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Or


Tout est préparé au millimètre. Les Alliés ont répété, planifié, inventé des véhicules spécialisés — chars amphibies, lance-flammes, déminage — et monté une gigantesque opération de diversion : chars gonflables, espions retournés, fausses armées entières. Objectif : convaincre l’Allemagne que le débarquement aura lieu ailleurs.
Et pourtant, derrière ce ballet d’acier, une question menace de tout faire échouer : comment ravitailler l’invasion ? Parce qu’un débarquement, ce n’est pas seulement des hommes qui courent sur une plage. C’est, chaque jour, des milliers de tonnes de carburant, de munitions, de nourriture, de véhicules, de pièces détachées. Sans port, une armée peut conquérir une bande de sable… et se retrouver incapable d’avancer. Or en face, les Allemands ont anticipé.
Les portions les plus redoutables du mur de l'Atlantique sont les “forteresses” : les grands ports atlantiques, comme Cherbourg, Brest, Anvers. Et c’est là le piège : pour réussir, les Alliés ont besoin d’un port… mais prendre un port de front, c’est un carnage annoncé. Ils le savent, parce qu’ils l’ont appris dans le sang. Le 19 août 1942, à Dieppe, une opération baptisée Jubilee tente un raid massif sur le port. Environ 5 000 Canadiens de la 2e division d’infanterie, épaulés par des commandos britanniques, attaquent au petit matin. Et tout déraille.
En mer, la force de débarquement croise des vedettes lance-torpilles allemandes : surprise perdue. Sur la côte, les défenseurs, prêts, écrasent les plages sous le feu depuis les falaises en fer à cheval. Les chars patinent sur les galets ronds, incapables de progresser. Un à un, ils sont détruits. L’aviation allemande coule des péniches, découpe la couverture aérienne alliée. Dix heures plus tard, c’est la retraite.
Au retour, un officier de la Royal Navy, John Hughes-Hallett, lâche une phrase qui ressemble d’abord à une boutade… et qui va devenir une idée fixe : « Eh bien, si nous ne pouvons pas capturer un port… il faudra en emporter un avec nous. » Ce n’est pas totalement nouveau. En 1917 déjà, Winston Churchill, alors à la tête de la Marine, avait imaginé un port artificiel : couler des barges pour créer une rade protégée et débarquer hommes et matériels plus efficacement. Churchill savait ce que vaut une logistique ratée : il avait participé à la planification des Dardanelles, à Gallipoli, où l’enlisement avait coûté près de 200 000 victimes sur huit mois. Mais l’idée du port artificiel reste dans les tiroirs. Jusqu’à ce que la guerre impose son urgence.
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By Sans déconnerTout est préparé au millimètre. Les Alliés ont répété, planifié, inventé des véhicules spécialisés — chars amphibies, lance-flammes, déminage — et monté une gigantesque opération de diversion : chars gonflables, espions retournés, fausses armées entières. Objectif : convaincre l’Allemagne que le débarquement aura lieu ailleurs.
Et pourtant, derrière ce ballet d’acier, une question menace de tout faire échouer : comment ravitailler l’invasion ? Parce qu’un débarquement, ce n’est pas seulement des hommes qui courent sur une plage. C’est, chaque jour, des milliers de tonnes de carburant, de munitions, de nourriture, de véhicules, de pièces détachées. Sans port, une armée peut conquérir une bande de sable… et se retrouver incapable d’avancer. Or en face, les Allemands ont anticipé.
Les portions les plus redoutables du mur de l'Atlantique sont les “forteresses” : les grands ports atlantiques, comme Cherbourg, Brest, Anvers. Et c’est là le piège : pour réussir, les Alliés ont besoin d’un port… mais prendre un port de front, c’est un carnage annoncé. Ils le savent, parce qu’ils l’ont appris dans le sang. Le 19 août 1942, à Dieppe, une opération baptisée Jubilee tente un raid massif sur le port. Environ 5 000 Canadiens de la 2e division d’infanterie, épaulés par des commandos britanniques, attaquent au petit matin. Et tout déraille.
En mer, la force de débarquement croise des vedettes lance-torpilles allemandes : surprise perdue. Sur la côte, les défenseurs, prêts, écrasent les plages sous le feu depuis les falaises en fer à cheval. Les chars patinent sur les galets ronds, incapables de progresser. Un à un, ils sont détruits. L’aviation allemande coule des péniches, découpe la couverture aérienne alliée. Dix heures plus tard, c’est la retraite.
Au retour, un officier de la Royal Navy, John Hughes-Hallett, lâche une phrase qui ressemble d’abord à une boutade… et qui va devenir une idée fixe : « Eh bien, si nous ne pouvons pas capturer un port… il faudra en emporter un avec nous. » Ce n’est pas totalement nouveau. En 1917 déjà, Winston Churchill, alors à la tête de la Marine, avait imaginé un port artificiel : couler des barges pour créer une rade protégée et débarquer hommes et matériels plus efficacement. Churchill savait ce que vaut une logistique ratée : il avait participé à la planification des Dardanelles, à Gallipoli, où l’enlisement avait coûté près de 200 000 victimes sur huit mois. Mais l’idée du port artificiel reste dans les tiroirs. Jusqu’à ce que la guerre impose son urgence.
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