Il se présente comme un salon de beauté tout ce qu’il y a de plus ordinaire, avec du rose pâle et du bois apaisants et enveloppants, un espace pourvu d’un fauteuil, d’un miroir et d’un bac pour se laver les cheveux, et une partie douche.
Simplement, ce salon n’est pas installé dans une rue commerçante ordinaire mais dans un ancien camion de livraison réaménagé qui va se garer devant les accueils de jour qui reçoivent des femmes sans domicile fixe ou les hébergements recevant des familles sur du plus long terme.
Certaines clientes de ce salon vivent dans la rue depuis 5, 10, 15 ans, se débrouillent comme elles peuvent au quotidien, sont des mères avec enfants qui ont fui un foyer violent, des migrantes ou des mineures isolées arrivées seules en France, victimes de violences sur leur parcours migratoire.
A bord du Camping-Care, les socio-esthéticiennes et socio-coiffeuses, qui sont des professionnelles formées pour s’occuper des personnes en situation de vulnérabilité - que l’on retrouve par exemple dans les services d’oncologie ou les soins palliatifs - apportent des soins d’une heure à ce public.
"Il y a de l’écoute, du toucher, et les socio-esthéticiennes et socio-coiffeuses s’adaptent à chaque personne qui vient en soins”, précise Sybil Gerbaud. “Elles sont très douces et à l’écoute. Elles font un peu de psychologie, beaucoup d’échanges. C’est un espace pour verbaliser certaines choses, ce que ces femmes n'ont pas la possibilité de faire ailleurs”.
L’an dernier, ce sont 850 femmes qui ont été accueillies en soins individuels, soit entre 5 et 6 par jour, dont certaines sont revenues plusieurs fois, ce qui est encourageant pour l’association qui voit au fil des séances ces accueillies se remettre en mouvement.
“Les soins ont vraiment eu un impact sur le fait de déclencher des actions, de se remettre dans des démarches, de prises de rendez-vous de santé, d’accès au logement ou à l’emploi. On voit des relations se nouer avec d’autres personnes. On sent que ça a un aspect très positif, un effet remobilisateur”, s’enthousiasme la présidente du Camping-Care.
Au-delà de briser l'isolement social, ces femmes ont la possibilité d’avoir des discussions, d’être écoutées, considérées. “On ne travaille pas tant sur la notion de beauté que sur cette question de poser un regard bienveillant, une écoute sur des femmes qui ont eu des parcours de vie très cassés”, conclut Sybil Gerbaud.
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