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Or


Jean-Pierre Jeunet raconte l'adaptation de Changer l'eau des fleurs de Valérie Perrin, avec Leïla Bekhti, présentée au Festival De l'écrit à l'écran.
Il fallait peut-être Jean-Pierre Jeunet pour filmer un cimetière et lui donner des couleurs. Il fallait son œil, surtout. Celui qui s'attarde sur un détail que les autres n'auraient pas vu, attend la bonne lumière, recommence une prise et déplace le réel de quelques centimètres pour le faire entrer dans son imaginaire.
J'attendais ce film. Beaucoup. Je ne l'attendais peut-être pas aussi beau.
Adapter un livre vendu à cinq millions d'exemplaires ? Jean-Pierre Jeunet préfère en rire : c'est plutôt « rassurant ». La tâche, elle, l'était moins. Le roman joue avec les époques, les récits, les souvenirs. Il fallait en conserver le mouvement sans égarer le spectateur. Jean-Pierre Jeunet résume l'exercice à sa manière : « restructurer pour redéstructurer ».
Il se dit « gardien du temple », mais un gardien qui sait déplacer quelques meubles. Couper, simplifier, réinventer : accepter, finalement, que la littérature se transforme en devenant cinéma. Et quel cinéma.
Le cimetière aurait pu assombrir chaque image. Il fait exactement l'inverse. À Autun, Jean-Pierre Jeunet trouve un lieu en pente ouvert sur la campagne, qu'il qualifie d'« absolument sublime ». Le soleil s'y glisse, les couleurs s'y installent. La mort est là, mais elle n'avale jamais la vie.
C'est peut-être là que je reconnais le mieux sa patte : le réel n'a aucune obligation d'être gris sous prétexte que l'histoire pourrait l'être.
Et puis elle est là : Leïla Bekhti.
Jean-Pierre Jeunet peut composer son cadre au millimètre, lorsqu'elle apparaît, quelque chose échappe au plan. Il me raconte ses larmes, toutes vraies. Onze prises ? Elle pleurera onze fois. Cette intensité rencontre le goût du contrôle du réalisateur et, parfois, ça frotte. Il en tire cette merveilleuse formule : « Parfois les étincelles, c'est flamboyant. »
Elles le sont.
S'il fallait garder un mot de ma rencontre avec Jean-Pierre Jeunet, ce serait « fignoler ». Il ajuste, recommence, fabrique, corrige. Le détail compte. Toujours. Même celui que nous ne verrons peut-être pas.
C'est sans doute ce que j'aime dans ce Changer l'eau des fleurs. La signature de Jean-Pierre Jeunet est partout, mais elle ne cherche jamais à prendre le dessus sur le roman de Valérie Perrin. Sa fantaisie est là, son goût de l'image aussi, mais quelque chose s'est apaisé... Du grand Jean-Pierre Jeunet, oui. Plus délicat peut-être...
Un cinéaste qui, cette fois, a trouvé comment changer l'eau sans toucher aux fleurs 3
Amandine BACCONNIER pour La Radio du Cinéma - 20/09/2026 - Festival de l'ECRIT A L ECRAN.
Bertrand Burgalat signe la bande originale de Ni vue, ni connue, le nouveau film de Marc Fitoussi avec Isabelle Huppert et Sandrine Kiberlain. À l’occasion de la sortie de la BO ce vendredi 2 octobre 2026, en vinyle et en numérique, le compositeur raconte au micro de David Marmier pour La Radio du Cinéma la création d’une musique pensée au plus près des images et des personnages.
La musique arrive quelques jours avant le film. La bande originale de Ni vue, ni connue, composée par Bertrand Burgalat, sort le 2 octobre 2026 chez Tricatel. Le nouveau long métrage de Marc Fitoussi sera quant à lui dans les salles françaises à partir du 7 octobre 2026.
Une nouvelle rencontre entre cinéma et musique pour Bertrand Burgalat, producteur, arrangeur, compositeur et fondateur du label Tricatel, qui raconte à David Marmier les coulisses d’un travail particulièrement minutieux.
Dans Ni vue, ni connue, Isabelle Huppert incarne Corinne Maclou, une figurante qui enchaîne les tournages dans l’espoir d’être enfin remarquée et de décrocher un véritable rôle.
Son parcours croise celui de Sandrine Kiberlain, qui interprète une version d’elle-même. Cette rencontre laisse alors entrevoir à Corinne la possibilité de se faire enfin une place dans le monde du cinéma.
Marc Fitoussi construit ainsi une comédie qui plonge dans les coulisses des plateaux et joue avec les frontières entre les comédiens et leurs propres personnages. Isabelle Huppert est notamment entourée de Sandrine Kiberlain, Anne Marivin et Ana Girardot.
Ni vue, ni connue marque la troisième collaboration entre Bertrand Burgalat et Marc Fitoussi.
Leur travail commun avait débuté avec Les Apparences, avant de se poursuivre avec la série Ça, c'est Paris !. Pour ce nouveau film, la relation entre le réalisateur et son compositeur est allée encore plus loin.
Bertrand Burgalat explique avoir travaillé sous la direction très précise de Marc Fitoussi :
« J'ai essayé de traduire en musique tout ce que me disait Marc. »
Certaines compositions ont été écrites avant le tournage des scènes. Pour le générique d'ouverture, la musique devait ainsi exister avant les images, à partir des seules indications données par le réalisateur.
Le chiffre permet de mesurer l'ampleur de ce travail : en consultant à la fin du projet la plateforme utilisée pour échanger ses compositions avec Marc Fitoussi, Bertrand Burgalat y retrouve environ 140 morceaux, essais et versions.
Il ne s'agit pas simplement de multiplier les propositions. Le réalisateur conserve les différentes versions et peut décider qu'une musique écartée pour une scène trouvera finalement sa place à un autre moment du film.
Une note, un accord ou une variation peuvent également modifier la perception d'un personnage. Bertrand Burgalat raconte notamment le long travail effectué autour de la séquence finale afin de faire évoluer la musique entre énergie, joie et mélancolie.
Cette collaboration illustre ce que le compositeur recherche dans la musique de film : comprendre précisément l'intention du cinéaste avant de la traduire musicalement.
Bertrand Burgalat revendique une approche éloignée des bandes originales construites principalement autour de tubes ou de morceaux préexistants.
Pour Ni vue, ni connue, la musique a été conçue spécifiquement pour accompagner le récit, parfois de façon volontairement discrète.
« Elle est vraiment au service du film. »
Le compositeur assume cette fragilité et cette discrétion. La réussite d'une musique de cinéma ne consiste pas nécessairement, selon lui, à attirer immédiatement l'attention du spectateur, mais à modifier subtilement sa perception d'une scène ou d'un personnage.
L'entretien accordé à La Radio du Cinéma dépasse également la seule création de Ni vue, ni connue.
Bertrand Burgalat revient sur son rapport à la composition, à l'artisanat musical et aux outils contemporains. Face aux possibilités offertes aujourd'hui par l'intelligence artificielle, il défend notamment l'importance de la page blanche, de la recherche et du dialogue entre artistes.
Il établit un parallèle avec l'apparition du sampling, qui avait déjà bouleversé les méthodes de création musicale. Pouvoir accéder immédiatement à une matière existante peut ouvrir de nouvelles possibilités mais aussi, selon lui, enfermer le créateur dans des emprunts.
À l'inverse, partir de rien permet de modifier une note, un accord, une instrumentation et de construire progressivement une œuvre avec des musiciens, un ingénieur du son ou, dans le cas d'une bande originale, avec le réalisateur.
Pour Bertrand Burgalat, l'une des principales difficultés de la composition de musique de film n'est d'ailleurs pas uniquement musicale.
Elle tient au dialogue avec le cinéaste.
Le compositeur doit comprendre ce que le réalisateur cherche à exprimer, parfois avec des mots qui ne sont pas ceux d'un musicien, puis parvenir à transformer cette intention en musique.
C'est précisément cette capacité à formuler ses attentes que Bertrand Burgalat apprécie chez Marc Fitoussi, qu'il décrit comme un réalisateur particulièrement précis, méticuleux et exigeant envers les autres comme envers lui-même.
La BO de Ni vue, ni connue paraît le vendredi 2 octobre 2026 chez Tricatel.
Le vinyle comprend 24 titres
Découvrir la bande originale de « Ni vue, ni connue » chez Tricatel
Voir la fiche et les séances de « Ni vue, ni connue »
Bertrand Burgalat au micro de La Radio du Cinéma.
Entretien réalisé par David Marmier. Photographie: David Marmier
Juliette pensait avoir conquis sa liberté. Elle a réussi professionnellement, changé de milieu social et construit son indépendance. Mais une violente agression commise par son supérieur hiérarchique vient bouleverser ses certitudes et l’oblige à reconsidérer sa famille, ses origines et le monde auquel elle croyait appartenir.
Pour Robert Guédiguian, c’est justement par l’histoire particulière de Juliette que le cinéma peut raconter quelque chose de beaucoup plus vaste : « Si on veut raconter la complexité des choses, il faut raconter une histoire particulière, singulière. » À travers elle, Une femme aujourd’hui interroge aussi la mobilité sociale et ce qu’elle peut provoquer comme éloignement. Ariane Ascaride évoque cette impression de ne plus tout à fait parler le même langage que ceux dont on est issu et la nécessité, pour Juliette, de repenser le chemin parcouru. Face à la violence subie par son personnage, Robert Guédiguian choisit de ne pas faire de l’agression un spectacle. La caméra reste concentrée sur le visage et le regard de Juliette, incarnée par Marilou Aussilloux. Une jeune comédienne dont Ariane Ascaride salue la générosité, l’intelligence et l’exigence : « Jouer avec elle, c’est un vrai bonheur. »
Mais chez le réalisateur, regarder les blessures du monde ne signifie jamais s’abandonner au désespoir. Il revendique même une forme de responsabilité du cinéaste : « On n’a pas le droit de désespérer le monde. » Aussi sombre soit-elle, une histoire doit laisser entrevoir une possibilité, « un rayon de soleil qui passe à travers les nuages ».
C’est peut-être là que réside toute la promesse d’Une femme aujourd’hui : regarder sans détour la violence et les contradictions de notre époque, tout en continuant à croire que le lien aux autres peut ouvrir un nouveau chemin.
Une femme aujourd’hui, de Robert Guédiguian, avec Marilou Aussilloux, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Grégoire Leprince-Ringuet et Gérard Meylan.
Entretien réalisé par Patrice Caillet pour La Radio du Cinéma au Festival De l’écrit à l’écran - 21/09/2026
Au château royal d'Amboise, Samuel Buchwalder explique à Patrice Caillet comment le monument accueille films et séries, de The Serpent Queen aux projets futurs.
Un château vieux de plusieurs siècles peut-il devenir un véritable partenaire du cinéma ? À Amboise, la réponse se construit au fil des tournages. Certaines productions viennent chercher un décor capable d'incarner un autre lieu ou une autre époque. D'autres choisissent précisément Amboise pour son histoire et son identité.
Pour le château, l'enjeu dépasse largement la satisfaction de voir ses salles et ses façades à l'écran. L'entretien et la restauration d'un tel patrimoine nécessitent des budgets considérables. Les tournages représentent donc une source de revenus complémentaire aux recettes des visiteurs. Et contrairement aux craintes que peut susciter l'arrivée d'une équipe de cinéma dans un site ouvert au public, les deux activités peuvent cohabiter.
De L'Oublié d'Amboise à The Serpent Queen
Le tournage de L'Oublié d'Amboise en fournit un exemple. La présence des comédiens et leurs échanges avec les visiteurs ont transformé les contraintes liées au tournage en souvenir particulier pour le public.
Avec la série américaine The Serpent Queen, Amboise a changé d'échelle. Deux saisons y ont été tournées et la production a même conduit à une privatisation exceptionnelle du château pendant une journée.
Accueillir des dizaines de techniciens, des éclairages et du matériel dans un monument historique impose cependant des règles. Samuel Buchwalder en fixe deux essentielles : assurer la conservation du site et préserver la qualité de la visite. Le reste repose largement sur l'organisation et le professionnalisme des équipes de tournage.
Jouer collectif pour attirer les productions
L'avenir pourrait désormais se penser à l'échelle du Val de Loire. La concentration de châteaux dans un périmètre réduit constitue un argument de poids pour des productions qui recherchent plusieurs décors sans multiplier les déplacements.
Samuel Buchwalder souhaite ainsi voir les différents sites travailler davantage ensemble, notamment avec l'appui de Ciclic en Centre-Val de Loire. Une présence commune au Paris Images Forum 2027 est déjà envisagée pour mieux présenter le territoire aux professionnels.
Et s'il fallait rêver au prochain tournage ? Le représentant du château royal d'Amboise a déjà une idée : accueillir un jour James Bond dans le Val de Loire.
Une proposition lancée au micro de Patrice Caillet, à retrouver dans cette interview de La Radio du Cinéma, premier épisode d'une série consacrée aux châteaux qui accueillent films et séries.
Un dessin animé commence par quelques traits, un personnage, une idée. Mais avant d’arriver sur un écran, il faut écrire, dessiner, financer, produire, distribuer et parfois penser déjà à l’international. Directeur général de Millimages, Adrien Moretto connaît désormais toutes les étapes de cette chaîne. Au micro de David Marmier pour La Radio du Cinéma, il raconte son parcours et les mutations d’un studio français qui accompagne plusieurs générations de spectateurs.
Rien ne destinait tout à fait Adrien Moretto à diriger un studio d’animation. Juriste de formation, il découvre les coulisses du cinéma et de l’audiovisuel en travaillant dans le financement du secteur. Une question l’attire alors : comment une idée née dans l’esprit d’un auteur ou d’une autrice devient-elle un projet artistique que l’on peut réellement produire ?
Arrivé chez Millimages en 2018 sur les questions juridiques et de « business affairs », il découvre un métier où création et économie avancent nécessairement ensemble. Produire une série ne consiste pas seulement à trouver un personnage ou une histoire : il faut réunir les talents, choisir une technique, convaincre des diffuseurs et construire un financement capable de porter une fabrication qui peut s’étendre sur 18 à 24 mois.
Cette dimension collective continue de le fasciner. Derrière quelques minutes d’animation se succèdent des métiers, des regards et parfois un travail extrêmement minutieux sur un décor ou un seul plan. « L’animation, c’est un vrai travail d’équipe », rappelle-t-il.
Fondée en 1991, Millimages développe, produit et distribue des programmes d’animation. Son catalogue a vu passer des univers aussi différents que Mouk, Corneil & Bernie, Hilltop Hospital, Lascars ou, plus récemment, Molang.
Cette dernière propriété illustre particulièrement l’évolution décrite par Adrien Moretto. Une série peut désormais vivre à la télévision, sur YouTube et les réseaux sociaux, mais aussi à travers des produits dérivés et de nouveaux formats. Pour le directeur général, l’enjeu consiste donc à penser des personnages capables d’exister sur plusieurs supports sans perdre ce qui fait leur identité.
Cette stratégie s’inscrit dans l’histoire internationale du studio. Adrien Moretto insiste d’ailleurs sur ce point : l’ouverture au monde ne commence pas avec son arrivée. Elle appartient depuis longtemps au projet de Millimages. L’animation, explique-t-il, possède naturellement cette capacité à franchir les frontières.
Avec Molang, cette ambition prend une ampleur particulière. Le personnage et son compagnon Piu Piu portent un univers fondé notamment sur l’amitié, la gentillesse et le partage. La série est devenue l’une des propriétés centrales de Millimages et son univers s’étend désormais bien au-delà de la télévision.
Mais Adrien Moretto regarde aussi ce phénomène sur un temps beaucoup plus long. Certains adultes d’aujourd’hui ont grandi avec Corneil & Bernie ou Lascars. D’autres ont découvert Molang enfants et continuent à suivre le personnage sur de nouveaux supports. Des parents commencent à leur tour à transmettre ces univers à leurs enfants.
« Notre challenge, c’est de trouver ces personnages qui puissent traverser le temps », résume-t-il.
Cette recherche passe aussi par les rencontres. Pour Adrien Moretto, le Festival international du film d’animation d’Annecy est à la fois un marché, un lieu d’observation et un rendez-vous humain. Pendant quelques jours, producteurs, auteurs, artistes, étudiants et partenaires venus du monde entier se retrouvent au même endroit.
Et certaines conversations apparemment fortuites peuvent avoir une longue histoire. Dans l’entretien, le directeur général raconte notamment comment des projets ont rejoint Millimages à la faveur de rencontres faites à Annecy. Une manière de rappeler que derrière les plans de financement et les stratégies internationales, l’animation commence encore souvent par un dessin que quelqu’un montre à quelqu’un d’autre.
Adrien Moretto revendique également une attention particulière portée aux jeunes professionnels. La France dispose, souligne-t-il, d’écoles d’animation reconnues et d’un important vivier de talents. Millimages cherche à ouvrir ses productions à de nouveaux profils lorsque les projets le permettent.
Il ne dissimule cependant pas la difficulté du moment : les nouveaux diplômés arrivent sur un marché où la demande d’emploi peut dépasser les capacités de recrutement des studios. Donner sa chance à une nouvelle génération reste donc une ambition confrontée aux réalités économiques de la production.
Son propre parcours nourrit sans doute cette sensibilité : arrivé très jeune dans l'entreprise, Adrien Moretto y a lui-même progressivement changé de responsabilités jusqu’à en devenir directeur général.
Formats plus courts, nouveaux usages, réseaux sociaux, évolution des techniques, intelligence artificielle : le secteur ne cesse de bouger. Adrien Moretto ne présente pas cette transformation comme un épisode passager mais comme une donnée permanente du métier.
C’est peut-être là que se trouve le fil rouge de son parcours : la curiosité. Celle qui l’a conduit du droit vers l’audiovisuel, puis du financement vers la production et la direction d’un studio. Et celle qui oblige aujourd’hui Millimages à imaginer comment ses personnages pourront continuer à rencontrer leur public demain.
Dans cette conversation avec David Marmier, Adrien Moretto raconte bien davantage : le prix réel d’une série, les longs mois nécessaires à sa fabrication, les mécanismes de financement, le rôle des diffuseurs, les rencontres d’Annecy ou encore les mutations technologiques qui attendent l’animation.
Photographie: David Marmier
La semaine dernière, Amandine a rencontré Éric Toledano et Olivier Nakache au Festival De l’écrit à l’écran, à Montélimar.
Une rencontre qui lui a donné envie de revoir leur dernier film, Juste une illusion.
Et parfois, un deuxième regard change beaucoup de choses…
Que fait exactement un distributeur de cinéma ? Au Festival De l’écrit à l’écran de Montélimar, Jérôme Hilal, cofondateur de Zinc, lève le voile sur un métier souvent méconnu. De la lecture des scénarios à l’accompagnement des cinéastes, il raconte une profession où les films commencent parfois bien avant leur arrivée dans les salles. Et dévoile au passage deux des prochains projets de Zinc Productions.
Même sa mère n’aurait pas totalement compris ce qu’il fait dans la vie. Jérôme Hilal le raconte avec humour, mais l’anecdote dit quelque chose d’un métier aussi déterminant que peu visible : celui de distributeur. Car entre le producteur qui fait naître le film et la salle qui l’accueille existe un maillon dont le public connaît rarement précisément le rôle. La distribution. À Montélimar, dans le cadre du Festival De l’écrit à l’écran, le cofondateur de Zinc est justement venu raconter ce qui se passe de ce côté-là du cinéma. Et remettre quelques définitions à leur place.
Dans l’imaginaire du public, distribuer un film pourrait simplement signifier le faire parvenir jusqu’aux salles. La réalité commence beaucoup plus tôt. « On oublie un peu la distribution, qui est un endroit central, et surtout que les gens ne connaissent pas. » Jérôme Hilal situe le distributeur entre le producteur et l’exploitant, c’est-à-dire la salle de cinéma. Une position intermédiaire qui ne signifie pas pour autant qu’il intervient une fois le film terminé.
Bien au contraire. Dans la plupart des cas, le distributeur entre dans l’histoire alors que le film n’existe encore que sur le papier. Le scénario est écrit, le casting se précise, un budget existe et la production commence à chercher les financements nécessaires pour transformer le projet en film. C’est alors que le distributeur entre en scène.
« On est le premier guichet. »
L’expression résume l’importance de ce moment. Selon Jérôme Hilal, la présence d’un distributeur permet ensuite au producteur de solliciter d’autres partenaires financiers, notamment les chaînes de télévision. Avant d’imaginer l’affiche, la bande-annonce ou le nombre de salles, il faut donc commencer par croire à une histoire qui n’a pas encore été tournée. Distribuer, c’est aussi parier sur une promesse.
Le cinéma reste une industrie de prototypes : chaque film est différent du précédent et personne ne sait exactement ce qu’il deviendra une fois tourné puis monté. Dans cette incertitude, les relations humaines prennent une place particulière. Jérôme Hilal l’a notamment expérimenté aux côtés d’Éric Toledano et Olivier Nakache. Il les connaissait avant de devenir directeur de la distribution chez Gaumont, où les deux cinéastes avaient déjà réalisé Intouchables et Samba. À son arrivée, il fallait néanmoins construire une nouvelle relation.
Pas question, raconte-t-il, de miser simplement sur la sympathie. « On a tout de suite été dans le travail. » Avec le temps, la confiance s’installe. Une relation qui dépasse parfois le cadre strictement professionnel.
Cette dimension humaine, Jérôme Hilal la retrouve également lorsqu’il évoque Daniel Auteuil. Chaque film crée sa propre histoire et chaque cinéaste sa manière de travailler avec ceux qui l’accompagnent. Avec Auteuil, quelque chose s’est noué très rapidement. « C’est devenu très familial, très vite. »
Jérôme Hilal raconte même avec amusement que le réalisateur a d’abord dû se demander à qui il avait affaire face aux méthodes de Zinc et à ses deux associés. « Il nous a pris un peu pour des hurluberlus. » La surprise passée, la rencontre fonctionne. Il parle aujourd’hui avec une affection évidente de cette collaboration et d’un réalisateur qu’il décrit comme « phénoménal ». Une proximité qui permet aussi de comprendre ce que peut devenir la relation entre un distributeur et un cinéaste : pas simplement une entreprise chargée de commercialiser un film terminé, mais un partenaire qui accompagne une œuvre et ceux qui la portent.
Et l’histoire de Zinc continue de s’écrire avec des cinéastes déjà accompagnés. Parmi les prochains projets de la société figure ainsi un nouveau film de Mélanie Auffret. La réalisatrice occupe une place particulière dans l'aventure de Zinc puisque Les Petites Victoires avait été le premier film distribué par la société. Cette fois, le projet change d’échelle et Zinc s’associe à Pathé.
« C’était un film qui nécessitait plus de moyens et on avait besoin d’un soutien. »
Pathé, raconte Jérôme Hilal, a aimé le scénario. Les deux sociétés accompagneront donc ensemble le film. Sur son contenu, le distributeur n’en dira pas davantage lors de cette rencontre. Mais ce retour vers une cinéaste présente dès les débuts de Zinc illustre une nouvelle fois cette logique de fidélité qui traverse son discours.
Autre projet évoqué à Montélimar : Feignasse. Le film a déjà été tourné et se trouve désormais au montage. Vincent Moscato figure au casting. Jérôme Hilal préfère d’ailleurs immédiatement corriger une possible confusion : au moment de l’entretien, ce n’est pas encore le film achevé qu’il juge, mais bien son scénario.
« Le scénario est hyper tendre. »
Feignasse racontera la rencontre entre un grand-père et sa petite-fille qu’il ne connaît pas encore. Deux personnages qui vont progressivement apprendre à se découvrir. Une histoire que le distributeur qualifie de « très jolie », tout en conservant cette prudence propre à son métier : entre le scénario lu, le tournage et le montage final, un film continue de se transformer.
C’est peut-être finalement ce que raconte le mieux cette rencontre avec Jérôme Hilal. Le métier de distributeur est généralement visible lorsque tout semble déjà accompli : une affiche apparaît dans les rues, une bande-annonce circule, une date de sortie est annoncée et le film arrive dans les salles. Mais son travail a commencé bien avant. Quelque part entre un scénario, un casting et un budget. À un moment où il faut lire, imaginer et décider d’accompagner quelque chose qui n’existe pas encore tout à fait. Avant le public, avant les salles et parfois avant une grande partie du financement, quelqu’un doit donc être parmi les premiers à dire : ce film mérite d’exister.
Et derrière cette décision économique se cachent aussi, à écouter Jérôme Hilal, des histoires de confiance, de fidélité et de rencontres.
Propos reccueillis dans le cadre du Festival de l'Ecrit à l'Ecran par Patrice CAILLET et Amandine BACCONNIER pour la RADIO DU CINEMA - 23.09.2026
Au Festival De l’écrit à l’écran de Montélimar, Marilou Aussilloux reçoit le Prix Jeunes Talents. À l’affiche d’Une femme aujourd’hui, le nouveau film de Robert Guédiguian, la comédienne raconte pour Les Bobines d’Amandine son entrée dans la famille du cinéaste, un personnage qui fait écho à son propre parcours et son attachement aux textes.
Dix ans de métier et toujours « jeune actrice ». Le qualificatif ne dérange pas Marilou Aussilloux. Il la fait même sourire. Au Festival De l’écrit à l’écran, où lui est remis le Prix Jeunes Talents, elle mesure le chemin parcouru sans donner l’impression de vouloir le transformer en bilan.
Il faut dire que la suite est déjà là.
Après La Pie voleuse, elle retrouve Robert Guédiguian dans Une femme aujourd’hui, attendu en salles le 21 octobre 2026. Cette fois, elle occupe une place centrale. Celle de Juliette, personnage dont elle n’avait pourtant pas connaissance lorsque le réalisateur lui a envoyé le scénario.
Elle le lit jusqu’à la dernière page avant de demander à Guédiguian quel rôle il lui destine. Réponse : Juliette.
« J’ai été très émue. J’étais assez reconnaissante du cadeau de Robert. »
Il lui faudra une deuxième lecture pour mesurer ce qui vient de lui être confié : un rôle « très dense », dit-elle, et la responsabilité qui l’accompagne.
Tourner avec Robert Guédiguian, c’est rejoindre une histoire de cinéma commencée bien avant soi. Autour du cinéaste, les mêmes visages reviennent de film en film : Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan… Une troupe au sens presque théâtral du terme.
Marilou Aussilloux l’avait rejointe avec La Pie voleuse. Elle raconte aujourd’hui avoir très vite éprouvé un sentiment d’appartenance.
« Ils nous accueillent avec bienveillance et avec beaucoup de tendresse. »
Elle retrouve chez celles et ceux qui entourent Guédiguian quelque chose de son cinéma : des êtres qu’elle décrit comme « très tendres », « très humains ». La frontière entre la troupe et les personnages semble alors se réduire.
Cette manière de travailler suppose aussi une disponibilité particulière devant la caméra. Chez Guédiguian, peu de prises. Une, deux, parfois trois. Pas davantage.
Pour une actrice passée par le Conservatoire, l’expérience ne consiste pourtant pas à oublier la technique acquise. Aussilloux parle plutôt d’abandon : entrer dans la méthode d’un réalisateur, accepter ses règles et chercher ailleurs que dans la démonstration.
« Moi, j’aime bien jouer avec la nature et la spontanéité, l’instinct. »
Chez Guédiguian, cette recherche trouve un terrain particulièrement propice. Il faut arriver prêt, puis accepter ce qui survient.
Dans Une femme aujourd’hui, Juliette semble avoir conquis son indépendance. Elle a changé de milieu, construit sa vie, choisi ses relations. Jusqu’au moment où ce qu’elle pensait acquis se fissure.
Pour Marilou Aussilloux, la question de la liberté traverse directement son personnage.
« On a fait énormément de progrès dans notre société, notamment par rapport à la place de la femme, et pourtant, il y a encore des choses à changer. »
Lorsque Juliette révèle ce qu’elle a vécu, elle n’est ni entendue ni crue. L’actrice parle d’une « double peine ». La liberté apparente du personnage se retourne contre elle avant qu’une autre voie ne se dessine, liée au secret familial mais aussi aux autres.
À l’entraide.
Au collectif.
Des motifs qui inscrivent pleinement Juliette dans le cinéma de Guédiguian.
Mais un autre aspect du personnage rapproche plus intimement encore Marilou Aussilloux de Juliette : la question du milieu dont on vient et de celui que l’on rejoint.
Juliette s’est éloignée de son univers d’origine. Marilou Aussilloux a, elle, quitté Narbonne pour Paris et le Conservatoire. En lisant le scénario, elle reconnaît immédiatement quelque chose.
« Je me suis sentie assez proche d’elle quand elle dit qu’elle ne trouve pas sa place. Moi, j’ai mis du temps à la trouver aussi. »
Puis vient cette phrase, qui raconte à elle seule une partie du déplacement :
« Il a fallu que je perde mon accent du Sud. »
Faire ce métier lui a demandé d’adopter d’autres codes. Elle ne gomme pas ce que ce changement a pu avoir de douloureux. Et c’est aussi là qu’elle situe son attachement au cinéma de Guédiguian : dans sa capacité à filmer des territoires, des milieux et des gens qu’elle reconnaît.
« Il représente aussi l’endroit d’où je viens et les gens de ma famille, et puis les gens avec lesquels j’ai grandi. »
Derrière le parcours d’une comédienne apparaît ainsi une question qui dépasse le cinéma : que conserve-t-on du lieu d’où l’on vient lorsqu’on apprend à vivre ailleurs ?
La présence de Marilou Aussilloux à De l’écrit à l’écran n’a rien d’anodin. Avant le Conservatoire et les plateaux, il y eut une prépa littéraire et l’idée, un temps, de devenir professeure de français.
Les textes l’ont conduite vers le théâtre. Au cinéma, son rapport à l’écrit se déplace.
La langue peut compter, évidemment, mais elle dit être d’abord saisie par l’histoire. Devant une caméra, elle cherche une parole plus proche du personnage et d’elle-même, quelque chose de plus intime, de moins immédiatement porté par le texte.
Ce qui ne diminue en rien l’importance du scénario.
« Je continue à penser qu’un grand cinéaste, une grande cinéaste, c’est aussi quelqu’un qui a un scénario surpuissant. »
Une déclaration qui prend un relief particulier dans un festival précisément consacré au trajet entre les mots et les images.
Et Marilou Aussilloux continuera bientôt à circuler entre les deux. Elle doit rejoindre le tournage du premier long métrage de Tiphaine Raffier, un film de genre situé dans une ferme, aux côtés de Julien de Saint-Jean. Puis elle retrouvera la scène en janvier au Théâtre des Bouffes du Nord dans Nous, le Red Star, mis en scène par Théo Askolovitch.
Cinéma, théâtre, écriture : plutôt qu’une frontière entre les disciplines, son parcours dessine des passages.
Comme si, au fond, la question posée par Juliette dans Une femme aujourd’hui accompagnait aussi l’actrice : non pas seulement savoir d’où l’on vient ou jusqu’où l’on est arrivé, mais parvenir à trouver l’endroit où l’on peut enfin être soi.
Marilou Aussilloux était au micro d’Amandine pour La Radio du Cinéma, à l’occasion du Festival De l’écrit à l’écran de Montélimar. Une femme aujourd’hui de Robert Guédiguian sortira en salles le 21 octobre 2026.
Président du Jury Jeune du Festival de l’Écrit à l’Écran à Montélimar, Sam Sauvage a découvert le cinéma sous un angle nouveau. Au micro d’Amandine Bacconnier et Patrice Caillet pour La Radio du Cinéma, le musicien revient sur les films qui ont marqué le jury, raconte son rapport très sonore au septième art et évoque une envie : composer, un jour, pour le cinéma.
Sam Sauvage le reconnaît volontiers : avant d’arriver à Montélimar, il ne comptait pas parmi les spectateurs les plus assidus des salles obscures. Il aimait le cinéma, mais le fréquentait finalement assez peu. La proposition de présider le Jury Jeune du Festival de l’Écrit à l’Écran lui a donc offert une occasion idéale de changer ses habitudes.
« Je me suis dit que c’était peut-être la meilleure façon de commencer », raconte-t-il au micro de La Radio du Cinéma.
Quatre films plus tard, l’expérience semble avoir laissé des traces.
Avec les jeunes jurés, Sam Sauvage doit départager quatre films. Un exercice plus difficile que prévu tant chacun a suscité des réactions.
L’adolescence constitue le fil conducteur de cette sélection. Amour maternel, acceptation de soi et des autres, parcours de vie, conditions sociales : malgré des approches différentes, les films ont provoqué chez les jurés une émotion que Sam Sauvage décrit comme constante.
« À chaque fois, on est ressortis pas indifférents », explique-t-il. Aucun des quatre films ne lui paraît véritablement « en dessous des autres », ce qui complique forcément le choix.
La délibération confirme cette diversité de regards. Les avis s’opposent, les arguments circulent et les discussions deviennent parfois animées. Pour sa première présidence de jury, Sam Sauvage se retrouve à organiser les échanges et, à certains moments, à calmer le jeu.
Il retient surtout l’investissement des lycéens et l’importance qu’ils accordent à leur décision. Après les désaccords et les discussions, deux choix se dégagent avant un vote final.
« On s’est laissé influencer. C’était le but de l’expérience », résume le musicien.
Face à un film, le musicien ne peut évidemment pas oublier son métier.
Chez Sam Sauvage, la bande originale occupe même une place déterminante dans la perception d’une scène. « Je prends autant de plaisir par l’oreille que par le regard. Mon émotion passe aussi par la musique », explique-t-il.
Lors des projections du festival, cette attention particulière portée au son l’a accompagné tout au long de la sélection. Il cite notamment la musique de Quelques mots d’amour, qui a participé à son entrée dans le film.
Ce dialogue entre son et image existe également dans son propre travail. Lorsqu’il écrit une chanson, les idées visuelles arrivent rapidement.
« Dès que je fais une chanson, j’ai envie de faire un clip », confie-t-il.
Certaines de ses chansons sont construites comme des récits, avec des personnages et des péripéties. D’autres reposent davantage sur une sensation, un constat ou une écriture plus libre. L’image lui permet alors d'imaginer un prolongement du morceau, mais aussi de déplacer son sens.
Un clip peut raconter autre chose que les paroles, suggérer une nouvelle lecture ou faire apparaître un double sens auquel l'auteur n’avait pas nécessairement pensé au moment de l’écriture.
« Je n’ai pas cet œil, j’ai plus l’oreille, ce qui est normal pour un musicien, mais je le développe avec le temps parce que la musique nécessite son image », explique Sam Sauvage.
Avant de livrer une formule qui résume assez bien son rapport au cinéma : « C’est le plus beau concentré des arts. »
L’idée n’est pas nouvelle. Sam Sauvage a déjà composé pour des courts métrages qui n’ont finalement jamais été diffusés. Une première expérience datant de ses débuts, lorsqu’il cherchait encore la direction qu’il voulait donner à sa musique.
Aujourd’hui, l’envie est toujours là.
Parmi ses références, il cite Alexandre Desplat et Éric Serra, notamment pour ses bandes originales composées pour les films de Luc Besson. Deux compositeurs qui lui donnent envie d’explorer une écriture très différente de celle de la chanson.
Car composer pour un film impose une autre logique : la musique vient rencontrer des images, un récit, des personnages et un rythme déjà installés.
« Il ne faut pas qu’il y en ait une en dessous de l’autre, une au-dessus de l’autre », explique-t-il à propos de la relation entre musique et cinéma.
Quant au film dont il rêverait de signer la bande originale, Sam Sauvage refuse de choisir.
D’un côté, il imagine volontiers « un film d’auteur très lent, lancinant », où la musique accompagnerait les nuances des émotions. De l’autre, il se verrait tout aussi bien écrire une grande partition orchestrale pour un film de science-fiction.
Violons, orchestration, envolées épiques : le terrain de jeu lui plaît manifestement. Et lorsqu’il évoque la singularité du travail d’Éric Serra sur Subway, une troisième possibilité apparaît encore : celle d’une bande originale qui inventerait son propre langage.
Le Festival de l’Écrit à l’Écran aura aussi produit un effet très concret : redonner à Sam Sauvage l’envie d’aller au cinéma.
Le musicien reconnaît qu’il trouvait facilement une raison pour éviter une séance en solitaire : le manque de temps, la fatigue ou simplement l’absence d’envie.
Montélimar a quelque peu changé la donne.
« La prochaine fois que je suis fatigué, je vais lever mes fesses et les mettre dans un fauteuil rouge », lance-t-il avec humour.
Derrière la formule, il y a surtout une redécouverte : celle de la puissance émotionnelle d’un film vu en salle.
« J’avais oublié à quel point on pouvait avoir des émotions aussi intenses devant des films. Je faisais tellement tout par la musique que je crois que ça va m’ouvrir d’autres portes. »
Après des discussions particulièrement serrées, le Jury Jeune présidé par Sam Sauvage a finalement choisi de distinguer Quelques mots d’amour.
Pour expliquer cette décision, le musicien évoque notamment la capacité du film à réunir les jurés autour d’un sujet accessible, tout en faisant cohabiter émotion et humour.
Mais c’est surtout son regard sur l’amour maternel qui semble avoir emporté l’adhésion.
Sam Sauvage parle ainsi d’une « magnifique déclaration d’amour à l’amour maternel » qui a « vraiment, vraiment, vraiment touché » le jury.
Après Montélimar, Sam Sauvage va retrouver ce qui reste au centre de son activité : la scène.
Le musicien annonce encore une année de tournée et prépare un nouveau spectacle lors d’une résidence prévue en octobre. Pour lui, le concert reste le rendez-vous essentiel, davantage encore que l’exposition médiatique ou les ventes de disques.
« C’est surtout ça le but à la fin, c’est de rencontrer le public », affirme-t-il.
Mais le passage par le Festival de l’Écrit à l’Écran pourrait bien avoir une influence sur la suite. Sam Sauvage réfléchit déjà à une scénographie plus visuelle, avec davantage de travail sur la lumière.
« J’espère que les quatre films m’ont inspiré un peu pour mettre un peu plus de lumière et de scénographie visuelle. »
Une façon, peut-être, de faire dialoguer encore davantage les deux langages qui traversent toute cette rencontre : ce que Sam Sauvage entend et ce que le cinéma lui donne désormais envie de regarder.
Sam Sauvage était au micro d’Amandine Bacconnier et Patrice Caillet pour La Radio du Cinéma, à l’occasion du Festival de l’Écrit à l’Écran à Montélimar. 20.09.2026
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