En 2018, à Pont sur Sambre, une petite commune du département du Nord, un homme est arrêté pour viols, tentatives de viol et agressions sexuelles. Il s’appelle Dino Scala et il reconnaît rapidement être l’auteur d’une quarantaine de crimes. Il y en a en réalité bien davantage...
Pendant 30 ans, sur un territoire grand comme 15 terrains de football, Dino Scala a agressé et violé des dizaines de femmes. Il est le violeur en série qui a fait le plus de victimes en France et peut-être même en Europe. Et pourtant, on n'a pas à faire à un génie du mal. Non, c’est un homme ordinaire. Sadique et pervers oui, mais somme toute ordinaire, presque médiocre. Comment expliquer alors qu’il ait pu échapper à la justice pendant autant de temps ? D’autant plus que les victimes ont cherché à déposer plainte, que les enquêteurs ont rapidement disposé de son portrait robot, de son ADN, de son mode opératoire précis et de la zone géographique dans laquelle il agissait ?
Simplement parce que cela n’intéressait pas grand monde. Parce que les violences sexuelles faites à des femmes, de conditions plutôt modestes, n’étaient pas une priorité, loin s’en faut, ni pour la police, ni pour la justice, ni pour les médias. Pour personne en réalité.
L’affaire du violeur de la Sambre n’est pas tant l’histoire d’un criminel en série que l’histoire d’un crime, celui du viol. L’histoire du regard que l’on pose sur les femmes. L’histoire d’une époque, si proche, d’un système, d’un dédale de misogynie, de mépris et d’incompétence qui ont permis à un homme de briser des dizaines de vies.