(Actualisé) Sans surprise - puisque nous vous l'annoncions dès mardi - le préfet de La Réunion, Patrice Latron, a annoncé une "hausse importante" du prix des carburants à compter du 1er avril 2026. La seule surprise vient du préfet qui refuse de dévoiler le prix avant lundi, même si un tarif autour "2 euros" a été évoqué. Réunionnais, Réunionnaises c'est donc confirmé, vous allez devoir payer (très) cher à la pompe et dans les rayons des magasins. Il n'y a qu'à voir les files dans les stations pour comprendre que la population n'a pas attendu pour faire le plein (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
"Des dizaines de centimes d'euros"…, tels sont les mots qu'a prononcé le préfet pour évoquer cette hausse qu'il dit "importante".
À une question posée par notre journaliste d'Imaz Press, sa seule réponse fut : "je ne peux pas vous le dire (le prix - ndlr)", évoquant l'obligation de "prendre un arrêté pour officialiser, ce qui sera fait lundi", assure Patrice Latron.
Notre journaliste insistant, il a tout même déclaré "cela pourra "tangenter les 2 euros".
Écoutez.
Un prix que La Réunion n'avait pas connu depuis 2022, lors de la crise en Ukraine. Le sans-plomb avait alors grimpé à 1,96 euro.
Une augmentation sur le gaz est aussi à craindre mais "elle sera plus limitée", assure le préfet.
Le préfet souhaite toutefois rassurer : "malgré la hausse attendue, le mécanisme actuel permet de garantir que celle-ci se limitera à la réalité de la hausse des coûts des approvisionnements, et ne profitera ni aux grossistes ni aux détaillants, dont les marges resteront strictement encadrées à leur niveau actuel".
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- Les Réunionnais craignent l'augmentation des prix des carburants -
Par peur de devoir payer encore davantage, les Réunionnais se sont rués vers les stations-service dès l'annonce de la préfecture de la restriction "de la vente de carburants routiers sous récipients transportables" jusqu'au 31 mars 2026 à minuit. Pourtant, cela ne concerne pas les pleins de voiture, mais l'achat par bidon.
Regardez.
La population n'a surtout pas envie d'une nouvelle fois passer à la caisse, alors qu'elle est déjà confrontée à l'inflation. Un prix frôlant (plus ou moins) 2 euros, certes c'est moins que dans l'Hexagone, mais à La Réunion où la vie est plus chère, cela fait la différence et où 36% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté.
D'autant que le préfet prévient, si le prix des carburants augmente, celui des marchandises, notamment en grande surface, sera également concerné.
Écoutez.
Concernant la grande distribution, Philippe-Alexandre Rebboah, président du Syndicat d'importation et du commerce de La Réunion (SICR) explique : "les prix sont encadrés et négociés sur l'année par des accords commerciaux donc autant les consommateurs ne verront pas forcément les prix augmenter mais les importateurs verront un impact sur leurs marges".
De plus, outre la hausse des prix des carburants, "pour les importateurs il y a une surtaxe des compagnies maritimes et aériennes liées au congestionnement des ports et au fret", dit-il. "Et forcément cela va tirer les prix vers le haut."
Cette situation, le préfet l'assume. "J'ai conscience que les Réunionnais vont aller faire leur plein. Il va y avoir une pression accrue et une pression locale sur les pompes. C'est normal et assumé."
Le représentant de l'État, demandant d'ailleurs aux Réunionnais de "faire preuve de solidarité" et à se questionner sur leur façon de se déplacer.
Que le préfet se rassure, si le prix explose, nombreux sont ceux qui ne prendront plus, ou moins, la voiture. Non pas par choix, mais par contrainte de ne plus pouvoir assumer le prix d'un plein.
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- Dérogation exceptionnelle à l'interdiction de circulation des véhicules pour l'approvisionnement des stations-services, des aéroports ou des ports -
Dans un arrêté publié ce jeudi 26 mars 2026, la préfecture autorise les camions de la SRPP à faire plus de rotations afin que les stations services ne manquent pas de carburants.
Le préfet estime : "que les stations-services ne doivent pas se retrouver en situation de rupture de stock pour faire face à l'affluence des automobilistes et prévenir tout risque de trouble à l'ordre public et que, par conséquent, il est nécessaire d'autoriser la circulation des véhicules chargés de l'approvisionnement en hydrocarbures de tous les sites pour répondre aux besoins de tous les usagers en toute sécurité."
"Les véhicules transportant des hydrocarbures pour l'approvisionnement des stations-services, des aéroports ou des ports pour les navires de pêche professionnels et à passagers réguliers sont autorisés à circuler, les samedis et veilles de jours fériés à partir de 22 heures et jusqu'à 22 heures les dimanches et jours fériés" peut on lire dans cet arrêté.
- La Région demande "un effort" aux pétroliers -
La Région rappelle ce jeudi que "La Réunion subit, comme la France hexagonale et l’ensemble des pays de la planète, les répercussions de la guerre déclenchée par le Président des États-Unis et le Premier ministre d’Israël au Moyen-Orient", soulignant que "le caractère insulaire la rend particulièrement vulnérable aux fluctuations du marché mondial de l’énergie".
Dans l’immédiat, la Région "partage l’inquiétude des Réunionnais en général, et des acteurs économiques en particulier, face aux impacts de cette hausse du coût des carburants qui va affecter la population et l’ensemble de l’économie, du fait, également, d’une augmentation prévisible du coût du fret".
S’agissant plus particulièrement de l’essence, la Région "tient à rappeler que la taxe spéciale sur la consommation de carburants (TSCC) n’a pas varié depuis plus de vingt ans et qu’elle est très inférieure à celle en vigueur dans l’Hexagone (accise sur les produits pétroliers)", note-t-elle.
"Lorsque le prix du carburant augmente, la TSCC, qui est forfaitaire, diminue en part relative, et la Région, comme les autres bénéficiaires de cette taxe (Département, communes et EPCI), ne perçoit aucune recette supplémentaire", rappelle la Région.
"Il importe également de préciser que la Région accorde une détaxe partielle, sous forme de remboursement, aux professionnels de la route (transporteurs, taxis, ambulanciers...), ainsi qu’aux agriculteurs et aux pêcheurs."
Concernant l’octroi de mer, "il convient de rappeler que l’essentiel du produit de cet octroi de mer est versé directement aux communes", estime la Région. "Dans le contexte inflationniste, tout prélèvement sur ces recettes est extrêmement délicat et doit, a minima, faire l’objet d’une concertation avec l’ensemble des acteurs concernés."
"Les collectivités locales vont, en effet, elles aussi, être confrontées à l’impact de l’augmentation du coût de l’énergie, alors qu’elles doivent assurer le fonctionnement des services publics au profit de la population et le financement des investissements, essentiels pour le maintien de l’activité économique", alerte la collectivité.
À ce titre, la Région, en relation avec "Régions de France", demande que le gouvernement réactive un dispositif de soutien aux collectivités, toutes confrontées à la hausse du prix des carburants. "En tout état de cause, la fiscalité sur les carburants, qui n’est en rien responsable de l’augmentation du prix des carburants, ne saurait être la variable d’ajustement des prix des produits pétroliers sur un marché mondial extrêmement volatile", estime-t-elle.
"Il serait d’ailleurs souhaitable, dans ce contexte de crise, qu’un effort soit fait par les pétroliers dont les profits mirobolants leurs confèrent des marges de manœuvre."
La Région a plaidé auprès de l’État pour "imposer aux pétroliers un lissage dans le temps de la hausse des prix afin d’en réduire l’impact pour les consommateurs".
- Une hausse des carburants décidées par anticipation -
Lors de la conférence de presse, Philippe Collowald, vice-président de la SRPP a pourtant assuré qu'à ce jour "notre logistique d'approvisionnement continue avec un stock de deux mois de conservation en plus des navires qui continuent à arriver".
Pourquoi alors répercuter une hausse sur les prix des carburants dès le 1er avril 2026 ? Pourquoi répercuter le prix maintenant alors que, comme le préfet l'indique, "l'essence sera toujours disponible grâce à un contrat annuel de fourniture de carburant passé par les pétroliers et qui garantit que dans la durée nous serons approvisionnés".
D'autant que Patrice Latron a déclaré, "lors de la prochaine évaluation mensuelle, le prix sera intégralement répercuté" et que si baisse il y a, "elle sera immédiate".
Durant un temps "La Réunion fut protégé par le système de prix administrés à La Réunion, fixant le cadre des tarifs des carburants dans l'île" Un mécanisme "sous l'autorité du préfet, qui garantit, qu'il n'y a pas d'abus et d'augmentation des marges des distributeurs et importateurs", a déclaré Patrice Latron.
À l'heure où le conflit au Moyen-Orient dure, "les cotations internationales percutent le monde entier et La Réunion également". Cette hausse des prix "n'est pas le fait de décisions locales mais l'application stricte des évolutions sur les marchés", précise-t-il.
Le préfet a préféré augmenter le prix des carburants par anticipation. Le département s'approvisionnant à Singapour. Le pays asiatique fait les frais de la concurrence directe avec la Chine et lee répercute sur ses tarifs.
En résumé, le département - même si pas directement concerné par ce conflit au Moyen-Orient, "l'essence venant de Singapour" - est victime du capitalisme et du principe de l'offre et de la demande.
Le député Perceval Gaillard a interpellé le gouvernement afin que, "les sociétés pétrolières participent à l'effort collectif afin que ça ne soit pas uniquement les Réunionnais et les Réunionnaises qui payent l'addition."
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Si La Réunion n'anticipe pas dès à présent, le mois prochain, les prix pourraient être encore plus élevé en raison du contexte mondial.
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