L'association SOS Inceste et violences sexuelles bénéficie de l’action d’une équipe de psychologues qui accompagne au quotidien pour un parcours de reconstruction des victimes, avec une spécialité sur le psycho traumatisme et les conséquences des psycho traumatismes sur le long terme.
Les victimes entrent en contact directement via le site internet ou par l'intermédiaire d'institutions, de médecins ou de psychologues. “Mais le seul moyen d’aller vers les victimes, c’est la prévention”, explique Catherine Milard.
L’association intervient donc dans les collèges. Alors pourquoi le collège ? C'est parce que l'âge des premières agressions est d’environ 8 ans. “Sauf qu'à 8 ans, ils sont encore extrêmement sous l'emprise de l'agresseur”, explique la directrice. “Mais on peut les atteindre à l’adolescence. Donc plus vite on les prend en charge, plus vite on les aide à se reconstruire et à devenir des adultes”.
Les accompagnements concernent des femmes âgées d’environ 35 ans, qui viennent après ce qu’on appelle la période d'amnésie traumatique. “Mais quand elles arrivent, elles sont dans des effondrements terribles où elles revivent le traumatisme avec des très grandes souffrances. Donc c'est un accompagnement qui est très long, sur un an, 2 ans voire 3 ans”.
Pour les adolescents, la période d’interaction va être beaucoup plus courte, d'abord parce qu’ils n'ont pas développé tous les symptômes et aussi parce qu'ils n'ont pas forcément ce besoin d'aller trop loin dans l’accompagnement. Ce dont ils ont besoin, c'est déjà de pouvoir libérer la parole, d’être crus, entendus.
Pour Catherine Milard, le nombre d'associations qui fonctionnent comme SOS Inceste et violences sexuelles, en avec un accompagnement psychologique au quotidien gratuit en France avec des professionnels du psycho traumatisme, est encore trop peu élevé. Ce qui implique donc la difficulté de pouvoir rencontrer une psychologue spécialisée. “Parce que ce que nous on constate, c'est que les femmes, quand elles viennent à l'association, ont été pendant des années dans des errances thérapeutiques. Ce qui est important, c'est un accompagnement spécifique, qui manque énormément sur tout le territoire d'ailleurs en France. Et c'est essentiel pour pouvoir aider à la reconstruction des femmes”.
La prévention est des outils indispensables si on veut faire du repérage le plus rapidement possible. Plus vite on fait du repérage, plus vite on peut les prendre en charge et plus vite les jeunes peuvent se reconstruire sans être dans des reproductions. Surtout lorsque l’on sait que 50% des agresseurs ont été victimes de violences sexuelles dans l'enfance.
“Si on veut, à un moment donné, alors peut-être pas arrêter le fléau, c’est utopique, mais en tout cas diminuer le nombre d'agressions sexuelles sur les enfants, il faut qu'il y ait une prise en charge le plus rapidement possible”, conclut Catherine Milard.
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