Confinement 2020 - journal indéfini - podcast sous covid19

jour 8 : une journée au galop


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Lundi 23 Mars 2020 : Jour 8
Cette fois-ci je ne trouve le temps d’écrire ce journal que le lendemain de la date précitée et c’est diablement pénible de constater cela. Le confinement en famille a ses bons et ses mauvais côtés. L’avantage c’est qu’on est pas seul, cela crée des repères temporels, ces contraintes d’organisation qui font que même la vie confinée suit une mécanique semblable à celle du quotidien « normal ». En revanche, les difficultés sont d’ordre personnel, psychologiques.
Amoureux de moments solitaires, de temps d’écriture, il est souvent difficile d’être constamment sollicité, du matin où tu es réveillé par les braillements de tes enfants après une nuit en pointillée pour les mêmes raisons, jusqu’au soir où ces derniers traînent et se couchent tard, si tard que tu ne tiens jamais éveillé plus longtemps que la moitié du film qu’on rêve chaque soir de regarder.
La vie est ainsi faite.
Parmi les rares moments de calme, on assiste à des scènes surprenantes depuis la fenêtre. Ce lundi des gardes à cheval ont sillonné les rues du village. C’est joli. Ca fait aboyer les chiens. C’est plus écolo que les motos des gendarmes. Tiens? Une caméra! Un journaliste. Opération de communication? On le saura plus tard si les chevaux reviennent dans la semaine.
Dans la cour chacun s’occupe, invente une table de ping-pong avec un plateau de bois, joue au badminton avec des raquettes défoncées, et attend les nouvelles à venir, toujours, toujours. Le premier ministre doit parler, annoncer des mesures, le confinement total est assuré selon certains, d’autres voisins temporisent ou ne disent rien. On est pas expansif non plus en Normandie.
Sur WhatsApp, mon oncle délirant assure un déploiement de l’armée, un rationnement, un couvre-feu général... il prédisait déjà cela il y a une semaine. Je ne réponds plus. Plus le temps. Ma fille doit faire ses devoirs. Je dois surveiller, aider, corriger.
Le soir notre premier ministre Édouard Philippe s’exprime. Bien sûr, rien ne suit les prévisions du Tonton farfelu. Tout au plus des précisions, fort utiles cependant, et bienvenues. J’apprends qu’on peut promener les enfants jusqu’à 1 kilomètre autour de chez soi. C’est beaucoup mieux que le pâté de maisons dont la gendarmerie nous octroyait l’autorisation de faire le tour. Prestement meme.
1 kilomètre à la ronde, ici, c’est tout le village, c’est des chemins sur les falaises, c’est la nature. C’est une chance.
Ça y est, c’est déjà l’heure d’autre chose, la vie ne s’arrête pas, la vie ne s’arrêtera pas.
Barbe
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Confinement 2020 - journal indéfini - podcast sous covid19By Alexandre Laurent