Dimanche 22 Mars 2020 : jour 7
Habituellement le dimanche je ne fais pas grand chose à part recevoir des amis, partir en ballade ou bien faire de la patisserie. Il va sans dire que le confinement rend plus compliqué 2 activités sur les 3 que je viens de mentionner.
J’ai l’impression que mes rencontres avec les gendarmes vont faire partie de mon quotidien, je n’oublie plus ma déclaration, je vais même m’atteler à la recopier encore plus proprement et au mot près. Je me suis fait sermonner ce matin par une gendarmette (note au passage, je ne suis pas certain que ce mot soit valide au Scrabble), car j’avais abrégé certaines phrases. Cela donnait « je certifie que je vais promener mon chien ». Encore une fois on m’a demandé si j’habitais là et j’ai à nouveau répondu par l’affirmative. La prochaine fois je demanderai s’ils sont obligés de poser cette question ou si c’est juste de la curiosité. J’aime bien les gendarmes, leur présence est souvent rassurante mais je suis surpris de ce genre de questions sur mon lieu de résidence qui ne va rien changer au déroulé de leur mission. De toutes façons, si cela se trouve je vais finir par habiter ici à l’année faute de vaccin au Covid19 et je continuerai ce journal indéfini en trouvant ça et là un peu de temps pour l’écrire, l’enregistrer et le partager.
C’est une des rares fois où je rends public une expérience personnelle. Je ne suis pas féru des réseaux sociaux, et si je travaille beaucoup avec instagram pour des raisons professionnelles, je n’ai aucun compte personnel, ni sur Twitter, ni Instagram et encore moins Facebook. Quand au hasard d’une recherche je vois ce qu’il s’y raconte, ce que l’on colporte comme rumeurs, comme fausses informations, cela me révolte.
D’ailleurs, c’est hallucinant le nombre de personnes qui ont subitement un voisin, une tante, la mère de leur ami, voire encore une source confidentielle sûre à 100% qui travaille au ministère de l’intérieur ou à Matignon. Tous, sans exception, partagent des informations fausses et anxiogènes, servant juste à alimenter leur Schadenfreude, la joie malsaine qui sommeille en chacun de nous. Cette schadenfreude est un virus tout aussi néfaste que le Covid19. Quel confinement peut-il venir à bout de ce sentiment crasseux? nul besoin d’incriminer les réseaux sociaux pour trouver un responsable à cela. De tout temps hommes et femmes se sont vautrés dans le plaisir malsain de répandre la rumeur, de faire écho de façon volontaire aux pires mensonges comme aux simples ragots pernicieux. Cela a toujours fait s’immiscer chez chacun le doute, la crainte, l’effroi même. Nos relais de communication sont des autoroutes pour la connerie universelle qui se déverse sans frein ni mesure.
Aujourd’hui ce sont les quelques parisiens qui se sont temporairement exilés en province qui sont mis à l’index, jugés sans discernement ni modération. Cela passera. Comme les César du cinéma. Une schadenfraude en chasse une autre.
C’est dimanche, les amis sont loins et les balades impossibles, ce sera pâtisserie.