In Cauda Venenum

In Cauda Venenum

By
Download on the App Store

In Cauda Venenum episodes

  • Situation n°22 : « Barcelone »
    Morceau diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-SA
    Extrait de l’album “Not Dead” (2011-2070)
    Paroles & musique : Siegfried G
    Musicien :
    Siegfried G : voix
    , claviers, guitares, programmation
    Illustration : Domaine public
    Paroles :

    Barcelone
    Tu fus la dernière à tomber
    Barcelone
    Le dernier rempart des damnés
    En criant « vive la mort ! »
    Les milichiens ont tué
    Le grand rêve et de l’âge d’or
    Il n’est plus rien resté

    Barcelone
    Tu étais la fierté des gueux
    Barcelone
    Dernier espoir des hommes sans dieu
    Dans les caves de Barcelone
    Les combattants terrés
    Attendent que le glas sonne
    Tous seront fusillés

    Barcelone
    Mais que reste-t-il de tous ceux
    Barcelone
    Qui sont morts pour vivre mieux
    En 1939
    Dans toutes les rues
    On enterre un monde neuf
    Tant pis pour les vaincus

    Ils sont passés à Barcelone
    Les assassins
    Que leur dieu pardonne
    Si tu vas à Barcelone
    Tu n’verras rien
    Les hommes s’endorment
    Les hommes s’endorment
    Les hommes s’endorment

    No pasaran !

    Nous sommes en 2003. Tu ne joues plus dans aucun groupe, ou plutôt tu joues de la tétine et du biberon dans un nouveau groupe qui ne te laisse guère le temps de faire autre chose de tes jours et de tes nuits, à côté du boulot de prof auquel tu as fini par t’habituer (c’est tout de même mieux que d’aller à l’usine). Mais tu as accumulé durant la décennie précédente une foule d’idées de morceaux, dont tu as gardé des enregistrements sur des cassettes de magnétophone, des disquettes de séquenceur JW-50, des cassettes d’enregistreur 4 pistes TASCAM, des sessions de logiciels (SoundEdit, le tout premier séquenceur sur PowerMac que tu as utilisé à partir de 1997, Deck II, Cubase, ProTools, Rebirth, Reason…).

    Avant de découvrir les joies de la paternité, tu avais accouché à la fin des années 90 de deux albums solo auto-produits sous le nom de Siegfried G et un mini-album sous le nom de Psychonada. En ce début de XXIe siècle, tu as déjà quelques morceaux aboutis que tu songes à réunir sur un album que tu intitulerais « Particules » pour peu qu’un jour tu puisses dégager un peu de temps pour le finaliser. En attendant, tu remets ponctuellement la main à la pâte sur des morceaux en chantier depuis plusieurs années, mais il y en a un qui te pose problème : « Barcelone ». C’est une chanson que tu as composée au début des années 90, lors de tes premiers essais à la guitare, même si pour le jouer en concert avec les Gniards, il te fallait passer au piano, le groupe ayant déjà deux guitaristes. Eric n’aimait pas le côté lugubre du morceau (réminiscence peut-être des mélancoliques « Barcelone » de Boris Vian et « Spanish Bombs » de The Clash passés à la moulinette Velvet Underground), ce qui t’avait conduit à le chanter toi-même (dans une tessiture trop grave pour ta voix dont tu n’avais pas encore admis qu’elle n’avait pas le même timbre que Nick Cave). Mais il aimait bien se lâcher à la guitare sur le crescendo final, et cela t’avait évité de batailler pour que le groupe joue le morceau, ce que tu n’aurais de toutes façons pas fait, tant l’idée de devoir dire à des gens de faire ce qu’ils n’avaient pas envie de faire te répugnait, même si tu étais convaincu de tenir une idée valable.

    Après le départ d’Eric du groupe, néanmoins, le morceau avait été abandonné. Tu avais tout de même essayé d’en graver une version en solo vers 1997, avec une guitare Yamaha électro-acoustique et surtout la Telecaster que tu avais acquise pour jouer dans le groupe Crème Brûlée (en te lâchant toi-même sur le son du solo final, tu avais compris ce qui avait fait kiffer Eric malgré son peu d’intérêt initial). Tu avais ajouté ensuite sur séquenceur Roland JW-50 un arrangement d’orgue, piano, basse, batterie et timbales, remixé par la suite sur ordinateur. Tu aurais bien aimé le jouer avec des vraies timbales d’orchestre, mais bizarrement, tout le monde à la maison n’aurait pas été d’accord. Tu t’étais donc contenté des sons plutôt bien imités du Roland.

    Pourtant, tu n’avais intégré « Barcelone » dans aucun des deux albums solo que tu avais réalisés en 1998 puis 1999. Le thème de la guerre d’Espagne ne s’accordait pas avec le premier, et, dépassant 8 minutes, le morceau était un peu long pour le second, et puis il restait quelques retouches à faire pour parfaire le mix (tu avais plusieurs fois ajouté, puis enlevé des enregistrements de Mussolini et Franco, remplacés finalement par des bruits de rue de mai 68 sur solo d’orgue en intro). A présent, tu es plutôt satisfait du résultat musical et tu songes à intégrer le morceau dans ton prochain album solo mais quelque chose te chiffonne : il s’agit du texte. Ce n’est pas que tu désavoues le côté lugubre ni la fascination pour la guerre d’Espagne qui t’habitait lors de la composition, mais la première phrase, « Barcelone, tu fus la dernière à tomber », t’irrite depuis que tu t’es rendu compte que non, Barcelone n’avait pas été la dernière à tomber. En effet, même si c’est bien à Barcelone que s’était replié le gouvernement républicain face à Franco, avant la dernière retirada vers la France, Madrid encerclée avait résisté encore deux mois de plus.

    Tu n’as toujours pas digéré, un an après la sortie du tube d’Indochine « J’ai demandé à la lune », que Nicola Sirkis chante « on était tellement sûûreuh » pour rimer avec « aventuureuh », alors que « sûr » s’accorde avec « on » et n’a donc pas de « e » final. Alors ce n’est pas pour balancer des paroles contenant cette fois une erreur historique ! Il faut croire que l’Education nationale a déteint sur toi.

    Il y a aussi ce « no pasaran » que tu as cru bon de bramer. A quoi bon répéter ce mantra depuis 1936 alors que justement ils sont passés et qu’on n’a pas réussi à les arrêter, malgré l’héroïsme de Durruti ou des Brigades Internationales, les avions de Malraux, la bonne volonté d’Orwell…

    Pire : entre références allusives à L’Âge d’or de Bunuel et Pour qui sonne le glas ? d’Hemingway, tu as osé écrire « les milichiens ont tué », reprenant une formule de Bérurier Noir dans « Le renard ». Mais durant la guerre d’Espagne, des miliciens, il ne s’en trouvait pas que dans les milices nationalistes mais aussi dans les milices anarchistes, les milices du POUM, etc. Ce n’est pas clair, ce passage. Et puis, dans « Le renard », les Bérus parlaient de « violer » ou « enculer » les riches, et ce côté keupon bas du front et violent t’emmerde. Tu as passé l’âge, non ? Tu n’assumes plus « les milichiens » mais si tu les remplaces simplement par les « miliciens », cela renforcera la confusion entre milices fascistes et milices antifascistes.

    Bref, tu te dis qu’avant de publier « Barcelone », il va falloir que tu modifies les paroles et ré-enregistres la voix en conséquence. Et c’est là que ça coince : rien, absolument rien ne te vient en remplacement de « tu fus la dernière à tomber », « les milichiens ont tué » ou « no pasaran« . A chaque fois que tu relances la session de travail dans l’ordi et que tu fais des essais de voix, tu sèches complètement. Pas moyen de te sortir de la tête les vers incriminés, comme s’ils avaient été gravés dans le marbre de ton inconscient à l’époque où tu chantais le morceau avec Les Gniards 10 ans plus tôt.

    Finalement, tu quittes la session, conscient que tu ne la rouvriras plus, peut-être bien jusqu’en 2025, quand tu seras redevenu assez punk pour dire : « Voici ma chanson, telle qu’elle m’est venue, les paroles on s’en fout, et si ça vous dérange, vous pouvez aller manger vos morts, no pasaran ! ».

    Autres situations

    Dérive aléatoire :
    Situation n°1 : « Du haut de la roche Tarpéienne »
    Situations n°14 : « Capitalisme 2.0 »
    Situation n°2 : « Je re-Mélenchon »
    Situation n°3 : « Aucune trace »
    Situation n°16 : « Anniversaire »
    Situation n°18 : « Now and then »
    Situation n°13 : « Waiting for the man » (encore et encore)
    Situation n°17 : « Ici ou ailleurs »
    Situation n°7 : « Aurélie sait »
    Situation n°9 : « Ellie’s song »
    Situation n°20 : « Jour après jour »
    Situation n°12 : « Waiting for the man » (encore)
    Situation n°10 : « Summertime »
    Situation n°4 : « Biture à Bénarès »
    Situation n°15 : « Le Titanic »
    Situation n°8 : « Paranoïa »
    Situation n°21 : « Impro avec Aymeric des Silmarils »
    Situation n°6 : « Sirène »
    Situation n°19 : « La poisse »
    Situation n°5 : « En-dessous de la mandragore »
    Situation n°22 : « Barcelone »
    Situation n°11 : « Waiting for the man »

    Par ordre de publication :
    Situation n°1 : « Du haut de la roche Tarpéienne »
  • Situation n°2 : « Je re-Mélenchon »
  • Situation n°3 : « Aucune trace »
  • Situation n°4 : « Biture à Bénarès »
  • Situation n°5 : « En-dessous de la mandragore »
  • Situation n°6 : « Sirène »
  • Situation n°7 : « Aurélie sait »
  • Situation n°8 : « Paranoïa »
  • Situation n°9 : « Ellie’s song »
  • Situation n°10 : « Summertime »
  • Situation n°11 : « Waiting for the man »
  • Situation n°12 : « Waiting for the man » (encore)
  • Situation n°13 : « Waiting for the man » (encore et encore)
  • Situations n°14 : « Capitalisme 2.0 »
  • Situation n°15 : « Le Titanic »
  • Situation n°16 : « Anniversaire »
  • Situation n°17 : « Ici ou ailleurs »
  • Situation n°18 : « Now and then »
  • Situation n°19 : « La poisse »
  • Situation n°20 : « Jour après jour »
  • Situation n°21 : « Impro avec Aymeric des Silmarils »
  • Situation n°22 : « Barcelone »

    L’article Situation n°22 : « Barcelone » est apparu en premier sur In Cauda Venenum.

    9 min
  • Situation n°21 : « Impro avec Aymeric des Silmarils »
    Répèt au Luna Rossa des Black Noddles
    Musique : Eric C, Stéphane « guitar hero » L, Siegfried G, Stéphane P, Yvan, Aymeric M
    Musiciens :
    Eric C : guitare
    Stéphane « guitar hero » L : guitare
    Siegfried G : piano
    Stéphane P : harmonica
    Yvan : basse
    Aymeric M : batterie

    Nous sommes en 1994. Tu es objecteur de conscience. Le service militaire étant toujours obligatoire, tu as été convoqué l’année précédente à la caserne de Blois pour « les 3 jours » qui durent en fait une journée… sauf que toi, pas de bol, on t’avait convoqué l’après-midi, ce qui t’avait contraint à passer une nuit dans la caserne. Anarchiste tendance communiste libertaire, tu es évidemment viscéralement antimilitariste, et préfères les réunions de rédaction de la revue Noir et Rouge, chez Jean-Pierre Duteuil (fondateur du Mouvement du 22 mars en 1968, puis des éditions Acratie) ou donner un coup de main au groupe antifasciste REFLEXes (Réseau d’étude, de formation et de lutte contre l’extrême droite et la xénophobie) plutôt que d’aller ramper dans la boue sous les ordres d’une brute avinée. C’est donc avec la ferme intention d’essayer de te faire réformer « P4 » (pour « motifs psychologiques incompatibles avec le service militaire ») que tu t’étais rendu à la caserne. Après différents tests et un repas du soir à une heure où tu eusses préféré un goûter, tu t’étais retrouvé enfermé avec d’autres bougres dans un grand dortoir pour être réveillé à l’aube le lendemain, à une heure où tu eusses préféré rentrer de soirée. Dans l’intervalle, tu avais eu droit à un festival d’odeurs, de ronflements et de pets. Une vraie ambiance de chambrée, quoi. Puisque la porte du dortoir était fermée à clés, ceux qui avaient eu envie de pisser pendant la nuit n’avaient eu d’autre solution que d’ouvrir une fenêtre et de se soulager au-dessus du vide.

    Dans le questionnaire qu’on t’avait donné à remplir le lendemain, tu avais coché toutes les cases mentionnant des problèmes psychologiques, des prises de drogues, des troubles… Mais une fois convoqué devant le psy, tu avais été pris d’une immense lassitude : non, tu n’allais pas faire l’honneur à ces cons-là de simuler la folie, de te rouler par terre et de faire toutes les conneries dont tu avais entendu des réformés P4 se vanter. Quand le psy avait commencé à te questionner, tu lui avais juste dit que tout allait très bien pour toi mais que tu refusais absolument de faire le service militaire. Après t’avoir rétorqué que tu n’avais qu’à écrire une lettre pour demander à être objecteur de conscience, il t’avait déclaré apte.

    Heureusement, un copain de REFLEXes t’avait tuyauté sur le CICP (Centre International de Culture Populaire, fondé par d’anciens maos) qui se trouvait rue de Nanteuil à Paris, et qui employait des objecteurs. Avec lui, mais aussi Stéphane P, ton complice du groupe Les Gniards et Eric des Black Noddles (groupes où tu jouais du clavier et de l’harmonica), vous vous étiez retrouvés « objos » chacun dans une asso différente. Toi, tu avais atterri à Dif’ Pop, qui diffusait des livres gauchistes dans les librairies parisiennes (voir Situation n°12).

    Etre « objo », c’est d’abord être puni de n’avoir pas voulu faire le service militaire, en conséquence de quoi ton service pas militaire dure 20 mois au lieu de 10. Mais l’avantage de bosser pour une asso dirigée par une ancienne mao, c’est qu’elle ne te fait accomplir qu’un mi-temps, ce qui te laisse le loisir de faire de la musique, et même de lui emprunter en loucedé la 4L marron avec laquelle tu fais tes livraisons pour Dif’ Pop. Cela te permet d’aller plus facilement répéter avec ton clavier Roland JW-50, sur lequel tu préfères jouer plutôt que sur des pianos ou synthés de location au studio Luna Rossa où vous avez vos habitudes (depuis que vous avez cessé d’aller répéter dans une grange à Brétigny, au fin fond de l’Essonne). Il faut dire que trimballer un clavier dans un bus bondé aux heures de pointe, c’est pénible, surtout quand des gens serrés comme des harengs commencent à jeter des regards noirs vers cette grosse boîte que tu portes et qui prend toute la place.

    A chaque répèt, tu viens avec « Roger et ses couteaux », c’est le surnom que tu as donné à un vieux magnétophone des années 70 avec lequel tu enregistres quand tu penses à enfoncer les touches record et play, qui ont la fâcheuse habitude de se relever toutes seules, d’où les couteaux qui servent à les coincer.

    Ce jour-là, la répèt’ des Black Noddles n’est pas tout à fait comme les autres. En effet, Stéphane P, des Gniards, a tapé l’incruste, et comme Eric et Stéphane « guitar hero » tiennent déjà les guitares et qu’il n’y a pas de troisième ampli dans le studio, tu lui laisses parfois le clavier, ou bien ton micro pour qu’il puisse jouer de l’harmonica. Et puis il y a Aymeric à la batterie (le copain de Karine, la saxophoniste du groupe), qui est venu remplacer Philippe, votre batteur attitré, qui a dû s’absenter quelque temps pour le boulot. Comme souvent en répèt, avant de travailler les morceaux que vous voulez jouer en concert, vous commencez par une impro. Cette fois, après le démarrage, tu fonces enclencher Roger et ses couteaux, parce qu’Aymeric à la batterie, c’est quelque chose. Non que Philippe ne tienne pas la route, mais Aymeric, eh bien, il est batteur dans un groupe en train de devenir pro : les Silmarils. Et ça se sent.

    Les Silmarils, c’est un groupe de l’Essonne qui a commencé entre le punk et le ska, avant de se convertir au style fusion qui devient de plus en plus à la mode, avec des groupes comme Suicidal Tendencies, Rage Against the Machine, Urban Dance Squad, Red Hot Chili Peppers…

    Ils sont encore à la recherche d’un label, mais ils enchaînent déjà les concerts où « Cours vite », notamment, déchaine les foules. Ce style de musique, ce n’est pas du tout le vôtre avec les Black Noddles, qui restent cantonnés dans la soul et le blues, Eric cherchant à tirer vers le funk, tandis que Stéphane « guitar hero » et toi avez plus d’appétence pour le rock garage, noisy ou psychédélique. Mais vous allez volontiers voir jouer les Silmarils qui sont impressionnants en concert. La réciproque n’est pas vraie, même si on peut apercevoir Aymeric derrière toi sur une photo prise lors d’un concert des Black Noddles à Cergy-Pontoise. Car vous ne jouez clairement pas dans la même cour. Et tu t’en rends d’autant mieux compte quand Aymeric commence à cogner sur les fûts de la batterie au Luna Rossa. Ça envoie, quoi. Tu sens d’ailleurs que les guitaristes et le bassiste ne jouent pas tout à fait comme d’habitude : leurs riffs se font tout de suite plus lourds. Avec Stéphane P à l’harmo et toi au piano, vous essayez de suivre, même si vos instruments ne sont pas franchement taillés pour le metal. Et quand les autres semblent lâcher l’affaire après cette mise en jambe, tu essaies de prolonger le plaisir en relançant la sauce au piano, sur lequel tu te mets à cogner comme un sourd, espérant qu’Aymeric va embrayer. Et puis non, ça ne prend pas, la batterie s’arrête, les autres vont régler leurs amplis. Tu abandonnes alors et vas arrêter Roger et ses couteaux, quand tu entends Stéphane « guitar hero » dire : « et si on jouait ? »

    Tu te dis : « ben quoi, on était en train de faire une pétanque, là ? »

    Autres situations

    Dérive aléatoire :
    Situation n°19 : « La poisse »
    Situation n°3 : « Aucune trace »
    Situation n°4 : « Biture à Bénarès »
    Situation n°2 : « Je re-Mélenchon »
    Situation n°8 : « Paranoïa »
    Situation n°21 : « Impro avec Aymeric des Silmarils »
    Situation n°6 : « Sirène »
    Situation n°1 : « Du haut de la roche Tarpéienne »
    Situation n°20 : « Jour après jour »
    Situation n°12 : « Waiting for the man » (encore)
    Situation n°5 : « En-dessous de la mandragore »
    Situation n°13 : « Waiting for the man » (encore et encore)
    Situation n°18 : « Now and then »
    Situations n°14 : « Capitalisme 2.0 »
    Situation n°7 : « Aurélie sait »
    Situation n°9 : « Ellie’s song »
    Situation n°11 : « Waiting for the man »
    Situation n°22 : « Barcelone »
    Situation n°15 : « Le Titanic »
    Situation n°10 : « Summertime »
    Situation n°17 : « Ici ou ailleurs »
    Situation n°16 : « Anniversaire »

    Par ordre de publication :
    Situation n°1 : « Du haut de la roche Tarpéienne »
  • Situation n°2 : « Je re-Mélenchon »
  • Situation n°3 : « Aucune trace »
  • Situation n°4 : « Biture à Bénarès »
  • Situation n°5 : « En-dessous de la mandragore »
  • Situation n°6 : « Sirène »
  • Situation n°7 : « Aurélie sait »
  • Situation n°8 : « Paranoïa »
  • Situation n°9 : « Ellie’s song »
  • Situation n°10 : « Summertime »
  • Situation n°11 : « Waiting for the man »
  • Situation n°12 : « Waiting for the man » (encore)
  • Situation n°13 : « Waiting for the man » (encore et encore)
  • Situations n°14 : « Capitalisme 2.0 »
  • Situation n°15 : « Le Titanic »
  • Situation n°16 : « Anniversaire »
  • Situation n°17 : « Ici ou ailleurs »
  • Situation n°18 : « Now and then »
  • Situation n°19 : « La poisse »
  • Situation n°20 : « Jour après jour »
  • Situation n°21 : « Impro avec Aymeric des Silmarils »
  • Situation n°22 : « Barcelone »

    L’article Situation n°21 : « Impro avec Aymeric des Silmarils » est apparu en premier sur In Cauda Venenum.

    4 min
  • Situation n°20 : « Jour après jour »
    Morceau diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-SA
    Extrait de l’album “Not Dead” (2011-2070)
    Paroles & musique : Siegfried G
    Musicien :
    Siegfried G : voix
    , banjoline, basse, guitares, percussions, programmation
    Illustration : Serge Victor G
    Paroles :

    Jour après jour
    On fait tout pour
    Oublier
    Qu'on vieillit
    Oublier
    Qu'on vieillit

    Nuit après nuit
    La nuit raccourcit
    Et s'allonge
    L'ennui
    Et s'allonge
    L'ennui

    Nous sommes en 2024. Comme deux ans plus tôt (voir Situation n°6), l’ordinateur que tu utilises pour enregistrer, arranger et mixer ta musique est en rade. Un sosie de Richard Stallman avait pourtant remplacé (après avoir essayé en vain de le réparer) ton défunt Power Mac G5 de 2005 par un superbe Mac Pro bien plus moderne, puisque datant de… 2009, excusez du peu. Mais voilà, après deux ans de bons et loyaux services, l’antiquité de luxe clignote au démarrage, et puis… plus rien. Comme il n’est pas dans tes moyens d’acquérir une bécane neuve (sans compter les logiciels et carte son), il va te falloir retourner vers le bidouilleur barbu, ce qui risque de prendre un certain temps…

    Heureusement, avant le plantage, tu venais juste de terminer le mixage de « Jour après jour ». La ligne de basse vient d’une impro en répèt avec Crème Brûlée en décembre 20O7, période où le groupe venait juste de se reconstituer avec Alessandro V et Stéphane P, et où tu prenais parfois la basse en attendant d’avoir à nouveau un vrai bassiste dans le groupe. Cette ligne t’avait aussi servi sur scène en 2008, à La Condition Publique de Roubaix, à improviser un interlude avec le batteur de w[n]e, pendant que Loran, le guitariste (voir Situation N°10), changeait une corde de sa guitare cassée au beau milieu du concert.

    Par la suite, tu avais écrit des paroles, ironisant sur le temps qui passe et le vieillissement, comme à peu près tout ce que tu écrivais à l’époque pour Crème Brûlée, au grand désespoir des copains que l’approche de la quarantaine ne faisait pas trop rire. Tu te poiles encore en repensant aux titres de la demo que vous aviez enregistrée en 2009 et que tu avais intitulée « Même pas morts » : en dehors de l’instrumental « Spaghetti », tous les autres morceaux (« Plutôt vieux que morts », « Nous ne vieillirons plus ensemble », « Aloha », « Mais 68… », « La retraite aux flambeaux ») ne parlaient que d’âge, de mort, de vieillissement, de flétrissement, de décrépitude, de retraite…

    Demo 2009 de Crème Brûlée

    « Jour après jour » aurait donc eu tout à fait sa place dans cette série, même si tu ne savais pas encore à ce moment là à quel point le deuxième couplet pourrait illustrer la future ménopause de ta compagne, sujet dont la société patriarcale ne veut surtout pas entendre parler (comme à peu près tout ce qui touche la vie réelle des femmes, d’ailleurs). Mais après l’enthousiasme du retour sur scène et de l’enregistrement d’une demo, l’énergie du groupe s’était vite émoussée et tu n’avais pas eu l’occasion de proposer de faire quelque chose de ce morceau.

    Ce n’est finalement qu’en 2023 que tu t’es décidé à en enregistrer toi-même une version. Avec une pédale Electro Harmonix Ravish Sitar, tu as donné un son oriental à ta guitare pour accentuer le côté psychédélique, utilisant également un banjoline (banjo mandoline) sonnant ici un peu comme un luth. Ce n’est qu’une fois l’arrangement terminé, en 2024, que tu te rends compte que cette ligne de basse ressemble un peu à celle de « Taxman » des Beatles. Le son de sitar n’était-il qu’un hommage inconscient à George Harrison ?

    Au moment de publier ce titre, tu sens à quel point tu es en décalage avec une époque qui ne jure que par le jeunisme (bien que le pouvoir reste l’apanage de vieux hommes blancs), où la ménopause reste un tabou, où la chirurgie esthétique est devenue une norme dans les élites, où la retraite est sans cesse repoussée, où le culte de la performance s’impose jusque dans la fonction publique… Cela te donne une idée : et si tu écrivais une chanson sur l’arthrose ?

    Autres situations

    Dérive aléatoire :
    Situation n°7 : « Aurélie sait »
    Situation n°2 : « Je re-Mélenchon »
    Situation n°3 : « Aucune trace »
    Situation n°16 : « Anniversaire »
    Situation n°11 : « Waiting for the man »
    Situation n°5 : « En-dessous de la mandragore »
    Situation n°17 : « Ici ou ailleurs »
    Situation n°13 : « Waiting for the man » (encore et encore)
    Situation n°4 : « Biture à Bénarès »
    Situation n°20 : « Jour après jour »
    Situations n°14 : « Capitalisme 2.0 »
    Situation n°12 : « Waiting for the man » (encore)
    Situation n°19 : « La poisse »
    Situation n°9 : « Ellie’s song »
    Situation n°10 : « Summertime »
    Situation n°21 : « Impro avec Aymeric des Silmarils »
    Situation n°8 : « Paranoïa »
    Situation n°22 : « Barcelone »
    Situation n°1 : « Du haut de la roche Tarpéienne »
    Situation n°18 : « Now and then »
    Situation n°15 : « Le Titanic »
    Situation n°6 : « Sirène »

    Par ordre de publication :
    Situation n°1 : « Du haut de la roche Tarpéienne »
  • Situation n°2 : « Je re-Mélenchon »
  • Situation n°3 : « Aucune trace »
  • Situation n°4 : « Biture à Bénarès »
  • Situation n°5 : « En-dessous de la mandragore »
  • Situation n°6 : « Sirène »
  • Situation n°7 : « Aurélie sait »
  • Situation n°8 : « Paranoïa »
  • Situation n°9 : « Ellie’s song »
  • Situation n°10 : « Summertime »
  • Situation n°11 : « Waiting for the man »
  • Situation n°12 : « Waiting for the man » (encore)
  • Situation n°13 : « Waiting for the man » (encore et encore)
  • Situations n°14 : « Capitalisme 2.0 »
  • Situation n°15 : « Le Titanic »
  • Situation n°16 : « Anniversaire »
  • Situation n°17 : « Ici ou ailleurs »
  • Situation n°18 : « Now and then »
  • Situation n°19 : « La poisse »
  • Situation n°20 : « Jour après jour »
  • Situation n°21 : « Impro avec Aymeric des Silmarils »
  • Situation n°22 : « Barcelone »

    L’article Situation n°20 : « Jour après jour » est apparu en premier sur In Cauda Venenum.

    7 min
  • Situation n°19 : « La poisse »
    Morceau diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-SA
    Répèt des Vaches Folles au Luna Rossa en 1996
    Paroles & musique : Siegfried G
    Musiciens :
    Siegfried G : voix
    , guitare
    Benoît D : basse
    Stéphane P : batterie
    Illustration : Serge Victor G
    Paroles :

    Il fut un temps où l’échec me poursuivait, tenace.
    C’était l’époque où j’avais la poisse.
    Subjectif et imparfait, où que j’allasse,
    Mon point de vue se heurtait à l’angoisse,

    Cette angoisse suscitée par l’adversité,
    Par l’hostilité imbécile de la réalité,
    Par le funeste sort manifestement contraire,
    Qui s’acharnait sur moi, qui s’acharnait sur moi, pauvre hère.

    J’avais la poisse.
    J’avais la poisse.
    J’avais la poisse
    (et je l’ai encore).

    Tous les dieux de la terre, des enfers et du ciel
    Rivalisaient de zèle pour se montrer cruels,
    Me freiner dans mon élan, me couper les ailes,
    Me tromper, m’isoler, et toujours me contrecarrer,
    Me rouler, m’empêcher à jamais de me libérer
    De la poisse,
    De la poisse.

    J’avais la poisse.
    J’avais la poisse…
    (et je l’ai encore)

    Nous sommes en 1996. Embarqué parce qu’il fallait bien gagner ta croûte dans une carrière de prof, tu persistes à vouloir faire de la musique en groupe, mais rien ne se passe jamais simplement et le sort semble s’acharner. Après deux demos enregistrées en studio avec Crème Brûlée et Les Vaches Folles, il ne reste plus qu’à écumer les bars et les salles de concert pour essayer de se produire sur scène. Mais voilà : Pierre, le bassiste de Crème Brûlée, décide de partir vivre en province, et le batteur, Erwann, en profite pour vous planter là, lui aussi, non sans débaucher Stéphane comme guitariste pour un autre groupe dans lequel il joue : Dorange. C’est un groupe qui semble bien plus pro que vous, et tu te retrouves un soir au Glazart’, salle où vous auriez rêvé de jouer, devant un groupe constitué de ton ex-batteur, avec ton pote Stéphane sur scène à la guitare et toi comme un con dans le public. Steph n’a pas parlé d’arrêter Crème Brûlée ou Les Vaches Folles, mais tu te dis que si Dorange se met à carburer, il n’aura plus guère de temps, à consacrer à vos groupes de losers.

    La poisse, quoi.

    Sans compter que sur le plan sentimental, ta vie n’est pas au top : tu es en train à nouveau de laisser une relation s’étioler avec celle que tu avais tant rêvé de retrouver pendant des années, sans comprendre vraiment pourquoi (ni pourquoi tu étais resté fixé sur cette ancienne relation ni pourquoi tu la laisses filer à présent que tu l’as retrouvée). Tu te doutes bien qu’il y a plus là-dedans un noeud de névroses qu’une fatalité, mais tu as l’impression de ne pas maîtriser le cours des choses qui t’échappe complètement, de suivre une voie tracée implacablement vers l’échec sans rien pouvoir faire pour dévier la trajectoire.

    La poisse, quoi.

    Tu n’es pas superstitieux, ni croyant. Tu sais que tu as parfois eu de la chance, aussi (par exemple quand tu as passé le concours pour être prof, on peut dire que c’était vraiment un concours de circonstance). Mais là, tu broies du noir. Heureusement qu’il y a la musique pour exorciser ces mauvaises pensées. C’est ainsi qu’en faisant tourner un début de rythmique de guitare te viennent les paroles et la mélodie de « La poisse », morceau qui, au lieu d’être lugubre, contrebalance par l’ironie et une mélodie relativement enjouée le sort qui semble s’acharner sur toi, pauvre hère.

    Puisque Crème Brûlée est en panne, faute de bassiste et de batteur, c’est aux Vaches Folles que tu présentes le morceau, lors d’une répèt’ au Luna Rossa. Par chance, Stéphane n’est pas encore en tournée mondiale dans le monde et se colle à la batterie (c’est le fonctionnement des Vaches Folles : avec Stéphane, vous alternez à la batterie ou à la guitare, en fonction de celui des deux qui prend le chant principal), et Benoît chope assez vite la ligne de basse. Il y a dans le morceau une séquence d’accords qui pourrait constituer un refrain, mais tu n’as pas mis de paroles dessus, et tu te dis que ça pourrait rester instrumental. Quand il arrivera à la répèt’, l’autre guitariste (et autre Stéphane) du groupe, Stéphane L « guitar hero » pourra tenter de coller un solo dessus. Tu enregistres quand-même le morceau tel quel avec « Roger et ses couteaux », c’est comme ça que tu as surnommé l’antique magnétophone à cassette que tu utilises pour garder une trace des répèts, des fois qu’il y aurait des idées à exploiter dans des impros ou des essais de morceaux. Les couteaux, c’est pour caler les touches « play » et « record » du magnéto qui sont pétées. Roger immortalise donc cette première version de La poisse en attendant l’arrivée de Steph « Guitar Hero »… qui n’arrivera jamais. Tu le sentais venir depuis un moment, mais il est de moins en moins disponible et de moins en moins motivé, pris lui aussi par un autre groupe (Clamantis) et par ses enfants (quelle drôle d’idée de faire des enfants, songez-vous avec l’autre Stéphane). Il n’y aura pas d’autre répèt’ des Vaches Folles.

    La poisse.

    Tu te promets alors de ne jamais jouer au loto ni à des jeux de hasard à la con ni de candidater pour des tirages au sort. Et tu partages un peu de ta poisse avec le groupe Dorange qui ne durera pas plus de quelques mois. Sans rancune, les gars.

    Autres situations

    Dérive aléatoire :
    Situation n°20 : « Jour après jour »
    Situation n°22 : « Barcelone »
    Situation n°11 : « Waiting for the man »
    Situation n°6 : « Sirène »
    Situation n°4 : « Biture à Bénarès »
    Situation n°12 : « Waiting for the man » (encore)
    Situation n°13 : « Waiting for the man » (encore et encore)
    Situation n°7 : « Aurélie sait »
    Situation n°3 : « Aucune trace »
    Situation n°10 : « Summertime »
    Situation n°8 : « Paranoïa »
    Situation n°15 : « Le Titanic »
    Situation n°21 : « Impro avec Aymeric des Silmarils »
    Situation n°1 : « Du haut de la roche Tarpéienne »
    Situation n°17 : « Ici ou ailleurs »
    Situation n°2 : « Je re-Mélenchon »
    Situation n°19 : « La poisse »
    Situation n°18 : « Now and then »
    Situations n°14 : « Capitalisme 2.0 »
    Situation n°5 : « En-dessous de la mandragore »
    Situation n°9 : « Ellie’s song »
    Situation n°16 : « Anniversaire »

    Par ordre de publication :
    Situation n°1 : « Du haut de la roche Tarpéienne »
  • Situation n°2 : « Je re-Mélenchon »
  • Situation n°3 : « Aucune trace »
  • Situation n°4 : « Biture à Bénarès »
  • Situation n°5 : « En-dessous de la mandragore »
  • Situation n°6 : « Sirène »
  • Situation n°7 : « Aurélie sait »
  • Situation n°8 : « Paranoïa »
  • Situation n°9 : « Ellie’s song »
  • Situation n°10 : « Summertime »
  • Situation n°11 : « Waiting for the man »
  • Situation n°12 : « Waiting for the man » (encore)
  • Situation n°13 : « Waiting for the man » (encore et encore)
  • Situations n°14 : « Capitalisme 2.0 »
  • Situation n°15 : « Le Titanic »
  • Situation n°16 : « Anniversaire »
  • Situation n°17 : « Ici ou ailleurs »
  • Situation n°18 : « Now and then »
  • Situation n°19 : « La poisse »
  • Situation n°20 : « Jour après jour »
  • Situation n°21 : « Impro avec Aymeric des Silmarils »
  • Situation n°22 : « Barcelone »

    4 min
  • « Sirène », nouveau titre de Siegfried G

    Après « Le poivrot« , publié en 2022, puis « Le Titanic » et « Ici ou ailleurs » (dont la genèse a été racontée dans « Situations« ) publiés en 2023, nous terminons l’année avec un nouveau morceau de l’album « Not dead » de Siegfried G. « Sirène« , dont la piste instrumentale de piano Wurlitzer avait déjà été publiée en 2007, est un morceau écrit et composé dans les années 1990. La perte des pistes instrumentales jouées sur séquenceur Roland JW-50 est racontée dans Situation n°6. Mais cet arrangement orchestral a pu être récupéré en 2022, et la partie vocale enfin être enregistrée, avec ajout d’une guitare et mix final. Voici une occasion d’entendre un cinquantenaire essayer de chanter aujourd’hui comme Charlotte Gainsbourg en 1986. Bonne écoute.

    Paroles
    Te souviens-tu petite sirène
    De ces nuits sous la lune
    Quand tu courais à perdre haleine
    Perdue dans la brume ?
    Je te cherchais parmi les pierres
    Et j’en perdais le nord
    Au milieu des stèles funéraires
    Sans respect pour les morts.
    Quand je te retrouvais dans l’ombre
    Tu n’avais pas l’air si déçu.
    Nous nous allongions sur la tombe
    D’un soldat inconnu.
    Tous ces morts ont-ils de la peine ?
    Ils n’entendent plus ta voix.
    Nos jeux leur semblaient-ils obscènes
    Du fond de leur trépas
    Peut-être attendent-ils la nuit
    Où tu les rejoindras
    Pour mettre fin à leur oubli
    Peut-être même y es-tu déjà ?
    Si un jour dégoûté du monde
    Je constate que je n’en peux plus
    Je m’allongerai sur la tombe
    De ce soldat inconnu.
    Te souviens-tu petite sirène
    Quand tu courais à perdre haleine ?
    Je te cherchais parmi les pierres
    Au milieu des stèles funéraires…
    Si un jour dégoûté du monde
    Je constate que je n’en peux plus
    Je m’allongerai sur la tombe
    De ce soldat inconnu.
    Licence de diffusion

    Paroles & musique : Siegfried G
    Siegfried G : voix, guitare, claviers, programmation

    Extrait de l’album de Siegfried G : “Not Dead (Crème Brûlée hors-série n°3)”

    Photo : Serge Victor

    L’article « Sirène », nouveau titre de Siegfried G est apparu en premier sur In Cauda Venenum.

    7 min

About In Cauda Venenum

From the publisher's feed

Paroles, Musiques, Images & Pouêts