préfet et lui remettre leur motion. Cette dernière alerte notamment sur les conséquences de la diminution des contrats PEC et demande le maintien de la Ligne budgétaire unique (LBU) et une politique de justice sociale qui prend en compte les spécificités locales.
Regardez.
Voir cette publication sur Instagram
Une publication partagée par Imaz Press Réunion | Média 🇷🇪 (@imazpressreunion)
Les élus lisent et signent la motion qui va être déposée en préfecture
Une Atsem bénéficiaire d'un contrat PEC témoigne : "Nous avons des métiers différents mais nous avons en commun d’être les maillons indispensables au bon fonctionnement du service public". Elle poursuit en lisant la motion qui sera déposée, ce matin, en préfecture.
Écoutez. Le document demande le maintien de la Ligne budgétaire unique (LBU) et une politique de justice sociale qui prend en compte la situation actuelle de l’île. La motion demande également qu’une délégation soit reçue, dans les plus brefs délais, par le premier ministre.
Les élus alertent sur la fragilisation du tissu associatif, la diminution de la LBU qui menace le développement du logement social à La Réunion, ou encore le ralentissement des rénovations. Les signataires affirment leur soutien aux enseignants réunionnais mutés "de force", loin de leur famille et de leur territoire. Ils demandent qu'une attention particulière soit portée à leur situation et exigent que des emplois soient créés dans le secteur de la police, des douanes… et que soit privilégié le retour des Réunionnais sur leur île pour ces postes.
"Derrière les chiffres, il y a des vies !"
En marge de la mobilisation de ce mercredi matin, le Sydicat général du personnel de la Chambre de Commerce et d'Industrie de La Réunion et de la société aéroportuaire Aéroport de La Réunion Roland Garros - CGTR (SGPCA Réunion CGTR) a publié un communiqué. En voici un extrait :
"Le préfet et le gouvernement se focalisent sur les "lignes budgétaires", les "pourcentages de cofinancement" ou la ""Dotation Globale de Fonctionnement" (DG) afin de déshumaniser l'impact de leur décision arbitraire.
Ils jonglent avec le sigle "PEC" (Parcours Emploi Compétence) comme on joue avec des pions et transforment vies de famille et services du quotidien en de simples variables d'ajustement dans un tableur Excel !
Pour les décideurs, débattre d’une «baisse d'enveloppe» évite de regarder en face la réalité de la misère qu’ils imposent ex abrupto à des femmes, des hommes, des enfants, des familles réunionnaises.
C'est toute l'ambiguïté de la manifestation de ce 20 mai 2026 : se battre pour sauver un système imparfait, parce que l'alternative immédiate est la misère pour les Travailleuses, les Travailleurs, des enfants, des familles à La Réunion, DES ÊTRES HUMAINS !
Contre la conséquence immédiate de la décision unilatérale du gouvernement : la misère,
Des mesures transitoires face à la brutalité des suppressions de contrats.
La pérennisation des emplois sur les missions de service public.
le financement durable des services publics à La Réunion ;
Un plan de titularisation pour mettre fin à la précarité institutionnalisée.
un véritable plan de lutte contre le chômage et la précarité.
LA DIGNITÉ N'A PAS DE PRIX, LA PRÉCARITÉ A TROP DURÉ !
UNIS POUR NOS DROITS, UNIS POUR NOTRE AVENIR".
Retrouvez l'intégralité du communiqué sur notre site.
L'éducation populaire et les associations en danger
"On a la mission d’accueillir 500 marmailles. Je suis venue ici pour une rencontre, une discussion", affirme une dirigeante d'association. "Sans les contrats aidés, on ne pourra pas mettre en place le Clas (Contrat Local d'Accompagnement Scolaire). C'est un contrat d'accompagnement à la parentalité qui donne des chances à tous les marmailles sur notre île. Si les familles n’ont pas d’argent, que les parents n’ont pas de contrat... comment faire vivre les enfants ? Merci aux maires pour leur mobilisation. On sait qu’on n'est pas tout seul".
Hugues Deurveilher, président du Glem (Groupement local pour l'environnement et la médiation) prend le micro. Lui, assure qu'il y a un combat à mener : "Ce gouvernement est en train de nous mettre à terre. Sans combat, sans descendre dans la rue, on n'aura rien. J’embauche 68 PEC sur l’environnement. Sans ces contrats, c’est la mort des associations. Na bonpé i atann sa ! Je demande au préfet de nous entendre. Mais lui... il reçoit juste des ordres, il n’écoute pas".
Les prises de parole commencent
Dans le jardin de la liberté, devant la préfecture, une petite scène est installée. Depuis maintenant 3 ans, Younous Sadar est en contrat PEC dans la commune de Saint-André : "Est-ce que la réunion entière est prête à vivre dans la saleté avec les rats", demande le bénéficiaire. "Je demande à ceux qui le peuvent, peu importe leur bord politique de faire quelque chose pour nos contrats PEC".
Autre sujet à l’ordre du jour, la mutation des enseignants réunionnais. Vanessa Hoareau, membre du collectif des enseignants déchirés prend la parole : "Chaque année on nous dit "non", nous n’avons pas le droit de travailler chez nous ! Mais pourquoi nous n’avons pas le droit de travailler chez nous ?", elle s'indigne. "Ce que nous demandons c’est de la transparence. Il appartient à l’État de prendre ses responsabilités. Quand je vois le nombre d’écharpes bleu blanc rouge devant moi, je vous dis "merci". Merci de vous mobiliser. Aujourd’hui, La Réunion se réveille". Un réveil qu’elle espère voir durer.
Maires, députés et élus réunis devant la préfecture
Peu avant 10 heures, plusieurs maires de l'île se trouvent devant les grilles de la préfecture. Notamment Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis, Olivier Hoarau, maire du Port, Erick Fontaine, maire de la Possession, Celine Sitouze, maire de Sainte-Marie, Emmanuel Séraphin, maire de Saint-Paul, Karim Juhoor, maire de Saint-Leu, Camille Clain, maire de l'Entre-Deux, Alexis Chaussalet, maire du Tampon et Eric Ferrère, maire des Avirons.
La présidente de Région, Huguette Bello ainsi que les députées Karine Lebon et Émeline K/Bidi sont également présentes.
Voir cette publication sur Instagram
Une publication partagée par Imaz Press Réunion | Média 🇷🇪 (@imazpressreunion)
Une forte mobilisation dès 9 heures
Depuis 9 heures, ce matin, les maires sont réunis au jardin de la liberté à Saint-Denis. Accompagnés de nombreux agents municipaux, ils brandissent pancartes et banderoles : "Donn kréol travay !", "Contre la suppression des PEC" ou encore "Contre les mutations forcées", peut-on lire sur les affiches.
Regardez.
Voir cette publication sur Instagram
Une publication partagée par Imaz Press Réunion | Média 🇷🇪 (@imazpressreunion)
Bonjour La Réunion
Nous ouvrons ce direct pour suivre la mobilisation des maires, devant la préfecture de Saint-Denis. Ils manifestent notamment contre la baisse des contrats PEC, mais aussi de manière générale, contre les inégalités en termes de dotations, par rapport aux collectivités en Hexagone.