La Lettre de Galilée

La téléconsultation : opportunité ou enfumage ?


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Éditorial de la 491ème
Il y a encore peu, la téléconsultation était encore un champ expérimental : certains n'y croyaient pas; d'autres ont investi massivement dans ce marché naissant. Avec le confinement et la pandémie, le Français fuient les salles d'attente des professionnels de santé pour préférer massivement la téléconsultation. S'agit-il d'un phénomène circonstanciel lié à la pandémie ? Ou les moeurs ont-elles vraiment changé avec l'épidémie de Covid-19 ?
Devant la commission des affaires sociales du Sénat, mercredi dernier, Nicolas Revel, le patron de la CNAMTS, a rapporté le "développement spectaculaire" de la téléconsultation médicale : "le nombre de téléconsultations est passé de 40 000 en février à 1 million sur la semaine du 30 mars au 5 avril.. D’après la CNAMTS, les médecins libéraux sont 38 240 à avoir facturé au moins une téléconsultation sur la période. Au demeurant, précise-t-il, 85 % d'entre elles ont été réalisées par un médecin qui connaissait déjà le patient. Ce développement très important de la téléconsultation semble "respecter les règles de prise en charge qui ont été posées dans le cadre de l'avenant 6."

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En raison de la crise que traverse l'activité médicale libérale, certains aménagements ont été prévus pour "ouvrir la téléconsultation le plus largement possible" : les téléconsultations réalisées par des médecins hors parcours sont possibles, les "simples consultations par téléphone" sont assimilées à des téléconsultations,  les médecins spécialistes ont la possibilité de coter des consultations dites « complexes ». La télémédecine a été ouvertes à d'autres professions : sages-femmes, orthophonistes et infirmiers. Plus récemment, la téléconsultation a été ouverte aux masseurs-kinésithérapeutes. Les chirurgiens-dentistes pour l'instant sont exclus des dispositifs.

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Les téléconsultations sont prises en charge à 100% par l'Assurance maladie depuis le 18 mars et ce, jusqu'au 30 avril. Mais, "ce qui est nécessaire dans le cadre de la crise actuelle ne le sera pas au-delà" prévient Nicolas Revel. Il ne s'agit pas de mettre durablement un signe égale entre une consultation en présentiel, une téléconsultation et un simple appel téléphonique. "Il faudra remettre les choses d'aplomb après la crise. Quoi qu'il en soit, la consultation téléphonique ne me semble pas appelée à être pérennisée." précise-t-il. Même s'il songe à inscrire, après la crise sanitaire et "dans un cadre plus pérenne", cette possibilité d'actes de télé-soins ouverte aux orthophonistes, aux sages-femmes et aux masseurs-kinésithérapeutes, avec l'évaluation préalable de la Haute Autorité de santé (HAS).

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Ce qui est exceptionnel aujourd'hui sera-t-il la norme demain ?
"Certains médecins font des journées entières de téléconsultations et voient jusqu’à 40 patients par jour quand ils sont bien organisés", constate le Dr Jean Tafazzoli, dans un article d'Egora consacré au sujet. Il est le fondateur de MaQuestionMédicale, une plateforme entièrement financée par la communauté médicale lancée en mai 2019. Plus de 2 300 médecins utilisent désormais quotidiennement l’outil, alors qu'ils n'étaient que 250 en novembre. Et rien que sur le mois de mars, 2 millions de visiteurs ont été comptabilisés.

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Ces plateformes se frottent les mains : “Le Covid, c’est malheureux à dire, va faire un grand bien au monde de la santé numérique” assure le Dr Jean Tafazzoli.
Doctolib, quant à elle, cette plateforme de prise de rendez-vous en ligne s’est adaptée en ajoutant un service de téléconsultation fin 2019 à son offre (en rachetant au passage son concurrent MonDocteur.fr).
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