Ce n'était pas tant de participer à ce jeu qui était la source de mes préoccupations. Mais plutôt quel choix je ferais dans cette situation.
Est-ce que je participerais en pleine conscience de perdre ?
Sans réfléchir et tout naturellement dans une soirée bien arrosée, de proposer à quelqu'un de jouer à ce jeu et que ce dernier accepte mon invitation comme une simple formalité.
Un revolver dans la main, je saisis une balle dans la poche droite de mon pantalon pour là placer dans une chambre du barillet, le fermer et le faire tourner trois fois pour ensuite pointer le bout canon sur ma tempe gauche. J'ai appuyé sur la gâchette sans hésitation et là, un soulagement, la chambre du barillet était vide.
L'autre personne qui m'avait accordé sa participation au jeu n'était plus à l'aise et réalisait que je ne plaisantais pas !
Les personnes présentes dans cette soirées étaient toutes autour du gars qui avait accepté de jouer avec moi. Bien sûr, le regard des autres était également rivé sur moi, là d'un geste, je tendis le revolver à ce type.
Sa main tremblait, je pouvais ressentir sa crainte de perdre. Ce n'est pas évident dans cette situation de se dire que c'est peut-être les dernières minutes de sa vie. Il prit quand même son courage à deux mains, tourna trois fois le barillet puis pointa le bout du canon sur sa tempe.
J'étais quand même surpris qu'il ne se défile pas. Cela m'inspirait du respect pour lui, mais je commençais à angoisser, et si c'était fini pour lui dès qu'il appuierait sur la gâchette ?
Il faut dire que ce n'est pas plus agréable pour celui qui gagne le jeu.
C’est arrivé dans ce club où j’ai atterri par hasard et ça me revient à chaque fois en cette période de l’année. La roulette Russe y était tolérée, voir même encouragée. La seule condition ? Faire disparaître ceux qui ne s’en sortaient pas.