A vrai dire...

La réforme des retraites, question de justice sociale


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Ludovic Manchon s'arrête sur le sujet de la semaine: la réforme des retraites et l'opposition qu'elle rencontre.
"Chers amis, la mobilisation générale de ce jour autour des retraites, tant dans ma ville de Cherbourg que dans tout le pays, m’amène à vous dire pourquoi je ne suis pas favorable à la réforme.
La question du report de l’âge légal de la retraite rythme la vie politique depuis au moins 1983 – il y a juste 40 ans -, quand fut votée « la retraite à 60 ans pour tous ». Cette mesure avait fait grandement débat à l’époque car il était déjà notoire que l’espérance de vie augmentait à un rythme constant et qu’il fallait donc l’accompagner par l’augmentation de l’âge légal de la retraite sous peine de déséquilibrer le rapport entre travailleurs et inactifs. Ça, c’est l’argument du gouvernement aujourd’hui, un argument de « bon père de famille » au fond pourrait-on dire, mais seulement en apparence de mon point de vue. En effet, le monde tel qu’il nous est donné de le voir par nos communicants officiels recèle ses petits secrets dont j’ai pris conscience et c’est pourquoi ma conviction est désormais que cette réforme va en réalité dans le sens d’une véritable injustice sociale. En fait, c’est d’abord un problème de vases communicants mais qui ne communiquent pas entre eux. Quelques chiffres : les dividendes versés aux actionnaires en 2022 étaient de 80 milliards d’euros. La fortune des 42 milliardaires français représente près de 550 milliards d’euros. Les 500 plus grandes fortunes françaises capitalisent près de 1 000 milliards d’euros. Or quel est le déficit – prévisionnel - des retraites ? 12 milliards. L’argent détenu par le premier centile en termes de patrimoine ne redescend pas vers ceux qui en auraient besoin. Je suis frappé de voir les multinationales françaises engranger des bénéfices toujours plus importants et de constater que leur contribution à l’impôt est ridiculement basse. À cet égard, l’impuissance publique est de mise, l’Etat se révélant incapable de lever un impôt acceptable auprès des immensément riches. Nous devons nous demander pourquoi. Du point de vue de la Doctrine sociale de l’Eglise en tout cas, cet état de fait est moralement irrecevable. J’ajoute à ça un autre argument : je soutiens que la dette pourrait augmenter encore (en vue justement de financer davantage de justice sociale), eh bien la France ne s’en porterait pas plus mal. Pourquoi ? Il faut savoir que la dette, et ce que je vous dis là est vérifié depuis très longtemps et dans de nombreux pays, la dette, du point de vue de la gouvernance mondiale, est un moyen pour le « grand capital international » de s’assurer la suzeraineté des pays (y compris la France). C’est d’ailleurs pourquoi les grands souverainistes, comme De Gaulle par exemple, ont toujours eu pour priorité de juguler la dette. En conclusion, en France, l’argent coule à flot mais les tuyaux de la finance internationale le détourne de ceux qui en ont vraiment besoin."

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A vrai dire...By Alain Charlier,Béatrice Ducellier,Thierry Grenet,P. Vincent de Labarthe,Anne-Cécile Suzanne,Marc Tesniere,Lecointre Vianney