La geste d'Orland

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La geste d'Orland episodes

  • Lecture / Dante Alighieri, « Chant III », La Divine Comédie « L’Enfer »

    « Par moi on va dans la cité dolente,

    par moi on va dans l’éternelle douleur,

    par moi on va parmi la gent perdue.

    Justice a mû mon sublime artisan,

    puissance divine m’a faite,

    et la haute sagesse et le premier amour.

    Avant moi rien n’a jamais été créé

    qui ne soit éternel, et moi je dure éternellement.

    Vous qui entrez laissez toute espérance. »

    Ces paroles de couleur sombre,

    je les vis écrites au-dessus d’une porte ;

    aussi je dis : « Maître, leur sens m’est dur. »

    Et lui à moi, en homme qui savait mes pensées :

    « Ici il convient de laisser tout soupçon ;

    toute lâcheté ici doit être morte.

    Nous sommes venus au lieu que je t’ai dit,

    où tu verras les foules douloureuses

    qui ont perdu le bien de l’intellect. »

    Et après avoir mis sa main dans la mienne

    avec un visage gai, qui me réconforta,

    il me découvrit les choses secrètes.

    Là pleurs, soupirs et hautes plaintes 

    résonnaient dans l’air sans étoiles,

    ce qui me fit pleurer pour commencer.

    Diverses langues, et horribles jargons,

    mots de douleur, accents de rage,

    voix fortes, rauques, bruits de mains avec elles,

    faisaient un fracas tournoyant

    toujours, dans cet air éternellement sombre,

    comme le sable où souffle un tourbillon.

    Et moi, qui avais la tête entourée d’ombre,

    je dis : « Maître, qu’est-ce que j’entends ?

    qui sont ces gens si défaits de souffrance ? »

    Et lui à moi : « Cet état misérable

    est celui des méchantes âmes des humains

    qui vécurent sans infamie et sans louange.

    Ils sont mêlés au mauvais chœur des anges

    qui ne furent ni rebelles à Dieu

    ni fidèles, et qui ne furent que pour eux-mêmes...


    7 min
  • Revue / Dante Alighieri, La Divine Comédie « L’Enfer »

    « L’Enfer » est la première partie de la Divine Comédie du poète italien Dante Alighieri. Guidé par le poète latin Virgile, Dante fait un voyage extraordinaire dans l'enfer. Les deux poètes nous donne à voir la structure de l'enfer ; ils y rencontrent des damnés qui leurs racontent les raisons de leur chute. Pourquoi des philosophes comme Platon, des poètes comme Virgile, des héros comme Ulysse et des hauts dignitaires comme Cléopâtre sont entrés dans l'enfer sans aucun espoir d'en sortir ? C’est ce que vous découvrirez dans cet épisode.


    28 min
  • Lecture / Virgile, « Gallus » Les bucoliques

    Callus


    Sois indulgente, Aréthuse, à mon dernier effort. J'ai à adresser quelques vers à mon Gallus, mais des vers que puisse lire elle-même Lycoris : qui pourrait refuser des vers à Gallus ? Puisse en retour, quand tu coules sous les flots Sicaniens, l'amère Doris ne point mêler son onde aux tiennes! Commence; disons les amours tourmentées de Gallus,


    tandis que nos chèvres camuses broutent les tendres arbustes. Nous ne chantons pas pour des sourds : tous les coins de la forêt nous répondent.


    Quels pâturages ou quels bois vous retinrent, jeunes Naiades, lorsqu'un indigne amour faisait périr Gallus ? car ce ne sont ni les sommets du Parnasse ni ceux du Pinde ni l'Aonienne Aganippe qui alors arrêtèrent vos pas. Les lauriers mêmes, les bruyères mêmes le pleurèrent; en le voyant couché au pied d'un rocher solitaire, le Ménale couvert de pins et les rocs du Lycée glacé le pleurèrent. Les brebis sont autour de lui (nos peines ne les laissent pas insensibles; et toi, divin poète, ne rougis pas de conduire un troupeau : lui aussi, le bel Adonis mena paître des brebis au bord des fleuves). Le berger vint aussi, vinrent les lents porchers, vint Ménalque tout humide de la glandée d'hiver. Tous demandent : « D'où te vient cet amour ?» Apollon vint : « Gallus, quelle est ta folie ? dit-il; Lycoris, ton cher souci, en a


    suivi un autre à travers les neiges et les camps hérissés. »





    6 min
  • Revue / Romain Gary, La promesse de l’aube

    Dans son chef-d'œuvre La promesse de l'aube (1960), Romain Gary raconte l'amour et l'espérance touchants d'une mère pour son fils. Cet amour inconditionnel et étouffant accompagne le fils dans son parcours de militaire, d'ambassadeur et d'écrivain. Cette figure grandiose de la mère est digne d'un magnifique roman comme celui-ci.

    36 min
  • Lecture / Alphonse de Lamartine, Souvenir

    Souvenir

    Alphonse de Lamartine


    En vain le jour succède au jour,
    Ils glissent sans laisser de trace ;
    Dans mon âme rien ne t’efface,
    Ô dernier songe de l’amour !

    Je vois mes rapides années
    S’accumuler derrière moi,
    Comme le chêne autour de soi
    Voit tomber ses feuilles fanées.

    Mon front est blanchi par le temps ;
    Mon sang refroidi coule à peine,
    Semblable à cette onde qu’enchaîne
    Le souffle glacé des autans.

    Mais ta jeune et brillante image,
    Que le regret vient embellir,
    Dans mon sein ne saurait vieillir
    Comme l’âme, elle n’a point d’âge.

    Non, tu n’as pas quitté mes yeux;
    Et quand mon regard solitaire
    Cessa de te voir sur la terre,
    Soudain je te vis dans les cieux.

    Là, tu m’apparais telle encore
    Que tu fus à ce dernier jour,
    Quand vers ton céleste séjour
    Tu t’envolas avec l’aurore.

    Ta pure et touchante beauté
    Dans les cieux même t’a suivie ;
    Tes yeux, où s’éteignait la vie,
    Rayonnent d’immortalité !

    Du zéphyr l’amoureuse haleine
    Soulève encor tes longs cheveux ;
    Sur ton sein leurs flots onduleux
    Retombent en tresses d’ébène,

    L’ombre de ce voile incertain
    Adoucit encor ton image,
    Comme l’aube qui se dégage
    Des derniers voiles du matin.

    Du soleil la céleste flamme
    Avec les jours revient et fuit ;
    Mais mon amour n’a pas de nuit,
    Et tu luis toujours sur mon âme.

    C’est toi que j’entends, que je vois,
    Dans le désert, dans le nuage;
    L’onde réfléchit ton image;
    Le zéphyr m’apporte ta voix.

    Tandis que la terre sommeille,
    Si j’entends le vent soupirer,
    Je crois t’entendre murmurer
    Des mots sacrés à mon oreille.

    Si j’admire ces feux épars
    Qui des nuits parsèment le voile,
    Je crois te voir dans chaque étoile
    Qui plaît le plus à mes regards.

    Et si le souffle du zéphyr
    M’enivre du parfum des fleurs.
    Dans ses plus suaves odeurs
    C’est ton souffle que je respire.

    C’est ta main qui sèche mes pleurs,
    Quand je vais, triste et solitaire,
    Répandre en secret ma prière
    Près des autels consolateurs.

    Quand je dors, tu veilles dans l’ombre ;
    Tes ailes reposent sur moi ;
    Tous mes songes viennent de toi,
    Doux comme le regard d’une ombre.

    Pendant mon sommeil, si ta main
    De mes jours déliait la trame,
    Céleste moitié de mon âme,
    J’irais m’éveiller dans ton sein !

    Comme deux rayons de l’aurore,
    Comme deux soupirs confondus,
    Nos deux âmes ne forment plus
    Qu’une âme, et je soupire encore !



    5 min
  • Hors-série / Y a-t-il des livres que je n’aime pas ?

    Y a-t-il des livres que je n’aime pas ? Oui, il y a bien sûr des livres que je n'ai pas aimés. Mais parfois, il est possible de ne pas comprendre un livre ou bien de rater une lecture, cela ne veut pas forcément dire que l'on ne peut pas aimer ces livres à un autre moment. Il y a néanmoins des livres que je suis certain de ne pas aimer, je vais donc profiter de cet épisode pour en donner quelques exemples.



    33 min
  • Lecture / Roland Scheiff, Lettre à un jeune étudiant

    Cher Jonas,


     Je vous remercie pour votre dernière lettre qui me donne, malgré ce que je peux y lire, bien du plaisir en ayant de vos nouvelles. Après l’annonce de votre échec, j’ai pensé que vous auriez pu abandonner vos études ; je vois qu’il n’en est rien et j’en suis heureux.

     Vous ne devez pas me remercier par rapport à nos entrevues, car je n’ai pas fait grand-chose. Lors de nos échanges, j’ai seulement essayé d’expliquer certains éléments susceptibles de vous aider à y voir plus clair. Si vous voulez réussir vos études, les choses ne peuvent venir que de vous. Il n’y a que vous qui puissiez vous mettre au travail ; ce que nous pouvons faire, nous, votre entourage proche ou plus lointain, c’est vous apporter un certain “confort”, un cadre dans lequel vous pourrez étudier en toute sérénité. 

     Si l’université est vraiment ce que vous désirez au plus profond de vous, si elle est pour vous une vocation, si vous pensez y avoir trouvé votre place, alors oubliez pour un temps vos autres activités...



    9 min
  • Revue / Roger Martin du Gard, Les Thibault

    Les Thibault (1922-1940) de Roger Martin du Gard est une œuvre monumentale dans les sens à la fois du volume et de la richesse. C’est un roman fleuve de 8 volumes qui retracent le cours de la vie de deux frères, Jacques et Antoine Thibault, tout au long de la Belle Époque jusqu’à la Grande Guerre. Nous pouvons y observer la psychologie finement décrite, la société en mouvement et les tragédies familiales et personnelles. Si on est affligé par le destin tragique des deux héros, on peut néanmoins se consoler en se disant qu’ils ont réussi à mener la vie qu’ils voulaient.

    41 min
  • Lecture / Léon-Gontran Damas, Solde

    Un poème original de l'écrivain guyanais Léon-Gontran Damas (1912-1978)

    Solde

    J'ai l'impression d'être ridicule
    dans leurs souliers
    dans leur smoking
    dans leur plastron
    dans leur faux-col
    dans leur monocle
    dans leur melon

    J'ai l'impression d'être ridicule
    avec mes orteils qui ne sont pas faits
    pour transpirer du matin jusqu'au soir qui déshabille
    avec l'emmaillotage qui m'affaiblit les membres
    et enlève à mon corps sa beauté de cache-sexe

    J'ai l'impression d'être ridicule avec mon cou en cheminée d'usine avec ces maux de tête qui cessent chaque fois que je salue quelqu'un


    J'ai l'impression d'être ridicule

     dans leurs salons 

    dans leurs manières
    dans leurs courbettes
    dans leur multiple besoin de singeries

    J'ai l'impression d'être ridicule
    avec tout ce qu'ils racontent
    jusqu'à ce qu'ils vous servent l'après-midi
    un peu d'eau chaude
    et des gâteaux enrhumés

    J'ai l'impression d'être ridicule
    avec les théories qu'ils assaisonnent
    au goût de leurs besoins
    de leurs passions
    de leurs instincts ouverts la nuit
    en forme de paillasson

    J'ai l'impression d'être ridicule
    parmi eux complice
    parmi eux souteneur
    parmi eux égorgeur
    les mains effroyablement rouges
    du sang de leur ci-vi-li-sa-tion



    2 min
  • Revue / Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo

    Le Comte de Monte-Cristo est à mes yeux le roman le plus troublant et le plus riche de Dumas. Le jeune marin Edmond Dantès, après avoir subi l'injustice, le trahison et le désespoir, déclenche une vengeance terrible sous l'identité du comte de Monte-Cristo. Cette Vengeance détruit l'homme Edmond Dantès en le transformant en cynique avant de remettre en question tout ce qu'il a fait...

    33 min

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