The King of Kong: A Fistful of Quarters
Aujourd’hui, on va parler d’un documentaire qui prouve une chose essentielle :
on peut faire un film absolument passionnant… sur des adultes qui jouent à Donkey Kong depuis quarante ans.
Bienvenue dans The King of Kong: A Fistful of Quarters, un documentaire sorti en 2007, qui commence comme un reportage un peu nerd et qui finit comme une véritable tragédie grecque. Une tragédie faite de bornes d’arcade, de cassettes VHS, d’ego surdimensionnés… et de beaucoup d’humour, souvent totalement involontaire.
Le film nous plonge dans le microcosme très fermé des records de jeux d’arcade des années 80. Un monde figé dans le temps, où des joueurs consacrent leur vie à battre des scores sur des machines vieilles de plusieurs décennies. Ici, pas d’argent, pas de gloire grand public : seule compte la reconnaissance d’une communauté minuscule, régie par une autorité suprême, Twin Galaxies, chargée d’homologuer les records.
Au sommet de cette pyramide trône Billy Mitchell, champion historique de Donkey Kong. Confiant, charismatique, toujours sûr de lui, il se présente comme une légende vivante, presque comme le héros naturel de cette histoire. Le film n’a pas besoin de forcer le trait : chaque apparition de Billy Mitchell dégage un sérieux tel qu’il en devient parfois presque comique.
Face à lui arrive Steve Wiebe, professeur de sciences, père de famille, récemment licencié. Tout l’opposé de Mitchell. Discret, maladroit, mais animé par une détermination sincère. Dans son garage, presque par hasard, il parvient à battre le record du monde de Donkey Kong. Et c’est là que tout déraille.
Son score est contesté. Des doutes techniques apparaissent. Les règles semblent floues, parfois appliquées de manière inégale. Steve Wiebe se retrouve alors non seulement à jouer contre un champion, mais contre un système entier.
Le documentaire devient un récit universel sur la reconnaissance, le pouvoir et la difficulté pour un outsider de bousculer un ordre établi. Jamais cynique, jamais moralisateur, il observe ses personnages avec une distance qui laisse naître un humour constant, souvent absurde, parfois touchant.
The King of Kong n’est pas vraiment un film sur le jeu vidéo.
C’est un film sur l’ego humain.
Et sur le fait que, même pour un record du monde sur Donkey Kong, le vrai boss final… ce n’est pas le gorille. C’est le système.
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