https://www.ia-info.fr/grapheneos-et-la-france-autopsie-d-une-rupture-symptomatique.html
Le 19 novembre 2025, un article du Parisien met le feu aux poudres. En quelques lignes, le quotidien dépeint GrapheneOS comme la nouvelle panacée des narcotrafiquants, citant des sources policières frustrées par des téléphones devenus impénétrables. Cinq jours plus tard, le projet canadien coupe les ponts avec la France, retire ses serveurs d'OVHcloud et interdit formellement à ses développeurs de fouler le sol français. Entre ces deux dates, une tempête s'est abattue sur l'écosystème de la confidentialité numérique, révélant des fractures profondes qui dépassent largement le cadre d'une simple polémique technique.
Cette affaire cristallise en réalité plusieurs malaises contemporains dont personne ne veut vraiment parler. D'abord, celui d'un État français qui, confronté à l'impuissance de ses services d'enquête face au chiffrement fort, préfère désigner des boucs émissaires technologiques plutôt que d'admettre les limites intrinsèques de la surveillance numérique. Ensuite, celui d'un journalisme qui, en reprenant sans recul la terminologie policière, participe à la stigmatisation d'outils légitimes. Enfin, celui d'une communauté open source minée par des ego démesurés et une incapacité chronique à communiquer sereinement avec le grand public.