Et si l'Afrique, du point de vue de l'État de droit et de la démocratie, avait pris trente ans de retard, pour avoir attendu, vautrée dans une douce anormalité, que la démocratie parfaite, tombe du ciel, ou surgisse du désert, de la savane ou de la forêt ?
Et si ce que d’aucuns décrivent comme des reculs de la démocratie n’était que le début d’une terrible désillusion ? Un rappel à l’ordre, pour prendre conscience de l’erreur collective qui a consisté pour les peuples africains à croire, au tournant des années 1990, qu’à partir des partis uniques et autres régimes autocratiques alors en place, l’on pouvait basculer, du jour au lendemain, sans aucun effort, aucune préparation sérieuse, même pas une journée de réelle initiation, dans ce que l’Afrique continue d’appeler pompeusement la démocratie ? Trente longues années à se prendre pour ce que l’on n’est pas.
Jeune Afrique, sous son leadership, aura été, de fait, une grande école, une école de rigueur, où il fallait constamment mériter sa place. Certains de ses choix de marketing ont souvent été très critiqués, au point d’affecter ceux qui avaient une attache affective à cette publication. Mais nous avons appris, avec le temps, à constater que la quasi-totalité des publications les plus grandes et les plus prestigieuses, de par le monde, se nourrissaient aux mêmes sources.
Afin que la lutte contre les rébellions ne devienne un fonds de commerce, dont ils se serviraient pour légitimer une présence indéterminée aux commandes du Tchad, les militaires au pouvoir à Ndjamena vont devoir, d'une manière ou d'une autre, en finir, et vite.
« Patriote », « droit », « juste » et « bon »… Étonnant, comme l'attachant maréchal Déby que décrivent certains de ses pairs, ses partisans et sa famille, semble différent de l'homme qu'observait l'autre partie de son peuple, et que combattaient ses adversaires, ses opposants. Si seulement les chefs d'État pouvaient montrer la même bonté pour leurs peuples que pour leurs familles.
Son assassinat aurait pu passer pour un simple règlement de comptes entre révolutionnaires, comme les peuples en oublient tant. Mais le charisme et la profondeur de son discours avaient fait de Thomas Sankara un pur héros panafricaniste. C’est donc toute la jeunesse africaine qui risquerait de s’approprier ce procès, s’il se tenait. Car, c’est une des pires tragédies de l’histoire de l’Afrique indépendante qui s’était jouée, ce 15 octobre 1987, à Ouagadougou.
Pour éviter d'avoir, dans le futur, à se retrouver sans cesse dans la situation de devoir s'excuser, la France devrait s’attaquer, dès aujourd’hui, à un type de conception des rapports entre hommes politiques ou intérêts plus ou moins privés français et les dirigeants et États africains.
Tandis que les partisans de Laurent Gbagbo jubilent, une partie de l’opinion, en Côte d’Ivoire, s’offusque de voir l’ancien président définitivement acquitté, réhabilité, au regard des charges de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, pour lesquelles il était poursuivi. ejan-Baptiste Placca, comprenez-vous la détresse des victimes, qui voyaient en lui le responsable des préjudices qu’ils ont subis durant la guerre survenue, alors qu’il était chef de l’État, en 2011 ?
La Cour constitutionnelle nigérienne a confirmé cette semaine la victoire de Mohamed Bazoum à la présidentielle. Mais Mahamane Ousmane, le candidat malheureux, continue de revendiquer la victoire et promet même une résistance farouche.
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Jean-Baptiste Placca, chroniqueur au quotidien La Croix et fondateur de L’Autre Afrique livre sa vision sur l’actualité africaine de la semaine écoulée. Entre analyse, réflexion et…
mise en contexte, cette chronique est l’occasion de donner du sens et de prendre du recul sur les événements de la semaine, mais également de revenir sur des sujets parfois traités trop rapidement dans le flot d’une actualité intense. Présentation : Jean-Baptiste Placca.