Aujourd'hui l'économie

La canicule refroidit l’économie


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Depuis plusieurs jours une vague de chaleur s'est abattue sur la France. Ce genre d'épisode caniculaire a de multiples conséquences économiques
Pour les marchands de glace, les limonadiers ou les fabricants de climatiseurs, une canicule est toujours une aubaine. Mais quand elle est sévère et durable, son impact sur l'économie est globalement négatif. La vague de chaleur de 2003 a duré deux semaines, en plein mois d'août, et elle a fait perdre au moins 15 milliards d'euros à l'économie française, estiment les sénateurs dans un rapport publié l'année suivante.
Les résultats de 7 entreprises sur 10 sont affectés par la météo et pas toujours dans le bon sens. L'agriculture est le secteur qui souffre le plus de la hausse des températures, et du manque d'eau qui l'accompagne. Les ventes de vêtement peuvent aussi régresser parce que les gens n'ont plus envie de sortir, et surtout la consommation d'électricité augmente pour alimenter tous les systèmes de refroidissement.
Une trop forte chaleur affecte aussi la productivité.
Il fait trop chaud pour travailler dit la chanson. C'est vrai que la chaleur ralentit les gestes, gêne la concentration et augmente le risque d'insolation, de déshydratation. A travers le monde, un milliard de travailleurs sont déjà exposés à des douzaines de journées caniculaires par an. Quand il fait plus de 50°, il est d'ailleurs interdit de travailler dans le secteur du bâtiment selon la convention de l'Organisation internationale du travail.
Avant d'atteindre cet extrême que peuvent connaître les pays du Golfe ou de l'Afrique subsaharienne, la productivité décline à partir de 26° pour les travaux de force accomplis en plein air, et à partir de 35° pour tous métiers confondus constate l'OIT dans une étude réalisée avec l'Organisation mondiale de la santé pour évaluer l'impact du réchauffement sur les conditions de travail.
Et leurs conclusions sont alarmistes : d'ici une douzaine d'années, la baisse de la productivité induite par la chaleur excessive se traduirait par des pertes annuelles de revenus de 2000 milliards de dollars.
Les pays les plus touchés sont aussi les plus pauvres.
Le Burkina Faso serait le pays africain le plus concerné avec des pertes de productivité estimées de 4 à 17%. En Asie, le Cambodge est le grand perdant. Dans les pays tropicaux, il faudra travailler de plus en plus longtemps, ou embaucher plus de gens pour obtenir la même production. D'après une autre étude cette fois effectuée du passé. Sur les données météo de plus de 50 ans, la hausse des températures de 1 degré coûte 1,3 point de croissance aux pays les plus pauvres.
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Aujourd'hui l'économieBy RFI