L’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche est une aubaine pour les gérants de prison privée : leurs actions flambent à Wall Street.
Les deux poids lourds du secteur ont vu leurs titres rebondir à des niveaux inespérés. + 43 % pour CoreCivic et +20 % pour GEO Group. Une véritable résurrection pour un secteur quasiment condamné il y a deux mois. Un audit a démontré que la sécurité, les droits de l’homme, l’accès à la santé laissent à désirer dans les établissements privés. C’est pourquoi cet été le département américain de la Justice avait annoncé son intention de les fermer.
Dans la foulée, l’administration qui sous-traite la surveillance des illégaux arrêtés avait annoncé son intention de procéder aussi à un audit. Mais avec l’élection d’un président acquis aux vertus du secteur privé, qui a reçu de l’une de ces entreprises un chèque de 150 000 dollars pour sa campagne, et surtout républicain, partisan d’un durcissement de la politique pénale, cette industrie a de quoi retrouver le moral.
Quel est le poids de cette industrie ?
Un peu plus de 5 milliards de dollars. 0,5 % des deux millions 200 000 prisonniers de droit commun passent leur séjour dans des maisons gérées par le privé. Par ailleurs, elles ont pris une part croissante du marché entre guillemets de l’expulsion des sans-papiers.
Chaque année, 400 000 illégaux passent par la case prison aux États-Unis. Mais les douanes n’ont pas les moyens de les loger sous surveillance. 60 % d’entre eux sont confiés au secteur privé qui gère 9 des 10 plus importants centres de détention. Au cours du premier débat avec Donald Trump, Hillary Clinton s’était clairement engagée à réduire le recours à ces entreprises, ce qui avait fait plonger leurs actions.
Qu’attendent-elles de Donald Trump ?
Les deux principales sociétés, CoreCivic et GEO Group, se refusent à commenter la vie politique. Mais comme tout le monde, elles ont en tête les déclarations de Donald Trump sur « la pagaille » régnant dans le système carcéral américain. Il s’est dit favorable à sa privatisation pure et simple. Et puis Donald Trump a promis d’être dur avec les criminels, il se présente comme le candidat de la loi et l’ordre, autant dire que les prisons ont plutôt vocation à se remplir sous son mandat alors qu’elles se sont vidées sous la présidence de Barack Obama.
Par ailleurs, s’il expulse 11 millions de sans-papiers comme il l’a promis pendant la campagne, il faudra au moins 300 000 lits supplémentaires par an. Et ces entreprises apparaissent comme les partenaires naturels de ce vaste programme de déportation à grande échelle. On aura très vite un aperçu de ce qu’il veut réellement faire et des perspectives pour ces entreprises. Il s’est engagé à expulser 2 millions de sans-papiers après sa prise de fonction.